ORAN novembre 1904

Posté par lesamisdegg le 3 novembre 2015

ORAN 1904

ORAN 1904

ORAN 6 novembre 1904

Voici passé avec les premiers frimas, le jour solennel, que la tradition a consacré à la fête des morts. Nombreuses sont les familles qui ont au cimetière un caveau, ou une simple tombe, et dès l’aube, rougissant de ses premières lueurs les vieux murs, la longue procession ,de parents ou d’amis ,s’achemine sur la route poussiéreuse, portant des gerbes de fleurs.

Ici les conversations changent de ton, le bruit des pas s’étouffe, on craindrait de troubler la solitude de ce champ de repos. A l’intérieur, les cyprès touffus, alignés en longues files, le partagent en différentes avenues, bordées de chapelles qui dressent leur sévère architecture à côté de marbres, revêtus d’inscriptions endeuillées.

Plus loin, une infinité de petites tombes, toutes blanches, systématiquement placées, fait involontairement songer à un cimetière de poupées. Hélas ! Ce sont les tout petits, ceux dont les paupières n’ont fait que s’entrouvrir aux rêves de la vie et qui dorment là, bercés par la chanson du vent.

……………..Mais aujourd’hui, les tombes vont se parer comme par enchantement, la terre va se couvrir des fleurs, que de pieuses mains auront, déposées, et la pierre froide, sous la profusion des chrysanthèmes inclinant leurs longs pétales, paraîtra moins triste aux yeux. Puis, les frimas viendront, les fleurs se faneront lentement, une à une, sous les rayons d’un pâle soleil, et dans Tamashouët endormi, la statue d u silence, veillera seule à la porte des caveaux.

Près de la porte d’entrée, un modeste logis attira mes regards. Avisant un vieillard assis sur un escabeau, je m’approchai et, par sympathie naturelle, je l’interrogeai sur ses occupations près de ce lieu de tristesse.

— Monsieur, me répondit-il, je passe mon temps là, tranquillement, à entretenir les tombes que quelques âmes charitables ont bien voulu me confier, et je ne suis guère dérangé que par l’entrée des convois funèbres qui arrivent de temps à autre.

— Vos clients ? Hasardai-je.

Le vieux sourit tristement, et comme je le pressai, il me confia qu’il occupait ses loisirs à élever des lapins et son grand bras étendu fauchant vers le cimetière, m’indiquait que le trèfle et la luzerne ne manquaient point parla. Ainsi donc, pensai-je en m’en allant, voici un vrai sage, vieillissant avec sérénité, ayant pour témoins de ses peines et pour seuls confidents, ces marbres étalant leur lividité à perte de vue, et, qui pense, sans nul doute, que tout est pour le mieux dans la meilleure des nécropoles.

Et j’eus alors l’envie folle de revenir, de lui confier comme un dépôt sacré, une tombe, dans un coin, à l’ombre d’un grand cyprès, ornée de plantes toujours vertes et où je pourrais enfin, voyageur arrivé au terme de la vie, étendre mes membres harassés et m’endormir dans l’éternité.

SlMBAD

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ORAN 1790

Posté par lesamisdegg le 8 octobre 2015

oran 08 octobre 1790

 « Dans la nuit du 8 au 9 octobre dernier, à une heure et quelques minutes, alors que le sommeil exerce le plus grand empire sur la nature humaine, Dieu fit peser sur nous le glaive de sa justice, menaçant de nous exterminer tous dans les convulsions d’un tremblement de terre si profond qu’en moins de trois minutes il ruina la majeure partie des édifices et ébranla le reste de fond en comble.

….Le peuple réclamait à grands cris qu’on lui ouvrît les portes de la ville afin de se réfugier dans la campagne et se soustraire ainsi à la chute des édifices, partout ébranlés. C’était en effet, pour nous, un sujet de terreur que ces murailles encore debout, quoique chancelantes sur leurs bases qui, à la moindre commotion du sol, oscillaient d’une manière effrayante. On demandait toujours les clefs de la ville mais, avec une partie de la maison du gouverneur, elles étaient enterrées sous les ruines de l’église métropolitaine.

…Les premières lueurs du jour nous surprirent dans cet état d’anxiété; à la faveur de la lumière on entreprit des fouilles laborieuses et nous acquîmes la certitude que le Gouverneur Général (Don Nicolas Garcia) et toute sa famille avaient péri.

…..Car encore que nous eussions de la farine, nous étions sans tamis, sans pétrin et sans four pour la cuisson du pain… On appliqua, dans la matinée même, tous les ouvriers qu’on pût réunir, à la construction de fourrs de plein air, lesquels commencèrent à fonctionner immédiatement. »

L’ennemi profite de l’occasion, et des brèches des murailles, pour attaquer la ville, mais il est repoussé.

« Mais je laisse Votre Majesté juge de l’héroïsme de cette conduite, si Elle veut bien tenir compte de l’impression sous laquelle combattaient ces hommes; si Elle daigne considérer que les tremblements de terre durent toujours, quelques-uns si profonds encore qu’ils nous rappellent les malheurs dont les premiers nous ont rendu témoins; si Elle songe, enfin, qu’en recouvrant une plus grande liberté d’esprit, chacun de nous devra, à la vue des vides laissés autour de lui, regretter plus amèrement, le père son fils, le fils son père, le mari sa femme, la veuve son mari, tous enfin des parents, des amis ; et un grand nombre, le fruit des sueurs de toute leur vie ; car ceux-ci ont vu leur fortune s’écrouler avec les maisons qui étaient leur ouvrage, ou s’ensevelir sous les ruines ; ou leurs bijoux, leurs vêtements ; souvenirs qui, toujours présents à leurs yeux, les plongent dans un abattement capable d’abréger leur vie.

…Tel est, Sire, l’état dans lequel nous nous trouvons, abrités sous nos tenttes de campagne, aujourd’hui 2 novembre 1790.

Comte de Cumbre-Hermosa

(Original à l’Archive de la Réal Audencia de Valencia n° 20.137)

 

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Les feux de la Saint Jean : fogueras de ORAN en ALICANTE en 1933

Posté par lesamisdegg le 11 septembre 2015

22 06 1933

ALICANTE

Jeudi 22 juin 1933, 8 heures du matin. Les passagers de l´ »Ipanéma » prennent le frais sur le pont, au moment où on aperçoit la côte. Au bout des jumelles, une masse montagneuse se défait d´un léger voile de brume, tandis que le soleil ponctue la blancheur des premières mouettes. Le profil du mont Benacantil se précise, et déjà certains vacanciers embarqués se promettent de visiter ce Castillo de Santa Bárbara qui le couronne, pour contempler la ville comme on admire Oran depuis Santa Cruz, toutes proportions gardées. Le navire glisse presque´en silence vers l´entrée du port, alors que des rumeurs musicales se conjuguent avec les senteurs marines. L´approche s´amorce enfin vers un quai couvert de monde. Et comme pour saluer la foule, le bateau gîte sur bâbord de tout son poids de passagers surpris. Puis soudain, des mille éclats de cuivres d´une trentaine de fanfares, jaillit une grandiose Marseillaise, qui fait sursauter ces cœurs africains et s´affoler les mouettes autour du grand pavois. Ces premières émotions vont ajouter du feu aux poudres des fêtes de la Saint Jean, car tout va dès lors aller très vite dans ce tourbillon ludique dont Alicante a le secret. Sous le regard de ces centaines de visiteurs, munis de leurs précieux sauf-conduits ( 5 jours, 80 pesetas -190 francs de l´époque- voyage et hôtel compris) les autorités locales, présidées par le maire M. Lorenzo Carbonell, se fondent en accolades avec le Comité Oranais des fêtes de San Juan, tandis que la « Reine d´Oran », Mlle Francine Figuérédo, et ses demoiselles d´honneur, toutes submergées de bouquets de fleurs, embrassent la Bellea del Foc (« Beauté du Feu ») Mlle Carmen Hernández Flores et ses non moins ravissantes accompagnatrices. En arrivant à l´esplanade des palmiers, appelée alors Paseo de los Mártires, les oranais découvrent le monument satyrique en papier mâché en représentation de leur ville et qui, au même titre que les 30 autres hogueras  artisanales dressées dans leurs quartiers respectifs (c´est la plantá), sera voué au feu le 24 au soir. De rue en rue, de quartier en quartier, la ville a été réveillée (c´est la despertá) au son des pasodobles traditionnels ou de « Paquito el Chocolatero», ou bien à celui du folklore régional du tamboril et de la dulzaina (pipeau), le tout ponctué de pétarades allumées au cigare pour accompagner les comités locaux (comisiones gestoras) et leurs belleas. Après un répit au moment du déjeuner et de la sieste, les esprits s´animent à nouveau en direction des arènes, afin d´ aller juger sur pièce le gabarit des taureaux arrivés d´Andalousie. C´est ce desencajonamiento qui va permettre au public de parier sur la teneur des corridas à venir, à mesure que les superbes bêtes sont libérées de leurs cages au milieu du ruedo.

L´ »Ipanéma » a ainsi déversé de nombreux touristes de descendance espagnole, de seconde ou même de troisième génération d´émigrés, issus des provinces de Valence, Alicante, Murcie et Almeria. Au départ d´Oran, ces nouveaux français manifestaient leur désir de connaître enfin leur terre d´origine, et ce voyage fournit l´occasion d´aller faire un semblant de pèlerinage du côté du village de leurs aïeux. Ainsi les agglomérations les plus proches comme Dénia, Callosa de Ensarriá, La Nucía, Aspe, Monforte del Cid, Santa Pola, Orihuela, etc., pourront faire l´objet de visites aussi brèves qu´émouvantes, indépendamment du résultat obtenu dans les recherches d´un nom de famille, d´un quartier, d´une rue ou d´une maison qui n´a peut-être pas survécu.

Carlos GALIANA RAMOS

 

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20 Aout 1955 EL HALIA le massacre

Posté par lesamisdegg le 20 août 2015

EL HALIA  le massacre 20 aout 1955  JF GALEA

EL HALIA
le massacre
20 aout 1955
JF GALEA

Zirout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l’Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d’à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s’engage pas dans la révolution. 12 000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zirout sont de récupérer de l’armement, d’éliminer les pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l’armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L’action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L’armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d’El Halia et le village d’Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d’horribles atrocités [1]. Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d’Algérie [2], 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2000 tués les jours suivants (et non les 12000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques : « C’est la guerre, il faut la faire », déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l’idée d’une politique libérale [3].  La fracture entre les communautés s’aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens [4] .Sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Notes [1] On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu’elle avait préparé. [2] Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes. [3] Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu’on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d’Algérie. Un Comité de guerre interministériel s’est réuni à Constantine en juillet 1957. [4] Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n’a pas attendu l’attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs. [5] dans « Algérie, 20 août 1955 » (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se réfère à un faux témoin d’el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.

Roger Vétillard. 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d’Algérie. Préface de Guy Pervillé. Ed. Riveneuve, 2012, 351 pages, 20 euros. Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l’histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l’armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l’ALN. Guy Pervillé met en lumière l’objectivité historique de l’auteur, qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux-5-, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

 

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PROVENCE : 15 aout 1944

Posté par lesamisdegg le 15 août 2015

Maréchal de France

Maréchal de France

Le 15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d’armée constitué de 120.000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C’est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie.

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France…..Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence a été décalé de plus de deux mois par rapport à celui de Normandie car les Alliés ne disposaient pas d’assez de bateaux de transport pour mener les deux de front. Sa direction est confiée au général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine.

Une véritable armée française, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny, débarque sur les côtes nationales.  Forte de 260.000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et des conscrits d’Afrique du Nord, « Pieds-Noirs » et musulmans à part numérique égale. Cette armée va débarquer par vagues successives sur les côtes de Provence, aux côtés des Anglo-Saxons. Pendant que ces derniers s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.

Une progression plus rapide que prévu……Comme tout le littoral européen, la côte provençale a été dotée par les Allemands de solides fortifications : blockhaus (casemates) et mines. Mais dès le 27 mai 1944, l’aviation alliée a bombardé tous les sites stratégiques de la côte, comme la gare Saint-Charles de Marseille, et, comme en Normandie, la Résistance intérieure s’est mobilisée pour empêcher par des sabotages tout repli de l’occupant.  Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes. À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud. En deux jours, 115.000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés. Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.

Toulon et Marseille libérées….Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône sans rencontrer de véritable résistance, atteignant Lyon dès le 3 septembre 1944. Ils font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.   À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht sous les ordres du contre-amiral Heinrich Ruhfuss. Ils ne se rendront que le 26 août. À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais le général allemand Hans Schaeffer, qui tient la ville avec 20.000 hommes, ne cessera la résistance que le 28 août.   Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.

 

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PIEDS-NOIRS nous sommes !

Posté par lesamisdegg le 31 mai 2013

 

Pieds-Noirs

Pieds-Noirs

 « Pieds-Noirs nous sommes ! »

La piednégritude est une réalité incontestable. Pour le ‘’ Patos moyen ‘’, nous restons ce méditerranéen exubérant, ce colonialiste caricaturé comme on caricaturait les juifs avant guerre. Le peuple des Pieds-Noirs existe par son histoire d’amour avec le pays de ses pères, melting-pot où se sont fondus Alsaciens, Catalans, Provençaux, Espagnols, Italiens, Maltais, Corses et bien d’autres encore. Ce peuple des Algériens-Français  d’Algérie française a forgé son identité aux carrefours des luttes qu’il eut à mener pour survivre. Peuple nouveau, il a eu  des volontés autonomistes  étouffées par la décimation des guerres au début du vingtième siècle .La vraie tolérance, l’Européen avant la lettre ont existé sur notre terre d’Afrique du Nord ! Quand ce melting-pot a été menacé, les Pieds-Noirs l’ont défendu avec passion contre les terrorismes. Ils ont défendu leur privilège de vivre libre, sur leur terre de lumière, aux violentes senteurs, bercée au bruissement de la Méditerranée. L’alliance d’intérêts divers les a expulsés et privés de leur indispensable terroir. Les Pieds-Noirs peuvent se  sentir parfois étrangers sur le territoire d’un hexagone mythifié.  « J’ai le sentiment d’être membre d’une communauté originale ! » disait il y a 25 ans un remarquable ami. C’est vrai que chez nous cette originalité nous échappait un peu, que nous refoulions notre être ‘’pataouète’’ pour être plus français que les ‘’ patos’’. Il est vrai aussi qu’au contact du ‘’francaoui ‘’ de passage, nous nous sentions  bien différents.

Marcel CROZATIER, grand poète devant l’universel, nous a souvent entretenus de la culture piénoire, comme il l’écrivait, en un mot. Il nous disait que la réalité historique du peuple des algériens-français induisait une réalité culturelle traduisant une algérianité différente. Cinq lustres après la reconquête d’Alger en 1830, naissaient déjà les sociétés savantes mêlant l’Orient à l’Occident. Ce bouillonnement intellectuel allait créer une culture spécifiquement algérienne-française, marquée du caractère composite de ses influences. Marcel me disait un jour que notre culture c’était surtout un bonheur de vivre, une extrême sensibilité, un caractère à la fois volubile et secret. Je lui avais répondu  « Quand bien même notre culture ne serait que cela, nous avons l’impérieux devoir de la maintenir, de la développer pour préserver l’avenir au nom de ceux qui ont fécondé notre Afrique du Nord. » J’avais ajouté – Marcel dodelinant de la tête en envoyant de gros nuages de ses cigarettes- que le chant de notre culture multicommunautaire s’était exprimé sur divers registres, par exemple en littérature. La littérature ‘’patos’’ doit une part de sa production à l’Afrique du Nord Française comme sujet principal ou accessoire. Mais il existe aussi une littérature ‘’Pieds-Noirs’’ qui plonge ses racines dans le terroir dALGERIANIE à la fois Eden et paysage d’exil. Nôtre littérature imprégnée d’algérianité exprimée en français, a posé toutes les réalités pieds-noirs historiques, géographiques, sociales. Louis Bertrand, dès le début du siècle’ a chanté « Le sang des races » et la longue litanie des écrivains au nom connu a suivi le chemin de l’expression algérianiste. Prenons leurs noms au hasard d’une bonne bibliothèque : Jeanine Montupet, Emmanuel Robles, Andrée Montero, Albert Camus, Jean Pommier, Frédéric Musso, Paul Achard, Edmond Brua, Gilbert Espinal, Daniel Saint Hamon, Marcello Fabri, Geneviève Bailac, Augustin Ibazizen, Jean Bogliolo et tant d’autres encore. Faut-il encore rappeler comment Augu le bônois, Cagayous l’algérois, Tia Angustia l’oranaise  ont développé le langage pataouète riche de son accent, de son lexique populaire, de sa syntaxe latine. Ils ont donné au peuple des Algériens-français sa coloration linguistique propre. Il faut savoir que cette expression littéraire explose au présent grâce au culte de la fête communautaire qui nous rassemble par milliers lorsque l’été arrive comme avant, pèlerins multiples réunis par la grâce de Marie-Myriem, de Santa-Cruz peut être.  L’âme du peuple des Pieds-Noirs se perpétue de génération en génération, témoignant de sa vivacité, de sa foi en l’avenir.                                    2012 05 08 GG

 

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Oran 5 juillet 1962: Le Génocide

Posté par mdame le 8 août 2010

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ORAN… 5 JUILLET 1962 : LE GENOCIDE

 

La nuit tomba sur Oran. Le couvre-feu le plus pesant de toute l’histoire de cette ville s’abattit sur les Oranais encore assommés par ce qu’ils venaient de vivre. Les quartiers européens n’existaient plus, ils avaient été rayés de la carte. Oran la ville lumière, celle que l’on surnommait « l’Andalousie française », était morte…

A la radio française, le speaker annonça d’une voix calme :

« Quelques incidents se sont produits à Oran » et le journal du jour avait reproduit une déclaration de Ben Khedda qui, s’adressant aux Européens avait dit : « Nous appliquerons loyalement les accords d’Evian car les Européens ont leur place ici ».

A cet instant, toutes les pensées étaient dirigées vers la ville arabe où étaient retenus des centaines -peut-être des milliers- de Français. Une étrange lueur montait du village nègre en liesse. Quels sacrifices célébrait-on?

Au même moment, un grand gala avec la participation de nombreuses vedettes avait lieu sur la Côte d’Azur. Dans la joie, au son des orchestres, on dansa tard dans la nuit… comme on avait dansé à Versailles, pendant que la France perdait le Canada.

Le lendemain 6 Juillet, Oran se réveilla hébétée. Tous ceux qui avaient pu conserver la vie voulaient partir. Oui, fuir… quitter cette ville au plus vite et cette odeur de sang. Courir sans se retourner, et que tout cela s’efface à jamais, Seigneur Dieu…

Ce brusque retour à la sauvagerie, ces crimes d’une cruauté inconnue qui, en quelques heures, achevèrent de vider la cité, créèrent l’irréparable. Les Oranais se sentaient tellement menacés en ville qu’ils préféraient camper, entassés au port ou à la Sénia (aéroport), sous un soleil de plomb, dans des conditions absolument inhumaines. De jeunes enfants, des vieillards en moururent. Les avions étaient inexistants, les transports maritimes en grève.

Cette ultime brimade sonnait le glas des Oranais. On leur refusait les moyens de sortir de leur enfer ; on leur marchandait l’exode. Jamais! Jamais ils ne devraient oublier!…

Ce jour là, le journal « Le Monde » avait titré :

 

« LA CELEBRATION DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE »

 

Une fusillade éclate à Oran au passage d’une manifestation de Musulmans. La responsabilité de ces incidents entre Européens et Algériens n’a pu être établie ». Ce sera vite chose faite.

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26 mars 1962 Alger : témoignages

Posté par mdame le 11 juillet 2009

Ce 26 mars 1962 , vers 10 heures , dans toute la ville circule rapidement un mot d’ordre de grève générale à partir de 14 heures et de manifestation à partir de 15 heures. Des tracts sont bientôt répandus invitant la population à se rassembler à 15 heures au Plateau des Glières (Place de la Grande Poste) pour défiler vers Bab-El-Oued , sans aucune arme et en silence. Le but est de montrer que toute la ville est solidaire de Bab-el-Oued. 

A ce moment, ce quartier est isolé depuis 3 jours, ravitaillement en pain assuré par l’Armée de 6 heures à 8 heures le matin, aux femmes seulement – Les vivres collectés en ville Samedi et Dimanche ont été pris par les Forces de l’Ordre  » et ne sont pas parvenus à la population – Aucun enlèvement des morts ni des blessés – L’évacuation des enfants de moins de 10 ans est interdite, car des familles d’autres quartiers avaient demandé à en héberger – Les hommes de 14 à 70 ans emmenés de chez eux sans aucun bagage pour être triés au Camp du Lido et au stade de Saint-Eugène : 3 000 sont alors en cours de tri, parqués sans nourriture ni abri, battus . Après vérification de leur identité, ils sont relâchés, mais en ville et ne peuvent regagner Bab-el-Oued qui est bouclé . Sous prétexte de fouille, les gendarmes cassent, pillent appartements et magasins. Ils tirent au canon de 37 et à la mitrailleuse de 12,7 sur tout ce qui bouge ou fait du bruit .  Les volets sont clos en permanence.

A partir de 14 heures, la foule afflue vers la Place de la Poste, un piétinement régulier, sans précipitation, sans un cri . La place est encerclée par l’Armée, des barrages coupent les rues, constitués pour la plupart de camions joints – Les Facultés sont occupées militairement. Les groupes parviennent à la Poste malgré les barrages, en contournant les infranchissables . Rue Michelet un cordon de soldats laisse passer un filet, mais Boulevard Baudin, les CRS ne se laissent pas franchir et les gens des quartiers Est (Belcourt) sont obligés de faire le tour par le haut de la ville ou les quais. Les voies sont toutes barrées, mais la dernière moins fortement, c’est elle qu’empruntera le cortège.

Partout les soldats sont en tenue de combat, casque lourd, mitraillette et FM avec chargeur engagé, le visage dur.

« Depuis le matin, les terrasses des immeubles bordant la Place de la Poste sont occupées par l’Armée ; sur certaines des mitrailleuses de 12,7 sont en position – A partir de 14 h 30, les soldats envahissent les appartements de ces immeubles et se postent aux balcons »-Journalistes Suisse et Américain-

 

 

Vers 14 h,30, la foule (10 – 15.000 personnes) se met en marche vers Bab-el-Oued par la rue d’Isly, derrière un drapeau français tenu par un ancien combattant arabe, entouré de jeunes arabes – La foule est serrée, silencieuse, marchant lentement . Des jeunes commencent à scander des slogans, mais leurs voisins les font taire : il faut une manifestation de masse, digne, calme, résolue . Des femmes, nombreuses, des enfants, des vieillards , mains vides, de vieilles personnes s’appuient sur des cannes.

 

 

« Le cordon de soldats placé à l’entrée de la rue d’Isly laisse passer le cortège et se place le long des Magasins au début de la rue, entre Cook et Havas : une dizaine d’homme dont 2/3 musulmans » (voisin de lit à l’hôpital).
Le cortège progresse rue d’Isly et passe un 2ème cordon de soldats, placé à environ 50 mètres du 1er. Mais là « un Lieutenant nous adjure de rentrer chez nous, les larmes aux yeux – lorsque nous lui disons que nous sommes Français, n’avons pas d’armes et manifestons calmement notre solidarité pour Bab-il-oued, il répond que ses hommes ont reçu l’ordre de tirer » – (une cousine – 50 ans).

« Le cortège passe pendant 10 – 15 minutes, mais tout à coup les soldats reforment le barrage, en tronçonnant le défilé ; pointant leur mitraillette sur le ventre des manifestants, ils les empêchent d’avancer – il est 14 h30″ (voisin de lit).

14 h.50 : c’est l’ouverture du feu, par des rafales de mitraillette, sans qu’il y ait eu, au préalable, un cri, un coup de feu, une sommation , tir à bout portant.
« Les première rafales sont tirées du carrefour Bd Pasteur – rue d’Isly par des soldats postés devant Havas (appartenant au 1er cordon) et en face (appartenant au 2ème cordon) Le tir arrose la foule rue d’Isly et vers la Grande Poste ». (Journaliste américain).

 

 

Les manifestants tombent, se couchent ou courent pour se protéger. « Ceux qui refluent rue Chanzy sont pris sous le feu de soldats placés Bd Bugeaud et tirant vers la rue d’Isly » (journaliste Américain).

Beaucoup se plaquent sur le trottoir de la rue d’Isly opposé au Bd Pasteur, les plus heureux plongeant dans les couloirs d’immeubles – La rue d’Isly étant bordée de magasins, les vitrines sont cassées et on verra à l’hôpital « de nombreux blessés par verre, tendons sectionnés » (Infirmière du Sce de l’Hôpital).
D’autres (comme moi), refluent vers la Grande Poste en courant : ils sont fauchés par le feu ouvert par le barrage placé Bd Bugeaud (PM et surtout FM) . (Je suis touché à la base de l’épaule gauche par une balle entrée de 3/4 arrière et ressortie devant sous salière gauche)
Du coup, plus personne ne court, tout le monde est à terre – Le tir est général, au PM , au FM , provenant des soldats placés rue d’Isly et Bd Bugeaud. « A cette heure, le service d’ordre tire aussi du Bd Bugeaud vers la rue Alfred Lelluch (parallèle en contrebas), Place de l’Opéra (Ouest de la Poste 800 mètres à vol d’oiseau), aux Facultés vers la rue Michelet (Est 400 mètres), au Carrefour de l’Agha, (Est 500 mètres), au Champ de Manoeuvres .(Est 3 kms), sans tuer trop de monde car il n’y avait pas de manifestants à ces endroits … » (des riverains, venus rendre visite aux 3 blessés que nous étions dans la chambre d’Hôpital).
Sur la « placette de l’horloge », chaque vivant se fait le plus petit possible, car les tirs continuent sur les gens couchés. A ma place, couché sur le trottoir de la Grande Poste, les pieds tournés vers le Bd Bugeaud, je suis un peu surélevé, rien ne me protège, mais je puis observer toute la placette, de Cook au Carrefour Pasteur -Isly. J’entends dans mon dos les départs de PM, du barrage Bugeaud, qui tire sans arrêt – La placette est jonchée de corps, certains entassés dans les caniveaux – A ma gauche, assis dans l’encoignure de la porte de l’ancien local des Chèques Postaux, un vieux monsieur blessé légèrement se blottit et attend – à gauche devant, git un homme, baignant dans une mare de sang, la mâchoire inférieure arrachée, mort – A droite, dans le caniveau, un homme de 50 ans est couché, le visage tourné vers moi, les yeux fermés, paisible : il a la tempe gauche traversée, sa femme crie « mon mari est mort, mon mari est mort ! « elle est couchée à côté de lui et l’entoure de son bras, elle veut se lever pour chercher du secours, mais je l’exhorte à ne pas bouger – En effet, des bras ensanglantés se lèvent, des gens hurlent de cesser le feu « nous sommes Français comme vous, arrêtez ! », des blessés tentent de se soulever : tout début de mouvement déclenche immédiatement des rafales – A l m.50 de moi, sur ma gauche, le mur de la Grande Poste est criblé de balles à moins de 40 cms du sol. Je suis dans une position parallèle à ce mur, les balles me frôlent, souvent après avoir ricoché sur le trottoir, qui est tout écaillé (l’une m’atteint au sommet du crâne et m’entaille le cuir chevelu jusqu’à l’os).
Mon voisin de lit, qui se trouvait alors couché 7 , 8 m. devant moi (dans le même sens que moi), est atteint au pied par une balle de FM , qui après avoir ricoché, pénètre entre 2 orteils et va se loger près de la cheville – Ses voisins droite et gauche avec qui il s’entretenait, sont tués presqu’en meme temps, l’un d’une balle dans l’arrière de la tête, l’autre d’une balle dans le dos.
De ma place, je vois les militaires postés entre Cook et Havas arroser les gisants au PM et au FM : ils vident chargeur sur chargeur, ce sont des musulmans. L’un nous fait signe de nous lever, en nous gueulant des injures et en faisant des gestes obscènes – Au carrefour Pasteur-Isly, un gradé (quelque chose brille sur ses épaulettes), se dandine d’un trottoir à l’autre du Bd. Pasteur, la mitraillette en sautoir, les mains dans les poches.
Le rafales continuent de partout : il y a au moins 10 minutes que le feu a été ouvert. Dans le lointain j’entends une corne de pompiers, c’est une camionnette qui s’arrête 10 m devant moi : je fonce.

Divers témoignages .

- d’un lieutenant de tirailleurs à un collègue : vers 14 h-30 sont arrivés en camion des musulmans nouvellement incorporés qui obéissaient manifestement à des consignes préalables que nous ignorions : ils constituaient les cordons 1 et 2, rue d’ Isly (Ce sont eux qui ont ouvert le feu).
- d’un Journaliste américain : Les cordons 1 et 2 étaient formés de soldats FLN de la Willaya 3 incorporés depuis quelques heures (Dans le cadre de la force locale).
- d’un Visiteur : le feu a cessé lorsque le Lieutenant commandant le détachement qui l’ordonnait depuis 10 minutes en vain, a abattu un des tireurs musulmans, Il a été tué lui-même par un voisin du premier.
- d’un Journaliste suisse : des femmes et des enfants ont été achevés dans les couloirs.
- d’un témoin logeant dans un immeuble surplombant : un officier passait parmi les corps et achevait les blessés au pistolet.
- d’un Journaliste Américain : sur les terrasses occupées militairement, on a retrouvé des étais de balles, d’armes individuelles et collectives – d’autre part, les carreaux des terrasses ont éclaté par des balles tirées des hélicoptères.
- d’un Chirurgien de l’hôpital « ont été tués en portant secours à des blessés : le Docteur Massonat , 2 pompiers . Une ambulance de l’hôpital a été criblée de balles, son chauffeur est arrivé tout ensanglanté… pour être hospitalisé d’urgence.
- d’un Docteur : aucune arme n’a été trouvée sur les gens ramassés, morts ou blessés.

Le quartier n’a pas été fouillé, comme il n’eut pas manqué de l’être si le feu avait été ouvert par des tireurs de l’OAS. D’ailleurs les tireurs (que je voyais bien, ne se protégeaient pas du tout d’en haut. J’ai vu l’un d’eux diriger, à un moment, son arme vers le haut, regarder quelques secondes, puis arroser à nouveau les couchés, sans doute après avoir reconnu des copains sur les balcons …

Bab-el-oued a été débloqué le 29 à 5 heures, soit après 7 jours d’isolement, Le beau-père d’un voisin de lit s’y est rendu rapidement, à son magasin, et il a recueilli quelques témoignages. -D’abord son magasin est cassé et pillé)-Armée et CRS ont essayé de se tenir hors du coup, même le contingent, qui fraternisait avec la population. Devant ce relâchement, les autorités ont envoyé les Gendarmes mobiles avec des blindés – Ceux-ci ont cassé et pillé les magasins, emportant les marchandises par sacs et valises (en particulier le Monoprix). Dans les appartements, ils ont cassé les meubles, volé tout ce qu’ils pouvaient emporter, argent, bijoux : aux propriétaires qui leur demandaient un récépissé, ils répondaient de le faire faire par les Chefs…. mais personne ne pouvait sortir. -Les Doyens des Facs Médecine-Sciences-Lettres ont été destitués pour avoir protesté contre ces procédés (mercredi 28/3).

Le résultat de la fusillade serait de environ 50 morts et 200 blessés. Ce chiffre peut paraître en discordance avec celui de 10 -15.000 que j’ai donné pour les manifestants, mais les rafales n’ont couché que la queue du cortège, les retardataires qui, comme moi, avaient retenu 15 heures pour heure du rassemblement – Heureusement la grosse masse des manifestants avait déjà passé le cordon n°2 depuis quelques minutes.

 

témoignage de J.L.SIBEN   

26 mars de "Jf Galea"

26 mars de « Jf Galea »fa

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