MERGUEZ

Posté par lesamisdegg le 23 août 2015

 

devanture de "la saucisse à Michel"

devanture de « la saucisse à Michel »

« La saucisse à Michel »

 Lorsque je pénétrai dans ce petit café de l’avenue de la Bouzaréah, la salle était pleine de fumée et de bruit. Autour des tables, ornées d’un tapis poisseux, de verres multicolores, de jetons et de cartes, il y avait les clients habituels jouant à la manille, à la belotte ou au jacquet. En me voyant venir les surprendre avec un photographe, ils jetèrent, sur mon humble personne, des regards hostiles. Quel était donc cet intrus qui osait troubler leur quiétude par sa présence inopinée et insolite ? L’intrus était un journaliste à l’affût de l’actualité. Les habitués des petits commerçants du quartier, des retraités, des employés de bureau, des ouvriers dont le seul plaisir, sur la terre, semblait d’attendre, devant un apéritif, en jouant à quelque chose, l’heure du fricot qui mijote sous la surveillance de la « bourgeoise ».

Or, tandis que les dents de l’horloge grignotaient l’heure déjà entamée, pendant que les joueurs coupaient du manillon d’atout, abattaient une tierce à la dame, jetaient à la volée les dés du         « tchictchic », certains d’entre eux lançaient à haute voix cet appel imprévu : « Ali , six merguez bien « fadées ».

Merguez ! Quèsaco ?… Intrigué par ce genre d’annonce inusitée aux cartes, j’allai interviewer aussitôt le patron de l’estaminet. Accoudé sur le zinc astiqué du comptoir, la face illuminée d’un sourire commercial, le maître de céans voulut bien contenter ma curiosité sans se faire prier :

— Monsieur est sans doute un touriste, car tous les Algériens connaissent et de longtemps la saucisse à Michel. Avec les brochettes, il n’y a rien de tel pour vous altérer le gosier et vous donner envie d’absorber coup sur coup trois ballons d’anisette.

 Les Merguez ? Ce sont tout bonnement de petites saucisses cachirs que fabriquent certains bouchers israélites avec des boyaux salés de mouton, de la viande de bœuf assaisonnée d’épices et que nous rôtissons en un tournemain sur des braises ardentes. Il suffit d’en manger une fois pour ne plus pouvoir se passer de cette friandise algérienne.

Là-dessus, me faisant les honneurs de son grill-room, représenté en l’occurrence par un réchaud à charbon, le patron me présenta Ali ben Youssef, son chef de cuisine. Ce maître es-grillades est un vieux de la vieille. Tandis que d’autres musulmans sont joueurs de raïta, charmeurs de serpents, poètes et nomades, marchands de zlabias et de beignets, lui s’est spécialisé dans la cuisson des saucisses et aussi des brochettes. A ce qu’il affirme, cela lui a même valu de voir récompenser officiellement sa constance louable, car notre baïlik l’a décoré de la médaille du travail. En 1898, il débuta dans sa profession au passage Sarlande. C’est là que son vénéré maître Moïse Tayeb l’initia aux secrets du paillasson qui avive les braises du Kànoun, au retournement des brochettes, des saucisses et des carrés de foie, à la confection dés hâtelles en roseau. C’est lui encore qui lui enseigna l’art de doser ce mélange de poivre noir et de kemôun pilé que le client saisit dans une assiette entre le pouce et l’index pour saupoudrer le met dont il va se pourlécher les badigoinces.

Mis en confiance par quelques compliments de circonstance, l’offre d’une limonade, Ali a daigné me faire, des confidences que j’entends révéler aux lecteurs de « L’Afrique du Nord Illustrée ». Jadis ces amuse-gueules algériens ne se trouvaient qu’au bazar Mantout et place de Chartres. Le premier qui lança les merguez à Alger, fut un nommé Bacri. Aidé de son beau-frère, il acquit rapidement une renommée nord-africaine avec ses brochettes garnies de deux morceaux de cœur et de deux morceaux de faux-filet de bœuf. Il cuisait aussi des tranches de foie, des merguez délicieuses que l’on arrosait de mahia cachir. Le tout se vendait un sou pièce tandis que maintenant, avec la vie chère, la brochette et le foie grillé coûtent 0 fr 30, là saucisse rôtie 0 fr 40. Ce Bacri qui pourtant ne passa pas à la postérité, était paraît-il un malin. Nul mieux que lui ne savait « mettre en boîte » les bouchers de la place de Chartres. Pour m’en donner la preuve, Ali me rappela un tour de ce roublard. Après avoir choisi six cœurs de bœufs, notre homme se mit à jeter les hauts cris quand on lui en fixa le prix. Puis se ravisant, Bacri demanda au vendeur :

— Et après-demain combien vaudront-ils ?   — Après-demain ? Ils ne vaudront plus rien, car ils seront pourris.     — Bien. Alors je reviendrai après-demain.

A l’heure actuelle, Alger compte trois fabricants de merguez : Ben Simon, Lévy et Joseph Miraï le tunisien. De l’avis d’Ali, qui doit s’y connaître, la composition actuelle de la saucisse cachir rappelle un peu celle du fameux pâté de lièvre et de cheval. Dans la pâte de viande on met du cou et des basses-côtes en quantité industrielle pour un soupçon de faux-filet de bœuf et, quelques fois aussi, des œufs de… mouches à vers. Cela n’empêche pas les amateurs d’en consommer passablement, puisqu’un seul fournisseur de l’avenue du Frais-Vallon fabrique de 1.500 à 1.800 merguez par jour. Au point de vue écoulement, c’est le bar André, situé rue Juba, qui bat tous les records. Les consommateurs se recrutent principalement chez des Israélites et les Arabes de condition modeste, pourtant les chrétiens ne dédaignent pas ces hors-d’œuvre épicés au poivre de Cayenne. Certains soirs, car c’est entre dix-sept et vingt et une heures que le grill-room des bars spécialisés est en pleine activité, on voit arriver des autos d’où descendent des messieurs, de belles dames en quête de pittoresque. Minaudant et retroussant leurs lèvres saignantes dé carmin, les jolies femmes dégustent à belles dents ces friandises culinaires.

Avant de le quitter, comme je réclamais à Ali ben Youssef un dernier souvenir, il me confia cette histoire :    Quelques années après la guerre, j’ai servi trois hommes affamés. Ils avaient fait le pari de manger des brochettes, des saucisses, du pain, le tout arrosé de vin rouge. Le premier rassasié payerait le total de la consommation. Longtemps je leur ai apporté des assiettes garnies, longtemps ils ont mangé comme des ogres et je me demandais si j’arriverais, à calmer des appétits pareils, quand l’un des trois convives manquant de s’étouffer, s’est arrêté. Il avait la figure rouge comme une tomate et des yeux comme un caméléon. A ce moment, j’ai fait le compte, il atteignait 84 fr 50. Après s’être fait prié, le vaincu a payé. Depuis je ne l’ai plus jamais revu. Peut-être, ajoute Ali qui, en bon oriental, est un pince sans rire, est-il crevé d’indigestion.

 Pour conclure, je signale à ceux qui voudraient apprécier les merguez et autres spécialités du même genre, qu’ils en trouveront sans peine dans presque toutes nos villes algériennes.

 Jean Darbois, 1933

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20 Aout 1955 EL HALIA le massacre

Posté par lesamisdegg le 20 août 2015

EL HALIA  le massacre 20 aout 1955  JF GALEA

EL HALIA
le massacre
20 aout 1955
JF GALEA

Zirout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l’Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d’à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s’engage pas dans la révolution. 12 000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zirout sont de récupérer de l’armement, d’éliminer les pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l’armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L’action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L’armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d’El Halia et le village d’Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d’horribles atrocités [1]. Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d’Algérie [2], 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2000 tués les jours suivants (et non les 12000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques : « C’est la guerre, il faut la faire », déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l’idée d’une politique libérale [3].  La fracture entre les communautés s’aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens [4] .Sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Notes [1] On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu’elle avait préparé. [2] Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes. [3] Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu’on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d’Algérie. Un Comité de guerre interministériel s’est réuni à Constantine en juillet 1957. [4] Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n’a pas attendu l’attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs. [5] dans « Algérie, 20 août 1955 » (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se réfère à un faux témoin d’el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.

Roger Vétillard. 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d’Algérie. Préface de Guy Pervillé. Ed. Riveneuve, 2012, 351 pages, 20 euros. Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l’histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l’armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l’ALN. Guy Pervillé met en lumière l’objectivité historique de l’auteur, qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux-5-, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

 

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PROVENCE : 15 aout 1944

Posté par lesamisdegg le 15 août 2015

Maréchal de France

Maréchal de France

Le 15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d’armée constitué de 120.000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C’est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie.

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France…..Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence a été décalé de plus de deux mois par rapport à celui de Normandie car les Alliés ne disposaient pas d’assez de bateaux de transport pour mener les deux de front. Sa direction est confiée au général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine.

Une véritable armée française, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny, débarque sur les côtes nationales.  Forte de 260.000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et des conscrits d’Afrique du Nord, « Pieds-Noirs » et musulmans à part numérique égale. Cette armée va débarquer par vagues successives sur les côtes de Provence, aux côtés des Anglo-Saxons. Pendant que ces derniers s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.

Une progression plus rapide que prévu……Comme tout le littoral européen, la côte provençale a été dotée par les Allemands de solides fortifications : blockhaus (casemates) et mines. Mais dès le 27 mai 1944, l’aviation alliée a bombardé tous les sites stratégiques de la côte, comme la gare Saint-Charles de Marseille, et, comme en Normandie, la Résistance intérieure s’est mobilisée pour empêcher par des sabotages tout repli de l’occupant.  Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes. À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud. En deux jours, 115.000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés. Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.

Toulon et Marseille libérées….Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône sans rencontrer de véritable résistance, atteignant Lyon dès le 3 septembre 1944. Ils font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.   À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht sous les ordres du contre-amiral Heinrich Ruhfuss. Ils ne se rendront que le 26 août. À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais le général allemand Hans Schaeffer, qui tient la ville avec 20.000 hommes, ne cessera la résistance que le 28 août.   Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.

 

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les yaouleds patriotes

Posté par lesamisdegg le 7 août 2015

 

YAOULEDS

YAOULEDS

Il pouvait être 9 heures du soir, ce lundi 3 aout 1914 , les derniers accents de la retraite militaire, le roulement des tambours, les sonorités des clairons et les sons nasillards de la nouba venaient de s’éteindre vers les casernes lointaines, quand une rumeur grossissante parvint jusqu’à la terrasse de la brasserie où j’étais attablé avec quelques camarades, humant le frais et discutant sur les événements. Comme elle venait vers nous, nous nous levâmes, pour aller voir au coin du boulevard ce qui pouvait bien la motiver. Et une singulière et touchante manifestation se déroula sous nos yeux.

C’étaient les petits cireurs indigènes pas plus hauts qu’une botte, les petits biskris, ces yaouleds dont une boîte en bois blanc renfermant quelques brosses constitue tout le fonds social, qui s’étaient réunis dans les hauts quartiers en un turbulent meeting. J’ignore ce qu’on y a voté, mais à l’issue de cette grave réunion, les manifestants défilaient maintenant, quatre par quatre, derrière le drapeau corporatif constitué par trois chiffons tricolores noués ensemble (le syndicat n’est pas riche). Et tous, brûlant du désir de combattre pour la noble cause, mais ne pouvant -  hélas -  devenir tirailleurs ou spahis, dévalaient vers le port en chantant :

 Li drapeau de la France, Qui si qui rend li cœur joyeux !

Et longtemps après, dans la soirée, comme je regagnais ma petite villa de Miramar, sise sur la falaise dominant la rade  d’Oran où s’entassent maintenant, en vue du prochain départ des troupes, les cargos et les paquebots de toutes dimensions, les chants des petits cireurs acclamant la France montaient jusqu’à moi. Aux cieux, le croissant argenté de la lune, symbole de l’islam, affectait un profil quasi humain qui semblait sourire malicieusement. Sans doute souriait-elle, Phébé, à la pensée du grand soulèvement musulman dont rêvait, peut-être à cette heure, le kaiser. 

Henry d’Estre

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the ORAN massacre

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2015

the Oran massacre

le massacre d’ORAN

july 05 1962

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CAMUS Albert -terrorisme en Algérie-

Posté par lesamisdegg le 27 mai 2015

« Les noces sanglantes du terrorisme et de la répression « 

Le dernier terrorisme auquel Camus eut affaire fut celui perpétré par les fellagas (1954-1962).

L’auteur, décédé dans un accident de voiture en janvier 1960, ne connut pas la fin du conflit.

Né en Algérie de parents Pieds-Noirs fort pauvres, farouchement attaché à sa terre et à la diversité des communautés (arabe, kabyle, juive, pieds-noirs) qui la composaient, Camus militait activement et incessamment depuis ses vingt ans la mise en place d’une plus grande justice politique, sociale et économique en Algérie française. En juin 1939, il publia notamment dans Alger républicain une série de onze longs articles dénonçant la famine et le dénuement dont souffraient les Kabyles et appelant à des réformes urgentes.

Quand le terrorisme éclata en 1954, Camus se refusa à soutenir le FLN. Il craignait, à juste titre,  que la victoire de ce parti ne conduisît à l’avènement d’ « une Algérie reliée à un empire d’Islam qui ne réaliserait à l’intention des peuples arabes qu’une addition de misères et de souffrances » et qui exclurait les Pieds-Noirs de son sol. Lui défendait la constitution d’une fédération où les populations multiples d’Algérie vivraient ensemble sans qu’aucune n’en soit bannie pour des raisons ethniques ou religieuses.

Aussi Camus récusa-t-il autant le FLN qui recourait au terrorisme que l’État français ou les « ultras ». Ses articles et éditoriaux de cette période, de même qu’un appel à la trêve civile lancé au péril de sa vie à Alger en janvier 1956, enjoignent les deux camps à mettre fin à une violence mortelle, à ses yeux contagieuse et inacceptable. Cette violence révolte l’écrivain parce que, chez les uns, elle prend pour cible des civils innocents et que, chez les autres, elle remplace la justice par la force répressive. Lui veut interrompre « les noces sanglantes du terrorisme et de la répression » et leur substituer le dialogue.

Avec assiduité, et ce même après l’échec de son appel à la trêve et l’adoption d’une réserve certaine, il appelle à l’établissement d’une société pleinement démocratique, notamment avec la publication des Chroniques algériennes (1958) .

Il s’engage aussi pour sauver des vies. À titre privé, il intervient à maintes reprises pour demander la grâce de membres du FLN condamnés à mort dont il n’approuve pourtant pas les actes terroristes.

Ces actes lui inspirent un dégoût profond lorsqu’ils sont synonymes du meurtre « de femmes et d’enfants », de populations innocentes.

 

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ORAN 5 JUILLET

Posté par lesamisdegg le 21 avril 2015

the massacre of ORAN

5 juillet 1962

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MONA de Pascua

Posté par lesamisdegg le 6 avril 2015

mona de pascua

.

La mona es un típico dulce de Pasqua de Catalunya i del País Valencià, incluyendo la Franja de Ponent. La costumbre prescribe que se regalaba al ahijado o ahijada en Pascua.

Hay que decir que este regalo, en algunas comarcas es un tortell, es típico del día del Ramo, y en otras  este tortell o rabassa se regala en Navidad.

Igualmente, los valencianos, así como muchos menorquinos, que emigraron a Argelia durant el s.XIX y que en buena parte se establecieron en Orán, llevaron allí la mona y la costumbre de ir a comerla al campo el dia de Pascua (“casser la mouna”, en el lenguage de los pies-negros). De hecho, en los recetarios algerianos actuales, tanto de Algeria com de los realizados por los pies-negros (regresados), siempre aparece la mona, a parte de otros platos típicos de los Països Catalans, como la paella, la “melsa”.

La presencia de los huevos como símbolo de la Pascua, es presente en toda Europa, de Inglaterra a Ucrania, como símbolo de la resurrección primaveral.

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Antoinette Agathe PRIETO

Posté par lesamisdegg le 2 avril 2015

10 02mam aaaIN MEMORIAM

ORAN 16 04 1919

Bordeaux 02 10 2014

Antoinette Agathe Priéto vient de nous quitter, sans craindre la mort, dans l’espoir de la résurrection.

Née à Oran, capitale du département du même nom, de Grégoire et d’Emilia, elle y passa son enfance avant d’y commencer à travailler dans les années trente.

Après la 2ième guerre mondiale qui a mobilisé ses deux frères, elle rencontre Joseph G., jeune instituteur de retour des campagnes de « Rhin et Danube ».Elle va l’épouser en 1947, en son église paroissiale du plateau Kargentah, à ORAN, pour fonder une famille, avant de reprendre son poste à l’E.G.A.

La fin de la bataille pour l’Algérie Française, la disparition forcée de son frère Grégoire-comme celle de plusieurs centaines d’autres Oranais abandonnés à la barbarie par la France ce jour là- lors du massacre du 5 juillet 1962 à Oran, vont décider le couple à ne pas rester sur la terre ancestrale et natale. Leur vie est menacée par l’épuration ethnique en cours. Le chemin de l’exil va les conduire au nord de la Loire puis en Gironde.

En 95 ans de vie elle aura fait face, avec courage à la guerre, aux deuils, à la terreur barbare des obscurantistes, à l’ostracisme des sectaires. Nous retiendrons d’elle son dévouement, son sens de la famille, son amour de la vie.

10 10 2014

 

 

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Le saut du cheval du khalife .

Posté par lesamisdegg le 6 mars 2015

1897 le rocher de Ste Clotilde

1897 le rocher de Ste Clotilde

1837 route d'Oran à Mers-el-kébir

1837 route d’Oran à Mers-el-kébir

salto del cavallo 1757

salto del cavallo 1757

« La tragique histoire du khalife Tachefine »

Tachefine-Ibn-Ali sortit d’ORAN , disent les chroniques, par une nuit obscure pour échapper à la  surveillance d’Abd-el-Moumèn. Il  était monté sur sa belle jument Rikhawa rapide « comme le vent » ayant en croupe une de ses femmes qui avait toujours été la compagne de ses fatigues et de ses dangers ; il se dirigeait vers Mers-el-Kébir où un bâtiment l’attendait pour le transporter en Espagne ; mais il n’échappa point à la vigilance des gardes. Découvert par les sentinelles du camp almohade, il aima mieux mourir que de tomber vivant entre les mains de ses ennemis, et il se précipita du haut d’un rocher escarpé. Le lendemain, son corps, celui de sa femme Aziza et celui de sa jument furent trouvés sanglants et déchirés au bord de la mer.

Du côté de la mer, un sentier contourne les contreforts de Santa-Cruz. C’était ce chemin qui, lorsque la route moderne n’existait pas encore, mettait en communication Oran avec la rade de Mers-el-Kébir et, vraisemblablement, c’est celui que suivit le Khalife almoravide pendant la nuit fatale où il trouva la mort. En effet, ce chemin qui, depuis la construction de la route est à peu près abandonné, offre encore, en quelques endroits, une largeur suffisante pour que deux cavaliers puissent s’y croiser ou chevaucher de front; anciennement, quand il était plus fréquenté, cette largeur devait être la même sur tout son parcours et, comme il reste horizontal, contournant le mont d’Aïdour jusqu’au village de Sainte Clotilde où il arrive par un ravin dans lequel il descend brusquement, c’était agir témérairement, il est vrai, mais non follement, que de le parcourir au galop. Poursuivi par les Almohades, Tachefine n’avait plus que cette chance de salut et, malgré l’obscurité de la nuit, malgré le précieux fardeau qu’il portait en croupe, il se décida à la tenter. Toutefois le sort ne lui fut pas favorable . Avant d’atteindre le ravin par où il descend à Ste Clotilde et puis au rivage, le chemin côtoie, en corniche des falaises à pic dont le pied baigne dans la mer ; la route moderne passe en bas, de façon que, dans l’état actuel, les corps de ceux qui seraient précipités d’en haut n’atteindraient probablement plus le rivage mais tomberaient sur la chaussée, d’où, peut-être ils rebondiraient encore, cependant, jusque dans la mer ; autrefois, le rocher descendait en ligne droite et à peu près perpendiculaire du sommet à la base et, si la légende est vraie, c’est dans cet abîme que l’on nomme salto del cavallo, le saut du cheval, que furent précipités le Khalife, son épouse Aziza et leur monture qui était la jument favorite de Tachefine.

En Algérie.par G. de Lombay,…1893     

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