CALENTICA ! CALENTICA !

Posté par lesamisdegg le 24 février 2018

Calentica à l’ouest du fleuve Chéliff , calentita à l’est , kif-kif bourricot !

Il faut donc vous en offrir deux pour le prix d’une-prolongation des soldes oblige -: l’histoire de la calentita de Manolo , en Alger , puis la recette de calentica de mon Tonton Ernest d’Oran .

Calentita 

   Trois jours de mer sur une balancelle, sous voile tendue, l’avaient amené d’Alicante. Alger était blanche et rose comme une carrière de marbre et de cornaline. Et elle avait encore une bonne allure barbaresque.

L’aventure commençait aux portes de la ville. Le pays était roux et sans arbre. Mais Manolo Alvarez était né dans les solitudes tièdes du plateau de Murcie. Le sol aride et le soleil ne l’effrayaient pas. Il avait la peau aussi brune que celle des Arabes et son parler était guttural comme le leur mais ils ne se comprenaient pas.

Quand il fallut choisir un métier, 11 se souvint qu’il avait appris à conduire un attelage dans la vieille estancia familiale. Il fut donc roulier et trima sur la route de Laghouat. Manolo, las de rouler sur les routes de poussière, s’installa dans Bab-el-Oued, i au bourg où les Espagnols aimaient à vivre. 11 eut une longue charrette, quatre lourds chevaux et transporta la pierre des carrières. Une petite brunette de Mahonnaise lui donna la joie d’un foyer, et des enfants. L’harmonie de sa vie était équilibrée. Puis, au fil des ans, la douleur remplaça la joie et il se retrouva, un jour, tout seul, comme quand il avait débarqué, mais sans force de jeunesse, bras faibles et jambes fléchissantes. Pourtant, il fallait vivre encore et, pour vivre, travailler.

Alors il se rappela la place du village et la petite vieille noire et ratatinée qui vendait un gâteau tiède ‘ la calentita. C’était fait avec de la farine de pois-chiche, du sel, de l’eau et de l’huile, et ça calmait la faim des gamins de quinze ans qui venaient de mimer une corrida ou de jouer aux – chasseurs d’aigles. Il fabriqua de la calentita.

Très tôt, dans l’incertaine lumière de l’aube, il pétrit la blanche pâte qu’il fait dorer au four, puis, par les rues où les travailleurs mettent un courant rapide, il va. De son couteau il tape sur le zinc du plateau. tac, tac, tac, et crie : « calentita ! calentita ! ».« Donne deux sous ! Donne cinq sous ! »

Le couteau coupe, coupe, de longues languettes de pâte chaude que les langues des gamins savourent en clappant de satisfaction. Il a comme clients les yaouleds cireurs, les pêcheurs, les débardeurs et les enfants qui vont au lycée, ceux qui ont dents longues et ventre toujours creux.

Quand il est las de rouler lentement par les rues, il va s’installer près de « Djemaà-Djedid », la blanche mosquée aux coupoles. Là, il ne travaille plus, il bavarde. Il bavarde avec ses « pays » , ses « patouèt’ » : un vieux cocher perclus de rhumatismes et qui ne conduit plus, un marchand de poissons au ventre vaste cerclé d’une chaîne d’or bien massive qui confirme son assurance de rentier, un ancien terrassier aussi noir et ridé qu’un pruneau qui a les articulations des mains grosses comme des noix à force de travail , un coiffeur trop parfumé blême des joues, le poil luisant de cosmétique, et d’autres encore.  Ils sont tous venus de la côte d’Espagne si voisine. La réussite a été différente mais il n’y a, chez eux, ni rancœur ni orgueil, et les mots qui sont sur leurs lèvres quand ils parlent de « là-bas » disent la même émotion. Alors, Manolo n’est plus marchand ; il est un puits aux souvenirs d’où il tire des évocations qui le rajeunissent, les autres aussi.

Les gamins connaissent l’heure propice, Ils viennent d’un pas leste, ils disent : « Donne deux sous. », et, saisissant le couteau, ils coupent une languette de pâte de quatre sous au moins et ils partent rapides, heureux. Manolo laisse faire. Il ne voit pas tant il parle, ou, s’il voit, il pense : « Calentita ! Prenez, gamins; coupez, gamins ; faites-vous du plaisir pour Ie palais comme je l’ai fait quand j’étais jeune, Calentita ! Calentita ! Mon cœur est plus chaud que le gâteau que vous emportez parce que la joie est en moi de savoir me souvenir. »

A.-L. BREUGNOT

 

Alger 1932 -un marchand de calentita-

Alger 1932 -un marchand de calentita-

Alger 1935 -Charles BROUTY-

Alger 1935 -Charles BROUTY-

 

Recette de Calentica de tonton Ernest d’Oran

Dans un saladier, verser 250g de farine de pois chiches en ajoutant progressivement 1l l’eau. Mélanger bien ce « bagali » ac’ le fouet d’la cuisine, pas du cocher !

Laisser reposer  12h minimum en prenant soin de remuer « tanzantan » pour bien aérer la pâte.

1 heure avant de commencer la cuisson, ajouter deux cuillères à soupe d’huile d’olive, et otra vess’ le fouet, saler et laisser reposer.

Préchauffer le four à 210°, verser la pâte dans un moule huilé « soi- soi « ; badigeonner le dessur de jaune d’œuf.Enfournez durant 45 minutes, à 300°. La calentica doit être bien dorée dessur’.

Du cumin par dessur’ la calentica, en criant - calentica ! calentica ! -  pour qu’les « morfalous » de tout âge ou condition viennent s’la manger toute chaude.

Tonton Ernest me racontait  « Le vieux marchand de « calentica  » porte son plateau de fer suspendu à l’épaule par une courroie et appuyé sur la hanche. Du dos de la lame de son couteau, il frappe à petits coups précipités sur le rebord du plateau, tac, tac, tac. Les enfants connaissent parfaitement cette musique et, bien vite, vont acheter pour quelques sous de la pâte qu’ils mordent à belles dents. »

 

CALENTICA

CALENTICA

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l’accent des PIEDS-NOIRS

Posté par lesamisdegg le 22 février 2018

Mon Dieu, ils m’ont tout pris

Ma maison, mon ciel bleu, ma petite église, mes djebels.

De mon pays perdu, il ne me reste plus que l’accent.

Mon Dieu, faites que le temps qui passe ne me le prenne pas mon accent.

Ce n’est pas que l’accent de Provence n’est pas mélodieux :

Pagnol, la lavande, Giono, le mistral c’est très joli.

Ce n’est pas que l’accent du Nord n’est pas chantant :

Les chtis, les frites, le carnaval c’est très joli.

Ce n’est pas que l’accent de Paris manque de charme:

Gavroche, la Bastoche, les Champs Elysées c’est splendide

Mais moi Seigneur, mon accent c’est tout ce qui me reste de mon pays perdu.

Faites que le temps qui passe ne me le prenne pas mon accent Mon Dieu.

Car cet accent-là, c’est l’accent de mon grand-père qui, à Verdun a crié à ses zouaves

« Allez Mohamed, allez Mamadou, allez Fernandez, baïonnette au canon et vive la France  »

Car cet accent-là, c’est l’accent de mon père qui, à Monte Cassino a crié à ses tirailleurs

 » Allez Kadour, allez Santini, allez Sposito, à l’assaut et Vive la France »

Car cet accent-là, c’est l’accent de mon frère qui au cours du dernier assaut Viet à Dien Bien Phu, avant de mourir a crié à ses légionnaires

« Allez Steiner, allez Pablo, la Légion ne se rend pas Vive la France  »

Mon Dieu, faites que le temps qui passe ne me le prenne pas mon accent.

Parfois, certains qui ne nous aiment pas me disent que mon accent sent la merguez, le couscous .Ils ne savent pas ces gens-là, qu’au lieu de me vexer ils me remplissent de joie car cet accent-là, c’est l’accent d’Albert Camus, du Marechal Juin………..

Si le temps me le prend mon accent comment je vais faire Seigneur pour raconter à mes petits-enfants comment il criait le marchand de légumes dans les ruelles de Bône ?

Si le temps me le prend mon accent, tu m’entends moi Seigneur dire à mes petits enfants avec l’accent, tous les vilains mots que l’on criait à Galoufa l’attrapeur de chiens errants dans les rues de Bône?

Alors mon Dieu, je vous en supplie faites que le temps qui passe ne le prenne pas mon accent de la bas, l’accent de mon pays perdu.

Jacques HUVER de Bône -02 2018

Pieds-Noirs 2017

Pieds-Noirs 2017

Pieds-Noirs 2017 -ongles

Pieds-Noirs 2017 -ongles

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CALDERO d’Oranie de mi Mama !

Posté par lesamisdegg le 18 février 2018

Ce matin, de bonne heure la voilà qui ramène de la nouvelle pêcherie du port 3 kilos de poisson, surtout de la daurade du loup de mer et encore deux z’ot de rascasse, de rouget de roche ac’  les têtes, bien sûr, et encore, encore un kilo de demoiselles, ac’ des gabottes .Aïe les gabottes pour le bouillon !

Je l’observe écailler, vider et rincer les poissons avant de se les couper en gros morceaux.

poissons de caldéro

poissons de caldéro

 

Dans le grand faitout elle fait  revenir dans un fond d’huile d’olive les 6 gousses d’ail hachées, les piments de Cayenne écrasés puis les 3 tomates émondées, épépinées et concassées.

Dans une casserole, à part, ac’ les têtes de poissons, les demoiselles et les gabottes, elle se mijote  une mini soupe de poisson dans un demi-litre litre de l’eau eau.

Dans le fait-tout libéré, elle fait revenir 2 gros oignons coupés en morceaux et 4 gousses d’ail en rajoutant une cuillerée à soupe de paprika ou une nyora pilée au mortier, et la cuillère de concentré de tomates. Le « secret » c’est de passer la soupe des poissons au presse-purée-que vous avez gardé à la cave-, puis au chinois. Je l’ai vue verser sur cette préparation le fumet de poissons passé, saler, poivrer et laisser mijoter 15 minutes. Poz après, là-dedans elle s’est mis les « poissons de roche » et les tomates entières pendant 15 minutes.

Là-dessus elle s’est versé « oune bouène tchorro » de 3 litres de l’eau chaude, ac’ le zeste de l’orange, le laurier, le persil mouliné, les 4 sachets de spigol, et…. la cuillère à café d’anisette.

Après 15mn de mijotage –tojor un quart de l’heure !- elle s’est sorti le poisson pour le garder au chaud.

Dans le mortier elle -toujours la Mama – s’est préparé un bon aïl-y-oli  ac’ une nyora pilée. Pendant ce temps, les 500g de riz cuisaient. .

A peine le riz dans le faitout et le poisson dans un ot’ plat sur la table, ac’ la gargoulette de mascara rosé bien frais qu’on s’est tous régalés, ah de bon !

Viva la Mama !

les poissons du caldéro

les poissons du caldéro

le caldéro

le caldéro

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CARNAVAL 1925 à Oran

Posté par lesamisdegg le 12 février 2018

Les fêtes de Carnaval ont toujours été des plus réussies à Oran. Cette année-ci, malheureusement, elles ont été, en partie, contrariées par les subites sautes d’humeur de dame Nature. Samedi, durant les dernières heures de la nuit, d’abondantes averses transformèrent les rues de notre cité en de véritables cloaques de boue  liquide. Le dimanche, débuta pluvieux, incertain. Le jour d’un gris sale, se leva tard, comme un vieux rentier et .le soleil, capricieux, ne parut que par intervalles. Toutefois, petit à petit, les principales artères prirent leur air guilleret des dimanches de fête.

Boulevards du Lycée et Seguin, Place Villebois-Mareuil et rue d’Arzew, les marchands de confettis et de serpentins, installaient leurs légers baraquements et leurs éventaires, profitant d’une soudaine éclaircie, réconfortante ainsi qu’un féminin sourire. Enfin, vers midi, le soleil, las de nous faire grise mine, accorda la douceur de ses rayons joyeux. Le froid très vif rougissait davantage les frais minois de nos gentes Oranaises, délicatement fardées, avivant les regards enjôleurs jaillis d’entre les fourrures de skunks ou d’opossum. L’après-midi, malgré le vent un peu vif, la théorie des véhicules plus ou moins bien décorés, et les nombreuses frasques qui ne pouvaient se payer le luxe d’une calèche ou d’un taxi défilèrent dans les principales rues d’Oran, entre deux haies de chaises garnies de spectateurs et de mignonnes spectatrices. La gaité, saine et fraiche, brillait en tous les yeux. Cette première journée, fut assez animée sans, toutefois, égaler les fêtes des années précédentes.

Très peu de chars et de groupes artistiques. Tous, ou presque, sacrifiaient au dieu du jour; j’ai nommé la Publicité. Citons seulement le beau char de la maison Vila – où se trémoussaient de jolies personnes-, celui de l’anis Diamant aux personnages déjà remarqués l’année dernière -soldat d’opérette espagnole- . Le soir la foule des masques où se perdaient quelques gens non déguisés assaillit les dancings organisés un peu partout : au Régent, au Continental, au Palais de la Danse à l’Alhambra, que sais-je encore ?

Lundi, le vent se mit de la partie, un vent très froid, qui tailladait la peau du visage. Cela n’empêcha pas nos concitoyens de rivaliser d’entrain, quoique les groupes déguisés et les véhicules parés fussent moins nombreux que la veille. Pour une deuxième journée de fêtes, elle ne fut pas trop mal réussie. Mardi, le soleil se leva dans un ciel sans nuages, nous promettant une belle après midi, En effet le ciel redevenant aussi azuré qu’à l’ordinaire incita les masques à sortir plus nombreux, tels les escargots qui après la pluie, dressent vers le soleil leurs molles antennes. Et la bataille commença. Les serpentins zigzaguèrent dans l’espace lancés des balcons, bondés de gentes demoiselles ou des véhicules joliment décorés. Et les confettis, lancés à brûle-pourpoint, saupoudrèrent les souples chevelures des promeneuses et leurs toilettes claires.

Quelques masques isolés donnèrent la note comique, cependant que ces couples richement travestis témoignaient de leur goût artistique. Remarqués parmi ceux-ci deux charmants petits pages très XVème siècle. Ce fut une belle et bonne journée, trop courte, hélas !

Les boulevards conservèrent leur animation jusqu’à fort tard dans la nuit. Dans tous les bals il y avait foule et les jeunes et même les pas tout à fait vieux, s’en donnèrent à cœur joie, pour ne se réparer qu’à l’aube naissante. Combien d’idylles ébauchées avec la complicité du loup de velours ! Que de drames poignants soigneusement cachés sous le rictus des visages fardés ! Qu’est-ce que l’existence, d’ailleurs ? Une éternelle mascarade, un infernal Carnaval où chacun trompe tout le monde : parents, voisins, amis et inconnus.

Chacun porte son masque que nous n’ôterons que le jour où sonnera j’heure de la Justice. Amusez-vous, jeunes gens ! Ne songez pas que ces fêtes sont le symbole de notre vie ici bas ! Aujourd’hui, vous avez déposé dans un tiroir votre masque de satin noir. A vos épaules pèse à nouveau le joug de l’existence. Gardez au moins le doux souvenir de ces, quelques journées de plaisir, qui vous ont  permis d’oublier les soucis quotidiens.

La vie marocaine, algérienne et tunisienne.

 

ORAN 1925 -murdjadjo , ville port , remparts , faubourgs

ORAN 1925 -murdjadjo , ville port , remparts , faubourgs

Oran 1925 02

Oran 1925 02

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ALGER février 1956

Posté par lesamisdegg le 5 février 2018

Des tomates pour Guy Mollet

 

La Delahaye du président du Conseil vient de quitter l’aérodrome de Maison-Blanche. Guy Mollet tire sur la cigarette qu’il a nerveusement allumée. Tout au long des vingt kilomètres qui le séparent d’Alger, il aperçoit le cordon de policiers et de soldats qui lui font une haie d’honneur, mais surtout un rempart. Le gouvernement a dépêché sur place le directeur de la Sûreté nationale, Jean Mairey, et fait acheminer de métropole douze compagnies de CRS, par Bréguet deux ponts et DC 4. Paris se méfie d’Alger. Le secrétaire d’État aux Forces armées, Max Lejeune, qui l’a devancé de deux jours, a prévenu le président du Conseil : «Ton arrivée sera mouvementée.» Guy Mollet a seulement accepté de modifier l’heure de son départ, dans l’espoir, dérisoire, de tromper les manifestants. Parti de Villacoublay sous la bruine, le SO Bretagne s’est posé vers 15 heures à Alger. «Je lance un appel de paix à tous les esprits sages, à tous ceux qui ne se laissent pas entraîner par la passion, déclare-t-il au pied de la passerelle. J’ai vu avec surprise et tristesse des hommes s’interroger : « La France va-t-elle abandonner l’Algérie ? » Que signifie la présence du président du Conseil, sinon l’affirmation encore renouvelée du caractère indissoluble des liens entre l’Algérie et la métropole ?»

Mais il en faudrait plus pour rassurer les 986 000 Français d’Algérie, attachés à cette terre qui est aussi la leur : 80% d’entre eux y sont nés. Les musulmans, dont la population a beaucoup augmenté grâce aux progrès sanitaires, sont un peu moins de 9 millions. Seule une minorité d’entre eux est acquise à la rébellion que les fellaghas (les coupeurs de route) ont déclenchée le 1er novembre 1954.

La Toussaint rouge  La situation s’aggrave l’année suivante. Le 20 août 1955, dans le Constantinois, le FLN excite la foule musulmane contre les Européens et les musulmans récalcitrants. Incendies, viols, assassinats. À El-Halia, à vingt kilomètres à l’est de Philippeville«les insurgés, armés de cartouches de dynamite, de bouteilles d’essence, de fusils, de haches, massacrent les hommes», les habitants des mechtas voisines s’acharnent sur les femmes et les enfants. «Et c’est en pataugeant dans des mares de sang que les militaires découvrent la tuerie», rapporte Yves Courrière dans Le temps des léopards(Fayard). À l’issue de ces heures d’épouvante, on compte cent vingt-trois morts, dont soixante et onze Européens.En décembre 1955, la cadence des assassinats augmente encore. En Kabylie, on compte une moyenne de douze victimes par semaine, surtout des musulmans accusés de « collaboration » par les fellaghas parce qu’ils exercent de modestes fonctions d’autorité, comme les gardes champêtres. Le drame algérien est au cœur de la campagne pour les élections législatives de 1956.

Pour les Français d’Algérie, la victoire du Front républicain n’est pas une bonne nouvelle. Ils ne veulent pas des élections au collège unique que le gouvernement prétend organiser alors que la paix n’est pas revenue. Ils se souviennent que Guy Mollet a dénoncé cette «guerre imbécile et sans issue», dans l’organe officiel de la SFIO, le Populaire. Ils se méfient de son ministre d’État, Pierre Mendès France, qui a mis fin à la souveraineté française sur l’Indochine en 1954. Surtout, ils récusent le général Catroux, que Mollet veut leur imposer comme ministre résident : ils l’accusent d’avoir préparé la « capitulation » de la France au Maroc en négociant le retour à Rabat de Mohammed V, en novembre 1955. Pour eux, Catroux est «le symbole de l’abandon». Le 2 février 1956, ils ont fait un triomphe romain à son prédécesseur, Jacques Soustelle qui, s’il a tenté des réformes, a refusé de négocier avec les fellaghas : 80.000 personnes l’accompagnent sous les vivats jusqu’au bateau qui le ramène en France. On crie «Soustelle avec nous»«Catroux à la mer». Comment Guy Mollet n’y penserait-il pas ce lundi 6 février, en roulant vers Alger sous un ciel gris ?

C’est dans une ville morte que pénètre le cortège officiel : les commerçants européens ont baissé le rideau de fer de leurs boutiques. «Fermé pour cause de deuil», affichent les devantures. Les Français d’Algérie ont suivi les consignes du Comité d’entente des anciens combattants, travaillés par Me Biaggi, un héros de la résistance «si grièvement blessé en Alsace qu’on en a fait un officier de la Légion d’honneur à titre posthume», raconte Claude Paillat dans Vingt ans qui déchirèrent la France (Robert Laffont). Il faut aussi compter avec les troupes du « chouan de la Mitidja », Robert Martel, et celles du cafetier du Forum, Jo Ortiz, le patron du groupe action du mouvement poujadiste. Sept cents hommes décidés à faire entendre la voix d’Alger à Guy Mollet.

Le président du Conseil a prévu d’aller déposer une gerbe au monument aux morts, situé au centre d’un escalier-jardin qui dévale du gouvernement général jusqu’à la mer. 20.000 manifestants l’y attendent. Quand il descend de sa Delahaye, on n’entend plus rien que le grondement assourdissant de la foule en colère. «Guy Mollet à Paris !», «L’armée avec nous !»«Al-gé-rie fran-çaise !» Des balcons s’abat sur le cortège une pluie de légumes et de tomates mûres. Plusieurs s’écrasent aux pieds du président du Conseil qui, bien que livide, parvient à se maîtriser. La minute de silence ne dure que quelques secondes, avant que les officiels ne regagnent prestement leurs voitures «dans l’odeur piquante des grenades lacrymogènes», écrit l’envoyé spécial du Figaro, Serge Bromberger.. Il était temps ! Un groupe d’étudiants réussit à rompre le cordon de police et met en pièce la gerbe que Guy Mollet vient de déposer auprès de la stèle. L’émeute s’étend aux alentours du Palais d’Été où s’est réfugié le président du Conseil. Il appelle l’Élysée, bouleversé par la révolte du petit peuple d’Alger. «Je suis ému, je suis ému profondément, dit-il à René Coty. Les manifestations que nous craignions se sont déroulées. Mairey ne répond pas du maintien de l’ordre si Catroux persiste à vouloir venir». La démission du général Catroux est connue peu après 17 heures. Alger, en liesse, réclame aussi celle de Guy Mollet, mais les manifestants qui tentent d’investir le Palais d’Été dans la soirée seront dispersés sans l’obtenir.

Dans la presse, le revirement du président du Conseil est diversement apprécié. «M. Guy Mollet n’a pas pris la foudre. Il a pris des tomates pourries, mais sur le nez. Et si ce n’était que sur le sien, nous nous serions fait une raison. Mais c’est l’État qui a reçu cet outrage», grince François Mauriac dans l’Express, cependant que Combat affirme : «Le terrain est ainsi déblayé pour un nouveau départ».. Pour remplacer Catroux, Guy Mollet choisit Robert Lacoste«Toi seul peux nous sauver. Tu es un homme de caractère. Viens !» Militant syndicaliste, élu socialiste de Dordogne, Lacoste est un lutteur. «Un ventre confortable, un langage truculent, du rire mais aussi d’effroyables colères, écrit Claude Paillat. L’empire colonial, qu’il ne connaît pratiquement pas, a été construit par des gens de gauche : à Alger, il ne l’oubliera pas. Il réagira donc en conservateur d’un legs familial».

De retour à Paris, Guy Mollet justifie sa décision devant l’Assemblée nationale, le 16 février. La «douloureuse manifestation» d’Alger était «l’expression de sentiments profonds et hautement respectables : l’attachement à la France, l’angoisse d’être abandonnés». Surtout, il proclame «l’inébranlable volonté française à la fois de présence en Algérie et d’évolution». En mars, les députés, communistes compris, autorisent le gouvernement à prendre par décret toutes mesures relatives au développement économique de l’Algérie ainsi qu’au rétablissement de l’ordre. C’est la loi sur les pouvoirs spéciaux.

En avril et mai 1956, l’extension de la rébellion conduit Guy Mollet à rappeler partiellement les classes 1951 à 1954. Le service militaire est allongé de dix-huit à vingt-sept mois. Les effectifs engagés en Algérie passent de 200 000 en début d’année à 400 000 en juillet. Un renforcement du contingent accompagné d’appels au cessez-le feu rejetés par le FLN qui décide, au contraire, de multiplier les attentats au cœur des villes.

Le 30 septembre, deux bombes explosent à Alger, à 18 h 35, l’une au Milk Bar de la place Bugeaud, l’autre à la Cafétéria, rue Michelet. «L’engin du Milk Bar, qui avait été placé dans un sac de plage et déposé contre le comptoir, faucha littéralement les plus proches consommateurs, tandis que les glaces s’abattaient sur les clients installés à la terrasse, écrit Le Monde, le 2 octobre. Un spectacle horrible s’offrit alors aux yeux des rares rescapés : le sang avait giclé sur les marbres blancs des parois, tandis que çà et là des femmes et des enfants, jambes déchirées ou arrachées, s’agitaient en des soubresauts convulsifs». La bataille d’Alger était engagée.

 Fabrice Madouas –Valeurs Actuelles 2006 07 –

 

02 02 56 Soustelle part

02 02 56 Soustelle part

02 06 56 Mollet arrive

02 06 56 Mollet arrive

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Les TOUBIBASS des Equipes Médico-Sociales Itinérantes (EMSI)

Posté par lesamisdegg le 30 janvier 2018

Algérie 1957-62.

Le rôle humanitaire des E.M.S.I., un aspect méconnu des actions engagées auprès des femmes en Algérie par les « toubibs« , ces femmes de cœur, tout à la fois assistantes sociales, puéricultrices, éducatrices au contact des familles et des enfants dans le bled.

De 1956 à 1962, l’armée française en Algérie et les autorités civiles ont eu le souci de l’assistance sociale et médicale aux populations isolées des campagnes et les montagnes, alors que l’AMG (assistance médicale gratuite) existait déjà dans les villes où le développement était en marche. Le service de santé militaire s’y est consacré partout où il était présent : des dispensaires médicaux et des centres d’animation, pour le progrès, l’hygiène et l’éducation ont été ouverts, notamment auprès des SAS (sections administratives spécialisées) ; des missions itinérantes ont été créées et parmi elles les EMSI .

Les EMSI, familièrement appelées les toubibass avaient pour ambition de donner un visage humain à notre pays. Des centaines de jeunes filles, de toutes origines et de toutes religions, furent ainsi recrutées pour porter sur leur blouse blanche l’insigne des EMSI. Après un stage de formation, elles se consacrèrent aux femmes et aux enfants, aux malades et aux vieillards, plus tard aux Harkis et à leurs familles. Elles ont servi avec courage et abnégation dans les périls et les difficultés de la guerre, au temps des promesses et de l’espérance.

J’ai eu l’honneur d’être l’une d’entre elles. Native de Picardie, une région particulièrement meurtrie par la guerre. J’ai vécu l’exode et retrouvé au retour mon village entièrement détruit. C’est un souvenir pour moi, encore à ce jour, difficile à effacer de ma mémoire. Reçue en octobre 2003, par le président du Sénat Christian Poncelet, dans ce cadre prestigieux de « la maison des Sages », entourée d’anciennes EMSI j’ai rappelé :

« J’étais donc une métropolitaine comme l’on nous désignait à cette époque, lorsque je suis partie en Algérie, fin 1957, œuvrer dans les « Equipes médico-sociales itinérantes » dites « EMSI ». Imaginant naïvement, pour ma part, que l’amitié pouvait favoriser le difficile chemin menant au calme et à la compréhension. Ces équipes créées en 1957 avaient une mission bien définie, celle d’aller dans les douars les plus excentrés afin d’aider les femmes à évoluer vers un avenir meilleur.

Quarante années d’écrits de témoignages, de récits, où tant de personnes ont exprimé leur souvenir, leur opinion, certaines persuadées d’être les seules à détenir la vérité, leur vérité, hélas trop souvent confiée à une certaine presse avide de sensationnel. Mais sur les « EMSI » rien… Le silence !

Le rôle humanitaire des femmes auprès des femmes et des enfants en Algérie est un sujet « tabou ». Il faut se rendre à l’évidence. Le mal a toujours priorité sur le bien, triste réalité de notre époque. Cinq longues et difficiles années d’activité dans les « EMSI » me donnent le droit et le devoir d’en parler.

Que ce soit l’été sous un soleil torride, ou l’hiver dans la neige et le froid glacial, j’ai parcouru la Petite Kabylie, la Vallée de la Soummam, les Aurès Nementcha, la presqu’île de Collo et bien d’autres régions.

Oui, il y a eu une action humanitaire en Algérie. Ce fut le travail harassant de ce millier de femmes natives de France métropolitaine et d’Algérie française comme aussi de jeunes musulmanes conscientes des difficultés, des risques encourus et de la valeur de leur mission, et qui, main dans la main, sont allées porter aux femmes et aux enfants de ce pays ce que la France avait de meilleur à offrir : les qualités de cœur ; en un mot : aide, secours et amitié.

Familièrement appelées « Toubibass », elles étaient à la fois assistantes sociales, puéricultrices, éducatrices et amies tentant par leur présence, au côté de cette population rurale désorientée par les événements, de faire obstacle à la misère et à la peur, avec pour seule et unique ambition, donner un visage humain à notre pays..

J’ai, pour ma part, le souvenir de l’inconfort de mes étapes. Les éprouvantes marches sur des pistes sans fin. Les pluies diluviennes qui transforment les oueds en torrents. Les inondations qui emportent dans leurs eaux bourbeuses et tumultueuses les modestes biens nécessaires à la vie de tous les jours. Les glissements de terrain, fléau de ce pays qui arrachent les mechtas sur leur passage, laissant des familles traumatisées face à ce douloureux coup du sort. Le village de torchis qui, à cause d’une malveillance, est la proie des flammes.

Devant ces situations trop souvent tragiques les « EMSI » étaient toujours présentes, afin de résoudre au mieux ces problèmes a priori insolubles. Bien souvent, avec ténacité et courage elles y sont parvenues, malgré le manque de moyens et de matériel.

J’ai tout au long de ce difficile parcours, connu de très grandes peines, lorsque l’on ne peut donner que ce que l’on possède. Nos moyens n’étaient pas à la mesure d’une population aussi dense et qui était démunie.  Je dois dire que j’ai également connu de très grandes joies : un enfant que l’on aide à naître, un autre à guérir, une adulte que l’on a secourue et qui vous exprime sa gratitude par un simple sourire. Tous ces petits riens qui m’autorisent aujourd’hui à témoigner ici.

L’action humanitaire en Algérie, ce fut : les médecins et infirmiers militaires qui ont prodigué des soins gratuits à la population, les longues files de patients présents chaque jour devant les infirmeries témoignaient de leur dévouement. Les « sections administratives spécialisées » dites « SAS » dans leur difficile travail administratif et leur énorme difficulté à gérer une population dont les identités se mélangent souvent et se confondent en un imbroglio invraisemblable. Les jeunes appelés pédagogues qui, avec volonté et ténacité, inculquaient leur savoir à des enfants analphabètes.

Enfin les « EMSI » ayant la lourde tâche d’orienter la population féminine vers une évolution, assurance d’un avenir meilleur. Le seul regret que je puisse exprimer à présent sur ce sujet, c’est que nous aurions dû être plusieurs milliers pour favoriser l’évolution des femmes de ce pays et éradiquer la misère, contrecarrée par une démographie galopante.

Je le dis haut et fort, j’ai été et reste fière d’avoir accompli cette noble tâche, qui était d’apporter l’amitié, le réconfort et d’alléger la souffrance de ces gens. Vouloir à présent occulter cette action, c’est mépriser ce qui fait le ferment de l’humanité. Ces cinq années de présence en Algérie m’ont permis de vivre tous les événements qui ont bouleversé l’histoire commune de nos deux pays : le  mai 1958 dans l’enthousiasme ; le  avril 1961 dans l’espérance et le 19 mars 1962 dans la honte et le désespoir.

Après cette date, le devenir des dix « Equipes-médico-sociales-itinérantes » de la zone sud-est constantinoise dont j’avais la responsabilité, fut réglé dans la première quinzaine de juin, par une banale note de service déposée sur mon bureau, un texte sans ambiguïté : « A compter du la juillet 1962, les « EMSI »de la Zone-sud-est constantinoise seront mises à la disposition du gouvernement algérien ». Notre avis sur la question n’avait aucune importance, pour la simple et unique raison qu’on ne nous l’avait pas demandé. Pour les Européennes le problème pouvait être résolu. En ce qui concerne les jeunes musulmanes, il ne faisait aucun doute que c’était pour elles une condamnation à mort certaine (hélas l’avenir nous l’a prouvé). C’est alors que nous avons dû faire appel à notre conscience pour régler au mieux ce douloureux problème.

Les « EMSI » ont pour la plupart assuré le rapatriement des Harkis, du moins le petit nombre d’entre eux qui ont eu cette chance. La France, terre d’accueil et patrie des Droits de l’homme, avait failli à sa réputation. Une fois de plus, l’humanité était bafouée.

En 2003, dite « L’année de l’Algérie en France », qu’il me soit permis d’aborder le sujet dont se repaissent les médias et une certaine presse, sous la houlette d’une intelligentsia calomnieuse. Je veux parler de la « torture ». On ne peut nier que celle-ci ait existé et le regretter. Il faut se rendre à l’évidence, tous les conflits en ce bas monde, engendrent cette sorte de pratique condamnable. Et il ne faut pas oublier la barbarie des fellagas. En Algérie, toutefois, il faut se garder de voir en chaque militaire, qu’il soit d’actifs ou simples appelés du contingent, un tortionnaire. S’acharner à culpabiliser des innocents est une intoxication dangereuse.

Je voudrais terminer mon intervention par cette phrase enfouie dans ma mémoire d’enfant, à qui l’on a inculqué certaines valeurs : « Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit, qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie ».  C’est pourquoi je tiens à citer les noms des « EMSI » qui ont perdu la vie lors d’une embuscade ou lâchement assassinées. Leur souvenir est toujours vivace en nos mémoires. Nous réitérons ici le vœu que leurs noms figurent enfin sur le Mémorial édifié à Paris. Juste reconnaissance de leur sacrifice : Christiane Guenon, Kedassa M’Barka , Yamina Ouali , Zoubida Mustapha , Keira Djamilla Madani , Saadia Chemla , Zhora Nichani , Nadia Lassani , Germaine Kintzler. Le silence des morts ne doit pas favoriser leur oubli.

Le devoir de mémoire, concernant cette période de notre passé, est désormais le travail des historiens. Ecrire l’histoire de ces années tumultueuses demande sagesse et honnêteté. Il n’est pas permis d’exclure ce qui dérange et de promouvoir les idées qui arrangent. La mémoire doit être lucide, sans faille. Nous admettons les critiques, mais que l’on reconnaisse également nos mérites de bâtisseurs et d’humanité. La vérité ne doit pas être parée d’idéologie, quelle qu’elle soit, pour semer la confusion dans les consciences. La vérité doit être nue. Il est temps de nous rendre notre fierté, et notre honneur. Ceci est la mission des dirigeants de ce pays.

Ginette Thévenin-Copin 2003

 

 

TOUBIBAS 1957

TOUBIBASS 1957

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l’ORANAIS

Posté par lesamisdegg le 7 janvier 2018

L’oranais est une pâtisserie de type viennoiserie. Il s’agit d’une pâte briochée ou feuilletée qui contient de la crème pâtissière, deux demi-oreillons d’abricot et des petits morceaux de sucre. Sa particularité consiste surtout en sa forme, qui peut rappeler des lunettes (les deux verres étant représentés par les abricots), d’où un de ses autres noms : la lunette aux abricots.En Bretagne, l’oranais est très répandu dans les boulangeries, sous l’appellation croissant aux abricots et dans le sud de la France, il est appelé abricotine.

 

oranais-patisserie-

oranais-patisserie-

 

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Pélotass de Noël de l’aouéla

Posté par lesamisdegg le 25 décembre 2017

Pot-au-feu aux boulettes -Cocido con pelotas-

boulettes et pot-au-feu

boulettes et pot-au-feu

Préparation des pélotass de Noël pour six personnes : préparer la farce, de préférence la veille. Il vous faut 600 g de chair à saucisse, 300 gr de mie de pain trempée dans le lait et égouttée, 50 g de pignons de pin, 1 oignon, 3 gousses d’ail, un bouquet de persil (tout cela haché fin), 2 œufs, sel, poivre, noix muscade. Bien malaxer le tout et en façonner des boulettes que vous verserez dans un bouillon de pot au feu.

Le pot au feu: la veille faire tremper dans une grosse quantité d’eau froide 300 g de pois chiche. Le lendemain  mettre  ces pois chiches dans une grande marmite remplie d’eau, y ajouter 800 g de jarret ou paleron de bœuf, un oignon piqué de clous de girofle. A l’ébullition, écumer le bouillon. Y ajouter une poule, un bouquet garni. Donner de la couleur à votre bouillon en versant un sachet de spigol. Avant la fin de la cuisson des viandes  y ajouter carottes, navets, pommes de terre…Quand le pot au feu est prêt, ajouter les boulettes et cuire 20 minutes.

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Potajhé des Pieds-Noirs

Posté par lesamisdegg le 17 décembre 2017

Le potajhé est un riche plat de pauvres, dans lequel la seule viande indispensable est la morcilla. On peut y ajouter ensuite à volonté ce qu’on a sous la main : palette poitrine ou pieds de porc, morceaux de boeuf…

ingrédients pour potajhé

500g de haricots secs type lingots , 2 carottes, 2 navets, 2 branches de céleri, le vert de deux poireaux, 1 bouquet de coriandre, 1 feuille de laurier, une branche de thym, un oignon, le vert d’une botte de bettes, 500g de plat de côte de boeuf, 1 pied de veau blanchi, 4 morcillas, 1 jarret de porc demi-sel, 100g de macaronis, 3 nioras , 1 tête d’ail

Préparation

Faites tremper les haricots la veille avec 1 c.a.c. de bicarbonate de soude.
Le jour-même :le plat de côtes et le pied de veau recouverts d’eau froide dans une marmite à cuire 30mn. Pendant ce temps, faites bouillir le jarret de porc 15mn à l’eau non salée, pour le dessaler. Jetez l’eau et ajoutez le jarret avec les autres viandes. Ajoutez les carottes, les navets, les branches de céleri coupées en morceaux, l’oignon coupé en 4, la tête d’ail entière en enlevant juste la première peau. Faites un bouquet garni avec le vert de poireaux, la coriandre, le laurier, le thym, ajoutez-le dans la marmite. Faites cuire une heure 30 à petit bouillon. Pendant ce temps, faites chauffer les haricots à l’eau froide jusqu’à ce que l’eau commence à bouillir. Jetez l’eau. Ajoutez les haricots dans la marmite, veillez à ce qu’ils soient recouverts d’eau. Laissez cuire 45mn. Pendant ce temps, faites tremper les nioras dans l’eau chaude jusqu’à ce qu’ils ramollissent, coupez-les en lanières et faites les revenir quelques minutes à la poële avec un peu d’huile. Ajoutez-les à la marmite, salez. Ajoutez les feuilles de blette hachées en lanières. Quand les haricots sont bien tendres, ajoutez les macaronis et laissez jusqu’à cuisson des pâtes.
Otez le bouquet garni, Mettez les viandes dans un plat détaillez le pied de veau, mettez les légumes et les pâtes dans un second plat.

El potaje es un plato a base de verduras y legumbres cocidas en abundante agua. Las variantes de este plato son innumerables y dependen fundamentalmente de las variedades alimenticias , y la disponibilidad regionales de los alimentos. Esta variedad hace que la palabra potaje aparezca en los menús acompañada de las preposiciones « con » o de, y de esta forma las variantes se denominan, por ejemplo: potaje con/de acelgas; potaje con cebollas, etc.El potaje es un plato a base de verduras y legumbres (por lo general garbanzos, pero también hay potajes de judías, o de lentejas), consistente en legumbres cocidas a las que se le añade un sofrito y queda con caldo, pero no llega a ser una sopa. En el sofrito se suele usar cebolla, ajo, tomate y pimiento, a los que puede anadírseles otros ingredientes —huevo duro y espinacas, o tomate y chorizo, etc—. Además del ajo, se suelen usar otras especias, como pimentón, pimienta, comino, orégano o clavo. Puede llevar algo de carne, hueso, tocino o chorizo, para darle más sabor al caldo, o bien bacalao —que se usa para preparar el guiso conocido como potaje de vigilia, típico de la Semana Santa—. El término « potaje » recuerda al pot-au-feu francés, cuando éste en realidad se asemeja más al puchero o cocido, o al « potage » también francés, con el que se denomina a cualquier sopa de verduras.

potajhé de morcillas

potajhé de morcillas

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ma galette juive

Posté par lesamisdegg le 10 décembre 2017

IL FAUT QUE JE VOUS RACONTE L HISTOIRE DE LA GALETTE JUIVE, MA MADELEINE PROUST A MOI.
QUAND J ETAIS ENFANT ET MEME ADO, J’HABITAIS A LA CASERNE DES DOUANES DE BONE ET NOUS AVIONS COMME VOISIN LA FAMILLE ZERBIB. AU MOMENT DES FETES MADAME ZERBIB NOUS DONNAIT A MA SOEUR ET A MOI LA FAMEUSE GALETTE JUIVE.JE DIS GALETTE JUIVE CAR NOUS L APPELIONS AINSI ET EN REALITE C EST LE PAIN AZYME CELUI QUI A LA FORME CIRCULAIRE.
AVEC MA SOEUR NOUS DEGUSTIONS CETTE GALETTE RELIGIEUSEMENT C EST LE CAS DE LE DIRE!!!! ET POURTANT A VRAI DIRE LE GOUT N AVAIT RIEN D EXTRAORDINAIRE MAIS JE NE SAIS POURQUOI DANS NOTRE PETITE TETE D ENFANT CETTE GALETTE AVAIT UN GOUT MAGIQUE.
LES ANNEES ONT PASSE NOUS AVIONS GRANDI ET LA FAMILLE ZERBIB A DEMENAGE .HELAS MONSIEUR ZERBIB A ETE LACHEMENT ABATTU PAR UN TERRORISTE.OCCUPANT UN APARTEMENT DE FONCTION MADAME ZERBIB A DU QUITTER LE LOGEMENT DE LA CASERNE DES DOUANES.ET BIEN SUR PLUS DE GALETTE JUIVE!!!
LES ANNEES ONT ENCORE PASSE LE RAPATRIEMENT EST ARRIVE ET ME VOILA A PARIS JEUNE INSTITUTEUR QUAND LES PREMIERS SUPERMARCHES SONT ARRIVES.
FAISANT MES COURSES DANS L UN DEUX DANS LE MILEU DES ANNEES 60, SUR QUOI JE TOMBE DANS LE RAYON BISCUITERIE. ????????? LA FAMEUSE BOITE DE GALETTES JUIVES CELLES FABRIQUEES A AGEN ET QUE NOS AMIS JUIFS DOIVENT BIEN CONNAITRE.

EN UNE FRACTION DE SECONDE MON ENFANCE MON ADOLESCENCE ONT RESURGIT DANS MA MEMOIRE. BIEN SUR J EN ACHETE UNE BOITE ET SITOT RENTRE A LA MAISON J ECRIS A MA SOEUR………. NOUS N AVIONS PAS ENCORE LE TELEPHONE A LA MAISON EN CE TEMPS LA…..

 » DEVINE QU EST CE J’AI TROUVE? »

JE NE VOUS DECRIS PAS LA JOIE DE MA SOEUR ET LES SOUVENIRS QUE NOUS AVONS EVOQUES.
DEPUIS LE MILIEU DES ANNEES 60 J AI TOUJOURS UNE BOITE DE GALETTES A LA MAISON ET CHAQUE MATIN DANS MON CAFE J EN PRENDS UNE ET PUIS DEUX AVEC DU BEURRE.ET CHAQUE MATIN MA PENSE VA VERS CETTE BRAVE MADAME ZERBIB
« MADAME ZERBIB TRES CERTAINEMENT AVEC LE TEMPS VOUS AVEZ DU REGAGNER LES ETOILES ET JE VOUS VOIS TRES BIEN LA HAUT EN TRAIN DE FAIRE LA TCHACHE AVEC MA MERE AVEC MADAME LALOUM ET MME TAIEB.SACHEZ QUE CHAQUE MATIN JE PENSE A VOUS ET GRACE A VOUS CHAQUE MATIN JE ME REVOIS ENFANT DANS NOTRE MERVEILLEUX PAYS GRIGNOTANT COMME UNE PETITE SOURIS CETTE DELICIEUSE GALETTE JUIVE MA MADELEINE PROUST A MOI

Jacques Huver

galette juive

galette juive

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