PARIS 17 octobre 1961

Posté par lesamisdegg le 16 octobre 2017

LA VERITE EST UNE ARME REDOUTABLE

Le climat ambiant en octobre 1961, était celui d’une guerre révolutionnaire, sournoise, meurtrière, déclenchée par la fédération en France du FLN, contre la Police Parisienne et la force de Police Auxiliaire. Dans ce contexte, le 17 octobre 1961, la manifestation de masse de la communauté algérienne vivant en France, n’est qu’un « flash »de 4 heures, pris sur le temps d’une aventure humaine douloureuse qui a duré 7 ans et 8 mois .

LA MANIFESTATION

Le 17 octobre 1961, suivant les directives données par le Préfet de police Maurice Papon, par de gaulle, sous-couvert du Premier Ministre Michel Debré et du Ministre de l’Intérieur Roger Frey, 1300 hommes, soit 650 gardiens de la paix, 300 gendarmes mobiles, 280 CRS, une soixantaine de Harkis de la Force de Police Auxiliaire pour servir d’interprètes, et non 7000 hommes, comme il a été dit ou écrit, ont été rassemblés en urgence dans la nuit du 16 et la journée du 17 octobre. En effet, le renseignement sur le déroulement d’une manifestation dans Paris, organisée clandestinement par le FLN, n’a été connu que dans la soirée du 16 octobre. Ces 1300 hommes ont été déployés sur une cinquantaine de points sensibles et de passages obligés par groupe de 25 hommes, commandé chacun par un gradé, avec en réserve quelques éléments pouvant intervenir en cas de besoin.

Le théâtre opérationnel comportait 3 fronts :

- le front extra-muros

- le front intra-muros

- un front souterrain.

Le FLN avait menacé de représailles, pouvant aller jusqu’à une condamnation à mort, ceux qui ne participaient pas à ce « rassemblement patriotique »… Seules les femmes enceintes, les enfants de moins de 10 ans et les malades pouvant le justifier étaient dispensés de manifester.

Les Forces de l’ordre avait mission de stopper la progression vers le centre de la capitale et de disperser 40 à 50000 Algériens contraints, pour ne pas dire pris en otage par le FLN. Ce dernier ayant décidé, avec l’accord du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne installé à Tunis) d’organiser et de déclencher sans autorisation préalable, une manifestation de masse de tous les Algériens résidant en île de France.

LE VRAI BILAN

Le bilan réel en pertes humaines du FLN, lors de la manifestation du 17 octobre :

- le 17 octobre 1961 de 19h30 à 23h, dans le périmètre même de la manifestation : 1 mort, Guy CHEVALLIER tué vers 21h devant le cinéma Rex-5è arrondissement, décédé à la suite d’un coup sur la tête. IL EST LA SEULE VICTIME DANS LE PERIMETRE DE LA MANIFESTATION, Français rien ne prouve qu’il ait été tué par les policiers. Hors du périmètre de la manif : 2 morts. Abdelkader DEROUES, tué par balles, trouvé vers 22h à Puteaux et Lamara ACHENOUNE tué par balles toujours à Puteaux. A ces 3 morts s’ajoutent une centaine de blessés plus ou moins sérieusement, transportés vers les hôpitaux.  Soit du 17 octobre au 21 octobre 1961, 7 morts dont deux peuvent être imputés avec certitude à la Police.

Pour la seule année 1961, le FLN n’a pas hésité à liquider froidement 3% de la communauté algérienne installée en France.

Du 1er janvier au 20 juillet 1961 :

- 417 algériens assassinés par le FLN

- 24 européens assassinés par le FLN

- 11 gardiens de la paix et harkis tués.

LA MANIPULATION  L’agitation politico-médiatique concernant la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961, n’a duré que très peu de temps, parce que celle-ci a été considérée à l’époque où elle s’est déroulée comme un incident banal engendré par la guerre d’Algérie.

PRESSE DU 18 OCTOBRE 1961 AU MATIN

- Le FIGARO : « Grâce à la promptitude et à la vigilance de la Police, le pire qui était à craindre a pu être évité ».

- PARIS JOUR : « 20000 algériens maîtres de la rue à Paris pendant 3heures. C’est inouï ! Ils ont déferlé en plein coeur de la capitale et en ont franchi les portes par groupes entiers ».

- Le PARISIEN LIBERE : « Ils ont pris le métro, comme on prend le maquis ! »

LE DEROULEMENT DE LA MANIPULATION HISTORIQUE

Ce n’est qu’en 1984 qu’un ancien haut responsable de la fédération du FLN en France - Ali Haroun -  publie un livre écrit à la gloire du FLN « la VII Wilaya- la guerre du FLN en France 1954-1962″.

Quelques années plus tard, en 1991, Jean Luc Einaudi, employé au Ministère de la Justice en qualité d’éducateur, s’inspire largement du livre d’Ali Haroun pour « confectionner » le sien, à qui il donne pompeusement le titre « La bataille de Paris, 17 octobre 1961″ ouvrage de parti-pris dans lequel on trouve des détails morbides destinés à frapper d’horreur l’imagination du lecteur.  C’est à partir de ce livre en 1991 que des sympathisants francais appelés aujourd’hui « les frères des frères », par les anciens du FLN, organisent chaque année, avec la participation active d’anciens cadres de la fédération du FLN en France (responsable de nombreux assassinats en France!!!) une cérémonie commémorative à la mémoire des « Martyrs Algériens » du 17 octobre 1961 qui n’ont jamais existé que par l’imagination de leurs créateurs.

En octobre 2000, les  »frères des frères » ont créé l’Association « 17 octobre 1961 contre l’oubli ». Son président est Olivier Le Courgrandmaison appuyé par JL Einaudi et Marcel Péju, Pierre Vidal-Naquet, François Maspero.*

Extrait de l’Afrique Réelle automne 2001, par le Lieutenant Colonel Raymond Montaner, ancien Commandant de la force auxiliaire.

 

« Comme les hommes, les peuples qui oublient leur histoire cessent d’exister! »..Albert Camus

HERAKLES finira par vaincre le mythe de l'hydre

HERAKLES finira par vaincre le mythe de l’hydre

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SIDI-BRAHIM 09 1845

Posté par lesamisdegg le 18 septembre 2017

 Djemaa Ghazaouet-NEMOURS-,
26 septembre 1845, fin de journée… Seize hommes blessés et épuisés sont recueillis par la garnison venue à leur rencontre: il s’agit du caporal Lavayssière, de quatorze chasseurs et du hussard Nataly. On les écoute. Ils racontent leur marche terrible de trois lieues sous le soleil de plomb, constamment harcelés par les Arabes contre lesquels ils ont dû lutter la baïonnette, car il y avait longtemps qu’ils n’y avaient plus de munitions. Ils étaient près de quatre-vingt, formés en carré, les blessés au centre dont l’épuisement obligeait à de fréquents arrêts lentement, environnés d’ennemis, vers Djemaa Ghazaouet qu’il leur fallait atteindre à tout prix. Leur fatigue était immense, mais surtout la soif les torturait, lorsqu’ils parvinrent dans le lit de l’oued Mersa, à deux mille mètres de leur objectif. De l’eau, enfin ! Ils se jetèrent sur elle, mais les hommes de la tribu des Ouled Ziri les attendaient et ce fut un carnage. Déjà blessés, le capitaine de Géreaux et le lieutenant de Chappedeleine ont été tués les premiers… Seuls seize personnes ont survécu.
Tout a commencé le 21 septembre 1845 …
Depuis le début du mois, l’émir Abd el-Kader, du Maroc où il s’est réfugié, a entrepris de soulever les tribus dont beaucoup, sur la frontière, se sont ralliées à la France. Ce jour là, le caïd Trari, sous prétexte d’appeler les Français au secours, entraîne en réalité les troupes françaises dans un piège. Commandant les troupes basées à Djemaa Ghazaouet, le colonel de Montagnac prend la tête d’une petite colonne destinée à lui porter secours : soixante cavaliers du 2e hussard (chef d’escadrons Courby de Cognord) et 350 chasseurs du 8e Chasseurs d’Orléans (chef de bataillon Froment-Coste), le tout avec six jours de vivres. La troupe part le jour même à vingt-deux heures et bivouaque à quinze kilomètres environ à l’ouest de Djemaa Ghazaouet.
Le 22 au matin, Trari oriente Montagnac vers le sud-est et la troupe campe après huit kilomètres, vers 13 heures, le long de la piste, en pleine campagne. A ce moment, quelques cavaliers arabes sont visibles sur les crêtes qui barrent l’horizon à l’ouest. On échange à distance les premiers coups de feu.
Le 23 à l’aube, Montagnac décide de se porter vers le petit parti de cavaliers ennemis aperçu la veille. Il laisse à la garde du bivouac, le commandant Froment-Coste, le capitaine de Géreaux et des éléments de sa compagnie – la 8e – de carabiniers, le capitaine Burgard et sa 2e compagnie. Puis, il se porte vers l’ouest avec l’escadron de hussards, les 3e, 6e, 7e compagnies et 3e escouades de la 8e compagnie du 8e bataillon de Chasseurs. Ils font alors environ quatre mille mètres vers l’ouest lorsque, des crêtes environnantes, surgissent cinq à six mille cavaliers, menés par Abd el-Kader en personne et qui fondent sur la petite colonne.
Les hussards chargent, Courby de Cognard est blessé, mais les cavaliers sont submergés et bientôt anéantis (un escadron du 2e Régiment de Hussards garde fidèlement la tradition et le souvenir de ces combattants tombés non loin du marabout de Sidi-Brahim, aux côtés de leurs camarades du 8e Chasseurs d’Orléans). Les trois compagnies de Chasseurs forment alors le carré et tentent de faire face. Au milieu d’elles, Montagnac est tué. On charge par compagnie pour se dégager. Cette lutte va durer trois heures, avant que, disloquées et dispersées, les unités du 8e d’Orléans ne succombent entièrement sous le nombre.
Averti au bivouac par le maréchal des logis Barbue du 2e Hussards, le commandant Froment-Coste, auquel Montagnac demande des renforts, se précipite avec la 2e compagnie vers le combat qui se déroule à quatre kilomètres de lui. Il ne fait pas deux mille mètres, lorsque les Arabes, qui ont vu son mouvement sur ce terrain dégagé, l’interceptent, l’entourent et donnent l’assaut… Froment-Coste est tué, le capitaine Dutertre, adjudant-major, est fait prisonnier… La lutte est acharnée mais brève et, bientôt, il ne reste plus qu’une douzaine de chasseurs que l’adjudant Thomas, au moment de tomber aux mains de l’ennemi, exhorte à se battre jusqu’au bout sur les corps de leurs officiers.
Après un vain essai de se porter au secours de ses compagnons de la 2e compagnie, le capitaine de Géreaux, qui a la responsabilité du bivouac, assiste impuissant à la lutte sans issue de cette unité qui se déroule à deux kilomètres de lui. Puis, il prend conscience qu’au moment où son tour sera venu de supporter tout le poids de l’attaque adverse, il ne pourra rien faire dans ce terrain plat et inadapté à la défensive. A mille mètres de là, vers l’est, se dresse cependant le petit édifice de la Kouba du marabout de Sidi-Brahim, flanquée de quelques figuiers et entourée d’un mur de pierres sèches. C’est là que Géreaux décide de s’installer pour se battre en attendant du secours. Il rameute alors ce qui reste de sa compagnie, ainsi que les trois escouades de la 3e compagnie, avec le caporal Lavayssière, qui sont à la garde du troupeau et des bagages et fournissent les grands gardes : soit environ quatre-vingt fusils.
La matinée s’achève, le mouvement est rapidement exécuté dans la chaleur accablante de ce début d’après-midi. Il n’échappe pas à Abd el-Kader dans cette grande plaine inondée de soleil, où tout se voit à grande distance. L’émir espère sans doute écraser facilement les restes de la colonne française, mais ses troupes vont se heurter, pendant trois jours et trois nuits, à la résistance des quatre-vingt Chasseurs.
Dans l’après-midi du 23, les Arabes se massent autour de la Kouba et donnent l’assaut. Les harcèlements sont permanents, les vivres et les munitions s’épuisent mais, malgré; le manque d’eau, les Chasseurs ne cèdent pas. Dès le début, le capitaine de Géreaux a fait confectionner un drapeau tricolore de fortune pour attirer l’attention de la colonne de Barral qui, avec le 10e Bataillon de Chasseurs d’Orléans, opère non loin à partir de Lalla Marnia. Non sans attirer le feu de l’ennemi, Lavayssière, aidé du chasseur Strapponi, hisse le drapeau au sommet d’un figuier qui se dresse près du Marabout… et là, dans la lunette qu’il a emprunté au capitaine de Géreaux, il voit la colonne Barrel, attaquée à son tour, s’éloigner dans la plaine (on saura plus tard que le commandant d’Exea du 10e, était d’avis d’aller de l’avant).
Les hommes d’Abd-el-Kader vont dès lors tout faire pour faire céder la résistance inattendue que leur opposent les Chasseurs retranchés dans le marabout de Sidi-Brahim. Par trois fois, ils les somment de se rendre. A la première sommation, Géreaux répond que ses Chasseurs et lui préfèrent mourir. A la seconde, assortie de menaces contre les prisonniers, il répond encore que ses Chasseurs et lui sont à la garde de Dieu et attendent l’ennemi de pied ferme. A la troisième, Géreaux, blessé, ne peut répondre lui-même. Lavayssière s’en charge et ayant emprunté le crayon du capitaine, écrit : M… pour Abd el-Kader !
Les Chasseurs d’Orléans se font tuer mais ne se rendent jamais. Après les sommations viennent les menaces et bientôt les exécutions. C’est d’abord le capitaine Dutertre, fait prisonnier le 23, qui, amené devant la murette, crie à ses camarades : Chasseurs, si vous ne vous rendez pas, on va me couper la tête. Moi, je vous dis, faites-vous tuer jusqu’au dernier plutôt que de vous rendre. Quelques instants plus tard, à des fins d’intimidation, sa tête tranchée est promenée autour de la Kouba, bien en vue de ses défenseurs.
Ce sont alors les prisonniers des combats précédents qui sont traînés de même, les mains liées. Couchez-vous !, hurle Lavayssière, qui fait aussitôt déclencher une fusillade sur l’escorte d’Abd el-Kader qui se trouvait à proximité, atteignant même l’émir à l’oreille. Enfin c’est le clairon Rolland qui, aux mains de l’ennemi, reçoit l’ordre sous menace de mort, de sonner la retraite. Il s’avance et vient, à pleins poumons sonner la charge
Les jours passent et la résistance ne faiblit pas. Les secours n’arrivant pas, Géreaux, de plus en plus affaibli mais qui a gardé le commandement, se rend compte que la situation est sans issue. Il décide de tenter une percée et d’essayer de regagner Djemmaa Ghazaouet, à près de quinze kilomètres de là. Le caporal Lavayssière qui, depuis le début s’est révélé un homme d’action exceptionnel, prend le commandement du détachement car les officiers (Géreaux, Chappedeleine, Rozagutti), tous blessés, ne sont plus en état d’assurer cette mission.
Le 26 septembre à l’aube, on escalade la face nord de la Kouba, on bouscule les petits postes arabes complètement surpris et, formé en carré, les blessés au centre, la troupe se met en marche dans la plaine sous le soleil qui monte. L’épreuve va durer toute la journée… On connaît la suite et l’issue douloureuse de cette marche épuisante qui va connaître un dénouement tragique dans le lit de l’oued Mersa, à 2 kilomètres de Djemmaa Ghazaouet. Dans la journée du 26 et les jours qui suivent quelques rescapés de la colonne Montagnac parviendront à rejoindre Djemaa Ghazaouet. Plusieurs succomberont à leur épuisement et à leurs blessures.
Dès le début, le nom de Sidi-Brahim connut un retentissement extraordinaire. Ce qui frappa, ce fut la volonté collective, la cohésion de cette troupe, l’accord intime et la communauté de réaction des cadres et des Chasseurs dans leur farouche résistance à la faim, à la soif à la chaleur, aux menaces, témoignant d’un état d’esprit bientôt connu comme l’esprit Chasseur .Ce fut aussi l’extraordinaire autorité d’un simple caporal, bel exemple pour ses successeurs, dénotant la qualité d’une instruction et d’une formation morale.
Les restes des héros de Sidi-Brahim furent rassemblés à Djemaa Ghazaouet (Nemours) dans le Tombeau des Braves, ils furent ramenés en France en 1962 et déposés dans le musée des Chasseurs au château de Vincennes en 1965. Ils y reposent encore aujourd’hui.
09 1845 défense hérïque du marabout de Sidi-Brahim

09 1845 défense héroïque du marabout de Sidi-Brahim

combats de djemaa-ghazaouët

combats de djemaa-ghazaouët

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VENDANGES à Zéralda 1930

Posté par lesamisdegg le 1 septembre 2017

pastière et tracteur

pastière et tracteur

Après le pessimisme l’optimisme. Il y a quelques semaines à peine, les propriétaires-viticulteurs paraissaient fort soucieux et difficilement  abordables par suite de l’effondrement des cours des vins, de la mévente qui en résultait et de la perspective d’une nouvelle récolte à loger, alors que les cuves étaient pleines de celle de l’année précédente.

Tout le commerce algérien se ressentait de ce malaise. Les affaires présentaient un arrêt absolu et les voyageurs qui visitaient la clientèle viticole ne notaient plus d’ordre. On ne voyait plus, sur les routes, les gros camions de transport véhiculant des fûts. Les entrepreneurs de labour se trouvaient en plein chômage. Les maladies d’estomac, de reins, de foie, la goutte, les rhumatismes n’existaient sans doute plus, car personne ne parlait de cures à Evian, Vichy, Vittel, ou ailleurs. On se contentait, le soir venu, d’écouter Radio-Alger et autres radio-concerts.
Les viticulteurs passaient de sombres journées dans leur villa ou maison d’habitation, espérant toujours une amélioration des cours. Certains d’entre eux, de nos amis, gardèrent cependant une confiance inébranlable. Est-ce le pressentiment îles événements qui devaient se produire, est-ce une foi aveugle en les destinées heureuses de la terre algérienne, ils conservèrent intact leur optimisme de jadis. Bref, c’était tout de même le marasme complet. Depuis la hausse, la reprise des transactions sur les vins, la perspective d’une bonne récolte, la physionomie des choses précitées a changé du tout au tout.
L’optimisme le plus joyeux a fait place aux jours sombres et le commerce en général reprend de son activité. Comme les escargots après les premières pluies, les voyageurs et courtiers reprennent avec une nouvelle ardeur leurs visites et sont reçus avec plus d’aménité.  De lourds camions de vin sillonnent toutes les routes. Les défonceuses entament un peu partout et profondément de nombreux hectares de terre. Les dyspepsies, gastralgies, gastrites, hépatites et autres maladies du foie, des reins ou d’articulation ont fait leur apparition annuelle mais retardée. Nombreux sont, en effet, les propriétaires qui se sont vus obligés d’aller faire une cure dans les villes d’eaux appropriées à leur cas.
Les vendangeurs.
 Le temps particulièrement favorable à une bonne et prompte maturation a avancé le commencement des vendanges. Dans de nombreuses propriétés du littoral et de la plaine l’activité bat déjà son plein. Au cours de voyages dans le département, nous nous sommes arrêtés en différents endroits pour assister aux joyeuses scènes de vendanges qui se déroulent généralement dans l’allégresse.
Les procédés modernes.
Que nous sommes loin des méthodes de jadis, méthodes que nous voyons encore utiliser dans certaines régions méridionales de la Métropole !
Une cave algérienne est une véritable usine où les procédés les plus modernes de vinification ont contribué à l’excellente réputation de nos vins. Les vendanges sont elles-mêmes industrialisées afin d’obtenir, avec un gros rendement, un produit de qualité. La culture de la vigne mériterait, d’abord et à elle seule, un long chapitre, car les colons algériens savent utiliser les plus récents perfectionnements de la motoculture spécialement adaptée aux vignobles. Un coup d’œil sur ces derniers et on remarque en plus de la magnifique végétation la belle ordonnance de plantations longuement espacées pour permettre que tous les travaux se fassent mécaniquement et par tracteurs. On admire également la belle tenue des terres qui, jusqu’aux vendanges, sont scarifiées et où l’on ne voit pas une herbe.
Le recrutement des vendangeurs.
Avec la pénurie actuelle et générale de main-d’œuvre, le recrutement des vendangeurs est devenu une chose laborieuse et même difficile surtout pour les grands domaines où il faut plusieurs centaines d’hommes. Nombreux sont les propriétaires du département qui vont chercher le personnel dont ils ont besoin en Kabylie, dans les monts du Djurdjura, du Dahra, de l’Ouarsenis ou la plaine du Chéliff. Dans ces régions, il y a certains indigènes qui se sont spécialisés comme intermédiaires dans ce recrutement et qui moyennant une prime, procurent dix, vingt, cinquante ou plusieurs centaines d’hommes suivant les contrées.
Chaque équipe est dirigée par un chef bénévolement reconnu par ses compagnons et qui seul discute les conditions de travaux et d’embauche. Ces équipes sont ensuite transportées sur les lieux de travail, aux frais du propriétaire, par camionnettes, camions auto ou chemins de fer. Elles sont logées dans la ferme ou ses dépendances. Un des leurs est désigné par eux pour assurer le ravitaillement et faire la cuisine, quand il y a lieu. Nous disons bien quand il y a lieu, car leur nourriture principale est le raisin. Certains propriétaires ou chefs de culture nous ont affirmé que chaque vendangeur mangeait, en moyenne et par jour, de trois à quatre kilos de raisin ! Pour une cure de fruits frais, c’en est une !…
La façon d’opérer.
Les vendangeurs sont répartis par chantiers. Dans de nombreux vignobles on met deux coupeurs par rang qui alimentent le porteur de hotte. Ce dernier transporte son contenu à la pastière qui s’arrête dans les « tournières ». Dans les grands domaines ce sont des ânes qui, portant deux hottes, circulent dans les rangs et viennent remplir les pastières. .Chaque chantier est placé sous la surveillance d’un chef dont on entend fort souvent les interpellations.
Les pastières.
En ce qui concerne les pastières et suivant l’importance de la propriété et la richesse en chevaux, mulets, bœufs ou tracteurs, on emploie des véhicules de différentes capacités. Dans ce domaine on emploie près de 1.000 vendangeurs et ouvriers et- plus de 80 pastières sont en travail. Les capacités varient entre 12 et 15 quintaux pour celles tirées par les bêtes. Celles remorquées par tracteur à chenilles transportent d’un seul coup 45 quintaux environ et font trois à quatre fois plus de voyages que les autres, à cause surtout de leur rapidité et de la facilité d’évolution. L’arrivée des pastières à la cave est ordonnée par un européen spécialisé qui, suivant les cépages, fait déverser dans des conquêts différents.
vendanges 1930

vendanges 1930

1930 pastières et conquets

1930 pastières et conquets

Des conquêts les raisins passent dans les fouloirs-égrappoirs rotatifs à grand débit qui envoient les grains foulés et le jus à la pompe à moûts et rejette les grappes, absolument et proprement dépouillées, sur un chemin roulant où elles sont dirigées vers un pressoir hydraulique.
La pompe à moûts refoule, suivant la nature des raisins, la qualité et la couleur des vins que l’on veut obtenir, soit directement dans les cuves de fermentations soit au préalable sur des égouttoirs.  La cave elle-même présente au milieu de bruits une activité fébrile. On se rend compte que tout a été préparé soigneusement pour donner au vin cette grande sécurité qu’est la propreté.
Dans les cuves, où domine le bouillonnement des moûts et d’où s’échappent des émanations capiteuses qui grisent rapidement le visiteur, s’élabore le pur nectar de Bacchus.
La campagne algérienne a repris désormais sa belle physionomie d’autrefois. En celte saison où les chaleurs commencent à devenir moins fortes, où les vignobles sont ventés par une brise plus fraîche, le spectacle des vendanges dans la plaine et sur les coteaux marquent la joie nouvelle du travail heureux.
 FNB

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chant pour OUHARAN

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2017

le massacre des inocents

le massacre des innocents

Cruel de lumière et de vie,

L’astre de nos jours

S’arrête surpris,

Car on fauche le blé de Numidie.

 

Une clameur atroce

En Ouharan s’élève,

L’humaniste enfant de Mondovi

Nous l’avait prédit,

La Peste est arrivée.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan,

Ivre de sang et d’instinct

Le renard chrysoprose hurle à la colombe,

De son clavier aigu

Son chant mortel.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan

Le simoun dans les oliviers

Roule les rameaux dans le sable,

Et emporte dans les pins

Les promesses des parjures.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan

L’air apporte aux sirènes hideuses

Le chant du rossignol de nos veines,

Et le hennissement de la cavale blanche

Qui répand la liqueur de vie.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan,

Des coquelicots naissent

Dans la poussière d’or,

Lorsque des enfants meurent

Là où des mères pleurent.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan,

La sueur de neige inconnue

S’empare du peuple naïf,

Trop surpris

Qui tue dans les artères de l’âme.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan,

Sous le regard de Notre Dame de Santa-Cruz

Par ses pasteurs abandonnés,

L’humain troupeau agonise

et perd, un instant, sa confiance en l’avenir.

 

Jusqu’à cinq heures en Ouharan,

La blessure brûle comme un soleil,

Déjà la gangrène arrive au loin,

Et le vent, qui soulève les suaires absents,

Porte enfin, au Monde la détresse du Peuple .

 

Alors à cinq heures précises à Ouharan

S’identifiant au Christ Martyr

Le peuple écoute respirer la mer apaisée,

Et un chœur de voix secrètes crier aux cieux 

Barka ! Basta ! Assez !

 

Oui à cinq heures précises en Ouharan,

Assez de désillusions pour perdre le paradis de Dieu,

Assez de morts pour oublier Ouharan,

Assez d’horreurs pour gagner le ciel de l’Homme,

Assez de sang pour redonner la Vie.

 

Ouharan, personne ne te connaît,

Car ils croient que tu es morte à jamais

Comme tous les morts de la Terre,

Etouffée sous le sang, étouffée sous la peur

Sans vie, sans fierté, sans honneur.

 

Ouharan, personne ne te connaît,

Nos enfants perdent ton souvenir,

Et la nature voudrait t’oublier,

Mais les défis de l’Homme Sont trop proches des cieux.

 

Ouharan, personne ne te connaît

Mais je chante pour toi les murs trop blancs,

Mais je chante pour toi la peine trop noire,

Mais je chante pour toi la tourmaline et la malachite,

Mais je chante pour toi le saphir et la turquoise…

 

Car le chant de l’Homme jamais ne s’arrête

Et porte au monde, ma Patrie perdue,

Cette lumière aveugle de vie,

Le cri d’espoir de la liberté exilée

Ouharan ! Ouharan ! Ouharan !

 

SOL 1968 07 05

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Le combat de la MACTA

Posté par lesamisdegg le 25 juin 2017

Le Combat de la Macta

27 06 1835

27 06 1835

 se déroule du 26 au 27 juin 1835 dans la forêt de Mouley-Ismaël, près de l’oued Sig et oppose les forces françaises aidées par deux tribus, Douair et Sméla, aux Arabes qui disposent de 8 000 cavaliers et 4 000 fantassins.

Ne pouvant plus résister aux assauts arabes, les hommes du général Trézel battent en retraite le 26 juin. Un second repli est également amorcé à Arzew, mais les forces de Trézel sont prises de vitesse. Les cavaliers arabes, qui sont plus rapides, plus mobiles et surtout plus nombreux, bloquent les Français au défilé de la Macta. La Légion étrangère réussit à contenir l’ennemi et à le repousser, mais les Arabes poursuivent leurs attaques.

Le lendemain, 27juin, ils tendent une embuscade dans le marais de la Macta, formé par le confluent de deux cours d’eau : le Sig et l’Habra, entre la rivière et la forêt. Les lourds chariots du convoi sont éventrés et les blessés de la veille égorgés, tandis que les troupes d’escorte sont anéanties. Une nouvelle intervention des légionnaires est décisive : la colonne est dégagée et la voie libre vers Arzew, mais l’attaque des cavaliers arabes coûtent cher aux forces françaises. Ces dernières déplorent la perte de 52 tués et 189 blessés.

En novembre 1837 quelque temps après le Combat du Sig, les soldats noirs (tribus Douair et Sméla) hommes et femmes, bien que noirs, étaient considérés comme des prisonniers échangeables en tant que personnes par l’armée française, alors qu’ils étaient considérés comme des biens matériels par les musulmans.

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ORAN mai 1962

Posté par lesamisdegg le 28 mai 2017

LA DERNIĖRE COMMUNION

 

Qu’elle était radieuse l’aurore de ce dernier dimanche de Mai 1962 à Oran !… Le ciel était tout blanc, d’une blancheur de gaze, où scintillaient des gouttelettes nacrées, pluie d’atomes lumineux dont la chute emplissait l’éther d’une immense vibration qu’on aurait dit minuscule. Tel une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au-dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.

Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.

Parmi eux, se trouvait Sophie Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs », en l’occurrence de gendarmes mobiles, « de tirer à vue sur tout européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ».

Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée.

Pourquoi lui refuser, malgré l’atrocité de la situation, le droit à la robe blanche et à la douceur de la cérémonie ? Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.  Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeur, Frédérique, se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux de ses voisins et amis qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.

Et cette vision insolite de ces enfants encadrés de C.R.S !… parce que leur quartier étant bouclé par suite d’une perquisition générale, on n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. C’était grotesque et digne d’Ubu Roi ! Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! On massa les enfants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, bénit les communiants en disant :

« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »

Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…

José CASTAÑO

mai 1962  la dernière communion

mai 1962
la dernière communion

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MARGUERITTE avril 1901: l’héroïque institutrice

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2017

L’héroïque madame Goublet

En 1901, il y eut en Algérie, dans la province d’Alger, une révolte des indigènes, qui atteignit de graves proportions au village de Margueritte. Mme Goublet, l’institutrice, réussit, par son courage et son sang-froid, à préserver de toute atteinte les enfants et les femmes qui étaient accourus chercher un refuge dans l’école.

Il était une heure. La cloche de l’école venait de sonner la rentrée, quand un cri retentit : « Les Arabes se révoltent ! »

Aussitôt l’institutrice ordonna à ses élèves de regagner leurs places et, s’asseyant elle-même à son bureau comme d’habitude, elle leur dit «  Soyez tranquilles ! Avec moi, vous n’avez rien à craindre. » Il y avait là soixante enfants, dont trente fillettes de dix à quatorze ans, exposés aux pires dangers.

On entendait à quelques pas les vociférations des forcenés qui, en quelques minutes, avaient déjà commis plusieurs assassinats et qui saccageaient et pillaient. Les détonations des armes, le tumulte de la rue, le fracas des portes, des volets, des meubles brisés dans les habitations assaillies, achevaient de produire l’épouvante et l’effroi. Dans la classe, pas un mouvement, aucune parole ; tous les regards étaient dirigés vers la maitresse, qui demeurait calme, s’efforçant d’inspirer aux autres une confiance qu’elle n’avait pas.

Le logement de l’institutrice a subi deux attaques. Les portes gardent l’empreinte d’une balle, les marques des pesées exercées au moyen d’une barre à mine. Les Arabes, tout d’abord, s’emparèrent du cheval de M. Goublet et forcèrent celui-ci à les suivre.

Vers deux heures, un des révoltés qui tenait une auberge indigène à Margueritte, pénétra dans la classe, brandissant au-dessus de sa tête la hache qui lui avait servi à forcer la porte. A cette vue,  les femmes et les enfants poussèrent un cri, un seul, formidable et terrible. Mme Goublet leur imposa silence : « Que veux-tu ? dit-elle au chenapan. Le fusil de ton mari. Tu l’auras » .Et le prenant par le bras, elle l’entraina dans ses appartements. L’Arabe, muni de l’arme, traversa de nouveau la salle et, devant tous, l’institutrice lui fit promettre de respecter l’école.

Une heure plus tard, il y eut encore dans la classe un moment de véritable terreur. Des rebelles à cheval et armés jusqu’aux dents se plantèrent devant l’école et, du haut de leurs selles, par les fenêtres, essayèrent de voir dans l’intérieur. Qu’allaient-ils faire ? Il fallait mettre fin à ce supplice, Mme Goublet sort, va droit aux cavaliers : « Que voulez-vous ?  De l’argent ? Vous savez bien que je suis pauvre. Tiens, toi, Moktar, voilà un sou, va prendre une tasse au café maure » .Les brigands déconcertés, s’éloignèrent en riant

Ce ne fut que vers cinq heures que les malheureux que l’école abritait, entendant la fusillade et voyant les révoltés fuir au triple galop de leurs montures, comprirent que les troupes étaient arrivées et qu’ils étaient enfin sauvés. Les parents vinrent à la hâte chercher leurs enfants et pleurèrent de joie en les retrouvant sains et saufs.

 

Le Vétéran 03 1912

l'hérïque institutrice de Margueritte

l’héroïque institutrice de Margueritte

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La bataille d’ALGER

Posté par lesamisdegg le 10 avril 2017

La bataille d’Alger a opposé, en 1957 à Alger la 10e D.P.aux terroristes fells .

À la suite des nombreux attentats perpétrés contre la population par les fells, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu pour démanteler l’organisation terroriste et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à octobre 1957.

Le 8 janvier 1957, Massu entre dans la ville avec10 000 paras et proclame la loi martiale. Les fells répliquent par des attentats et une grève générale qui débute le 28 janvier. En réaction, l’armée divise la ville en secteurs et ceinture les quartiers musulmans. Elle procède à des arrestations massives pour obtenir des informations. Cette stratégie permet de démanteler l’organigramme de la Zone autonome d’Alger forçant ses dirigeants à quitter Alger et l’arrestation de ses membres clés, Larbi Ben M’hidiYacef Saadi et l’élimination d’Ali la Pointe.

La bataille est remportée par l’Armée française qui a éradiqué les attentats et la guérilla urbaine , l’ordre est rétabli. Les Français d’Algérie qui ont subi durant trois mois les attentats terroristes des fells n’oublient pas le général Massu qui a gagné la « bataille d’Alger », et le soutiendront en mai 1958, lorsqu’il crée le Comité de Salut Public, puis une seconde fois lorsque, après avoir critiqué la politique algérienne du de Gaulle, il est muté en métropole, ce qui provoque la semaine des barricades.

Miss Wiky

 

paras en Alger

paras en Alger

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Printemps 1925 à ORAN

Posté par lesamisdegg le 21 mars 2017

Enfin, le beau temps est revenu. Dans le ciel de lapis-lazuli où voguent quelques nuages floconneux, pareils à un troupeau de nomades moutons, le soleil resplendit animant le paysage de ses rayons. C’est à présent qu’il fait bon se lever avant l’aurore.

Je ne connais rien de plus délectable que de partir vêtu d’un léger costume, mon chien fidèle trottinant à mes chausses, vers les hautes falaises qui dominent la Cueva del Agua et le Ravin blanc. L’air du large fortement saturé d’iode, pénètre en mes poumons, les dilatants d’extase. Sur les flots, là-bas, vers l’horizon s’attarde une buée légère, le dernier voile de la nuit. A mes pieds, au fond de l’abîme, les vagues, doucement, caressent les rochers. L’onde est transparente, d’un bleu d’émeraude, jamais troublé Le port s’éveille et la cité aussi. Dans les branches des ficus et d’un caroubier, les oiseaux pépient joyeusement. D’un petit jardin tout proche me parviennent les senteurs des fleurs printanières. Et je songe que la nature lance vers le ciel, vers l’Etre suprême, Dieu ou toute autre divinité, son encens, les doux parfums des fleurettes, et ses actions de grâces, les chants des oiseaux.

Le train siffle, soudain, sur les quais. La sirène d’un bateau lui répond. Aussitôt après, c’est le bruit incessant des treuils et des grues, les cris des portefaix, qui me parviennent vaguement, comme le clapotis des lames contre la falaise là, en bas. L’orient où stagnait un nuage effiloché se colore soudain, d’un ton d’orange mûre à point, tandis que le nuage s’empourpre tout à coup. Puis le disque du soleil, éblouissant, s’élance vers le zénith. J’entends là-bas, vers la place d’armes, le crissement aigu des roues des premiers tramways glissant sur les rails. L’heure de rejoindre le labeur quotidien étant proche je retourne au logis, l’esprit et le corps plus dispos.

José STÉFANI-POQUET

ORAN au printemps A. FERRANDO

ORAN au printemps
A. FERRANDO

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MAZAGRAN-de la défense héroïque de-

Posté par lesamisdegg le 3 février 2017

En octobre 1839, l’expédition des Portes de Fer est organisée par le gouverneur général Valée et le duc d’Orléans : elle vise à relier par voie terrestre Alger et Constantine (prise en 1837) et à conforter l’emprise française sur le nord de l’Algérie. Considérée par l’émir Abd el-Kader comme une violation du traité de la Tafna qu’il avait signé en mai 1837 avec le général Bugeaud, cela aboutit à la reprise de la guerre en novembre, avec notamment l’attaque de la plaine de la Mitidja (20 novembre).L’armée française est alors placée dans une position défensive, en attendant des renforts pour reprendre l’initiative. Ben Tami, lieutenant d’Abdel Kader, à la tête de plusieurs milliers de cavaliers , prend la route de Mostaganem. Ils sont une première fois stoppés le 15 décembre devant le village de Mazagran, situé à 4 km de là, par le feu nourri d’un bataillon français qui y stationne. Les Français se replient ensuite dans un fortin dont le siège commence. Mais Ben Tami s’aperçoit que celui-ci dispose d’une source d’eau, il décide donc de lancer l’assaut le 3 février 1840.

 

Philippoteaux, Défense de Mazagran, février 1840

défense héroïque de MAZAGRAN février 1840

défense héroïque de MAZAGRAN février 1840

« La province d’Oran devint presque en même temps que celle d’Alger le théâtre de la guerre sainte. Au commencement du mois de février les beys de Mascara et de Tlemcen vinrent, à la tête de douze mille hommes, attaquer le réduit fortifié de Mazagran, défendu seulement par cent vingt-trois hommes du premier bataillon d’Afrique, sous les ordres du capitaine Lelièvre.

Voici l’ordre du jour adressé par le général Guéhéneuc aux troupes de la division d’Oran :
« L’attaque a duré cinq jours : la force totale de l’ennemi est estimée à douze mille hommes, d’après les calculs les plus modérés; il avait avec lui deux pièces d’artillerie.
« Le 3 février, entre dix et onze heures du matin, une colonne de huit cents hommes est venue attaquer le réduit de Mazagran… La ville, n’étant point occupée, fut envahie en un instant par l’ennemi : une vive fusillade s’engagea de part et d’autre ; l’artillerie ennemie ouvrit son feu : la nuit mit fin au combat.
« Le 4 l’ennemi, plus nombreux que la veille, renouvela l’attaque, qui commença à six heures du matin et dura jusqu’à six heures du soir, et fut encore repoussé avec perte.
« Le 5, nouvelle attaque, qui eut le même sort que les précédentes.« L’artillerie des Arabes ayant fait brèche dans les murs de Mazagran, la garnison profita de la nuit pour réparer les murailles, panser les blessés et se préparer à de nouveaux combats.

Enfin le 6 l’ennemi fit une tentative désespérée pour se rendre maître de ce poste : une colonne de deux mille fantassins donna l’assaut ; l’ennemi parvint jusque sur la muraille ; mais, grâce à l’intrépide opiniâtreté de la garnison, il fut repoussé, tantôt à coups de baïonnettes, tantôt avec des grenades, et même à coups de pierres. Ce fut son dernier effort : entièrement découragé, il se retira, abandonnant l’attaque et ses positions »

 

ben-Ali-ben-Abi-Taleb, cousin germain et beau-frère de l’émir :

« De cet endroit (Tagdemt), j’allais rejoindre El hadj Mostafa, Khalifa de Mascara. Les contingents arabes et les soldats étaient campés près d’Oran. Avec eux nous nous dirigeâmes sur Mazer’eran (Mazagran). La ville fut entourée de toutes parts. Les soldats se précipitèrent aux murailles. Nous pointâmes une pièce de canon qui abattit la hampe à laquelle ils arboraient le drapeau. Certain jour, un homme du nom de Sid Mohamed ben Mezrona’, bach-kateb (trésorier) des soldats, répandit le bruit parmi ceux-ci que le sultan avait écrit de retourner ; les soldats partirent. C’était un mensonge. J’eus un cheval tué à ce siège. De retour auprès du sultan qui était revenu à Tak’edemt (Tagdemt), je lui rendis compte de ce qui était arrivé ; il destitua le bach-kateb. »

El-Hossin-ben-Ali-ben-Abi-Taleb, Histoire d’el hadj Abd-el-Kader

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