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8 mai 1945 les émeutes de Sétif

Posté par mdame le 11 mai 2010

                    Sétif – Le Mythe des 45000 musulmans
                                 victimes de la Répression  

                               Colonel Adolphe GOUTARD  

 

C’est jour de marché. De nombreux indigènes venus des douars voisins emplissent les rues. Vers 7 heures, un rassemblement se forme devant la mosquée. La troupe scout musulmane Kechafat el-Hyat est autorisée à défiler pour se rendre au monument aux morts. Vers 8h30, elle se met en marche, suivi par un cortège de 7 000 à 8 000 personnes. En tête, trois hommes portent un drapeau français et deux drapeaux aux couleurs du prophète. Derrière eux apparaissent des pancartes sur lesquelles on lit : Libérez Messali ! Nous voulons être vos égaux ! Vive l’Algérie indépendante ! Vers 9 heures, le cortège arrive rue de Constantine où il se heurte à un barrage de police. Le commissaire central somme les manifestants de faire disparaitre les pancartes séditieuses. Sur leur refus, la police essaye de s’en emparer. C’est le signal de la bagarre. Des coups de feu éclatent. Le cortège se disperse et les manifestants se répandent dans la ville assaillant à coups de pistolet, de couteau, ou de bâton, les européens rencontrés dans les rues ou assis à la terrasse des cafés. On entend les cris de N’Katlou ennessara ! (Tuons les européens !). Les femmes poussent de stridents you-you. Rue Sillègue, M. Deluca président de la délégation spéciale s’efforce de calmer les excités. Il est abattu. D’autres meurtres sont commis.

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SETIF 8 mai 1945-

Posté par mdame le 9 mai 2010

Réactions sur un article du POINT

 

Texte  relevé dans les commentaires sur l’article du Point relatif aux évènements de mai 1945 à Sétif , article  écrit par Monsieur François Malye .

Ce texte est signé du pseudo de «HERVE» mais nous devinons facilement le nom de cet historien qui  a  publié un livre sur le sujet, livre  très documenté et très bien accueilli par les historiens .

 

Monsieur le Rédacteur en chef du Point

Messieurs,
Après la lecture du dossier consacré à l’Algérie Française (Le Point n° 1862 du 28/05/08), je me dois de réagir, en particulier à l’article de Monsieur François Malye relatif aux événements de mai 1945 à Sétif, Guelma et Kerrata.
Je suis l’auteur d’une étude historique bien accueillie par des historiens français et algériens et publiée en février 2008 aux Editions de Paris sous le titre  » Sétif 1945 : Massacres en Algérie ». Ce livre a été adressé en service de presse à vos publications. C’est pourquoi je pense être autorisé à vous apporter quelques précisions et commentaires, sachant que toutes mes affirmations trouvent leurs sources et références dans le livre sus-cité.
En préambule, je crois qu’il faut dans un souci d’objectivité ne pas confondre mémoires et histoire. On ne refait pas l’histoire à partir de 4 témoignages recueillis 63 ans après la période étudiée, au risque de s’exposer à de graves erreurs, lacunes et anachronismes.
Ainsi à Sétif le 8 mai 1945, les 20 gendarmes ne sont arrivés sur les lieux des affrontements qu’après que l’essentiel des victimes européennes (plus de 20 morts et plusieurs dizaines de blessés dont certaines décéderont dans les jours suivants) aient été atteintes. Il me paraît important de ne pas renverser l’ordre des événements.
Il y eut tant parmi les musulmans (telle la mère de Kateb Yacine) que parmi les européens des conséquences psychologiques importantes.

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Le film « Hors-la-loi »

Posté par mdame le 9 mai 2010

Un film de désinformation

27 avril 2010 Lu dans Chrétienté info

« Lionnel Luca s’inquiète du contenu du film de Rachid Bouchareb, et demande à Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, de vérifier si Hors-la-loi, dont la tête d’affiche est Jamel Debbouze, mérite d’être financé par l’argent public français [à hauteur de 7% – le CNC n’ayant même pas lu le scénario] et même de faire partie de la sélection officielle du festival de Cannes. Ce dernier demande une analyse du scénario au Service historique de la Défense (SHD). Bilan : les historiens militaires dénoncent un scénario «parsemé d’erreurs et d’anachronismes» et «d’invraisemblances parfois grossières».

Prenons, par exemple, les émeutes de Sétif, le 8 mai 1945. Le réalisateur veut faire avaler au spectateur que des Européens ont gratuitement et spontanément massacré des milliers d’Algériens. «Or, dit le SHD, c’est le contraire qui s’est produit […]. Cette version des faits est admise par tous les historiens, l’auteur commet donc une grossière erreur en montrant des Européens tirant sur des musulmans depuis leurs fenêtres. Si l’auteur souhaite évoquer le massacre de musulmans par des Européens à Sétif, il devrait situer sa scène au minimum le 9 mai, car c’est en réaction au massacre d’Européens du 8 que les Européens ont agi contre des musulmans

Même ignorance concernant les partis indépendantistes algériens– ce qui est tout de même un comble pour un partisan du FLN ! En page 10 du scénario, au lendemain des émeutes de Sétif, Bouchareb demande à ses acteurs de hurler « Vive le FLN ! », alors que ce parti ne sera créé que pratiquement dix ans plus tard, en 1954 !

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19 MARS 1962

Posté par mdame le 3 mars 2010

 19 MARS 1962  dans

19 MARS 1962               

    UN FAUX ANNIVERSAIRE POUR UN FAUX ARMISTICE


Avec l’aimable autorisation de l’auteur                                                                                            

                                                

Créé en 1961 pour venir en aide aux victimes de la guerre d’Algérie, le « Secours de France » poursuit cette mission, majoritairement en faveur des anciens harkis et de leurs familles. On trouvera, ci-après, publié par l’association, un texte de M. René Mayer, pied-noir, polytechnicien et haut fonctionnaire, qui participa à l’élaboration et à la mise en œuvre  du plan de Constantine. Il rétablit la vérité politique et juridique sur ce qu’il est convenu d’appeler les « accords d’Evian » et le cessez-le-feu, décidé lors de sa signature, avec effet au 19 mars 1962.


La FNACA , une organisation d’anciens combattants de la guerre d’Algérie, d’un genre un peu « orienté », fait campagne auprès des Maires de France pour que dans chaque ville, une rue ou une place porte le nom du 19 mars 1962. Cette date est celle de la signature des prétendus « accords » d’Évian.

La FNACA est la seule association d’anciens combattants à poursuivre cet objectif. Pour commémorer le souvenir des morts de la guerre d’Algérie, les autres préfèrent la date du 5 décembre.


En faisant état auprès des élus locaux du nombre d’adhérents qu’elle revendique sur leur territoire, en se présentant faussement comme la seule organisation à représenter les soldats du contingent envoyés en Algérie, elle obtient souvent satisfaction de la part d’élus qui ne sont pas toujours bien informés. Ceux qui osent protester contre la célébration d’une date aussi discutable sont présentés par la FNACA et par les partis qui la soutiennent comme des adversaires de la paix, des «fascistes», voire des tueurs.

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19 MARS 1962 :

Posté par mdame le 2 mars 2010

19 MARS 1962 : LE CESSEZ-LE-FEU… ou
la victoire du FLN

de Joseph Castano

                                       Avec l’aimable autorisation de l’auteur                                                                                                                  

 

LA   V E R I T Ẻ ?… C’EST  CELLE-LẢ !

La lutte pour l’indépendance de son pays justifie telle de telles atrocités ? Repentance pour qui ?

 «Il y a eu  envers les Pieds-Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens »  (Hocine Aït Ahmed – chef historique du FLN)

         Pour ceux qui n’acceptent pas la vérité, voici quelques photos édifiantes de la barbarie du FLN… et, çà, ce n’est pas de la fiction : ce sont des preuves !

Visages lacérés où les yeux manquaient, nez et lèvres tranchés, gorges béantes, corps mutilés, alignement de femmes et d’enfants éventrés, la tête fracassée, le sexe tailladé ; c’était le lot journalier de la terreur… Malheur à ceux qui refusaient d’obéir au FLN ! Un sadisme et une cruauté sans pareil à l’égard de ceux qui aimaient la France…

           

« La France a commis un crime : Elle a livré le peuple algérien aux tueurs et aux assassins ! »  (Ferhat Abbas (ex-leader du FLN)

Ci-dessous, Musulmans assassinés à l’Arba, le 27 février 1956. Les tortionnaires ont commencé par leur couper les paupières, le nez et les lèvres, avant de les achever tandis qu’un troisième était égorgé devant sa famille… pour l’exemple.

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1962 :ORIGINE DU POUVOIR ALGERIEN

Posté par mdame le 3 novembre 2009

  ETUDE SUR BOUMEDIENE ET LE GROUPE D’OUJDA 

 PAYA Jean-François Historien / Cercle Algérianiste du Poitou

     Sujet mal connu par certains  compatriotes  (Remarquer la collusion indiquée avec le pouvoir Gaulliste)   > C’est ce noyau d’Algériens nés au Maroc, qui compte à son actif deux putschs, qui a permis à Boumediène de parvenir à ce destin de chef d’Etat de l’Algérie indépendante. Houari Boumediène était chef de la Wilaya 5 et installa son QG dans la ville marocaine frontalière avec l’ouest du pays, Oujda.Tout comme Boussouf pour le MALG, Boumediène recruta des alliés parmi ces Algériens du Maroc pour l’état-major général de l’ALN. Le premier s’en servit pour porter le premier coup de l’armée contre les politiques en assassinant Abane Ramdane, et le second y trouva un appui pour porter le deuxième coup de force de l’armée contre le FLN en s’attaquant au Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Le groupe d’Oujda est entré de la sorte par effraction dans l’histoire de l’Algérie et il signera, avec Boumediène à sa tête, l’acte de naissance du régime algérien.

> Ces Algériens du Maroc nommés Wasti

> Les membres du groupe ou clan d’Oujda sont désignés comme ceux qui sont nés ou ayant vécu au Maroc avant 1962. Les « wasti », en référence à la position géographique de l’Algérie au centre du Maghreb, ou encore « deuxième francis, français de seconde catégorie », comme aimaient à les qualifier les Marocains, sont des Algériens qui sont nés au Maroc avant le déclenchement de la guerre de libération.

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TIBEHIRINE

Posté par mdame le 14 juillet 2009

  Un témoin dénonce une bavure  

 Un général français vient d’affirmer aux juges parisiens que l’armée algérienne était à l’origine de la mort des moines trappistes en 1996.

TIBEHIRINE  dans

   coeur- dans Les militaires algériens ont-ils abattu les sept moineshttp:// français de Tibéhirine, morts dans les montagnes de l’Atlas en 1996 ? Un témoignage inédit, recueilli par le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic le 25 juin dernier, vient de relancer ce dossier. Dans sa déposition, que Le Figaro a pu consulter, un général français, aujourd’hui à la retraite, révèle sous serment au magistrat que ces «assassinats» seraient, en fait, le résultat d’une terrible bavure. Cet officier de l’armée de terre, attaché de défense à Alger au moment du drame, avait alerté sa hiérarchie, mais on lui avait intimé de garder le silence pour ne pas nuire aux relations entre la France et l’Algérie. Au bout de treize ans, l’homme a décidé de briser le secret. Un secret-défense. «C’est difficile pour moi car c’est une chose dont on m’a demandé de ne pas parler», précise-t-il au cours de sa confession.

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26 mars 1962 à Alger

Posté par mdame le 11 juillet 2009

 26 mars 1962 à Alger
Note liminaire :
Ce que je n’ai pas vu, ni entendu moi-même est rapporté entre guillemets et la source de l’information est notée entre parenthèses – mais je précise que j’ai entendu moi- même les auteurs des témoignages : Journalistes, blessés, infirmières, visiteurs…
Jean Louis SIBEN

Vers 10 heures. Dans toute la ville circule rapidement un mot d’ordre de grève générale à partir de 14 heures et de manifestation à partir de 15 heures. Des tracts sont bientôt répandus invitant la population à se rassembler à 15 heures au Plateau des Glières (Place de la Grande Poste) pour défiler vers Bab-El-Oued : sans aucune arme et en silence. Le but est de montrer que toute la ville est solidaire de Bab-el-Oued. (A ce moment, ce quartier est isolé depuis 3 jours, ravitaillement en pain assuré par l’Armée de 6 heures à 8 heures le matin, aux femmes seulement – Les vivres collectés en ville Samedi et Dimanche ont été pris par les Forces de l’Ordre  » et ne sont pas parvenus à la population – Aucun enlèvement des morts ni des blessés – Evacuation des enfants de moins de 10 ans interdite, car des familles d’autres quartiers avaient demandé à en héberger – Les hommes de 14 à 70 ans emmenés de chez eux sans aucun bagage pour être triés au Camp du Lido et au stade de Saint-Eugène : 3 000 sont alors en cours de tri, parqués sans nourriture ni abri, battus – Après vérification de leur identité, ils sont relâchés, mais en ville et ne peuvent regagner Bab-el-Oued qui est bouclé – Sous prétexte de fouille, les gendarmes cassent, pillent appartemzents et magasins. Ils tirent au canon de 37 et à la mitrailleuse de 12,7 sur tout ce qui bouge ou fait du bruit – Les volets sont clos en permanence).
A partir de 14 heures, la foule afflue vers la Place de la Poste, un piétinement régulier, sans précipitation, sans un cri – La place est encerclée par l’Armée, des barrages coupent les rues, constitués pour la plupart de camions joints – Les Facultés sont occupées militairement.
Les groupes parviennent à la Poste malgré les barrages, en contournant les infranchissables – Rue Michelet un cordon de soldats laisse passer un filet, mais Bd Baudin, les CRS ne se laissent pas franchir et les gens des quartiers Est (Belcourt) sont obligés de faire le tour par le haut de la ville ou les quais.

Vers Bab-el-Oued à partir de la Grande Poste :–>Plan

Boulevard Front de mer : barrage de camions
rue Alfred Lelluch : id
Bd Bugeaud : id
rue d’Isly : barrage de soldats en cordon

Les voies sont toutes barrées, mais la dernière moins fortement, c’est elle qu’empruntera le cortège.
Partout les soldats sont en tenue de combat, casque lourd, mitraillette et FM avec chargeur engagé, le visage dur.

« Depuis le matin, les terrasses des immeubles bordant la Place de la Poste sont occupées par l’Armée ; sur certaines des mitrailleuses de 12,7 sont en position – A partir de 14 h 30, les soldats envahissent les appartements de ces immeubles et se postent aux balcons ». (Journalistes Suisse et Américain)
Vers 14 h,30, la foule (10 – 15.000 personnes) se met en marche vers Bab-el-Oued par
la rue d’Isly, derrière un drapeau français tenu par un ancien combattant arabe, entouré de jeunes arabes – La foule est serrée, silencieuse, marchant lentement – Des jeunes commencent à scander des slogans, mais leurs voisins les font taire : il faut une manifestation de masse, digne, calme, résolue – Des femmes, nombreuses, des enfants, des vieillards -. Mains vides, de vieilles personnes s’appuient sur des cannes.

« Le cordon de soldats placé kà l’entrée de la rue d’Isly laisse passer le cortège et se place le long des Magasins au début de la rue, entre Cook et Havas : une dizaine d’homme dont 2/3 musulmans » (voisin de lit à l’hôpital).
Le cortège progresse rue d’Isly et passe un 2ème cordon de soldats, placé à environ 50 mètres du 1er. Mais là « un Lieutenant nous adjure de rentrer chez nous, les larmes aux yeux – lorsque nous lui disons que nous sommes Français, n’avons pas d’armes et manifestons calmement notre solidarité pour Bab-il-oued, il répond que ses hommes ont reçu l’ordre de tirer » – (une cousine – 50 ans).
« Le cortège passe pendant 10 – 15 minutes, mais tout à coup les soldats reforment le barrage, en tronçonnant le défilé ; pointant leur mitraillette sur le ventre des manifestants, ils les empêchent d’avancer – il est 14 h30″ (voisin de lit).
14 h.50 : c’est l’ouverture du feu, par des rafales de mitraillette, sans qu’il y ait eu, au préalable, un cri, un coup de feu, une sommation – le tir à bout portant.
« Les première rafales sont tirées du carrefour Bd Pasteur – rue d’Isly par des soldats postés devant Havas (appartenant au 1er cordon) et en face (appartenant au 2ème cordon) Le tir arrose la foule rue d’Isly et vers la Grande Poste ». (Journaliste américain).

Les manifestants tombent, se couchent ou courent pour se protéger. « Ceux qui refluent rue Chanzy sont pris sous le feu de soldats placés Bd Bugeaud et tirant vers la rue d’Isly » (journaliste Américain).
Beaucoup se plaquent sur le trottoir de la rue d’Isly opposé au Bd Pasteur, les plus heureux plongeant dans les couloirs d’immeubles – La rue d’Isly étant bordée de magasins, les vitrines sont cassées et on verra à l’hôpital « de nombreux blessés par verre, tendons sectionnés » (Infirmière du Sce de l’Hôpital).
D’autres (comme moi), refluent vers la Grande Poste en courant : ils sont fauchés par le feu ouvert par le barrage placé Bd, Bugeaud (PM et surtout FM) . (Je suis touché à la base de l’épaule gauche par une balle entrée de 3/4 arrière et ressortie devant sous salière gauche)
Du coup, plus personne ne court, tout le monde est à terre – Le tir est général, au
PM , au FM , provenant des soldats placés rue d’Isly et Bd Bugeaud. « A cette heure, le
service d’ordre tire aussi du Bd Bugeaud vers la rue Alfred Lelluch (parallèle en contrebas), Place de l’Opéra (Ouest de la Poste 800 mètres à vol d’oiseau), aux Facultés vers la rue Michelet (Est 400 mètres), au Carrefour de l’Agha, (Est 500 mètres), au Champ de Manoeuvres .(Est 3 kms), sans tuer trop de monde car il n’y avait pas de manifestants à ces endroits … » (des riverains, venus rendre visite aux 3 blessés que nous étions dans la chambre d’Hôpital).
Sur la « placette de l’horloge », chaque vivant se fait le plus petit possible, car les tirs continuent sur les gens couchés. A ma place, couché sur le trottoir de la Grande Poste, les pieds tournés vers le Bd. Bugeaud, je suis un peu surélevé, rien ne me protège, mais je puis observer toute la placette, de Cook au Carrefour Pasteur -Isly. J’entends dans mon dos les départs de PM, du barrage Bugeaud, qui tire sans arrêt – La placette est jonchée de corps, certains entassés dans les caniveaux – A ma gauche, assis dans l’encoignure de la porte de l’ancien local des Chèques Postaux, un vieux monsieur blessé légèrement se blottit et attend – à gauche devant, git un homme, baignant dans une mare de sang, la mâchoire inférieure arrachée, mort – A droite, dans le caniveau, un homme de 50 ans est couché, le visage tourné vers moi, les yeux fermés, paisible : il a la tempe gauche traversée, sa femme crie « mon mari est mort, mon mari est mort ! « elle est couchée à côté de lui et l’entoure de son bras, elle veut se lever pour chercher du secours, mais je l’exhorte à ne pas bouger – En effet, des bras ensan glantés se lèvent, des gens hurlent de cesser le feu « nous sommes Français comme vous, arrêtez ! », des blessés tentent de se soulever : tout début de mouvement déclenche immédiatement des rafales – A l m.50 de moi, sur ma gauche, le mur de la Grande Poste est criblé de balles à moins de 40 cms du sol. Je suis dans une position parallèle à ce mur, les balles me frôlent, souvent après avoir ricoché sur le trottoir, qui est tout écaillé (l’une m’atteint au sommet du crâne et m’entaille le cuir chevelu jusqu’à l’os).
Mon voisin de lit, qui se trouvait alors couché 7 , 8 m. devant moi (dans le même sens que moi), est atteint au pied par une balle de FM – Bugeaud, qui après avoir ricoché, pénètre entre 2 orteils et va se loger près de la cheville – Ses voisins droite et gauche avec qui il s’entretenait, sont tués presqu’en môme temps, l’un d’une balle dans l’arrière de la tête, l’autre d’une balle dans le dos.
De ma place, je vois le militaires postés entre Cook et Havas arroser les gisants au PM et au FM : ils vident chargeur sur chargeur, ce sont des musulmans. L’un nous fait signe de nous lever, en nous gueulant des injures et en faisant des gestes obscènes – Au carrefour Pasteur-Isly, un gradé (quelque chose brille sur ses épaulettes), se dandine d’un trottoir à l’autre du Bd. Pasteur, la mitraillette en sautoir, les mains dans les poches.
Le rafa1es continuent de partout : il y a au moins 10 minutes que le feu a été ouvert. Dans le lointain j’entends une corne de pompiers, c’est une camionnette qui s’arrête 10 m devant moi : je fonce.

Divers témoignages .
- d’un lieutenant de tirailleurs à un collègue : vers 14 h-30 sont arrivés en camion des
musulmans nouvellement incorporés qui obéissaient manifestement à des consignes préalables que nous ignorions : ils constituaient les cordons 1 et 2, rue d’ Isly (Ce sont eux qui ont ouvert le feu).
- d’un Journaliste américain : Les cordons 1 et 2 étaient formés de soldats FLN de la Willaya 3 incorporés depuis quelques heures (Dans le cadre da la force locale).
- d’un Visiteur : le feu a cessé lorsque le Lieutenant commandant le détachement qui l’ordonnait depuis 10 minutes en vain, a abattu un des tireurs musulmans, Il a été tué lui-même par un voisin du premier.
- d’un Journaliste suisse : des fgemmes et des enfants ont été achevés dans les couloirs.
- d’un témoin logeant dans un immeuble surplombant : un officier passait parmi les corps et achevait les blessés au pistolet.
(Un visiteur a dit que des bandes de l’ALN venaient d’être incorporés à l’Armée Française avec leurs gradés).
- d’un Journaliste Américain : sur les terrasses occupées militairement, on a retrouvé des étais de balles, d’armes individuelles et collectives – d’autre part, les carreaux des terrasses ont éclaté par des balles tirées des hélicoptères.
- d’un Chirurgien de l’hôpital : ont été tués en portant secours à des blessés : un Docteur (Dr. Massonat), 2 pompiers et 8 pompiers blessés. Une ambulance de l’hôpital a été criblée de balles, son chauffeur est arrivé tout ensanglanté… pour être hospitalisé d’urgence.
- d’un Docteur : aucune arme n’a été trouvée sur les gens ramassés, morts ou blessés.

Le quartier n’a pas été fouillé, comme il n’eut pas manqué de l’être si le feu avait été ouvert par des OAS. D’ailleurs les tireurs (que je voyais bien, ne se protégeaient pas du tout d’en haut. J’ai vu l’un d’eux diriger, à un moment, son arme vers le haut, regarder quelques secondes, puis arroser à nouveau les couchés, sans doute après avoir reconnu des copains sur les balcons …
- Des visiteurs ont dit que les soldats européens n’avaient pas tiré,

Bab-El-Oued a été débloqué le Jeudi 29.3 à 5 heures, soit après 7 jours d’isolement, Le beau-père d’un voisin de lit s’y est rendu rapidement, à son magasin, et il a recueilli quelques témoignages. (D’abord son magasin est cassé et pillé)

Armée et CRS ont essayé de se tenir hors du coup, même le contingent, qui fraternisait avec la population. Devant ce relâchement, les Autorités ont envoyé les Gendarmes mobiles avec des blindés – Ceux-ci ont cassé et pillé les magasins, emportant les marchandises par sacs et valises (en particulier le Monoprix). Dans les appartements, ils ont cassé les meubles, volé tout ce qu’ils pouvaient emporter, argent, bijoux : aux propriétaires qui leur demandaient un récépissé, ils répondaient de le faire faire par les Chefs…. mais personne ne pouvait sortir.

Les Doyens des Facs Médecine-Sciences-Lettres ont été destitués pour avoir protesté contre ces procédés (mercredi 28/3).

Le résultat de la fusillade serait de environ 50 morts et 200 blessés. Ce chiffre peut paraître en discordance avec celui de 10 -15.000 que j’ai donné pour les manifestants, mais les rafales n’ont couché que la queue du cortège, les retardataires qui, comme moi, avaient retenu 15 heures pour heure du rassemblement – Heureusement la grosse masse des manifestants avait déjà passé le cordon n°2 depuis quelques minutes.

Aux Français de Métropole, ces récits rappelleront sans doute des scènes douloureuses, qui se sont déroulées sous une occupation étrangère…

 » C’est grand, la France , c’est beau , c’est généreux « .

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