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TOUSSAINT ROUGE 1 11 1954 par Jean BRUNE

Posté par lesamisdegg le 1 novembre 2017

La guerre subversive ?

« Chaque victime était un otage innocent versé dans les charniers pour satisfaire aux exigences glacées d’une arithmétique de la terreur. Peu importaient les qualités ou les défauts des victimes, leur nom, leur poids d’entrailles humaines et les symboles inclus dans leur métier. Ce qui comptait, c’était le nombre des morts à partir desquels la peur s’installait dans la vie et commençait de la corrompre comme un poison.

On ne tuait pas comme on tue à la guerre pour ouvrir dans les rangs de l’ennemi des brèches dans lesquelles s’engouffraient les soldats. On tuait pour créer un scandale et par ce scandale attirer l’attention du monde non pas sur les victimes, mais sur les bourreaux. L’entreprise supposait une organisation méticuleuse des complicités; chaque nouveau mort étant l’occasion d’exprimer les solidarités qui liaient le meurtrier à un immense camp d’intérêts et d’idées. Chaque nouveau massacre collectif servait de prétexte à une explosion d’indignation en faveur des écorcheurs. Ainsi les hommes étaient-ils immolés sur l’autel d’un calcul, et les morts versés comme un carburant nécessaire au fonctionnement d’une machine.

Pour que s’ouvrît et fût alimentée une controverse, il fallait que mourussent des innocents. On brûlait la vie dans les hauts fourneaux des fonderies d’idées.

Dans cette incroyable logique de l’absurde, les Français d’Algérie fournissaient les morts. Ils étaient les hommes-charbon indispensables au fonctionnement de la grande machine « anticolonialiste » affectée à la subversion de l’Occident.

Pour que les journaux progressistes de France pussent s’indigner du sort des Algériens, pour que M. Sartre pût donner une conférence à Rome en compagnie de l’un des chefs des égorgeurs, pour que l’archevêque d’Alger pût rédiger l’un de ses communiqués abscons qui sont égale injure à la justice, à la charité et à la syntaxe; enfin, pour que l’Organisation des Nations unies pût se poser à New York en gardienne intransigeante des droits de l’homme, il fallait

qu’une femme fût violée dans une ferme d’Oranie, après avoir été contrainte d’assister à l’égorgement de sa fillette et de son mari;

qu’un petit garçon fût assommé à coups de pioche dans un village de l’Algérois;

que des jeunes filles fauchées par le souffle des bombes fussent mutilées à Alger et qu’une explosion hachât des enfants dans un autobus au retour  de l’école.

Pour que M. Mauriac pût jouer des grandes orgues de son talent dans sa chapelle, il fallait que fussent abattus des fidèles anonymes à la porte d’une église de la vallée du Chélif, ou que deux prêtres fussent égorgés aux confins oranais des steppes sahariennes et qu’une vieille femme fût assassinée le jour de Pâques dans un hameau de Kabylie bruissant de ce murmure d’averse qui tombe du feuillage des eucalyptus.

Car c’était cela le mécanisme de la guerre dite « révolutionnaire ». C’était l’assassinat des innocents, conçu comme une technique d’alerte destinée à attirer l’attention sur les revendications politiques des assassins. Et plus le crime était monstrueux, plus l’émotion qu’il soulevait servait la monstrueuse cause.

A Boufarik, près d’Alger, officiait le docteur Rucker. Il avait été mon condisciple au lycée d’Alger; donc, celui d’Albert Camus. C’était un gentil bohème aux gestes un peu gauches, mais dont la charité était inépuisable; l’un de ces médecins algériens toujours penchés sur les humbles, pour qui la médecine était un sacerdoce. Un jour de consultation, l’un des « malades » brandit un revolver et tua le docteur Rucker de quatre balles tirées à bout portant. Le meurtre fit sensation. Fleurirent les articles condamnant le « colonialisme ». Dans ces pages, on accusait la France d’entretenir en Algérie plus de gendarmes que de médecins ou instituteurs; mais les techniciens de la terreur tuaient plus de médecins que de gendarmes le premier mort de la guerre d’Algérie était justement un instituteur.

Peu importait l’état des victimes ! Ce qui comptait, c’était que chaque jour reçût sa fournée de morts pour que ne s’éteignît point la controverse politique. Le sang du docteur Rucker servait d’encre à Mauriac ou à Sartre, et aux procureurs de l’O.N.U.

Longtemps les Français d’Algérie avaient courbé la tête sous l’orage. Ils attendaient que leur fût rendue la justice élémentaire qui exige que soient châtiés les hommes qui attentent la vie des hommes. Au bout de cette longue patience, ils avaient découvert qu’ils étaient seuls à faire les frais du procès. C’est que la subversion avait pris soin de pourrir les esprits et l’occasion est belle d’en démontrer ici une part du mécanisme. La calomnie sur l’exploitation coloniale permettait de camoufler les crimes commis sur les innocents en une sorte de justice sommaire exercée sur des coupables.

Les assassins devenaient des redresseurs de torts. Ce sera l’une des hontes de ce siècle finissant d’avoir admis comme un postulat l’idée de culpabilité collective qui a livré des foules entières aux mains des bourreaux improvisés et fait payer à des enfants les délits imputés à des sociétés.

Le docteur Jean Massonnat a été tué à Alger, au cours de cette fusillade qui a couché sur pavé tant d’Algéroises et tant d’Algérois. Il était mon ami. Comme ce mot paraît soudain démesuré, et comme, en certaines circonstances, on se sent brusquement envahi par la peur de ne pas en être digne. La dernière lettre qu’il m’avait écrite était un cri :

« Non seulement, on veut nous chasser, mais on veut, encore, que nous soyons des salauds, pour que nous soit retirée jusqu’à l’espérance en un mouvement de pitié de la Métropole … ».

Jean Massonnat, agenouillé sur un blessé, a été tué de trois balles tirées dans le dos par ceux que « Le Figaro » appelle « le service d’ordre »!

Pourquoi sommes-nous maudits ? 

Jean BRUNE

Jean BRUNE

Mais à travers ces confusions, on entrevoit ce qui, jour après jour, est devenu la hantise des Français d’Afrique. Ils ont cherché à se laver de la calomnieuse accusation de « colonialisme » pour être rendus à leur état d’innocents injustement frappés et ainsi renvoyer leurs tortionnaires à leur culpabilité d’écorcheurs. C’est le sens des grandes offrandes de mai 1958:  une « Nuit du 4 Août » étalée sur quinze jours de soleil dans un ressac de clameurs et de chants. »      Jean BRUNE

 

 

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CAMUS « le premier homme « 

Posté par lesamisdegg le 16 octobre 2017

Le témoignage du Premier homme :  

le premier homme

le premier homme

« Non, un homme, ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon… »

« 1905. Son père avait vingt ans. Il avait fait, comme on dit, du service actif contre les Marocains. Jacques se souvenait de ce que lui avait dit le directeur de son école lorsqu’il l’avait rencontré quelques années auparavant dans les rues d’Alger. M. Levesque avait été appelé en même temps que son père. Mais il n’était resté qu’un mois dans la même unité. Il avait mal connu Cormery selon lui, car ce dernier parlait peu. Dur à la fatigue, taciturne, mais facile à vivre et équitable.
Une seule fois, Cormery avait paru hors de lui. C’était la nuit, après une journée torride, dans ce coin de l’Atlas où le détachement campait au sommet d’une petite colline gardée par un défilé rocheux. Cormery et Levesque devaient relever la sentinelle au bas du défilé. Personne n’avait répondu à leurs appels. Et au pied d’une haie de figuiers de Barbarie, ils avaient trouvé leur camarade la tête renversée, bizarrement tournée vers la lune. Et d’abord ils n’avaient pas reconnu sa tête qui avait une forme étrange. Mais c’était tout simple. Il avait été égorgé et, dans sa bouche, cette boursouflure livide était son sexe entier. C’est alors qu’ils avaient vu le corps aux jambes écartées, le pantalon de zouave fendu et, au milieu de la fente, dans le reflet cette fois indirect de la lune, cette flaque marécageuse. A cent mètres plus loin, derrière un gros rocher cette fois, la deuxième sentinelle avait été présentée de la même façon. L’alarme avait été donnée, les postes doublés. A l’aube, quand ils étaient remontés au camp, Cormery avait dit que les autres n’étaient pas des hommes. Levesque, qui réfléchissait, avait répondu que, pour eux, c’était ainsi que devaient agir les hommes, qu’on était chez eux, et qu’ils usaient de tous les moyens. Cormery avait pris son air buté . « Peut-être. Mais ils ont tort. Un homme ne fait pas ça . » Levesque avait dit que pour eux, dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Mais Cormery avait crié comme pris de folie furieuse : « Non, un homme, ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon… »

Et puis il s’était calmé. « Moi, avait-il dit d’une voix sourde, je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, on me met cet habit, on me traîne à la guerre, mais je m’empêche. - Il y a des Français qui ne s’empêchent pas, avait dit Levesque. – Alors, eux non plus, ce ne sont pas des hommes. » Et soudain il cria : « Sale race ! Quelle race ! Tous, tous… » [18]

Il serait facile d’accuser l’auteur d’exprimer le racisme colonial sans le dénoncer, voire de tenter de le justifier en l’expliquant, et de participer à la perpétuation d’un thème caractéristique de l’imaginaire colonial, ainsi défini par Cornélius Castoriadis : « Entre les Français et les Algériens, il y a un couteau. Et ce couteau, c’est tout l’imaginaire français sur les Maghrébins, les Algériens en particulier, à la fois sur le plan du meurtre et sur le plan sexuel » [19]……………………………………………………………Attribuer l’épisode rapporté ci-dessus à l’imaginaire colonial, c’est donc, littéralement, reprocher à l’auteur de justifier le racisme visant les Maghrébins par une accusation calomnieuse. Or, les faits allégués sont-ils fondés ou non ?

Malheureusement oui. La pratique des mutilations sexuelles au Maghreb est attestée par de nombreux témoignages et documents, avant, pendant et après la présence française . Dès 1830, selon Daniel Rivet, « les combats tournent à l’atroce immédiatement. En novembre, des moudjahidin mutilent une cinquantaine de canonniers surpris dans un combat d’arrière-garde dans la Mitidja. Une cantinière a les entrailles arrachées, le nez, les oreilles et les seins coupés et fourrés dans l’abdomen. La sauvagerie des indigènes rejaillit sur l’occupant, par un effet de contagion mimétique » [20]. Pendant la guerre d’Algérie de 1954-1962, Raphaëlle Branche reconnaît que « les réactions qui suivent la surprise de l’embuscade, de l’expérience du feu et de la sensation de camarades qui tombent, sont encore accentuées par la découverte de corps émasculés et/ou égorgés. (…) Ces violences démonstratives viennent alimenter l’imaginaire ancien des Occidentaux à propos des Arabes qui, depuis les Sarrasins, sont assimilés à des tueurs sanguinaires armés de lames coupantes et égorgeantes » [21].

Mais l’indépendance de l’Algérie n’a pas mis fin à cette violence extrême ; selon la presse algérienne, les soldats du poste frontière de Guémar attaqué par un groupe islamiste armé le 28 novembre 1991 ont été pareillement décapités et mutilés [22]. Comme l’a reconnu Mohammed Harbi, « en occultant l’existence de pratiques cruelles enracinées dans une culture paysanne archaïque dominée par un code particulier de l’honneur et de la blessure symbolique à imposer au corps de l’ennemi, on s’interdit de voir dans la cruauté actuelle des actions des terroristes islamistes un ‘retour’ qui en vérité traduisait une permanence culturelle » [23].

[18Op. cit., pp. 65-67. Cf. la phrase rajoutée p. 19 : « J’ai fait la guerre contre les Marocains (avec un regard ambigu) les Marocains ils sont pas bons ».

[19] Cornélius Castoriadis, cité par Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, Gallimard, 2001, pp. 312-313..

[20] Daniel Rivet, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, Hachette, 2002, p. 113.

[21] Branche, op. cit., p.44.

[22] Gilles Kepel, Jihad, expansion et déclin de l’islamisme, Gallimard, 2000, p. 179.

[23] Mohammed Harbi, « La tragédie d’une démocratie sans démocrates », in Le Monde, 13 avril 1994.

Cet article a été publié dans Histoire et littérature au XXème siècle, recueil d’études offert à Jean Rives, paru dans la collection Sources et travaux d’histoire immédiate, Toulouse, GRHI, juin 2003, pp. 431-445.

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GOUMIERS , HARKIS , MOGHAZNIS : soldats de l’Algérie française

Posté par lesamisdegg le 25 septembre 2017

Goumiers , Harkis et Moghaznis, gardiens de la paix, au Maroc, en Algérie française.

Siba, en arabe  signifie « anarchie » -c’est une forme de contestation-  s’oppose au terme Makhzen . Au cours de son histoire le Maroc a connu des périodes d’instabilité. Certaines régions du Maroc ne connaissaient pas l’influence de l’État, notamment au Moyen Atlas au Haut Atlas dans le Rif et dans la Chaouia. Il existait, par ailleurs, des luttes intestines au sein de la famille du Makhzen, l’appareil étatique marocain. L’expression « bled el makhzen », désigne l’espace où l’État exerce son autorité, s’oppose à « bled siba », espace non soumis à l’autorité centrale du pays.

Pour le bled siba les espagnols utilisèrent l’expression « moros de guerra » -maures de guerre-du 16ième au 15ième siècle. Pour rétablir l’autorité de l’état-le makhzen-, en bled siba, le sultan utilisait des harkas composées de harkis-employés temporairement le temps d’une harka- au delà des soldats permanents du makhzen, les mokhaznis. Pour le bled makhzen les espagnols utilisèrent l’expression « moros de paz »-maures de paix- et leurs supplétifs indigènes étaient des almogataces-pluriel d’almogataz, mot dérivé de l’arabe al mokhazni-.

moghaznis 1961

moghaznis 1961

harkis 1959

harkis 1959

goumiers marocains 1955

goumiers marocains 1955

Les officiers des affaires indigènes, héritiers des bureaux arabes, vont créer les goums et leurs goumiers, les moghaznis, et les harkis.

GOUM – ar tribu, groupe-formation militaire indigène -

HARKI Soldat d’Algérie française qui servait dans une harka. L’administration française utilise toujours des harkas, troupes indigènes recrutées sur place (arabe [ḥarka], expédition, opération militaire) dont les soldats sont appelés harkis (Lanly1962, p. 60).

 

 

 

 

Les moghaznis étaient des supplétifs des Sections administratives spécialisées et les sections administratives urbaines de l’armée française durant la bataille d’Algérie française. Au nombre de 20 000, ils étaient chargés de protéger les SAS.

 

 

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JUILLET 1962 le CRIMINEL abandon de l’Algérie-française

Posté par lesamisdegg le 11 septembre 2017

Comment le peuple français, qui pourtant n’est pas dénué de sensibilité humaine, en est-il arrivé là ? Comment est-il descendu jusqu’à ce degré d’indifférence, à cette dureté de cœur, à cette sécheresse ? Le Christ disait :  » Si votre frère vous demande un pain, lui donnez-vous une pierre ? » et voilà que le peuple de Métropole, d’ancienne formation chrétienne – souvent ses prêtres et ses pasteurs en tête – s’est mis à offrir des pierres à ses frères malheureux qui avaient perdu leur terre. L’explication de ce phénomène paradoxal et révoltant doit être recherchée dans l’immense opération psychologique menée après 1954 par toute une partie de la presse.
Le problème posé était celui-ci : «Comment faire en sorte que les Français, chrétiens, israélites ou laïques de la Métropole, abandonnent sans remords à la mort ou à l’exil leurs compatriotes, coreligionnaires ou compagnons de convictions philosophiques qui ont eu le tort de naître en Algérie? » La réponse est simple : présenter ces Français d’Algérie sous un jour tel qu’ils apparaissent comme haïssables et, par conséquent, comme indignes d’être défendus. La machine de propagande a joué à fond et elle a gagné. Il a été entendu dès le début, pour l’Express comme pour Le Monde puis pour Le Figaro, que le Français d’Algérie avait toujours tort.
Défendait-il ses droits ? C’était un colonialiste.  Réclamait-il l’égalité des droits entre les musulmans et lui-même ? Il mentait. Le F.L.N. massacrait-il femmes et enfants français ? C’était une pénible conséquence d’un état de choses dont, en dernière analyse, les Français d’Algérie étaient eux-mêmes responsables.  Les Français d’Algérie se défendaient-ils ? C’étaient des criminels.
Les chefs d’orchestre fort habiles et expérimentés qui ont mené cette campagne n’ont pas négligé de faire appel à une gamme très étendue de sentiments : depuis la générosité contre les  » colons  » âpres au gain et attachés à leurs « privilèges » jusqu’à l’envie déchaînée contre ces « milliardaires » qui prétendaient encore faire combattre à leur profit les petits gars du contingent. Ainsi on concentrait la haine aveugle du public sur le petit artisan de Bab-el-Oued qui vivotait à 20 % au-dessous du niveau de vie de son homologue  Toujours pour arriver à l’abandon avec bonne conscience, on est descendu jusqu’au racisme. « Ces Français d’Algérie,…  » Chuchotait-on  » est-ce que ce sont vraiment des Français ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un ramassis d’Italiens, d’Espagnols, de Maltais ?  » D’où le résultat qu’un Français qui s’appelait Giacomoni et dont le grand-père fut naturalisé à Aix en Provence pouvait sans remords livrer au couteau des égorgeurs un Français appelé Giacomoni dont le grand-père était arrivé à Chiffalo en 1890 !
De même qu’il fallait dépeindre les Français d’Algérie comme une meute fasciste d’exploiteurs sans scrupules et de réactionnaires attardés, il fallait que les Métropolitains – en particulier les hommes politiques – qui combattaient pour le maintien de l’Algérie dans la République, fussent disqualifiés par une campagne de calomnies allant jusqu’à l’assassinat moral. La presse d’extrême gauche s’est chargée de cette opération, reprise avec une ampleur écrasante par l’Etat lui-même et par tous les moyens de propagande qui dépendaient de lui en 1960. Du moment où l’on défendait l’Algérie Française, on était un « fasciste », un « activiste d’extrême droite » un « néo-nazi ». La propagande traitait d’hitlérien Godard qui se battit au Vercors, Bidault qui présida le C.N.R. sous l’occupation nazie, Saint-Marc qui souffrit à Buchenwald et exaltait les « démocrates » du genre de Mohamedi Saïd qui porta l’uniforme allemand et la croix gammée avant d’être parachuté en Algérie en 1943 par la Gestapo dont il était l’agent. Ben Khedda qui dirigea avec son chef Zighout Youcef les épouvantables massacres du 20 août 1955 était un modéré tandis que Jouhaud méritait bien d’être condamné à mort et l’on donnait du « Monsieur » à Ben Bella tandis que le dernier des pieds-plats de la R.T.F. se permettait d’insulter Salan !
Puisque j’exprime ici, en dépit du bâillon que le Pouvoir voulait m’imposer, ma pensée toute entière, j’élève une protestation solennelle et véhémente contre la calomnie sous laquelle on veut accabler les défenseurs de l’Algérie Française. Moi qui n ‘avais en Algérie ni un mètre carré de sol ni un pied de vigne et qui avais tout intérêt à poursuivre une fructueuse carrière politique en me reniant comme Debré et Frey, je déclare que j’ai cru sincèrement à l’Algérie française, que la paix et la réconciliation étaient à portée de notre main après le 13 mai 1958, que je n’ai été guidé dans ce choix par aucun intérêt particulier et que je n’ai jamais eu en vue que celui de mon pays et l’idéal de la République. De toutes mes forces, je dénonce l’assassinat moral dont ceux qui pensent comme moi et moi-même avons été les victimes. Le temps peut passer, les faits accomplis succéder aux faits accomplis, un Ossa de lâcheté s’entasser sur un Pélion d’indifférence : jamais, quant à moi, je n’admettrai que le crime perpétué en juillet 1962 soit autre chose qu’un CRIME.
Jacques SOUSTELLE 11 09 1962

colons d'Algérie-françaiser

colons d’Algérie-françaiser  07 1956

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Bataille d’Algérie française

Posté par lesamisdegg le 4 septembre 2017

« La BATAILLE d’ALGERIE FRANCAISE »…                       ………….n’est pas « la guerre d’Algérie »
La guerre se définit comme un état de conflit armé entre des États, désignés alors comme ennemis.
Une guerre peut aussi être un conflit armé entre deux factions de populations opposées à l’intérieur d’un même État, on parle alors de guerre civile, de guerre interethnique par opposition aux guerres internationales. Les États font la guerre aux autres États, pas aux individus ni aux familles qui les composent.
Les guerres et leurs moyens sont soumises à des règles d’honneur anciennes et tacitement admises, les lois de la guerre, devenues le fondement du droit international public. Elles définissent les conditions de légitimité, le déroulement, et les moyens licites des guerres. Une guerre est précédée d’une revendication , d’un ultimatum, puis d’une déclaration de guerre; elle peut être suspendue par des trêves, un armistice; elle se termine par la reddition d’une armée, la capitulation d’un gouvernement, puis la signature d’un traité accordant ou refusant les revendications initiales, le paiement de compensations, et le retour à l’état de paix.
Les Fells appuyés par les partis * rouge de la guerre froide  *bleu pétrole des financiers internationalistes *vert des arabo-islamistes voulaient une Algérie arabo-musulmane. Ils se proclament fallacieusement les héritiers directs de la « Régence d’Alger » pour pouvoir établir leurs  luttes comme une guerre. Cela ne les empêche pas de se livrer à des atrocités contre les familles de toutes origines. Il est clair qu’ils n’ont respecté aucune des lois de la guerre .A la fin des hostilités, aucun traité n’a été signé.
La République algérienne  se félicite d’être devenue indépendante, arabisée, islamisée grâce à une flagrante épuration ethnique.
Elle se vante chaque 19 mars d’avoir gagné sa GUERRE.
La République française a cédé à trois masses électorales réclamant l’appellation « GUERRE d’ALGERIE » :*les binationaux français de papier fiers de la légende fondatrice de la rive sud *les cryptos-marxistes voulant justifier leur engagement anticolonialiste des années 50  *les millions d’appelés et rappelés souhaitant bénéficier des avantages liés aux campagnes de guerre.
Non , on ne peut célébrer ce fichu 19 mars , ni comme une victoire , ni une paix .
AAALGERIANIE

terrorisme fell Jf Galéa

terrorisme fell
Jf Galéa

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ORAN mai 1962

Posté par lesamisdegg le 28 mai 2017

LA DERNIĖRE COMMUNION

 

Qu’elle était radieuse l’aurore de ce dernier dimanche de Mai 1962 à Oran !… Le ciel était tout blanc, d’une blancheur de gaze, où scintillaient des gouttelettes nacrées, pluie d’atomes lumineux dont la chute emplissait l’éther d’une immense vibration qu’on aurait dit minuscule. Tel une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au-dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.

Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.

Parmi eux, se trouvait Sophie Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs », en l’occurrence de gendarmes mobiles, « de tirer à vue sur tout européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ».

Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée.

Pourquoi lui refuser, malgré l’atrocité de la situation, le droit à la robe blanche et à la douceur de la cérémonie ? Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.  Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeur, Frédérique, se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux de ses voisins et amis qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.

Et cette vision insolite de ces enfants encadrés de C.R.S !… parce que leur quartier étant bouclé par suite d’une perquisition générale, on n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. C’était grotesque et digne d’Ubu Roi ! Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! On massa les enfants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, bénit les communiants en disant :

« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »

Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…

José CASTAÑO

mai 1962  la dernière communion

mai 1962
la dernière communion

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CRACCIATORE « jeune » ou le cracheur d’Alger

Posté par lesamisdegg le 7 mai 2017

 

Honni soit qui crache !

texte et dessin de  Jean BRUA

texte et dessin de Jean BRUA

Après les « costumes de l’haine » des z’hérauts de l’anticouillonialisme, nous voici sous le déluge de cracheurs algériens haut-placés.

Dodièze n’étant pas homme à ouvrir le parapluie, voici, en exclusivité de fin d’année, la salve rabiatique qu’il tire en l’honneur de la réélection du président le plus expectorant de la nouvelle Algérie.

DODIÈZE – T’l'as pas connu çuilà de Blida qu’on l’appelait Guillaume Tell par rigolade ?

J.-B. – Non, mais j’aimerais savoir ce qui – à part la proximité de l’Atlas blidéen du même nom – lui avait valu un sobriquet aussi flatteur. Était-il champion de tir à l’arc ? à la pipe de terre ? au taouette (1) ? à la boule de pétanque ?

DODIÈZE – Ouallou partout. Guillaume, c’était son vrai prénom. Mais « Tell », pasqu’il était le nass de nass (2), pas de tout ça que tu dis toi, mais d’une autre chose de la cour d’école ou de la rue que c’était pas non plus le foot, les noyaux z’abricots, les billes ou le gendarme-voleur…

J.-B. – Diable ! Je bous de savoir quoi…

DODIÈZE – Tu bous, mais tu brûles pas… Y alors ?… Non ? Eh ben, t’i'as jamais fait le concours de crachat, toi ? C’est pas la peine que t’i'es-t-allé à l’école plus longtemps que moi !

J.-B. (vesqué) – Permettez, permettez ! Je suis encore capable de tirer à quatre mètres sans élan…

DODIÈZE – Quat’ mèt ! Zec (3) ! Mon pôve, au moins le doube i’faisait, le canon à mollards de Tell, a’c le claquement d’la langue – plop ! – comme un coup d’percuteur ! Le roi du glaviot, il était, à Bablouette ousque son père i vendait des balais, des brosses et des serpillières, assaoir si c’était pas pour nettoyer ça qu’i salissait le fils. Et en pluss d’la longueur, j’te dis pas la précision : la toupie en marche, les mouches au vol, le trou de serrure, qu’est-ce qu’il était pas capabe à flinguer, rien qu’a'c la bouche !

J.-B. (retournant le ricanement) – Ben voyons ! Et aussi la pomme sur la tête d’un copain, non ?

DODIÈZE (choqué) – La pomme, non ! Ça l’aurait été mal élevé, dégoûtant. Mais la cocotte en papier, en tir direct, à trois mèt’, i te la lévait de la tête kif-kif un chapeau. (Soupir) Le pôve Guillaume, il a resté à Saint-Ugène (4). En tout cas, i serait content de oir que son sport, lui, il est pas mort. Et même qu’il a venu international.

J.-B. – Ne me dites pas que la discipline va entrer aux Jeux olympiques. Je plaindrais les juges et les arbitres…

DODIÈZE – Justement, question d’arbitres. Chouf (5) l’affaire Barthez. La vérité, c’est que quand il a craché dessur l’arbitre marocain, il était hors-jeu.

J.-B. – Que me chantez-vous là ? Un gardien de but ne peut pas être hors-jeu.

DODIÈZE – Au foot, non, mais à la crache, oui. À moins d’un mèt, antantion le sifflet ! S’il aurait craché d’un peu pluss loin, le fartass (6), jamais l’arbite il tape le rapport à la Fédération et y’a plus le coup de suspension et les travails forcés…

J.-B. (corrigeant) – Travaux d’intérêt général.

DODIÈZE – Si tu veux. En tout cas, à ça qu’on m’a dit question des intérêts générals, tous les petits des écoles de foot ousqu’il a travaillé aouf (7) Barthez pendant six mois, i z’ont profité d’la leçon : de tant qu’i se sont entraînés dessur les silhouettes en carton, pas un i rate un arbite à trois mèt’, méteunant !

J.-B. – Je suis content de voir que votre sens de la dérision est intact. Votre version de l’affaire Barthez pourrait servir de mot de la fin…

DODIÈZE – Mot de la fin, minute. On l’a pas encore parlé du champion toutes catégories.

J.-B. – Plus fort que votre « Guillaume Tell » et que Barthez ?

DODIÈZE – Ou’Allah (8) ! Un qu’il est capabe à cracher par-dessur la mer sans fatiguer, comme si ça s’rait une mitrailleuse Hoskitch que sa bande de cartouches elle traîne jusqu’ à Tamanrasset, au moinss ! P’touh ! dessur la France ; p’touh ! dessur les z’harkis ; p’touh ! dessur les Pieds-Noirs. Plus mouillé que nouzôtres, tu meurs noyé comme si ça s’rait de l’ouragan Katrina ! Qué rabia que tout le monde i font semblant de rester secs de cette baffagne ! Dommage qu’il est plus là mon copain Tell pour la réponse, ou alors ce cracheur talien que ton père il avait inventé dans le jornal pour se payer la tête à Mussolini, en 1943, tu t’arapelles ?

J.-B. – Bien sûr. Il l’avait appelé Cracciatore (9).

DODIÈZE – Eh ben oilà. Pendant la guerre on l’avait Cracciatore. Méteunant que c’est la paix, on l’a son modèle réduit : Pouh ! teflika !

Jean BRUA

Splications

1) Taouette : contraction de tire-boulette (lance-pierre à élastique)

2) Nass de nass : as des as  3) Zec ! (ironique) : mazette !

4) Saint-Ugène (pour Saint-Eugène) : principal cimetière européen d’Alger

5) Chouf : vois, regarde 6) Fartass : chauve 7) Aouf : gratis 8) Ou’Allah : sur Dieu ! (ma parole d’honneur)

9) Cracciatore : cracheur mythique de l’armée mussolinienne dont Edmond Brua avait fait le héros d’une fable.

Les chroniques de Dodièze (1999-2005) ont fait l’objet d’un recueil (QUÉ RABIA !) aux éd. Jacques Gandini

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SETIF 8 mai 1945

Posté par mdame le 6 mai 2017

C’est jour de marché, De nombreux indigènes venus des douars voisins emplissent les rues. Vers 7 heures, un rassemblement se forme devant la mosquée. La troupe scoute musulmane Kechafat el-Rayat est autorisée à défiler pour se rendre au monument aux morts. Vers 8 h 30, elle se met en marche, suivie par un cortège de 7 à 8 000 personnes. Vers 9 heures, le cortège arrive rue de Constantine où il se heurte à un barrage de police. Le commissaire central somme les manifestants de faire disparaître les pancartes séditieuses. Sur leur refus, la police essaie de s’en emparer. C’est le signal de la bagarre. Des coups de feu éclatent. Le cortège se disperse et les manifestants se répandent dans la ville, assaillant à coups de pistolet, de couteau ou de bâton les Européens rencontrés dans les rues ou assis à la terrasse des cafés. On entend les cris de N’katlou ennessara! (tuons les Européens). Les femmes poussent de stridents  » you-you  » Rue Sillègue, M. Deluca, président de la délégation spéciale, s’efforce de calmer les excités. Il est abattu. D’autres meurtres sont commis. Quand, vers midi, l’ordre est rétabli, on relève dans les rues vingt et un cadavres d’Européens. D’après le procès-verbal détaillé, on voit que treize de ces cadavres ont le crâne complètement enfoncé, un est éventré et un autre émasculé.

 

Dans l’après-midi, les troubles s’étendent au nord de Sétif. A El-Ouricia, à12 kilomètres, l’abbé Navarro est abattu. Aux Amouchas, à 10 kilomètres plus au nord, les maisons européennes sont pillées, mais leurs habitants ont pu fuir. À Périgotville, les insurgés pénètrent dans le bordj et s’emparent de 45 fusils Lebel et de 10 000 cartouches, puis ils attaquent les Européens et pillent leurs maisons. Au soir, quand le village sera dégagé, on relèvera douze cadavres sauvagement mutilés. A Sillègue, le garde champêtre, M. Mutschler, est tué ainsi que sa femme et le cantonnier. Les maisons européennes sont pillées, puis incendiées.A La Fayette, de gros rassemblements d’indigènes se forment, mais sur l’intervention de l’administrateur, aidé par des notables musulmans, les attroupements se dispersent.Il n’en est pas de même, malheureusement, à Chevreul, à 60 kilomètres au nord de Sétif. A 2 heures du matin, le village est pillé et incendié. La plupart des Européens s’étaient réfugiés à la gendarmerie ; mais ceux qui ne l’avaient pu sont massacrés et mutilés. Le lendemain, quand les secours arriveront, on trouvera cinq cadavres, dont ceux de trois hommes émasculés: le garde forestier Devèze et les agents des Ponts et Chaussées Coste et Bovo, et ceux de deux femmes : Mme Deveze et Mme Bovo, celle-ci mutilée des deux seins. En outre, quatre femmes ont été violées, dont Mme Ruben, âgée de 84 ans, Mme Grousset et sa fille Aline, âgée de 15 ans. Pour ce premier jour, on dénombrera au total, dans la subdivision de Sétif : 84 tués, dont 13 femmes.

Le peloton de la garde arrive à Sétif à 15 h 30. On lit dans le journal de marche de l’unité :  » De Sétif, le half-track du capitaine Mazucca repart immédiatement pour dégager Périgotville, qui est encerclée. Son arrivée dans Périgotville coupe court au massacre. A l’arrivée du lieutenant et de sa petite troupe, les assaillants se retirent dans le djebel. Le lieutenant Bentegeat, est dirigé sur Aïn-Abessa, à 18 kilomètres au nord de Sétif. Quand il y parvient, vers 1 heure, la situation est la suivante: depuis la veille au soir, le bordj, où la population européenne s’est réfugiée et dont la défense a été organisée par le chef de brigade de gendarmerie, est assiégé par un millier d’indigènes conduits par Debache Seghir, membre influent des  » Amis du Manifeste « . Ils arrosent le bâtiment de rafales de mitraillette et de coups de fusil. A l’arrivée du lieutenant et de sa petite troupe, les assaillants se retirent». Une patrouille envoyée dans le village délivre la famille Heyberger, également assiégée dans sa maison. La patrouille arrête plusieurs des assiégeants, pris les armes à la main, dont le secrétaire général des  » Amis du Manifeste « . En fouillant le village, on découvre le cadavre de M. Fabre, tué à coups de pistolet et de gourdin.

 

Autre délivrance: le 9 au matin, le lieutenant Poutch est envoyé avec un petit détachement sur Kerrata. Il fait irruption dans le village en plein massacre ! Son arrivée y met fin. On lit dans, son rapport :  » Nous trouvons cinq cadavres, dont ceux du juge de paix, M. Trabaud, et de sa femme. Vingt personnes se trouvent sur le toit d’une maison en flammes. Je réussis à les sauver, et, après avoir dispersé à la mitrailleuse les assassins, je rassemble la population européenne au château Dussaix, sous la protection des gendarmes.  »

Autre sauvetage de justesse celui de Chevreul. Nous avons vu que, le 8 mai, les habitants européens, qui avaient échappé au premier massacre, s’étaient réfugiés à la gendarmerie, où se trouvaient en dépôt les armes du centre de colonisation. Les deux gendarmes du poste les avaient distribuées aux hommes. La gendarmerie fut investie et le siège commença. Pendant toute la journée du 9, les insurgés, postés aux alentours, tirèrent sur les fenêtres. Ils coupèrent la conduite d’eau, privant les assiégés d’eau potable. Dans la soirée du 9, ils parvinrent à s’emparer du rez-de-chaussée. La défense se concentra alors au premier étage. Ce n’est que le 10 au matin qu’arrive devant Chevreul le détachement du commandant Rouire (une section de half1racks et une compagnie de zouaves). Le commandant envoie une section à l’est du village et une autre à l’ouest pour le cerner. La section de l’est met en fuite les rebelles et capture des bourricots chargés de tapis et autre butin, que les pillards abandonnent.

 » J’entre moi-même dans le village avec les half-tracks, relate le commandant, et je marche sur la gendarmerie.

A notre arrivée, la joie et l’émotion sont intenses. Les habitants, hommes et femmes, sont émus jusqu’aux larmes d’avoir été sauvés in extremis, car les rebelles avaient déjà répandu de l’essence au rez-de-chaussée.  »

 

Colonel Adolphe GOUTARD

 

NB : Certes, la répression a été dure, mais les moyens dont disposait celui qui était chargé d’arrêter les meurtres d’Européens et les actes de sauvagerie qui les accompagnaient et de rétablir l’ordre et la sécurité dans un immense pays, étaient extrêmement réduits.

Colonel Groussard :  » Une répression est d’autant plus sévère que les moyens sont faibles »

Mais ces événements allaient servir à la propagande des excitateurs des foules musulmanes.  » Lancé par la radio du Caire, le mythe de la  » répression massive ayant fait des dizaines de milliers de victimes innocentes » fut sans cesse repris, par la suite, au point de convaincre le monde de son effroyable réalité. A la fin des troubles, si ceux-ci s’étaient clos par un véritable massacre de musulmans, on n’aurait pas vu chose tout à fait exceptionnelle -le cadi de Constantine venir inviter le général Duval, de même que le général Henry Martin, de passage, assister à la cérémonie organisée à la mosquée pour remercier le  » Tout-Puissant d’avoir rétabli la paix « . Et la cérémonie se déroula sans incident, dans le plus grand recueillement.séttif mai 1945k

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MARGUERITTE avril 1901: l’héroïque institutrice

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2017

L’héroïque madame Goublet

En 1901, il y eut en Algérie, dans la province d’Alger, une révolte des indigènes, qui atteignit de graves proportions au village de Margueritte. Mme Goublet, l’institutrice, réussit, par son courage et son sang-froid, à préserver de toute atteinte les enfants et les femmes qui étaient accourus chercher un refuge dans l’école.

Il était une heure. La cloche de l’école venait de sonner la rentrée, quand un cri retentit : « Les Arabes se révoltent ! »

Aussitôt l’institutrice ordonna à ses élèves de regagner leurs places et, s’asseyant elle-même à son bureau comme d’habitude, elle leur dit «  Soyez tranquilles ! Avec moi, vous n’avez rien à craindre. » Il y avait là soixante enfants, dont trente fillettes de dix à quatorze ans, exposés aux pires dangers.

On entendait à quelques pas les vociférations des forcenés qui, en quelques minutes, avaient déjà commis plusieurs assassinats et qui saccageaient et pillaient. Les détonations des armes, le tumulte de la rue, le fracas des portes, des volets, des meubles brisés dans les habitations assaillies, achevaient de produire l’épouvante et l’effroi. Dans la classe, pas un mouvement, aucune parole ; tous les regards étaient dirigés vers la maitresse, qui demeurait calme, s’efforçant d’inspirer aux autres une confiance qu’elle n’avait pas.

Le logement de l’institutrice a subi deux attaques. Les portes gardent l’empreinte d’une balle, les marques des pesées exercées au moyen d’une barre à mine. Les Arabes, tout d’abord, s’emparèrent du cheval de M. Goublet et forcèrent celui-ci à les suivre.

Vers deux heures, un des révoltés qui tenait une auberge indigène à Margueritte, pénétra dans la classe, brandissant au-dessus de sa tête la hache qui lui avait servi à forcer la porte. A cette vue,  les femmes et les enfants poussèrent un cri, un seul, formidable et terrible. Mme Goublet leur imposa silence : « Que veux-tu ? dit-elle au chenapan. Le fusil de ton mari. Tu l’auras » .Et le prenant par le bras, elle l’entraina dans ses appartements. L’Arabe, muni de l’arme, traversa de nouveau la salle et, devant tous, l’institutrice lui fit promettre de respecter l’école.

Une heure plus tard, il y eut encore dans la classe un moment de véritable terreur. Des rebelles à cheval et armés jusqu’aux dents se plantèrent devant l’école et, du haut de leurs selles, par les fenêtres, essayèrent de voir dans l’intérieur. Qu’allaient-ils faire ? Il fallait mettre fin à ce supplice, Mme Goublet sort, va droit aux cavaliers : « Que voulez-vous ?  De l’argent ? Vous savez bien que je suis pauvre. Tiens, toi, Moktar, voilà un sou, va prendre une tasse au café maure » .Les brigands déconcertés, s’éloignèrent en riant

Ce ne fut que vers cinq heures que les malheureux que l’école abritait, entendant la fusillade et voyant les révoltés fuir au triple galop de leurs montures, comprirent que les troupes étaient arrivées et qu’ils étaient enfin sauvés. Les parents vinrent à la hâte chercher leurs enfants et pleurèrent de joie en les retrouvant sains et saufs.

 

Le Vétéran 03 1912

l'hérïque institutrice de Margueritte

l’héroïque institutrice de Margueritte

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La bataille d’ALGER

Posté par lesamisdegg le 10 avril 2017

La bataille d’Alger a opposé, en 1957 à Alger la 10e D.P.aux terroristes fells .

À la suite des nombreux attentats perpétrés contre la population par les fells, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu pour démanteler l’organisation terroriste et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à octobre 1957.

Le 8 janvier 1957, Massu entre dans la ville avec10 000 paras et proclame la loi martiale. Les fells répliquent par des attentats et une grève générale qui débute le 28 janvier. En réaction, l’armée divise la ville en secteurs et ceinture les quartiers musulmans. Elle procède à des arrestations massives pour obtenir des informations. Cette stratégie permet de démanteler l’organigramme de la Zone autonome d’Alger forçant ses dirigeants à quitter Alger et l’arrestation de ses membres clés, Larbi Ben M’hidiYacef Saadi et l’élimination d’Ali la Pointe.

La bataille est remportée par l’Armée française qui a éradiqué les attentats et la guérilla urbaine , l’ordre est rétabli. Les Français d’Algérie qui ont subi durant trois mois les attentats terroristes des fells n’oublient pas le général Massu qui a gagné la « bataille d’Alger », et le soutiendront en mai 1958, lorsqu’il crée le Comité de Salut Public, puis une seconde fois lorsque, après avoir critiqué la politique algérienne du de Gaulle, il est muté en métropole, ce qui provoque la semaine des barricades.

Miss Wiky

 

paras en Alger

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