DISPARUS français en ALGERIE

Posté par lesamisdegg le 30 janvier 2017

Une attente , un calvaire , une souffrance sans fin pour les familles privées de la sépulture pour réaliser leur travail de deuil.

 

DISPARUS européens en Algérie-silence d’état-

extraits d’interview

Jean-Jacques Jordi est docteur en histoire, et spécialiste de l’histoire des migrations en Méditerranée aux XIXe et XXe siècles, de l’Algérie, des colonisations et des décolonisations et de Marseille.» 

SILENCE d’ETAT» Un ouvrage dans lequel il révèle qu’il y a eu beaucoup plus d’Européens enlevés et disparus, après les Accords d’Evian et après l’indépendance de l’Algérie qu’en  » pleine guerre  » !

disparus français en algérie

disparus français en algérie

Ce constat stupéfiant est la conséquence tragique d’une politique de terreur menée par le FLN, avec parfois la complicité du pouvoir français. Jean-Jacques Jordi n’hésite pas à parler d’épuration ethnique quand il évoque les victimes européennes et s’étonne de l’acharnement post-mortem dont leur corps ont fait l’objet. Le travail de Jean-Jacques Jordi est sans manichéisme ni de parti pris. Son livre fait appel à des archives qui jusqu’ici n’avaient pu être consultées. Il nous permet d’appréhender scientifiquement une période trouble et oubliée de l’Histoire…

Première partie  Un tabou – Le nombre de disparus – Le FLN ne respecte pas les accords d’Évian – l’OAS un prétexte pour le FLN et le pouvoir Français – les camps d’internements et la torture – Des charniers – l’acharnement sur le corps des cadavres.

Seconde partie: Le massacre d’Oran 1962 – Qui a tiré ? – le général Katz – Associations de familles de disparus européens – le mur des disparus à Perpignan – Le manichéisme de certains historiens.

Jérôme Cortier : Sur la quatrième de couverture de votre livre « Silence d’État : les disparus civils européens de la guerre d’Algérie », vous précisez qu’écrire scientifiquement sur cette question c’est lever le dernier tabou de ce conflit. Pourquoi ce sujet a-t-il était tabou jusqu’à aujourd’hui ?

Jean-Jacques Jordi : Dans les relations entre la France et l’Algérie parler des disparus civils mettait mal à l’aise le gouvernement français et le gouvernement algérien. Le premier parce qu’il n’avait rien fait alors qu’il était au courant de toutes les exactions.
Et le second parce qu’il préférait prétendre avoir respecté les accords d’Évian en affirmant que si les français d’Algérie étaient partis c’est parce qu’ils avaient le sentiment de la peur. Alors que les archives nous révèlent que cette peur était due à une terreur bien réelle.

J.C. : Combien d’Européens disparus ?

J-J Jordi : 1583 européens disparus. C’est un chiffre à minima mais dont je peux assurer la véracité. Il faut bien préciser qu’un disparu est une personne qui a été enlevée et dont on ignore ce qu’elle est devenue.

J.C. : Vous déterminez trois phases d’enlèvements. Quelles sont-elles ?

J-J Jordi : De 1955 jusqu’aux accords d’Évian (18 mars 1962) , il y a à peu près 330 disparus civils. On pouvait s’attendre qu’après les accords d’Évian ce chiffre baisserait. Or, j’ai découvert qu’entre les accords d’Évian et la date d’indépendance (5 juillet 1962), c’est à dire en quelques semaines, il y en a près de 600. Donc deux fois plus en 4 mois qu’en 6 ans . Et je m’attendais à un recul de ce chiffre lors de l’indépendance et là encore les archives nous montrent que le phénomène prend de l’ampleur avec un nombre de disparus qui ne fait qu’augmenter.

J.C. : Peut-on donc considérer que les accords d’Évian n’ont pas été respectés par le FLN ? Et dans ce cas est-ce-que cela ne pouvait pas justifier une réaction du gouvernement français ?

J-J Jordi : Oui, le FLN comme l’ALN n’ont pas respecté les accords d’Évian. En ce qui concerne l’ALN par exemple, je me suis attaché à étudier les exactions que ces membres ont commis contre les casernes des militaires français. Du 19 mars au 26 mars, j’en ai compté 86.De la même manière, le FLN qui dit avoir respecté les accords d’Évian, se livre à des exactions contre les européens et contre les musulmans.

J.C. : Le pouvoir français a-t-il conscience qu’après les accords d’Évian, les populations européennes continueront à être en danger ?

J-J Jordi : Oui, car on est dans un climat de terreur qui a commencé quelques mois auparavant. Et la population européenne comme la population musulmane deviennent des enjeux pour le gouvernement français, comme pour l’ALN, le FLN et l’OAS.

J.C. : À propos de l’OAS, vous affirmez que la lutte contre cette organisation hostile à l’indépendance de l’Algérie fut un prétexte pour le FLN et l’État français.

J-J Jordi : En effet, les archives montrent très clairement que la tactique du FLN pour procéder à ces enlèvements a été de prétendre que désormais l’ennemi c’était l’OAS. Et sous prétexte de s’en prendre aux membres de l’OAS, ils s’en prennent à tous les européens sans distinction.

J.C. : L’OAS va donc devenir l’ennemi commun entre le FLN et le pouvoir français. Vous montrez d’ailleurs qu’une complicité se créer entre les deux, notamment au travers de la mission Choc.

J-J Jordi : Parfaitement. Il y a d’abord les barbouzes qui forment l’appât pour que l’OAS morde à l’hameçon. Et derrière on met en place la mission C constituée de policiers et de gendarmes et qui agissent en toute illégalité mais avec l’appui du pouvoir français.
Pour la mission C la cible c’est l’OAS et très tôt, dès janvier 1962, des liens vont se faire avec le FLN.

J.C. : Face à l’ampleur du nombre d’enlèvement, le FLN ouvre des camps d’internements. Ces endroits sont-ils connus par le pouvoir français ?

J-J Jordi : Du 19 mars jusqu’en octobre 1962, il y a près de 4000 enlèvements. Certains seront libérés, beaucoup seront retrouvés morts, et puis un peu plus de 1200 sont des disparus. Alors c’est vrai que face au nombre important de personnes enlevées, le FLN est obligé d’ouvrir des camps et de réquisitionner des maisons dans les quartiers musulmans afin de les séquestrer. Il faut préciser qu’il n’y a pas de directive de l’état-major du FLN donnant l’ordre de procéder à des enlèvements. En revanche, entre Alger et Oran , dans les wilayas 4 et 5, là on retrouve dans les archives certaines directives ordonnant à des exactions contre les européens.

J.C. : Vous consacrez plusieurs pages au massacre d’européens qui a eu lieu à Oran le 5 Juillet 62. Pour vous cette tragédie est l’étape finale d’un processus.

J-J Jordi : Le 5 juillet 62 à Oran c’est une manifestation, des coups de feu qui éclatent, et une véritable chasse à l’européen qui s’ensuit. Mais ce qui se déroule ce jour-là n’est pas un orage qui éclate dans un ciel serein. D’après les archives, il y avait, à partir de fin juin, une volonté des dirigeants de la wilaya, surtout du groupe d’Oujda, Boumédienne et Ben Bella, de contrôler tout les accès qui mènent à Oran. Et dès le 23 juin on note de nombreux enlèvements. En analysant les archives on se rend bien compte que tout est en place pour que quelque chose se passe le 5 juillet.
La volonté était de discréditer le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) en démontrant son impuissance à mettre de l’ordre. Car après Oran, l’objectif était d’intervenir sur Alger.

J.C. : Qui a tiré le premier ce 5 juillet ? Que pensez-vous de la thèse qui accuse les membres de l’OAS ?

J-J Jordi : Moi, la thèse de l’OAS je n’y crois pas. Dernièrement j’ai interrogé deux personnes très proches du dirigeant de l’OAS à cette époque, Claude Micheletti. Ils affirment que le 27 juin 62 le commando Colline est parti le dernier. Donc le 5 juillet, il n’y a plus de commando OAS. Alors ça peut être le geste d’un excité européen qui tire des coups de feu, mais les archives ne le montrent pas. Les journaux de marches et d’opérations que j’ai pu consulter, et tous les rapports d’enquêtes – il y a eu 4 rapports sur Oran – montrent que les premiers coups de feu qui éclatent à 11h20 ne viennent pas d’une terrasse, ni même des quartiers européens. Qui a tiré ?…. on ne sait pas.

J.C. : Combien de victimes sur cette journée ?

J-J Jordi : A peu près 650 victimes, dont la moitié sont des disparus enterrés au petit lac, et il faut ajouter une centaine de musulmans tués.

J.C. : Là encore l’armée est restée l’arme au pied.

J-J Jordi : l’armée ne bouge pas parce qu’elle a reçu l’ordre de ne pas bouger. D’ailleurs dans mon enquête je reviens sur le livre du général Katz parce qu’entre ce qu’il a signé en 1962 et son livre il y a une grande distorsion de la vérité….c’est là toute la différence qui existe entre la mémoire et l’Histoire….Katz n’a pas l’autorisation d’intervenir. Mais le code des armées lui donne le droit de défendre les français qui sont attaqués. Or il ne lèvera pas le petit doigt. Quelques soldats ont quand même désobéi et ont intercepté quelques commandos du FLN.

J.C. : De la difficulté que nous avons à parler de la guerre d’Algérie dans le débat public mais aussi au sein de l’université . On a le sentiment d’être constamment confronté à une vision manichéenne de la part d’historiens militants.

J-J Jordi : C’est un problème qui dure depuis une trentaine d’années en France. Moi je suis persuadé que nous avons des ouvrages scientifiques sérieux qui donnent une image – puisque l’histoire c’est aussi une reconstruction – la plus proche de la vérité et de la réalité historique. Sauf que ces ouvrages là ont beaucoup de mal à passer dans la société, mais aussi dans l’enseignement. Ils sont mis de coté par certains historiens qui les jugent trop militants sous prétexte qu’ils ne vont pas dans le sens de leurs convictions.
C’est la manifestation d’un manichéisme déplorable…. car, je le répète, nous avons tout pour faire une histoire de la guerre d’Algérie complète où tout puisse se dire.

Propos recueillis par Jérôme Cortier – riposte laïque -

 

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DISPARUS en Algérie

Posté par lesamisdegg le 5 octobre 2016

Dans mon ouvrage

Le cri retenu

j’ai décrit toutes les circonstances de l’enlèvement de mon mari, Philippe Gomis et de mon frère, Aimé Montero. Mais j’y ai surtout dit l’angoisse, le désespoir forcené qui m’ont longtemps tenue aux abois. Je n’admettais pas l’idée qu’ils puissent ne jamais revenir. Je suis restée donc en Algérie jusqu’en 1965 pour les rechercher, les attendre, entrant dans l’enseignement comme professeur de lettres puisque nos biens avaient été nationalisés et que j’avais les diplômes requis. Dans Le cri retenu, je crie mon désespoir en me situant dans un passé récent. Ici je dirai simplement ce qu’il en a été sans m’abriter dans les replis du temps.

Cela se passa donc le 15 avril 1962, au « Domaine des Andalouses » propriété de mon beau-père, près du petit village d’El-Ançor, dans le département d’Oran. Depuis deux mois, fuyant la campagne, mes enfants et moi étions venus nous réfugier en ville chez mes parents. Mon mari demeurait seul dans la propriété pour veiller sur les prochaines récoltes. Mais au fil des jours, les routes étant de moins en moins sûres, il espaça ses visites et j’en devins inquiète. Aussi, ce matin d’avril, n’ayant eu personne au bout du fil, ai-je demandé à mon frère de se rendre au domaine pour avoir des nouvelles. – « Mon coupé est en panne » a objecté mon cadet. – « Prends donc ma Simca, elle est garée au bas de l’immeuble ». Ma vie durant j’aurai devant les yeux le seuil de cet appartement oranais où, angoissée, je tendais des clés que l’on a pris d’une main réticente.

C’est vers 15 heures qu’un ami de la famille vint nous avertir que l’on venait d’enlever mon frère et mon mari dans la propriété de ce dernier. « On les a poussés dans une camionnette bâchée après les avoir ficelés de barbelés » nous dit-on. « Ma vie a alors basculé d’un coup, sans un cri, dans l’univers dur et exalté de la révolte » ai-je écrit dans mon ouvrage. Puis, vers 19 heures, le gérant de mon beau-père vint nous dire qu’une rançon était réclamée et dont la somme malheureusement n’avait pu être réalisée. Mon père et ses frères se sont alors rendus en pleine nuit et en dépit du couvre-feu, au lieu indiqué avec dix millions d’anciens francs. Mais « le contact » ne les avait pas attendus.

J’étais alors loin d’imaginer que ces deux êtres étaient perdus dès l’instant qu’on les avait pris. J’étais sûre (et il ne fallait pas me contredire) qu’ils reviendraient, qu’on nous les rendrait. De 1962 à 1965 je les ai recherchés tout en m’attelant à ce nouveau métier d’enseignante. Avec mon père nous avons interrogé la police judiciaire, la DST et sillonné préfecture et consulat d’Oran. Nous nous sommes également rendus aussitôt sur les lieux de l’enlèvement. Mais là, plus âme qui vive. Tous les ouvriers européens et arabes avaient fui le domaine. « Ils ont peur de parler » dira mon père. À la gendarmerie d’El-Ançor on ne put nous apprendre que ce que nous savions déjà. Dans tous les services visités on nous répétait qu’il ne fallait pas perdre courage. Je contactais également la Croix-Rouge, délégués puis enquêteurs. Mais on les sentait inquiets, ils étaient souvent menacés. À cette époque j’ai été souvent appelée à identifier des corps trouvés au fond d’un puits ou jetés au creux d’un ravin. J’ai eu des coups de téléphone curieux, pour n’employer que cet adjectif ; en effet me parvenait, après quelques mots en arabe, une sorte de gargouillis. « On a dû couper la langue à l’un d’eux » me répondra sans sourciller un gendarme. Puis les réflexions de ce genre affluèrent : « Ils doivent être trop abîmés, on ne peut vous les rendre »… « On les promène de douar en douar les yeux crevés, au bout d’une ficelle pour amuser les enfants », etc… Voilà ce que durant trois ans j’ai enduré. J’avais également écrit à M. de Broglie, alors secrétaire d’État aux Affaires étrangères et cela à plusieurs reprises. La réponse fut celle-ci : « Ils sont sûrement décédés ». Puis en 1964, le jugement déclaratif du Tribunal de Grande Instance de la Seine fit de moi une veuve… « présumée ». On m’a presque ri au nez quand j’ai demandé que l’on recherche leurs dépouilles. « Dans tous ces charniers que pourrait-on identifier ! ». Rentrée en France en 1966 et devenue libraire, j’espérais toujours. En particulier en 1970 quand la rumeur courait qu’il existait des camps de prisonniers au Sahara, à la frontière marocaine, ainsi que des camps itinérants qui se déplaçaient pour ne pas être repérés. On parlait même de déportation en Orient et dans les pays de l’Est.

Et aujourd’hui, où j’œuvre pour avoir accès aux archives des Affaires étrangères, et où je sais que nous allons apprendre « certaines » vérités, j’espère toujours que quelque part dans le monde, ils sont vivants.

Philippe Gomis avait 36 ans. Aimé Montero avait 25 ans.

Andrée  MONTERO

Andrée MONTERO

disparus enlevés

disparus enlevés

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HARKIS

Posté par lesamisdegg le 26 septembre 2016

l’engagement

Les motivations d’engagement des Français-Musulmans d’Algérie en général et des supplétifs en particulier furent multiples et variés, mais il est possible de les regrouper en quelques grandes catégories, en gardant à l’esprit qu’elles ne furent pas exclusives les unes des autres.

Suite aux exactions du FLN
Pour les supplétifs, c’est le motif qui revient le plus souvent. Pas ou peu connu au début des évènements, pressé de s’imposer comme seul représentant du peuple algérien, le FLN choisit l’arme de la terreur. Le premier tract interdit d’emblée toute hésitation ou toute velléité de neutralité : « Se désintéresser de la lutte est un crime ». Un document trouvé sur le chef fellaga Zighout Youssef précise que « Le FLN mène la guerre sur deux fronts :
contre l’autorité française en réclamant l’indépendance au nom du peuple algérien,
contre le peuple algérien, pour s’imposer à lui comme son représentant ». L’arrivée au maquis de « chefs locaux » peu formés politiquement, marqués par une culture de clans, de rivalités ancestrales violentes entre familles ou villages, va favoriser les assassinats au moindre soupçon d’opposition au FLN voire simplement pour l’exemple.

Comme le note Mouloud Feraoun, « les suspects tombent au détour des chemins, à la descente des cars, à l’intérieurs des cars, dans les villages, les marchés, les villes. Ils tombent partout… En attendant qu’il donne la puissance aux Fellagas, Dieu donne surtout la peur à tous les autres. » Dans ce contexte, la majorité des harkis ou moghaznis le sont devenus pour fuir la terreur du FLN, pour se protéger et défendre leurs familles. Plusieurs milliers de harkis ont quitté le FLN et sont devenus harkis par refus des méthodes de certains chefs FLN, notamment les exactions contre des civils musulmans ou européens. La violence fût une stratégie décidée, diffusée et encouragée par le FLN à laquelle répondront d’autres formes de violences militaires. Ainsi s’alimentait le cercle vicieux de l’horreur voulu par le FLN pour atteindre un « état de guerre ».

Solidarité familiale ou clanique
La famille maghrébine est marquée par la primauté du groupe sur l’individu et l’impérieux devoir de solidarité envers les siens : d’abord ses parents et enfants, ensuite ceux portant le même nom, puis ceux de son village contre un autre village, … Cette superposition de solidarités concentriques qui impose d’aider et de défendre la vie ou l’honneur des siens a favorisé les engagements de familles entières voire de villages ou de tribus, lorsque ses membres avaient été assassinés ou lorsque le chef de famille, du village ou de la tribu, s’engageait contre le FLN.

V.P.

1958

1958 commandos et harkis

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Le porte drapeau de MOSTAGANEM

Posté par lesamisdegg le 21 août 2016

Morts au Champ d’Honneur pour un drapeau : voici l’ incroyable histoire du drapeau des Anciens Combattants de Mostaganem.
C’était un nommé Tcham Kouider qui a Mostaganem portait le Drapeau aux cérémonies patriotiques, aux obsèques des camarades et à l’enterrement des soldats qui tombaient dans cette guerre qui n’avait ni de nom ni de loi. Tcham Kouider ressentait bien tout l’honneur qui lui en revenait et n’aurait pour rien au monde consenti à se dessaisir de sa charge glorieuse. Lorsque le FLN le menaça de mort, il en rendit compte à son président, tout simplement en bon soldat qu’il était, mais se regimba comme sous une offense lorsqu’on lui proposa de le remplacer dans son honorifique emploi. Cela se passait vers la fin de l’année 1956.
Tcham Kouider fût abattu le 14 février 1957 par un terroriste fellaga. Sa dépouille fût portée par ses camarades. On fit un discours.

Caîd Mechta portait le drapeau et l’inclina bien bas devant la tombe encore ouverte.il ne se passa pas longtemps avant que Caîd Mechta ne fût à son tour, l’objet de menaces de mort. Il rendit compte à son président et, tout comme Tcham Kouider, refusa énergiquement de renoncer à ce qu’il considérait comme un honneur, si périlleux qu’il fut. Il fut abattu le 21 juin 1957.
Bensekrane Yahia conduisit le cortège jusqu’au cimetière aux stèles blanchies et à son tour, il inclina le drapeau devant la tombe de son prédécesseur. Quelques jours plus tard, il fut lui-même menacé et lui aussi ne pût accepter de se renier, il porta le drapeau au cours des cérémonies du 14 juillet, il fut abattu le 8 août 1957.
Hennouni Besseghit devint le 4ème porte-drapeau de cette année, il fut abattu le 5 octobre 1957.
Les évènements prenaient une meilleure tournure et Hadj Gachegache, tout raide de l’honneur qui lui était fait, ne fut abattu que le 27 août 1958. C’était pourtant au temps où il semblait qu’on apercevait le sourire de la paix et où soufflait un vent vivifiant d’espérance.
Bey Bagdad lui succéda …Bey Bagdad fut abattu le 14 juillet 1959.
Addad Ali fit comme tous ceux qui l’avaient précédé et avec son humeur tranquille, quand il fut menacé, il refusa calmement de céder le poste dont il était investi, il fut abattu le 11 septembre 1959.
Son camarade Rhamouni Lakdar releva sa charge et après tant d’autres, il fut abattu le 7 novembre 1960.
Il se trouva des volontaires dans la section des combattants de Mostaganem pour briguer encore l’emploi de porte-drapeau qui revint à Berlarbi Larbi. Belarbi Larbi reçut une balle dans la tête le 16 janvier 1961.Il advint que Belarbi Larbi n’en mourut pas. Il fut, suivant le mot administratif et blasphématoire, rapatrié. Il prit le bateau pour la France, puisque la terre où il était né avait cessé d’être la France, il emporta son drapeau.
Belarbi Larbi est en France, il est toujours porte-drapeau. Il n’est pas sûr de ne pas être encore menacé. Il ne se pose pas la question de savoir ce que signifie encore le drapeau de la section des anciens combattants de Mostaganem, ni ce qu’il pourra en advenir de son drapeau et de lui-même. Il est le dixième porte-drapeau de sa section à avoir risqué sa vie pour l’honneur de porter le drapeau.
Je salue son drapeau, roulé aujourd’hui dans sa gaine et si lourds du poids de tant d’âmes et de tant de foi et de tant d’amour de la France.
Général Vanuxem

Belarbi Larbi est décédé en Mai 1996, à Mantes La Jolie en sa maison, il a eu une fille, qu’il a prénommé France. le drapeau de mostaQuand on aime ……!!

 

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Le massacre d’ORAN-the massacre of Oran- 5 7 1962

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2016

 

11 h Le sirocco s’est levé, depuis quelques minutes et, bien que nous roulions sur la route de Tlemcen à Oran à plus de 100 à l’heure, l’air qui nous fouette est brûlant. A la sortie d’un petit village écrasé de chaleur, nous sommes arrêtés par deux soldats de l’ALN qui portent des mitraillettes tchèques en travers de la poitrine. L’un d’eux s’approche, entre sa tête dans la voiture et avec un grand sourire nous serre la main à tour de rôle; nous repartons.

12h20 -Dans les faubourgs d’Oran, autre barrage. Brusquement, il n’est plus question d’amabilité. Un soldat de l’ALN ouvre ma portière avec violence, et me fait littéralement tourbillonner hors de la voiture. Là, il me pose sa mitraillette sur le ventre pendant qu’un autre me fait lever les bras et me fouille de la tête aux pieds.  Mon collègue Biot, se fâche « Enfin, qu’est-ce qui vous prend ? Nous sommes journalistes ! » Aussitôt, changement d’attitude. La mitraillette s’abaisse « Il y a eu des coups de feu devant la mairie -m’explique le soldat-. Il y a beaucoup de blessés et beaucoup de morts; ça tire encore en ce moment ». 

the massacre of oran  1962 07 -galéa jean misères de la guerre 1967

the massacre of oran 1962 07 -galéa jean misères de la guerre 1967

 Nous sommes stupéfaits. Je demande »Qui a tiré ? » C’est l’OASSE, bien sûr ! Au loin, nous entendons crépiter des coups de feu ponctués d’explosions.


12h50 -Nous roulons au pas. Notre hôtel n’est qu’à 500 mètres, mais il me semble qu’il nous faudra des heures pour y parvenir. Autour de nous, des soldats musulmans embusqués dans les porches des maisons tirent à l’aveuglette.

12h55 -Nous embouchons le boulevard du 2e Zouaves. Une mitrailleuse lourde se déchaîne, puis une autre. Nous restons paralysés. Puis, brusquement, je réalise et je me mets à brailler « Mais, bon sang, c’est sur nous qu’ils tirent! ». « Marche arrière » crie Biot. La voiture bondit en arrière dans un hurlement de pignons. Nous virons à toute allure, en marche arrière. Je bloque les quatre roues, moteur calé. Nous nous précipitons vers un porche. Tout cela n’a pas duré plus de cinq secondes. Nous n’avons pas le temps de souffler. -Haut les mains ! Nos bras jaillissent vers le ciel. Je crie: -Nous sommes journalistes. L’autre, un ATO à mitraillette, se fige aussitôt et nous exécute un irréprochable «présentez armes».

13h -L’ATO est monté sur le capot de la voiture et nous dirige vers le Commissariat central: -Là-bas, vous serez en sécurité, dit-il. En fait, à peine arrivés, nous nous retrouvons tous à plat ventre sous les balles qui viennent d’on ne sait où.

13h20- Nous avons trouvé refuge dans une caserne de zouaves… Un cadavre est écroulé devant la porte de la caserne. C’est un musulman que d’autres civils musulmans ont poursuivi jusqu’ici. Avant même que les zouaves aient eu le temps d’intervenir, le malheureux a été abattu d’une balle de revolver, puis achevé à coups de crosse et à coups de couteau. Le corps n’a plus rien d’humain. La tête est à moitié arrachée.

14h -A l’abri dans la caserne, nous montons sur la terrasse et, à la jumelle, nous regardons ce qui se passe: les voitures fouillées, les ambulances de la Force locale qui passent, hérissées de mitraillettes. Vers le quartier Saint-Eugène, un vacarme énorme se déclenche. Mortiers, grenades, mitrailleuses lourdes, tout y passe. Une demi-heure plus tard, on tire toujours à Saint-Eugène. De notre côté, les choses semblent calmées. A la jumelle, je vois deux soldats français fouillés par des civils musulmans en armes.

15h -Un capitaine qui commande un détachement de zouaves a réussi à faire libérer les Européens retenus prisonniers par les ATO au Commissariat central.

15h15 -Je vois une longue colonne d’Européens qui remontent la rue, plus de quatre cent. Les visages sont durs, fermés, certains tuméfiés. La colonne est silencieuse. C’est un spectacle poignant. A 15h30, les tirs se sont tus.

17h30 -Les rues sont désertes.

Le lendemain, on cherche des explications. Quel est le bilan ? Comment la fusillade a-t-elle démarré ? Sur les causes de la fusillade, il court deux versions différentes. On parle, bien sûr, d’une provocation OAS, mais cela semble peu vraisemblable. Il n’y a plus de commandos, ou presque, parmi les Européens qui sont demeurés à Oran… On parle aussi de règlements de comptes politiques entre musulmans. Or, on raconte en ville que, durant la nuit du 5 au 6, nombre de musulmans ont été collés au mur en ville arabe et fusillés. On ajoute que parmi eux, il n’y avait pas que des pillards. Ceci tendrait donc à confirmer la thèse du règlement de comptes. Peut-être s’agit-il tout simplement d’un coup de feu lâché par inadvertance ou par enthousiasme par l’un de ces nombreux jeunes musulmans qui étaient descendus en ville avec un revolver passé dans la ceinture ? Déjà au soir du 1 er juillet, on dénombrait un grand nombre de morts et de blessés en ville musulmane, morts et blessés simplement victimes de fantasias.

Ce qui est certain, c’est que cette fusillade fut le résultat d’une crise d’hystérie collective durant laquelle les coups de feu partirent dans tous les sens. Un autre élément est le fait que quinze cadavres européens qui se trouvent à l’hôpital civil d’Oran, treize ne portent pas de blessures par balle, mais ont bien été tués à coups de couteau. Quant au bilan des morts et des blessés, on ne saura jamais avec certitude ce qu’il en a été. Les victimes musulmanes furent immédiatement emportées en ville arabe et, comme le Coran le prescrit, enterrées le jour même; il est demeuré impossible de faire un dénombrement exact des victimes…

C’est sur nous qu’ils tirent!  par Serge Lentz

extrait du Paris-Match n°692, 14 juillet 1962

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BONAPARTE et les barbaresques en 1802

Posté par lesamisdegg le 7 décembre 2015

états barbaresques 1815

Une chose digne de remarque, c’est qu’il méditait à cette époque la conquête de l’Algérie ; mais pour n’exciter la jalousie de personne, et n’être pas accusé de pensées ambitieuses, il voulait accomplir ce projet avec le concours des puissances maritimes, qui se seraient liguées pour chasser les Barbaresques de la côte d’Afrique, et naturaliser sous ce ciel méridional le sucre, le café, le coton et toutes les denrées coloniales. C’était Joseph Bonaparte qui avait conçu le projet : le premier consul l’avait fort approuvé, et s’en occupait avec l’ardeur qu’il mettait en toutes choses.

Il sentait vivement la honte qu’il y avait pour l’Europe d’avoir à sa porte un repaire de pirates auxquels de puissantes nations ne rougissaient pas de payer tribut. La proposition de coopérer avec lui à la conquête simultanée de l’Afrique du Nord fut faite par le premier consul à plusieurs puissances continentales. L’Espagne seule montra quelque bonne volonté à le seconder. Les autres gouvernements accueillirent avec indifférence ou même avec défiance les propositions du premier consul.

Quelques-uns assurent que ce projet d’expédition fut une des causes de la rupture de la paix -   Baron de Meneval  Souvenirs historiques –.

Quoi qu’il en soit, les grands événements qui survinrent empêchèrent Bonaparte de donner suite à une pensée éminemment civilisatrice.

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DISPARUS en Algérie 1962

Posté par lesamisdegg le 30 août 2015

 

GALEA JF

GALEA JF

DISPARITIONS FORCEES : une stratégie de la terreur

 

Les disparitions forcées ont souvent servi de stratégie pour faire régner la terreur dans la société. Le sentiment d’insécurité résultant de cette pratique ne se limite pas aux proches de la personne disparue, mais touche aussi la communauté et l’ensemble de la société. Les disparitions forcées sont perpétrées dans des situations de conflit interne, en particulier comme moyen de répression politique des opposants, voire d’épuration ethnique comme en Algérie de 1962 à 1964.

Le 21 décembre 2010, l’Assemblée générale de l’ONU, dans sa résolution 65/209 , s’est dite profondément préoccupée par la multiplication dans diverses régions du monde des disparitions forcées ou involontaires, y compris les arrestations, détentions et enlèvements, lorsque ces actes s’inscrivent dans le cadre de disparitions forcées ou peuvent y être assimilés. Elle souligne également le nombre croissant d’informations faisant état de cas de harcèlement, de mauvais traitements et d’intimidation des témoins de disparitions ou des familles de personnes disparues.

Dans la même résolution, l’Assemblée a décidé de proclamer le 30 août Journée internationale des victimes de disparition forcée, célébrée depuis 2011.

 

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20 Aout 1955 EL HALIA le massacre

Posté par lesamisdegg le 20 août 2015

EL HALIA  le massacre 20 aout 1955  JF GALEA

EL HALIA
le massacre
20 aout 1955
JF GALEA

Zirout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l’Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d’à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s’engage pas dans la révolution. 12 000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zirout sont de récupérer de l’armement, d’éliminer les pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l’armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L’action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L’armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d’El Halia et le village d’Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d’horribles atrocités [1]. Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d’Algérie [2], 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2000 tués les jours suivants (et non les 12000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques : « C’est la guerre, il faut la faire », déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l’idée d’une politique libérale [3].  La fracture entre les communautés s’aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens [4] .Sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Notes [1] On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu’elle avait préparé. [2] Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes. [3] Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu’on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d’Algérie. Un Comité de guerre interministériel s’est réuni à Constantine en juillet 1957. [4] Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n’a pas attendu l’attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs. [5] dans « Algérie, 20 août 1955 » (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se réfère à un faux témoin d’el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.

Roger Vétillard. 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d’Algérie. Préface de Guy Pervillé. Ed. Riveneuve, 2012, 351 pages, 20 euros. Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l’histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l’armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l’ALN. Guy Pervillé met en lumière l’objectivité historique de l’auteur, qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux-5-, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

 

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the ORAN massacre

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2015

the Oran massacre

le massacre d’ORAN

july 05 1962

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CAMUS Albert -terrorisme en Algérie-

Posté par lesamisdegg le 27 mai 2015

« Les noces sanglantes du terrorisme et de la répression « 

Le dernier terrorisme auquel Camus eut affaire fut celui perpétré par les fellagas (1954-1962).

L’auteur, décédé dans un accident de voiture en janvier 1960, ne connut pas la fin du conflit.

Né en Algérie de parents Pieds-Noirs fort pauvres, farouchement attaché à sa terre et à la diversité des communautés (arabe, kabyle, juive, pieds-noirs) qui la composaient, Camus militait activement et incessamment depuis ses vingt ans la mise en place d’une plus grande justice politique, sociale et économique en Algérie française. En juin 1939, il publia notamment dans Alger républicain une série de onze longs articles dénonçant la famine et le dénuement dont souffraient les Kabyles et appelant à des réformes urgentes.

Quand le terrorisme éclata en 1954, Camus se refusa à soutenir le FLN. Il craignait, à juste titre,  que la victoire de ce parti ne conduisît à l’avènement d’ « une Algérie reliée à un empire d’Islam qui ne réaliserait à l’intention des peuples arabes qu’une addition de misères et de souffrances » et qui exclurait les Pieds-Noirs de son sol. Lui défendait la constitution d’une fédération où les populations multiples d’Algérie vivraient ensemble sans qu’aucune n’en soit bannie pour des raisons ethniques ou religieuses.

Aussi Camus récusa-t-il autant le FLN qui recourait au terrorisme que l’État français ou les « ultras ». Ses articles et éditoriaux de cette période, de même qu’un appel à la trêve civile lancé au péril de sa vie à Alger en janvier 1956, enjoignent les deux camps à mettre fin à une violence mortelle, à ses yeux contagieuse et inacceptable. Cette violence révolte l’écrivain parce que, chez les uns, elle prend pour cible des civils innocents et que, chez les autres, elle remplace la justice par la force répressive. Lui veut interrompre « les noces sanglantes du terrorisme et de la répression » et leur substituer le dialogue.

Avec assiduité, et ce même après l’échec de son appel à la trêve et l’adoption d’une réserve certaine, il appelle à l’établissement d’une société pleinement démocratique, notamment avec la publication des Chroniques algériennes (1958) .

Il s’engage aussi pour sauver des vies. À titre privé, il intervient à maintes reprises pour demander la grâce de membres du FLN condamnés à mort dont il n’approuve pourtant pas les actes terroristes.

Ces actes lui inspirent un dégoût profond lorsqu’ils sont synonymes du meurtre « de femmes et d’enfants », de populations innocentes.

 

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