SETIF 8 mai 1945

Posté par mdame le 6 mai 2017

C’est jour de marché, De nombreux indigènes venus des douars voisins emplissent les rues. Vers 7 heures, un rassemblement se forme devant la mosquée. La troupe scoute musulmane Kechafat el-Rayat est autorisée à défiler pour se rendre au monument aux morts. Vers 8 h 30, elle se met en marche, suivie par un cortège de 7 à 8 000 personnes. Vers 9 heures, le cortège arrive rue de Constantine où il se heurte à un barrage de police. Le commissaire central somme les manifestants de faire disparaître les pancartes séditieuses. Sur leur refus, la police essaie de s’en emparer. C’est le signal de la bagarre. Des coups de feu éclatent. Le cortège se disperse et les manifestants se répandent dans la ville, assaillant à coups de pistolet, de couteau ou de bâton les Européens rencontrés dans les rues ou assis à la terrasse des cafés. On entend les cris de N’katlou ennessara! (tuons les Européens). Les femmes poussent de stridents  » you-you  » Rue Sillègue, M. Deluca, président de la délégation spéciale, s’efforce de calmer les excités. Il est abattu. D’autres meurtres sont commis. Quand, vers midi, l’ordre est rétabli, on relève dans les rues vingt et un cadavres d’Européens. D’après le procès-verbal détaillé, on voit que treize de ces cadavres ont le crâne complètement enfoncé, un est éventré et un autre émasculé.

 

Dans l’après-midi, les troubles s’étendent au nord de Sétif. A El-Ouricia, à12 kilomètres, l’abbé Navarro est abattu. Aux Amouchas, à 10 kilomètres plus au nord, les maisons européennes sont pillées, mais leurs habitants ont pu fuir. À Périgotville, les insurgés pénètrent dans le bordj et s’emparent de 45 fusils Lebel et de 10 000 cartouches, puis ils attaquent les Européens et pillent leurs maisons. Au soir, quand le village sera dégagé, on relèvera douze cadavres sauvagement mutilés. A Sillègue, le garde champêtre, M. Mutschler, est tué ainsi que sa femme et le cantonnier. Les maisons européennes sont pillées, puis incendiées.A La Fayette, de gros rassemblements d’indigènes se forment, mais sur l’intervention de l’administrateur, aidé par des notables musulmans, les attroupements se dispersent.Il n’en est pas de même, malheureusement, à Chevreul, à 60 kilomètres au nord de Sétif. A 2 heures du matin, le village est pillé et incendié. La plupart des Européens s’étaient réfugiés à la gendarmerie ; mais ceux qui ne l’avaient pu sont massacrés et mutilés. Le lendemain, quand les secours arriveront, on trouvera cinq cadavres, dont ceux de trois hommes émasculés: le garde forestier Devèze et les agents des Ponts et Chaussées Coste et Bovo, et ceux de deux femmes : Mme Deveze et Mme Bovo, celle-ci mutilée des deux seins. En outre, quatre femmes ont été violées, dont Mme Ruben, âgée de 84 ans, Mme Grousset et sa fille Aline, âgée de 15 ans. Pour ce premier jour, on dénombrera au total, dans la subdivision de Sétif : 84 tués, dont 13 femmes.

Le peloton de la garde arrive à Sétif à 15 h 30. On lit dans le journal de marche de l’unité :  » De Sétif, le half-track du capitaine Mazucca repart immédiatement pour dégager Périgotville, qui est encerclée. Son arrivée dans Périgotville coupe court au massacre. A l’arrivée du lieutenant et de sa petite troupe, les assaillants se retirent dans le djebel. Le lieutenant Bentegeat, est dirigé sur Aïn-Abessa, à 18 kilomètres au nord de Sétif. Quand il y parvient, vers 1 heure, la situation est la suivante: depuis la veille au soir, le bordj, où la population européenne s’est réfugiée et dont la défense a été organisée par le chef de brigade de gendarmerie, est assiégé par un millier d’indigènes conduits par Debache Seghir, membre influent des  » Amis du Manifeste « . Ils arrosent le bâtiment de rafales de mitraillette et de coups de fusil. A l’arrivée du lieutenant et de sa petite troupe, les assaillants se retirent». Une patrouille envoyée dans le village délivre la famille Heyberger, également assiégée dans sa maison. La patrouille arrête plusieurs des assiégeants, pris les armes à la main, dont le secrétaire général des  » Amis du Manifeste « . En fouillant le village, on découvre le cadavre de M. Fabre, tué à coups de pistolet et de gourdin.

 

Autre délivrance: le 9 au matin, le lieutenant Poutch est envoyé avec un petit détachement sur Kerrata. Il fait irruption dans le village en plein massacre ! Son arrivée y met fin. On lit dans, son rapport :  » Nous trouvons cinq cadavres, dont ceux du juge de paix, M. Trabaud, et de sa femme. Vingt personnes se trouvent sur le toit d’une maison en flammes. Je réussis à les sauver, et, après avoir dispersé à la mitrailleuse les assassins, je rassemble la population européenne au château Dussaix, sous la protection des gendarmes.  »

Autre sauvetage de justesse celui de Chevreul. Nous avons vu que, le 8 mai, les habitants européens, qui avaient échappé au premier massacre, s’étaient réfugiés à la gendarmerie, où se trouvaient en dépôt les armes du centre de colonisation. Les deux gendarmes du poste les avaient distribuées aux hommes. La gendarmerie fut investie et le siège commença. Pendant toute la journée du 9, les insurgés, postés aux alentours, tirèrent sur les fenêtres. Ils coupèrent la conduite d’eau, privant les assiégés d’eau potable. Dans la soirée du 9, ils parvinrent à s’emparer du rez-de-chaussée. La défense se concentra alors au premier étage. Ce n’est que le 10 au matin qu’arrive devant Chevreul le détachement du commandant Rouire (une section de half1racks et une compagnie de zouaves). Le commandant envoie une section à l’est du village et une autre à l’ouest pour le cerner. La section de l’est met en fuite les rebelles et capture des bourricots chargés de tapis et autre butin, que les pillards abandonnent.

 » J’entre moi-même dans le village avec les half-tracks, relate le commandant, et je marche sur la gendarmerie.

A notre arrivée, la joie et l’émotion sont intenses. Les habitants, hommes et femmes, sont émus jusqu’aux larmes d’avoir été sauvés in extremis, car les rebelles avaient déjà répandu de l’essence au rez-de-chaussée.  »

 

Colonel Adolphe GOUTARD

 

NB : Certes, la répression a été dure, mais les moyens dont disposait celui qui était chargé d’arrêter les meurtres d’Européens et les actes de sauvagerie qui les accompagnaient et de rétablir l’ordre et la sécurité dans un immense pays, étaient extrêmement réduits.

Colonel Groussard :  » Une répression est d’autant plus sévère que les moyens sont faibles »

Mais ces événements allaient servir à la propagande des excitateurs des foules musulmanes.  » Lancé par la radio du Caire, le mythe de la  » répression massive ayant fait des dizaines de milliers de victimes innocentes » fut sans cesse repris, par la suite, au point de convaincre le monde de son effroyable réalité. A la fin des troubles, si ceux-ci s’étaient clos par un véritable massacre de musulmans, on n’aurait pas vu chose tout à fait exceptionnelle -le cadi de Constantine venir inviter le général Duval, de même que le général Henry Martin, de passage, assister à la cérémonie organisée à la mosquée pour remercier le  » Tout-Puissant d’avoir rétabli la paix « . Et la cérémonie se déroula sans incident, dans le plus grand recueillement.séttif mai 1945k

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Abd-el-kader et Abd-el-rahman 1831-36

Posté par lesamisdegg le 12 août 2016

Dés 1831, l’empereur du Maroc Abd el-Rahman chercha à s’emparer de Tlemcen, et c’est dans la crainte que toute la province ne tombât entre les mains de ce voisin puissant, que le général Clauzel fit occuper la ville d’Oran le 4 janvier 1832. En même temps, le colonel d’état major Auvray fut envoyé vers l’empereur pour sommer ce prince de respecter le territoire algérien, comme étant une dépendance de la France. Le colonel Auvray ne dépassa pas Tanger, où il fut retenu par le gouverneur de la province,cependant la cour de Maroc promit d’évacuer la province d’Oran, et de ne plus se mêler des affaires de la régence; mais cet engagement ne fut pas respecté.

Lorsqu’il s’agit, bientôt après, d’imposer des beys tunisiens aux provinces de Constantine et d’Oran, les principaux chefs de cette dernière envoyèrent une députation à Muley-Abd-el-Rahman, pour l’inviter à venir prendre possession de la province menacée. Au nombre des personnages chargés de cette mission, figuraient les chefs des Douairs et des Zmélas, et à leur tête Mustapha-ben-Ismael et El-Mezari, devenus ensuite deux de nos plus fidèles serviteurs; ils furent accompagnés par les chefs de Tlemcen, parmi lesquels se distinguait au premier rang Ben-Noona, institué plus tard par l’empereur caïd de Tlemcen.

Muley-Abd-el-Rahman accepta avec empressement la proposition qui lui était faite, et se hâta d’envahir le territoire algérien avec une armée de 12,000 hommes, commandés par Muley-Ali, son neveu, et un autre chef appelé Bel-Amri. Le premier prit possession de Tlemcen et de ses environs; le second s’avança jusqu’à Miliana, d’où il fut repoussé .

Le successeur du général en chef Clauzel, M. le duc de Rovigo, écrivit au consul général de France à Tanger, pour l’engager à faire à ce sujet des remontrances à l’empereur de Maroc; mais cette négociation secondaire vint bientôt se fondre dans celle que dirigea M. le comte Charles de Mornay, envoyé extraordinaire de la France. M. de Mornay informa le duc de Rovigo, par dépêche datée de Méquinez, le 4 avril 1832, que le gouvernement marocain, renonçait d’une manière positive à ses prétentions sur la ville de Tlemcen et sur les districts environnants, dépendant de l’ancienne régence d’Alger. En conséquence, l’empereur de Maroc s’engageait à ne plus entrer dans les démêlés que nous pouvions ou pourrions avoir à débattre avec les habitants de ces contrées, qu’il reconnaissait appartenir maintenant à la France.

Forcé ainsi de renoncer à agir directement sur la régence d’Alger, l’empereur de Maroc voulut du moins exercer une influence occulte dans les affaires de la province d’Oran, qu’il espérait réunir tôt ou tard à son empire. A cet effet, il se mit des lors en relations intimes avec le jeune Abd-el-Kader, qui commençait déjà à briller d’un certain éclat dans cette contrée, et qui, à raison de son âge, lui parut devoir se soumettre à son ascendant avec plus de docilité que les autres chefs. Outre cela, il existait entre eux une espèce de lien de parenté, l’un et l’autre se disant chérifs ou descendants du prophète. Abd-el-Kader, en homme habile, accepta le patronage qui lui était offert, se réservant de l’employer à son propre agrandissement.

Dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, Abd-el-Kader a jusqu’ici tenu, vis-à-vis de l’empereur, la conduite d’un vassal. C’est le nom de ce prince qu’il a fait constamment invoquer dans la khotha (prière pour le souverain) récitée dans les mosquées soumises à son autorité; c’est à ce prince qu’il a successivement fait hommage des cadeaux qu’il a reçus de la France, après le traité conclu avec le général Desmichels, le 26 février 1834, et le traité de la Tafna, du 30 mai 1837; c’est à lui aussi qu’il a souvent envoyé, soit les prises qu’il faisait sur nos colonnes, comme à la suite de l’affaire de la Macta, soit même les prisonniers qu’il enlevait à nos alliés indigènes, entre autres notre bey de Médéah en 1836, Mohammed-Ben Hussein, mort en prison à Oujda. En retour de ces actes de soumission, Abd-el-Kader a tiré jusqu’à ce jour du Maroc ses principales ressources en armes et en munitions, qui lui ont permis de continuer la lutte .

L’assistance donnée par Abd-el-Rahman à Abd-el-Kader, et surtout la présence de 5,000 Marocains dans les rangs de notre ennemi aux combats des 20 et 27 janvier 1836, après la prise de Tlemcen, nécessitèrent l’envoi d’une nouvelle mission auprès de l’empereur. Elle fut, confiée à M. le colonel de La Rue, aujourd’hui maréchal de camp. Cet envoyé, qui, dans le cours de sa mission, ne déploya pas moins de modération que de fermeté, obtint, comme M. de Mornay, les mêmes protestations d’amitié, les mêmes désaveux de toute participation à des menées hostiles, les mêmes assurances du désir de maintenir la bonne harmonie et la paix entre les deux États voisins. Mais ces assurances, ces protestations ont eu la valeur des premières; les relations ont continué entre l’empereur et l’émir sur le même pied que par le passé, et des secours de toute nature n’ont pas un instant cessé d’être envoyés à notre ennemi, jusqu’à ce que les choses en soient venues à l’agression ouverte du 30 mai dernier.

1840 empire de Maroc , régences d'Alger , de Tunis et de Tripoli

1840 empire de Maroc , régences d’Alger , de Tunis et de Tripoli

L’Illustration juillet 1844

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711 invasion musulmane de L’ESPAGNE

Posté par lesamisdegg le 11 juillet 2016

Le 11 juillet 711, les mahométans défont les troupes de Rodrigue, roi wisigoth qui règne sur l’Espagne chrétienne. Cette bataille de GUADALETE va livrer aux musulmans la plus grande partie de la péninsule ibérique pour près de sept siècles

Les Wisigoths, une tribu germaine venue d’au-delà du Rhin trois siècles plus tôt, avaient d’abord créé un royaume autour de Toulouse. Ils en avaient été chassés par les Francs de CLOVIS et s’étaient repliés sur la péninsule espagnole.

A  l’aube du VIIIe siècle, Wittiza, un roi wisigoth, est démis de ses fonctions. De dépit, il appelle à l’aide un seigneur musulman , l’émir de Tanger. Les chrétiens d’Occident ont  à cette époque une notion très floue de l’islam et le voient plutôt comme une secte chrétienne que comme une religion rivale. L’émir de Tanger envoie à son nouvel ami une armée berbère commandé par Tarik ibn Zyad.

C’est ainsi qu’en avril 711, 6000 guerriers débarquent en Espagne. Le lieu du débarquement est un rocher qui prendra le nom de Gibraltar (ar «djebel al Tarik» montagne de Tarik). Les musulmans s’emparent d’Algésiras et s’avancent vers Cordoue. Ils se heurtent bientôt à l’armée du roi Rodrigue.

La rencontre est dite bataille de Guadalete . Bien que les Wisigoths soient très supérieurs en nombre aux envahisseurs, la victoire revient à ces derniers suite à la trahison des deux frères de Wittiza. Le roi Rodrigue périt dans l’affrontement.

Tarik n’a plus beaucoup de mal à s’emparer de Cordoue, Séville, Grenade… Il est rapidement rejoint par l’émir Mousa . Les vainqueurs soumettent rapidement la plus grande partie de l’Espagne. En quelques années, la résistance chrétienne est balayée. Elle ne subsiste que dans quelques vallées isolées de la chaîne cantabrique, à l’extrême nord de la péninsule.

Les envahisseurs  traversent les Pyrénées. Ils se heurtent à Toulouse au duc d’Aquitaine. La victoire de ce dernier redonne courage aux Wisigoths réfugiés dans la chaîne cantabrique. Leur chef Pélage bat les musulmans à Covadonga, près d’Oviedo. Cette bataille symbolise le début de la reconquête de la péninsule par les chrétiens -la «Reconquista»-..
bataille de GUADALETE

Miss V. Pédia.

 

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KOULOUGLIS de l’Armée d’Afrique

Posté par lesamisdegg le 31 janvier 2016

koulougli mauresque Par un trait particulier de l’organisation militaire qu’introduisit en Afrique le rude génie des Barberousse, les soldats d’aventure que les pachas d’Alger faisaient recruter en Orient, pour être les instruments de leur brutale domination, devaient arriver sans femmes, sans enfants, pour qu’ils pussent se vouer à leur destinée nouvelle sans arrière-pensée patrie et de famille. Mais ne pouvant, pouvant, la terre conquise, imposer à des musulmans le célibat, comme faisaient les Ordres du christianisme à leurs chevaliers, chevaliers, système turc amoindrissait autant que possible l’action de la famille, en réduisant influences des femmes et les privilèges de l’héritage. Les enfants issus de l’union des femmes mauresques avec les janissaires, l’on doit appeler orientaux plutôt turcs, car c’étaient des recrues prises confusément dans toutes les régions de l’islam, étaient qualifiés de Koulouglis ou fils de l’esclave formaient une classe particulière, participant du sort des deux classes dont elle provenait. De même que les Turcs, ils pouvaient inscrits comme soldats, et ils leur étaient assimilés tant pour l’avancement que pour la solde; ils étaient même admissibles à tous les emplois, y compris ceux de bey et d’agha. Mais, par défiance des influences de lignée maternelle, ils ne pouvaient jamais devenir pachas, et ils étaient même exclus du grand-divan, composé du khaznadji (trésorier), khodja-el-kheil (secrétaire des écuries), de l’oukil-el-heurdj-mta-ez-zira (intendant de la marine), et de l’agha-mta-dar-es-soltan (intendant du palais). « Que vos fils issus des femmes indigènes, avait dit au fondateur de l’odjak le marabout Sidi-Abader-Rahman-et-Taleb, ne soient jamais kerassa, c’est-à-dire n’obtiennent jamais les grandes fonctions qui donnent droit à un siège d’honneur (korsi). Les Koulouglis passaient, du reste, même aux yeux des Turcs, pour de forts bons soldats. Les Koulouglis ne cessèrent de protester contre cet article rigoureux de la charte des Turcs, malgré son origine doublement sacrée.

Ils protestèrent dès l’année 1595; leur plus formidable révolte fut celle de 1628, dans laquelle beaucoup d’entre eux périrent après un succès éphémère. Dix ans après, ils furent transplantés au confluent de l’Oued-Zitoun et de l’Isser, derrière le Fondouk, à dix lieues sud-est d’Alger, et y fondèrent la colonie de Zoukant, qui devint prospère et puissante. En prenant cette détermination, le divan d’Alger atteignait un double but: il se débarrassait d’un danger toujours imminent de révolte, et il faisait garder une avenue de la Kabylie par des troupes que leur origine signalait à la haine des Kabiles, et qui, devant choisir entre deux camps, devaient éprouver plus de sympathie pour celui de leurs pères. Suivant le même plan politique, on les distribua, à divers intervalles, au milieu des populations suspectes, pour les contenir.

En 1830, ils occupaient, entre autres villes, celle de Tlemcen, et formèrent un élément important du parti que commandait le célèbre général Mustafa. On les retrouve encore aujourd’hui en petit nombre dans la plupart des villes indigènes de l’Afrique du nord, particulièrement Biskara-Biskra-. Ils composent la population de deux tribus considérables, celle des Zouatna dont nous avons parlé, et celle des Zammora, située sur la limite méridionale de la Kabilie. Au moment de la déchéance des Turcs en 1830, les Koulouglis se virent en butte aux attaques des tribus arabes et berbères qui les entouraient, et n’eurent d’autres ressources que de se jeter dans les bras de la France. C’est ainsi que la garnison de Tlemcen et la colonie de l’Oued-Zitoun se détachèrent de bonne heure des masses indigènes et se rangèrent sous nos lois. Mais l’autorité française qui ignorait le vrai caractère de leur situation et les gages sérieux qu’ils offraient d’un ralliement sincère, ne les accueillit d’abord,  ainsi que les tribus maghzen, qu’avec une grande méfiance; on refusa même parfois leur soumission la plus humble. Peu à peu ils se firent pourtant accepter d’une politique devenue plus intelligente à mesure qu’elle avançait dans la connaissance des sentiments très divers du pays; beaucoup d’entre eux prirent du service dans notre infanterie et notre cavalerie indigènes, où ils se conduisirent en braves et fidèles soldats.

Ces rapprochements avec les vainqueurs signalèrent les Koulouglis aux coups d’Abdel-Kader, qui ne poursuivait pas d’ailleurs d’une moindre haine les Turcs dans leurs agents et descendants, que les Français eux-mêmes. Il mesura ses forces avec les leurs dans de violentes et fréquentes luttes contre le général Mustafa, ancien commandant des forces turques et auxiliaires dans la province d’Alger. A l’abri du traité de la Tafna, conclu en 1837 avec le général Bugeaud, l’émir s’était avancé, de la province d’Oran, théâtre de ses premiers exploits et berceau de sa puissance, vers les contrées de l’est, avec l’intention de pénétrer dans la Kabilie, dont il espérait faire le boulevard inexpugnable de ses attaques et de ses défenses. Au début de 1838, il tomba à l’improviste sur la tribu des Zouatna, les dispersa, ruina, et fit massacrer leur chef.

Comme les Zouatna étaient des étrangers dans le pays, le désastre qui les frappait ne pouvait lui aliéner les véritables berbères, et cependant ceux-ci ne pouvaient qu’être pénétrés d’une salutaire terreur en voyant la vigueur des coups du jeune marabout. Néanmoins ce calcul de l’ambition fut déçu ; sauf une tribu maghzen des Turcs, également mélangée, les Amraoua, tous les Kabiles refusèrent l’obéissance à un maître à qui leurs traditions et leurs constitutions indépendantes ne reconnaissaient aucun droit de le réclamer.

Dès ce jour les Koulouglis de toute l’Algérie éclairés sur leur véritable intérêt, se tournèrent vers la France comme vers leur seul refuge. Les simples guerriers combattirent en soldats et sous-officiers dans nos bataillons ou escadrons indigènes et dans les goums. Les moins ignorants furent nommés muphtis ou  kadis, Dans ces fonctions diverses, le type métisse montra en Algérie, comme en d’autres pays, supérieur aux deux types dont il provenait. Le nombre des Koulouglis était évalué, quelques années après la conquête, à une vingtaine de mille âmes. Aujourd’hui on cesse de les distinguer dans les dénombrements, parce qu’ils se fondent de plus en plus dans la masse de la population arabe, dont aucun caractère politique ne les sépare plus, au contraire de ce qui avait lieu dans le système turc. Ils s’en distinguent seulement par leur fidélité au rite hanéfi, tandis que tous les indigènes de l’Algérie, l’Algérie, et Kabiles, suivent le rite maléki.

Cependant ces familles conservent avec orgueil le souvenir de leur origine, et elles en tirent un sentiment de dédain pour les vrais indigènes, à qui leurs pères commandaient en maîtres. Aussi la France trouve-t-elle toujours en eux des serviteurs fidèles et intelligents dans les diverses fonctions civiles et militaires.

Jules Duval 1856.

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CONSTANTINE février 1909

Posté par lesamisdegg le 28 décembre 2015

Constantine février 1909

Constantine février 1909

Aïssaouas

Constantine ce soir, dans une zaouïa décorée de grossières arabesques quelques lampes en cuivre ciselé descendent des poutres peintes et jettent une vive clarté sur les tapis qui recouvrent le sol. Des arabes sont accroupis en cercle; au milieu d’eux un marabout en burnous rouge accueille les nouveaux arrivants et reçoit leur accolade, le baiser sur l’épaule, selon le rite musulman. Une douzaine d’autres arabes se tiennent debout en face d’eux. Le hasard m’avait emmené dans une de ces mystérieuses zaouïas où les aïssaouas exécutent leur jonglerie.

 

Après m’être débarrassé de mes chaussures, je vins m’asseoir à côté du marabout. Quand je lui eus dit que j’étais toubib (médecin), il me combla d’attentions, bien que roumi. Mais les exercices des aïssaouas commençaient. On récite d’abord la prière en commun. Puis les aïssaouas la répètent seuls, et bientôt ils ne répètent plus que le mot: Allah! Allah! C’est la manière d’être le plus agréable à Dieu que de prononcer son nom. Ils se tiennent enlacés sous les bras, et se balancent d’une façon rythmée tantôt d’avant en arrière, tantôt de gauche à droite, avec les yeux vagues, saillants, le front couvert de sueur, répétant indéfiniment le nom d’Allah, jusqu’à ce qu’il ne sorte plus de leur poitrine qu’un son rauque et inintelligible. C’est une première préparation par la prière, et je n’exagère pas en disant que cela dura près de deux heures.

 

Alors les musiciens entrent en scène, forment un demi-cercle face aux aïssaouas. Ils portent d’immenses tambourins qu’ils ont soin de chauffer préalablement sur des fourneaux pour mieux les tendre et donner plus d’intensité au son. Ils entonnent un chant rythmé et monotone qu’ils accompagnent en frappant à grands coups sur leurs tambourins. Ce bruit assourdissant d’abord, finit par vous envelopper, vous entraîner, vous donner une sorte de vertige contre lequel il faut réellement se raidir. Cette seconde préparation dure environ une demi-heure.

 

A ce moment un ou plusieurs des aïssaouas se détachent du groupe et s’avancent un peu vers les spectateurs. Ils se défont de tous leurs vêtements et gardent seulement leur pantalon. Leur corps ruisselle de sueur, leurs yeux sont hagards; ils ont l’air ivres et poussent des rugissements de fauves. Ils viennent alors exposer leur tête au-dessus des réchauds sur lesquels on projette des matières odorantes, particulièrement du benjoin. Les musiciens élèvent leurs tambourins au-dessus de la tête de l’aïssaoua et l’enveloppent de cette musique étrange dont ils accélèrent graduellement le rythme. Alors le corps penché en avant, l’aïssaoua se met à incliner la tête par un mouvement impossible à décrire. Il semble que les vertèbres de son cou n’existent pas et que la tête lancée en l’air par un ressort retombe devant les épaules par son propre poids, pour être de nouveau rejetée en l’air ou de côté et recommencer sa course.

 

Cette préparation est la dernière. L’aïssaoua est devenu complètement insensible. Il peut impunément braver la douleur qui n’est plus pour lui qu’un vain mot, une volupté même. Pendant que ses compagnons poussent des cris rauques, les yeux presque complètement hors de l’orbite et que les musiciens accélèrent encore leur musique assourdissante, il commence ses exercices qui, à ses yeux de croyant, doivent le rendre agréable et infiniment cher à Dieu. Il mange des feuilles de cactus, mâche des étoupes enflammées. On lui présente un scorpion rendu inoffensif par la destruction du dard venimeux; il l’avale avec forces grimaces; il en fait autant ensuite d’un petit serpent et d’un jeune poussin qu’il ingurgite tout vivant, avec les plumes, le tout pour la plus grande gloire d’Allah et pour mériter son paradis peuplé de blanches houris. Un autre aïssaoua vient de se détacher du groupe des hurleurs. Après avoir agité sa tête au-dessus du réchaud où brûlent les parfums, il se met à mâcher du verre pilé, puis, saisissant de longues aiguilles acérées, il s’en traverse la langue, les joues, les narines, sans faire couler une seule goutte de sang. D’autres encore viennent s’hypnotiser au-dessus des réchauds. L’un lèche une barre de fer rouge et la frappe à coups redoublés de sa main moite de sueur ou de salive; un autre se couche sur la lame tranchante d’un sabre; un autre s’enfonce un poignard sous la paupière et fait saillir complètement le globe de l’œil; un autre se fait courir sur le thorax une masse armée de grandes pointes ou bien se fait enserrer le corps par une corde sur laquelle ses camarades se mettent à tirer, le réduisant ainsi à sa plus simple expression.

Cette cérémonie religieuse ne dura pas moins de quatre heures.

 

Dr Emile Laurent in Les annales de la santé, février 1909.

 

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BONAPARTE et les barbaresques en 1802

Posté par lesamisdegg le 7 décembre 2015

états barbaresques 1815

Une chose digne de remarque, c’est qu’il méditait à cette époque la conquête de l’Algérie ; mais pour n’exciter la jalousie de personne, et n’être pas accusé de pensées ambitieuses, il voulait accomplir ce projet avec le concours des puissances maritimes, qui se seraient liguées pour chasser les Barbaresques de la côte d’Afrique, et naturaliser sous ce ciel méridional le sucre, le café, le coton et toutes les denrées coloniales. C’était Joseph Bonaparte qui avait conçu le projet : le premier consul l’avait fort approuvé, et s’en occupait avec l’ardeur qu’il mettait en toutes choses.

Il sentait vivement la honte qu’il y avait pour l’Europe d’avoir à sa porte un repaire de pirates auxquels de puissantes nations ne rougissaient pas de payer tribut. La proposition de coopérer avec lui à la conquête simultanée de l’Afrique du Nord fut faite par le premier consul à plusieurs puissances continentales. L’Espagne seule montra quelque bonne volonté à le seconder. Les autres gouvernements accueillirent avec indifférence ou même avec défiance les propositions du premier consul.

Quelques-uns assurent que ce projet d’expédition fut une des causes de la rupture de la paix -   Baron de Meneval  Souvenirs historiques –.

Quoi qu’il en soit, les grands événements qui survinrent empêchèrent Bonaparte de donner suite à une pensée éminemment civilisatrice.

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les yaouleds patriotes

Posté par lesamisdegg le 7 août 2015

 

YAOULEDS

YAOULEDS

Il pouvait être 9 heures du soir, ce lundi 3 aout 1914 , les derniers accents de la retraite militaire, le roulement des tambours, les sonorités des clairons et les sons nasillards de la nouba venaient de s’éteindre vers les casernes lointaines, quand une rumeur grossissante parvint jusqu’à la terrasse de la brasserie où j’étais attablé avec quelques camarades, humant le frais et discutant sur les événements. Comme elle venait vers nous, nous nous levâmes, pour aller voir au coin du boulevard ce qui pouvait bien la motiver. Et une singulière et touchante manifestation se déroula sous nos yeux.

C’étaient les petits cireurs indigènes pas plus hauts qu’une botte, les petits biskris, ces yaouleds dont une boîte en bois blanc renfermant quelques brosses constitue tout le fonds social, qui s’étaient réunis dans les hauts quartiers en un turbulent meeting. J’ignore ce qu’on y a voté, mais à l’issue de cette grave réunion, les manifestants défilaient maintenant, quatre par quatre, derrière le drapeau corporatif constitué par trois chiffons tricolores noués ensemble (le syndicat n’est pas riche). Et tous, brûlant du désir de combattre pour la noble cause, mais ne pouvant -  hélas -  devenir tirailleurs ou spahis, dévalaient vers le port en chantant :

 Li drapeau de la France, Qui si qui rend li cœur joyeux !

Et longtemps après, dans la soirée, comme je regagnais ma petite villa de Miramar, sise sur la falaise dominant la rade  d’Oran où s’entassent maintenant, en vue du prochain départ des troupes, les cargos et les paquebots de toutes dimensions, les chants des petits cireurs acclamant la France montaient jusqu’à moi. Aux cieux, le croissant argenté de la lune, symbole de l’islam, affectait un profil quasi humain qui semblait sourire malicieusement. Sans doute souriait-elle, Phébé, à la pensée du grand soulèvement musulman dont rêvait, peut-être à cette heure, le kaiser. 

Henry d’Estre

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CAMUS Albert -terrorisme en Algérie-

Posté par lesamisdegg le 27 mai 2015

« Les noces sanglantes du terrorisme et de la répression « 

Le dernier terrorisme auquel Camus eut affaire fut celui perpétré par les fellagas (1954-1962).

L’auteur, décédé dans un accident de voiture en janvier 1960, ne connut pas la fin du conflit.

Né en Algérie de parents Pieds-Noirs fort pauvres, farouchement attaché à sa terre et à la diversité des communautés (arabe, kabyle, juive, pieds-noirs) qui la composaient, Camus militait activement et incessamment depuis ses vingt ans la mise en place d’une plus grande justice politique, sociale et économique en Algérie française. En juin 1939, il publia notamment dans Alger républicain une série de onze longs articles dénonçant la famine et le dénuement dont souffraient les Kabyles et appelant à des réformes urgentes.

Quand le terrorisme éclata en 1954, Camus se refusa à soutenir le FLN. Il craignait, à juste titre,  que la victoire de ce parti ne conduisît à l’avènement d’ « une Algérie reliée à un empire d’Islam qui ne réaliserait à l’intention des peuples arabes qu’une addition de misères et de souffrances » et qui exclurait les Pieds-Noirs de son sol. Lui défendait la constitution d’une fédération où les populations multiples d’Algérie vivraient ensemble sans qu’aucune n’en soit bannie pour des raisons ethniques ou religieuses.

Aussi Camus récusa-t-il autant le FLN qui recourait au terrorisme que l’État français ou les « ultras ». Ses articles et éditoriaux de cette période, de même qu’un appel à la trêve civile lancé au péril de sa vie à Alger en janvier 1956, enjoignent les deux camps à mettre fin à une violence mortelle, à ses yeux contagieuse et inacceptable. Cette violence révolte l’écrivain parce que, chez les uns, elle prend pour cible des civils innocents et que, chez les autres, elle remplace la justice par la force répressive. Lui veut interrompre « les noces sanglantes du terrorisme et de la répression » et leur substituer le dialogue.

Avec assiduité, et ce même après l’échec de son appel à la trêve et l’adoption d’une réserve certaine, il appelle à l’établissement d’une société pleinement démocratique, notamment avec la publication des Chroniques algériennes (1958) .

Il s’engage aussi pour sauver des vies. À titre privé, il intervient à maintes reprises pour demander la grâce de membres du FLN condamnés à mort dont il n’approuve pourtant pas les actes terroristes.

Ces actes lui inspirent un dégoût profond lorsqu’ils sont synonymes du meurtre « de femmes et d’enfants », de populations innocentes.

 

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Le saut du cheval du khalife .

Posté par lesamisdegg le 6 mars 2015

1897 le rocher de Ste Clotilde

1897 le rocher de Ste Clotilde

1837 route d'Oran à Mers-el-kébir

1837 route d’Oran à Mers-el-kébir

salto del cavallo 1757

salto del cavallo 1757

« La tragique histoire du khalife Tachefine »

Tachefine-Ibn-Ali sortit d’ORAN , disent les chroniques, par une nuit obscure pour échapper à la  surveillance d’Abd-el-Moumèn. Il  était monté sur sa belle jument Rikhawa rapide « comme le vent » ayant en croupe une de ses femmes qui avait toujours été la compagne de ses fatigues et de ses dangers ; il se dirigeait vers Mers-el-Kébir où un bâtiment l’attendait pour le transporter en Espagne ; mais il n’échappa point à la vigilance des gardes. Découvert par les sentinelles du camp almohade, il aima mieux mourir que de tomber vivant entre les mains de ses ennemis, et il se précipita du haut d’un rocher escarpé. Le lendemain, son corps, celui de sa femme Aziza et celui de sa jument furent trouvés sanglants et déchirés au bord de la mer.

Du côté de la mer, un sentier contourne les contreforts de Santa-Cruz. C’était ce chemin qui, lorsque la route moderne n’existait pas encore, mettait en communication Oran avec la rade de Mers-el-Kébir et, vraisemblablement, c’est celui que suivit le Khalife almoravide pendant la nuit fatale où il trouva la mort. En effet, ce chemin qui, depuis la construction de la route est à peu près abandonné, offre encore, en quelques endroits, une largeur suffisante pour que deux cavaliers puissent s’y croiser ou chevaucher de front; anciennement, quand il était plus fréquenté, cette largeur devait être la même sur tout son parcours et, comme il reste horizontal, contournant le mont d’Aïdour jusqu’au village de Sainte Clotilde où il arrive par un ravin dans lequel il descend brusquement, c’était agir témérairement, il est vrai, mais non follement, que de le parcourir au galop. Poursuivi par les Almohades, Tachefine n’avait plus que cette chance de salut et, malgré l’obscurité de la nuit, malgré le précieux fardeau qu’il portait en croupe, il se décida à la tenter. Toutefois le sort ne lui fut pas favorable . Avant d’atteindre le ravin par où il descend à Ste Clotilde et puis au rivage, le chemin côtoie, en corniche des falaises à pic dont le pied baigne dans la mer ; la route moderne passe en bas, de façon que, dans l’état actuel, les corps de ceux qui seraient précipités d’en haut n’atteindraient probablement plus le rivage mais tomberaient sur la chaussée, d’où, peut-être ils rebondiraient encore, cependant, jusque dans la mer ; autrefois, le rocher descendait en ligne droite et à peu près perpendiculaire du sommet à la base et, si la légende est vraie, c’est dans cet abîme que l’on nomme salto del cavallo, le saut du cheval, que furent précipités le Khalife, son épouse Aziza et leur monture qui était la jument favorite de Tachefine.

En Algérie.par G. de Lombay,…1893     

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LES MASSACRES d’ORAN du 5 JUILLET 1962

Posté par lesamisdegg le 8 juillet 2013

Ils commencèrent dans la matinée du 5 juillet 1962, le jour officiel même de l’indépendance. Ils prirent fin officiellement le soir, mais dans les centres de détention où avait été rassemblée la population européenne, les tueries continuèrent pendant plusieurs jours.

Une fois obtenue la neutralité des forces françaises qui étaient cantonnées dans les casernes de la ville et dans le port, des unités militaires du FLN accompagnées de civils venant de l’intérieur du pays se répandirent dans tous les quartiers d’Oran, entrant dans les lieux publics pillant les magasins et entrepôts, forçant les portes des appartements, rassemblant les habitants non-musulmans désarmés, les emmenant dans des commissariats ou d’autres centres de détention (comme les Abattoirs d’Oran), les tuèrent ou les livrèrent à la foule qui lyncha, après les avoir torturés, ceux qui lui étaient livrés. Policiers et soldats français observaient les tueries, qui avaient lieu parfois à quelques mètres de leur casernement, sans qu’aucun d’entre eux ne soit intervenu. Les jours qui suivirent, la population d’Oran – qui était en majorité européenne – s’exila et quitta le pays, abandonnant tous ses biens. Le nombre de victimes du massacre d’Oran se compte en centaines de morts, hommes, femmes et enfants. Il s’agissait de terroriser et faire fuir du pays les habitants de la plus grande ville européenne après Alger.

De la même manière, les massacres, moins spectaculaires, commis dans l’Algérois et le Constantinois aboutirent à l’exil des populations non musulmanes, le gouvernement français s’étant opposé au rapatriement des harkis et de leurs familles. Les européens, prêts à vivre sur le territoire d’une Algérie indépendante, renoncèrent alors. En quelques semaines, ce sont plus d’un million de non-musulmans qui fuirent le pays victimes de la stratégie d’épuration ethnique pratiquée par le FLN. Cette politique, fondée sur le programme nationaliste des années 30, qui consistait à prôner une Algérie indépendante et uniquement arabo-musulmane, fut mise en œuvre sciemment par une politique de terreur systématique.

algerianie@live.fr                         2013 07 05

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