L’ARMEE D’AFRIQUE par le Général Faivre

Posté par mdame le 4 août 2009

L’ARMEE D’AFRIQUE et L’ARMEE COLONIALE

 des origines à 1962 Les précurseurs.             

  Dans les pays musulmans où elle a exercé sa souveraineté, la France a engagé dans ses armées, comme soldats de métiers, conscrits ou supplétifs, des ressortissants des populations autochtones. En même temps, le gouvernement a souvent confié à l’autorité militaire l’administration de ces populations.          

   Les premiers musulmans furent engagés dans la Syrie franque par Tancrède en 1108 et Renaud de Chatillon en 1170. 20.000 auxiliaires combattent sous les ordres de Guy de Lusignan contre Saladin en 1187. Recrutés par les Templiers, les Turcopoles sont selon Grousset les Goumiers de la Syrie franque.

En 1765 au Sénégal, des Laptots furent affranchis pour participer à la défense de Gorée .           

  Le véritable précurseur de l’engagement des musulmans est le général Bonaparte, qui au cours de la campagne d’Egypte en 1798-99, forme le projet de recruter 30.000 auxiliaires. Il limite ses ambitions et utilise des déserteurs turcs et une centaine de cavaliers palestiniens, qui l’accompagnent dans sa campagne de Palestine. Il constitue un régiment de Dromadaires  qui s’illustre sous le commandement de Desaix et Cavalier, et ramène en France, avec femmes et enfants, des Chasseurs d’Orient et des Mameluks de la Garde, qui participent à toutes les campagnes de l’Empire. Plus tard, il lèvera des troupes illyriennes en Dalmatie.            

  Moins connu est l’épisode du capitaine du Génie Boutin  à Constantinople, qui en 1806 recrute 2.000 turcs et contribue en février 1807 à la défaite de l’escadre anglaise, avant de remettre sur pied l’armée du vizir. En 1808, le commandant Boutin reconnaît les plages de débarquement de Sidi Ferruch, et le capitaine Burel les itinéraires et les fortifications du Maroc. Dans le prolongement de l’expédition d’Egypte, il faut citer le Lieutenant Selve, qui devenu Suleyman Pacha au service de Muhamed Ali à partir de 1805, organise une armée de 130.000 hommes 

            La conquête de l’Algérie et la colonisation de l’Afrique ouvrent la voie au recrutement de contingents musulmans moins symboliques que ceux de ces précurseurs. 

L’armée d’Afrique. 

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À la mémoire des combattants musulmans morts pour la France

Posté par mdame le 2 août 2009

                                                                                                                                                                                  v v                                                                            Le Ministre délégué aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera, pose la première pierre du Monument aux Soldats Musulmans “Morts pour la France” pendant la Première Guerre Mondiale, à Fleury-devant-Douaumont (Meuse)    Le mémorial qui doit être édifié à Verdun ne concerne pas seulement les musulmans qui sont tombés À la mémoire des combattants musulmans morts pour la France dans HISTOIRE Monum%20Musulmansà Verdun, mais tous les musulmans tombés au champ d’honneur, en France et sur le Front d’Orient, de 1914 à 1918. On peut se poser la question de l’intérêt de ce projet, qui contrevient aux prescriptions de la Loi Informatique et Libertés, laquelle interdit de faire référence à la religion et à l’ethnie des citoyens. S’agit-il de satisfaire les revendications de monsieur Bouteflika ? Il serait plus logique politiquement de célébrer la mémoire de tous les combattants d’Outre-Mer, sans oublier ceux des Dom-Tom, qui risquent de se sentir lésés.Combien de morts ?

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5 juillet 1962 – 5 juillet 2009

Posté par mdame le 14 juillet 2009

    Hommage aux victimes civiles et militaires, disparues en Algérie après le 19 mars 962, mortes pour la France  

COMMUNIQUE 

L’Association des Amis d’Algérianie, sous l’égide du Comité de Liaison des Associations Indépendantes et Revendicatives de Rapatriés – C.L.A.I.R.-R. ( A.A.A,    A. Familles des Victimes du 26 mars et de leurs Alliés, A.N.F.A.N.O.M.A., A.R.M.R., M.A.F.A.),  organise le 5 juillet 2009, à 10h30 en la Chapelle Saint Dominique, 0 rue Vaneau ,75007 PARIS (Métro Vaneau),une messe du souvenir pour commémorer les massacres et enlèvements de citoyens français, le 5 juillet 1962 à ORAN. Cette messe sera célébrée par Monseigneur Pierre BOZ, Exarque Patriarcal des Melkites Catholiques Après un rappel du drame, la « Messe des Anges » , accompagnée de chants religieux, précèdera le chant des Africains. Un déjeuner du souvenir réunira celles et ceux qui le souhaiteraient, Rue de Sèvres, autour de Monseigneur Pierre BOZ, témoin du drame. La cérémonie sera placée sous le patronage collectif de toutes les associations qui voudront bien nous soutenir et nous le faire savoir. 

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Soldats français d’Algérie dans la seconde guerre mondiale

Posté par mdame le 12 juillet 2009

 

AVANT-PROPOS : Note du Webmaster :
Après la sortie récente du film « INDIGENES » il convient de faire remarquer que sur 240.000 soldats constituant l’Armée d’Afrique, la population Pied-noire d’Afrique du Nord a fourni 170.000 hommes – au moins 17 classes – soit 17% de la population totale Européenne, hommes, femmes et enfants confondus, un effort supérieur à celui consenti par la population de la métropole pendant la guerre de 1914/1918.
Il faut aussi rappeler que les soldats « indigènes » étaient « engagés volontaires » et non « appelés » comme leurs camarades de combats Pieds-noirs.
Il n’est pas non plus inutile de rappeler que « l’apartheid » n’ayant jamais existé en Afrique du Nord, comme voudraient aujourd’hui le laisser croire certains beaux esprits, la distinction entre les combattants selon leurs origines ethniques ou religieuses n’a jamais été effectuée, ainsi que cela apparaît clairement dans l’article ci-dessus. Ceci a permis au Maréchal JUIN (natif de Bône et vainqueur de Monte Cassino) de parler de « l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui toujours régna dans les rangs de l’armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises et le mieux aimées « , citation qui figure dans l’article, mais qu’il n’est pas inutile de répéter.
Ainsi mon père Ernest BELASCO était-il Spahi, puis Chasseur d’Afrique et mon oncle Henri ROUBAUD, Tirailleur Marocain (Témoignage de Henri Belasco).

 

Fidèles à leur réputation, spahis et tirailleurs algériens ont fait preuve d’un courage exceptionnel dans les combats les plus durs et les plus meurtriers de la seconde guerre mondiale. Partout, en Belgique, en France, en Italie, en Tunisie, ils se sont illustrés pour l’honneur de la France.

Tirailleurs et spahis algériens sont engagés au Levant et au Maroc, notamment en 1925, contre Abdelkrim. Dans les années 1930, pour réagir à la montée des périls, les Régiments de tirailleurs algériens (RIA) voient leur nombre porté à seize (huit stationnés en Algérie et huit en France).
Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne et envoie plusieurs régiments de tirailleurs algériens en Tunisie, car l’attitude de l’Italie demeure incertaine. D’autres rejoignent le Levant.

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Le 5 juillet 1962 à Oran

Posté par mdame le 17 juin 2009

                                                     Afin que nul n’oublie

Le 5 juillet 1962à Oran un coup de feu éclate place d’Armes et blesse des musulmans qui défilent dans la rue . Aussitôt une clameur monte « C’est l’oasse !» Ce  cri mille fois répété va sonner la chasse au faciès, à l’européen et le massacre des innocents commence

Ce massacre se déroule sous les yeux de dizaines de milliers de soldats français encasernés,  sur ordre,  par un gouvernement d’abandon.

 

Aux huit années de terrorisme s’ajoutent les massacres du 5 juillet 1962, les disparus, les harkis suppliciés , leurs âmes errantes entretiennent notre deuil en une plaie toujours ouverte.

Ce crime inexpiable a permis à l’ALN de ravir le pouvoir à un GPRA incapable de protéger les minorités . C’est un acte fondateur de la nouvelle république

Gérard Garcia

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 images 5 juillet 1962 dans HISTOIRE

     

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Mémoires d’Algérie. La parole et l’image, quel sens pour l’histoire ?

Posté par mdame le 8 juin 2009

Journée d’étude : Mémoires d’Algérie. La parole et l’image, quel sens pour l’histoire ?

Date juin 10, 2009

alger

Plusieurs questions sur le patrimoine oral et audiovisuel seront abordées dans le cadre du prochain séminaire de l’ANR Imasud. Cette journée d’études se tiendra mercredi 10 juin 2009 de 9h30 à 17h à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (Salle Georges Duby).

alger2Maryline Crivello, porteuse du programme Imasud introduira les journées. Vous pourrez ensuite découvrir des  extraits d’un entretien filmé réalisé par Karima Dirèche (titre de l’intervention : Souvenirs et représentations d’un juif d’Oran. De quelle Algérie parle-t-on ?) puis des extraits d’une pièce de théâtre, écrite et interprétée par la troupe marseillaise “Théâtre et société”, présentée par Chloé Rondeleux et Marie Favereau, en présence des acteurs  (titre de l’intervention : Du théâtre à l’histoire. La Révolution des Chibanis). L’après-midi, Dionigi Albera nous présentera des extraits de son documentaire sur “La vierge d’Oran et la mosquée d’Abraham” (titre de l’intervention : Au prisme du religieux. Le pèlerinage à la vierge d’Oran à Nîmes), Claude Bossion autour du projet « Mémoires partagées » visionnera des extraits de films amateurs et Véronique Ginouvès détaillera les collections de la Phonothèque de la MMSH sur l’Algérie (titre de l’intervention : Paroles d’Algériens. Les archives orales entre demande sociale et usages scientifiques) en présentant des extraits de récit de vie.

Voir le blog http://phonotheque.hypotheses.org/

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LE TOMBEAU DE LA CHRETIENNE.

Posté par mdame le 29 mai 2009

1888

1888

 Que savait-on du Tombeau de la Chrétienne quand commencèrent les fouilles?

Signalé d’abord par Pomponius Mela, puis par l’Espagnol Marmol, qui avait été esclave à Alger, le monument  -appelé en arabe: Kober Roumia (Tombeau de la Romaine ou Tombeau de la Chrétienne) (1) – a donné matière à de nombreuses. interprétations historiques ; interprétations de peu de valeur, à la vérité, puisque les anciens, à part les écrivains que nous venons de nommer, n’avaient pu voir le monument dont ils écrivaient, ni même la région où il était situé, et que les modernes manquent toujours de documents précis à son sujet.
    Le texte de Pomponius Mela, le plus ancien que nous connaissions, demeure d’une imprécision remarquable. » Iol, sur le bord de la mer, jadis inconnu, illustre maintenant pour avoir été la Cité royale de Juba et parce qu’il se nomme Césarée. En deça, à l’Ouest les bourgs de Cartinna (Ténès) et d’Arsina (?), le château de Quiza (?) le golfe Laturus (?) et le fleuve Sardabale (?) ; au-delà, le Monument commun de la famille royale, ensuite Icosium (Alger)…  » (De situ orbis, L. 1, chap. 6) (2). Le Kober Roumia est donc le  » monumentum commune regiae gentis « . Ces quatre mots vagues n’ont pas encore livré leur secret. Berbrugger et de nombreux historiens ultérieurs y ont vu un mausolée du roi Juba et de sa famille. Rien, semble-t-il, ne permet de l’affirmer.
Quant à Marmol, il raconte, au livre 5, chapitre 34 de sa Description générale de l’Afrique que près de Cherchell,  » sur une haute terre qui entre dans la mer, il y a deux anciens temples où l’on sacrifiait aux idoles, dans l’un desquels se trouve un dôme fort haut sous lequel les Maures prétendent qu’est enterrée la fille du Comte Julien. Et les autres hypothèses émises, si elles sont plus merveilleuses, n’en sont pas plus solides.

Situé sur une colline de 260 mètres d’altitude, près du littoral qui se creuse entre la Bouzaréa et le Chenoua, l’édifice apparaît, dit en substance Berbrugger dans son livre sur le Tombeau, comme un immense cylindre à facettes, coiffé d’un cône à gradins, et posé sur un socle carré de 63 m 90 de côté, que supporte un béton de petites pierres concassées avec, comme mortier, la terre rouge recueillie sur les lieux. Les facettes sont larges d’environ 2 m 37 et séparées par soixante colonnes engagées d’ordre ionique ancien, dont les chapiteaux sont les uns, ceux qui touchent les fausses portes, à palmettes, et les autres, à bandeaux. La base de ces colonnes repose sur une série de deux degrés.  L’édifice est constitué par un amoncellement de moellons et de grossiers blocs de tuf, recouvert extérieurement de belles pierres de taille de grand appareil ; il a 60 m 90 de diamètre, 185 m 22 de circonférence et 32 m 40 d’élévation (3). Le cylindre de base comporte quatre fausses portes de 6 m 20 de hauteur, encadrées dans un chambranle et surmontées d’un entablement qui s’encastre dans la partie inférieure des chapiteaux à palmettes, pour former, avec les deux colonnes latérales, un deuxième encadrement ; les portes ont des moulures saillantes en forme de croix. Celle de l’Est est à peu près intacte ; celle du Sud a disparu, laissant subsister un débris de panneau engagé à gauche.  Le cône à trente-trois gradins de 0,58 m chacun de haut qui couronne le mausolée, se termine, en haut, par une petite plate-forme où devait autrefois se dresser une statue. Il a subi de graves détériorations, tant par suite de la quantité considérable de pierres écroulées du fait des intempéries, qu’à cause de l’enlèvement, par les indigènes de la région, du plomb de scellement des mortaises en queue d’aronde qui réunissait les blocs.
Il semble que, lors de sa construction, le monument, pourvu de son pyramidion, du sujet architectural ou du bronze qui l’ornait, devait avoir au moins dix mètres de plus de haut. On se ferait, précise Berbrugger, une idée assez exacte de cette construction grandiose en imaginant que, si elle était placée sur la place du Gouvernement, à Alger, elle en occuperait presque toute la largeur et s’y élèverait à une hauteur égale à celle de la colonne de là place Vendôme à Paris.

Comme on le verra plus loin, les fouilles entreprises par Berbrugger allaient révéler l’existence, à l’intérieur, d’un couloir cireulaire et de trois caveaux.
L’hypogée évoque de façon frappante les tumuli égyptiens jusque dans de petits détails. On, y pénètre par une entrée unique qui s’ouvre à l’Est sous une des fausses portes. Cette entrée fermait par une dalle à glissière que Berbrugger trouva brisée. Après un petit couloir très bas, on se trouve dans un caveau long de 5 m. 29, large de 2 m 49, haut de 3 m 50, au fond duquel a été creusée, probablement à l’époque romaine, une excavation d’environ 7 mètres, sans doute avec l’espoir de trouver une issue secrète accédant directement au LE TOMBEAU DE LA CHRETIENNE. dans HISTOIRE gal17chretiennegrand caveau central. A droite, s’ouvre une porte basse, sur le linteau de laquelle sont sculptés un lion et une lionne : les symboles de Juba II et de son épouse Cléopâtre Séléné, disent les partisans du Tombeau de Juba. Par cette porte, qui était également fermée d’une dalle, sept marches mènent à la galerie circulaire.  Celle-ci, très bien conservée, pavée en losanges, à la façon des rues de Timgad par exemple, est pourvue tous les 3 mètres de petites niches creusées en quart de sphères et destinées sans doute à contenir les lampes à huile, puisqu’on y remarque encore des traces de fumée. La galerie a environ 150 mètres de long, est large de 2 mètres et haute de 2 m 40. Elle fait presque tout le tour du monument, mais, arrivée près de son point de départ, elle décrit un coude brusque presque à angle droit vers le centre.

Les caveaux auxquels elle aboutit sont fermés eux aussi par des portes-dalles qui s’ouvraient autrefois à volonté, toujours comme dans les chapelles des tumuli égyptiens, mais qui semblent bien étroites pour avoir pu autrefois laisser passer des sarcophages. La première pièce a 4 mètres de long sur 1 m. 50 de large ; on y a trouvé, au moment de l’ouverture, quelques petites perles en pierre rare et des morceaux de bijoux en pâte de verre. Après un couloir de 3 m 40, on arrive dans la seconde pièce de 4 mètres sur 3, avec une voûte en berceau, située juste dans l’axe du mausolée ; on y remarque trois niches destinées égaleraient à recevoir des. lampes.
Berbrugger pensa que ces deux caveaux étaient les chambres sépulcrales où avaient dû être déposés les sarcophages ; mais beaucoup de savants estiment, aujourd’hui, que ces chambres sont simplement des chapelles où les parents et les prêtres venaient, à certains jours anniversaires, procéder à des cérémonies religieuses, en l’honneur des défunts, certainement inhumés dans un caveau plus somptueux et plus vaste, ménagé sous le sol et dont l’issue secrète a échappé jusqu’ici, pensent-ils, à toutes les investigations.

LEGENDES

Comme il fallait s’y attendre – nous sommes au pays du merveilleux – les légendes. concernant le Tombeau sont nombreuses et diverses.
Et d’abord, il y a celles du trésor. Elles ont des variantes multiples et remontent probablement très loin dans le temps.  Le  » Kober Roumia « , disent les indigènes de la région algéroise, contient un trésor sur lequel veille la fée Halloula. Gsell (4) a recueilli une version de ce légendaire selon laquelle un berger du voisinage avait remarqué qu’une de ses vaches disparaissait toutes les nuits ; cependant, le lendemain matin il la retrouvait au milieu de son troupeau. Un soir il l’épia, la suivit et la vit s’enfoncer dans le monument par une ouverture qui se referma aussitôt. Le jour suivant il s’accrocha à la queue de sa bête au moment où elle allait disparaître et put, ainsi, entrer avec elle. Il sortit à l’aube, toujours cramponné à sa vache mais avec tant d’or qu’il devint un des plus riches seigneurs du pays.
Autre légende de même inspiration (4) : Un Arabe de la Mitidja, tombé entre les mains des chrétiens, avait été emmené en Europe et était devenu l’esclave d’un vieux savant espagnol fort expert en sorcellerie. Un jour, celui-ci lui rendit la liberté sous la condition qu’aussitôt revenu chez lui, il irait au Tombeau, y allumerait un feu et, tourné vers l’Orient, y brûlerait un papier magique qu’il lui remit. L’Algérien obéit. A peine le papier était-il consumé qu’il vit la muraille s’entr’ouvrir et livrer passage à une immense nuée de pièces d’or qui s’envolèrent dans la direction de l’Espagne où elles allèrent, sans aucun doute, rejoindre le sorcier.
 

Berbrugger rapporte une recette magique tirée de la sorcellerie marocaine pour trouver le trésor du Tombeau :  » Endroit appelé Tombeau de la Chrétienne. – Si tu t’y rends, tiens-toi debout à la tête du Tombeau faisant face au Sud ; puis regarde vers l’Est et tu verras deux pierres dressées comme un homme debout ; par une fouille, descends entre elles, et tu y rencontreras deux chaudrons après avoir immolé.  »
Naturellement, les maîtres de la Régence d’Alger ne manquèrent pas d’être impressionnés par des récits aussi merveilleux et alléchés par les magnifiques trésors qui devaient dormir sous cette montagne de pierre.  Au XVIe siècle, le pacha Sala Reïs fit canonner le Tombeau avec l’espoir de mettre au jour des caisses d’or et de pierreries. Mais les boulets de ses bombardes ne réussirent qu’à ouvrir une brèche large mais superficielle au-dessus de la fausse porte de l’Est. Sala Reïs employa alors de nombreux esclaves chrétiens à faire une ouverture dans la muraille, mais ses ouvriers furent mis en fuite, disent les narrateurs populaires, par des légions de gros frelons noirs ; probablement, interprète Gsell, s’agissait-il des moustiques qui pullulaient dans la région avant le dessèchement du lac Halloula.

Au XVIIIe siècle, un dey employa des travailleurs marocains à de nouvelles fouilles, mais sans plus de succès. Ces fouilles-là, cependant, furent plus néfastes au monument que les bombardements de Sala Reïs, car les Marocains déchaussèrent les tenons de plomb qui liaient les blocs pour en faire des balles. Les blocs, n’étant plus scellés les uns aux autres, s’affaissèrent lentement et finirent par culbuter, si bien que, depuis cette époque, le Tombeau s’écroule en partie.
Dans une lettre du 15 novembre 1865, Berbrugger rapporte une autre légende relative au Tombeau de la Chrétienne qu’on trouve dans Marmol et à laquelle nous avons fait allusion plus haut, mais d’une inspiration différente, celle-là. 

 » La légende, plutôt que l’histoire, dit que le comte Julien, Gouverneur de l’Andalousie, au commencement du VIIIe siècle, pour venger un attentat du roi Roderik contre la vertu de sa fille, la belle Florinde, livra aux Arabes le passage d’Afrique en Espagne, dans l’année 711 ; Florinde, victime mais non complice du crime royal, fut pourtant et demeure flétrie jusqu’à nos jours de l’épithète  » Cava « , qui se prononce  » Caba  » (prostituée), mot d’origine arabe, dont la signification n’est que trop connue ici. Les Espagnols, ayant entendu les indigènes donner le nom de Kober Roumia au Tombeau de la Chrétienne, ont fait de cette désignation qu’ils ne comprenaient pas, celle de  » Cava  » ou  » Caba Roumia « . D’où ils ont conclu que c’était la sépulture de la fameuse  » Cava  » ; et alors ils ont donné au golfe qui s’étend sous le monument le titre de  » Bahia de la Mala Myer « , Baie de la Mauvaise Femme.

Ajoutons enfin que des traditions locales toujours vivantes prétendent qu’une galerie appelée  » Ras-el-Mendjel  » mènerait de l’intérieur du Tombeau jusqu’à une grotte du littoral nommée Mersa-es-Safa, située entre le Rocher plat et la Maison Etourneau.
Mais personne n’a encore retrouvé ni le Ras-el-Mendjel ni la Mersa-es-Safa.

LES FOUILLES DU TOMBEAU

Quoiqu’il en soit, Berbrugger fut parmi les premiers Français qui approchèrent le Kober Roumia. Le 20 octobre 1835, le Maréchal Clauzel, Gouverneur Général, accompagné de son secrétaire particulier Berbrugger, et escorté d’une colonne mobile, alla visiter l’imposante et mystérieuse pyramide de pierres : visite trop rapide pour que d’utiles observations aient pu être faites.  Par ailleurs, la région, à cette époque, n’était pas assez sûre pour qu’une expédition scientifique pût avoir lieu.
Dix ans plus tard, en 1845, le comte Guyot, directeur de l’Intérieur à Alger, vint à son tour, au cours d’une tournée dans la Mitidja, visiter le Tombeau.
A son retour, il demanda au Maréchal Soult, Ministre de la Guerre, un crédit de 5.000 francs pour entreprendre des fouilles, crédit qui lui fut refusé faute de fonds, et aussi de crainte que – on ne voit pas bien poûrquoi – ces  » travaux ne produisent mauvais effet sur les Arabes « .

Enfin en 1855-1856, comme nous l’avons précédemment indiqué, Adrien Berbrugger fut chargé par le Maréchal Randon, Gouverneur Général, de pratiquer les premières fouilles.  Mais, comme toujours en pareil cas, – les ressources financières ne tardèrent pas à manquer.
Ce n’est qu’en 1865, à l’occasion d’un passage de Napoléon III près du Kober Roumia, qu’une exploration sérieuse fut décidée, alimentée par des fonds que l’Empereur préleva sur sa cassette particulière (5)
. Une décision de juin 1865 désigna MM. Berbrugger et Mac Carthy comme chargés de travaux.  Par une entente tacite, ce fut Berbrugger qui prit la direction effective de l’expédition.  Durant les 7, 8 et 9 juillet, Berbrugger et Mac Carthy rendirent une première visite préparatoire au mausolée mauritanien, pour reconnaître le terrain et préparer un plan d’exploration. 

Le double but que s’étaient fixés les explorateurs était de déblayer suffisamment la construction pour retrouver la forme architecturale primitive du Tombeau, rendue informe par l’action conjuguée du temps et des chercheurs de trésors, et de découvrir l’hypogée qu’il devait contenir.  L’édifice à explorer, on l’a vu, présentait une élévation de 33 mètres sur une base de 128 mètres. Les pierres écroulées entouraient le bas du monument sur une hauteur de 14 mètres. De plus, il ne fallait pas ajouter de nouvelles détériorations à celles déjà existantes.  Par ailleurs, le mausolée était loin des voies régulières de communication, à 7 kilomètres de tout centre de population.  Le 5 novembre 1865, l’expédition arriva sur le terrain sauf, naturellement, Mac Carthy, qui ne la rejoignit que le 6 décembre.

Les travaux ne devaient aboutir que le 5 mai 1866 à 2 h. 15 de l’après-midi. Ce jour-là, le trépan, qui travaillait dans la partie Sud du mausolée, tomba dans le vide, indiquant une cavité. Un boyau de mine horizontal de 6 m 75 fut aussitôt creusé en partant du point le plus proche de l’extérieur et les explorateurs accédèrent bientôt au couloir circulaire long de 150 mètres qui se love au coeur du monument ; en poussant jusqu’au bout, ils parvinrent aux trois caveaux centraux qu’ils trouvèrent vides.  Après quelques sondages complémentaires, l’exploration du Tombeau de la Chrétienne fut considérée comme terminée par les explorateurs ; elle ne donnait pas de grands résultats.

Berbrugger consigna le résultat des travaux d’exploration du Tombeau dans un livre qu’il publia en 1867 chez Bastide, à Alger : Le Tombeau de la Chrétienne, Mausolée des Rois Mauritaniens de la dernière dynastie, par M. Berbrugger, Inspecteur général des Monuments historiques et des Musées archéologiques de l’Algérie, etc…, avec vues du monument avant et après l’exploration et plan de l’hypogée.

(1) D’après un orientaliste, M. Juda, cité par Albert Caise dans sa notice sur le Tombeau (Blida, Mauguin édit., 1893) Kobor roumia signifierait en phénicien :  » Tombeau royal « .  Par ailleurs, indiquons que selon Shaw (Voyages en Barbarie et au Levant, trad. française, La Haye, 1743, p. 58, tome I) les Turcs nommaient le Kober  » Maltapasy « , c’est-à-dire : le Trésor du Pain de sucre, et qu’il servait  » de direction aux matelots « .

(2) Le raisonnement sur lequel on se base pour voir dans le Kober Roumia le tombeau de Juba II est assez fragile malgré tout, et paraît une simple spéculation de l’esprit. Le voici : Pomponius Mela, que nous venons de citer, écrivait son De situ orbis, vers l’an 45 p.C. Le géographe Strabon ne parle pas de ce moment dans sa description des côtes d’Afrique qui est antérieure à l’an 12 p.C., date de sa mort. Donc, le tombeau a été construit entre les années 12 et 45. Or, Juba II étant mort vers l’an 25, il s’ensuit.. – Ajoutons, toutefois, qu’on a recueilli, dans le déblai du N.O. un moyen bronze de Juba II
(3) Il est difficile de parler du Tombeau de la Chrétienne sans signaler qu’il existe dans le département de Constantine, près de Batna, un Mausolée analogue, le Medracen, qui serait le Tombeau de Massinissa, et qui semble avoir inspiré les constructeurs du Kober Roumia.
L’un et l’autre sont essentiellement formés d’un énorme tas de pierres recouvert d’une enveloppe architecturale. Le tas de pierre, plus ou moins haut, plus ou moins orné, a toujours été une sépulture africaine.
(4) Stephan Gsell. – Cherchell, Tipasa, Tombeau de la Chrétienne. – Adolphe Jourdan, éditeur – Alger.
(5) Les frais d’exploration s’élevèrent en tout à 15.000 fr. (lettre du 14 juin 1866).

 

 

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