Noche buena en Oran 1906

Posté par lesamisdegg le 24 décembre 2015

 

chateau-neuf , port , marine

chateau-neuf , port , marine

Oran, el 24 12 1906

Amigo mio

Boilà la fête de la Noche Buena qui s’en vient à peu à peu, et les mognatos avec les châtaignes arrosti y vont zoumber avec la mousique de la sambomba ! Que té paresse comparé ?

Tu tiens que de me donner l’espérance qué ton papa on te dessera une permission pour la journée de la nuit pour que tu t’enviens par ici, pourquoi là-bas à la Meletta on doit être aborecido pour signalait comme nous autres la fiesta de Navidad.

Alors tu tiens que de te débrouiller la calahéra pour sa que je t’a dit un peu plus par en haut, et tu voira quel pancha de rigolade. A les 12 de la nuit, vamos avec une patouléra de fadrinas (demoiselles) à la missa del gallo (minuit) et tu tiens pas peur d’atchoutcher et les ramponchons y manque pas et après de là on s’en va faire l’armée à la Posada del Sol et mou chopons une fouméra menua pourquoi l’anisette y manque pas, et après vinga toucher la sérénata pour toute les colléga que tu tiens à la connaissance. El amigo Carganéra y vient avec la mandouria, Gambasino et Lagagna avec le laoute et la guitare. Si tu connais un qui touche le pito, tu lui dis qui vient, tché que staffa.

 Allé adieu, espéro repuosta à lo que te dicho.

F. RAYANO.

NB tout ceci est écrit en tchapourao naturel de 1906

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BONAPARTE et les barbaresques en 1802

Posté par lesamisdegg le 7 décembre 2015

états barbaresques 1815

Une chose digne de remarque, c’est qu’il méditait à cette époque la conquête de l’Algérie ; mais pour n’exciter la jalousie de personne, et n’être pas accusé de pensées ambitieuses, il voulait accomplir ce projet avec le concours des puissances maritimes, qui se seraient liguées pour chasser les Barbaresques de la côte d’Afrique, et naturaliser sous ce ciel méridional le sucre, le café, le coton et toutes les denrées coloniales. C’était Joseph Bonaparte qui avait conçu le projet : le premier consul l’avait fort approuvé, et s’en occupait avec l’ardeur qu’il mettait en toutes choses.

Il sentait vivement la honte qu’il y avait pour l’Europe d’avoir à sa porte un repaire de pirates auxquels de puissantes nations ne rougissaient pas de payer tribut. La proposition de coopérer avec lui à la conquête simultanée de l’Afrique du Nord fut faite par le premier consul à plusieurs puissances continentales. L’Espagne seule montra quelque bonne volonté à le seconder. Les autres gouvernements accueillirent avec indifférence ou même avec défiance les propositions du premier consul.

Quelques-uns assurent que ce projet d’expédition fut une des causes de la rupture de la paix -   Baron de Meneval  Souvenirs historiques –.

Quoi qu’il en soit, les grands événements qui survinrent empêchèrent Bonaparte de donner suite à une pensée éminemment civilisatrice.

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HOMMAGE du 5 décembre

Posté par lesamisdegg le 5 décembre 2015

 

pavillon maritime1830-1962

pavillon maritime1830-1962

 

Patria Nostra

Patria Nostra

 

 

 

 

LOI n° 2005-158 du 23 février 2005-extraits- portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1    La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d’indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu’à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2   La Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

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tout , tout , tout , vous saurez tout sur le ..COUSCOUS

Posté par lesamisdegg le 17 novembre 2015

couscous -irrieraCOUSCOUSSOU 1879

Les habitants de l’Afrique septentrionale comprennent généralement sous cette dénomination toute espèce de mets composé de farine blanche ou brune et cuit à la vapeur dans le keskass, qui est un vase semblable à une écuelle, dont le fond serait criblé d’une infinité de trous. Quant à moi, je pense que le vocable couscoussou est une onomatopée, dont les lettres et les syllabes n’ont pas d’autre rôle que d’imiter le bruit produit par la vapeur du bouillon qui passe à travers les trous du récipient et les grumeaux de la farine.

En Kabylie, on dit Seksou. Mais, par une déviation qui ne s’explique pas les gens de l’Oued Righ ont adopté le terme gouni, emprunté au fonds berbère. Le fabricant ou vendeur de cousscoussou s’appelle Kesaksi, au féminin Kesaksia.

Préparation du couscoussou. Dès que la récolte est rentrée, les femmes des tribus réunissent en un lieu découvert et isolé la quantité de blé dur destinée à la provision de couscoussou. Ce blé est d’abord mouillé complètement, puis étalé au soleil et recouvert d’étoffes très humides. Au bout de quelques heures, le grain ayant bien renflé, et sans attendre que la germination commence, on l’étend en couches minces au soleil sur des haïks de laine ou sur une aire battue. Lorsque la dessiccation est assez avancée, on passe le grain entre deux meules légères de calcaire dur. La meule supérieure est mue à bras, ordinairement par une femme; les grains sont seulement concassés en fragments gros comme du millet. On expose encore au soleil celte sorte de gruau brut, et alors il suffit de le vanner pour éliminer les pellicules. Puis on l’ensache dans des outres en peau de chèvre.

 La meule à bras est le meuble indispensable de chaque famille. Il se compose de deux meules de grès, ayant un diamètre de 40cm. La meule dormante repose sur le sol ; sa face supérieure est plane et percée, en son milieu, d’un trou de 4cm, qui reçoit un axe vertical en bois de 30cm. La meule tournante, qui se pose sur la première, a la forme d’un tronc de cône; elle est évidée en son milieu, à sa partie supérieure, de manière à donner passage à l’axe en bois de la meule inférieure. Une cheville en bois, fixée dans celte meule et formant avec le plan horizontal un angle de 40°, sert à la mettre en mouvement. Une ou deux femmes, assises sur le sol et ayant le moulin entre les jambes, fournissent la force motrice. (La Kabylie, par Hanoteau et Letourneux,)

 

 

Quand il s’agit de préparer un couscoussou pour le repas du soir, les femmes prennent du gruau ou de la semoule, les jettent par poignées successives dans un large plat de bois, qu’on appelle gueçaa, les arrosent avec quelques gouttes d’eau, et les roulent légèrement avec la paume de la main, jusqu’à ce qu’elles aient obtenu une espèce de granulation qui reçoit différents noms suivant sa grosseur.

 La berboucha, suivant la coutume des habitants de Constantine, se fait avec de la farine brune, notamment avec celle de l’orge. C’est le couscoussou le plus commun, el il forme presque exclusivement la nourriture des ménages pauvres. Comme légumes, on y ajoute le navet, la courge et l’artichaut sauvage (el chorchef –esp. alcachofa-), dont les nervures foliales sont mangées cuites dans le bouillon.

La mehamsa, en chaouïa timhamest, est une espèce de couscoussou fait ordinairement de farine d’orge grossièrement moulue; elle peut être mise sur le même rang que la berboucha.

 Le medjebour est préparé avec de la semoule tirée de la première qualité du froment, ou avec de la farine de moulure française. Les grains de ce couscoussou doivent avoir la grosseur du plomb de chasse. On l’accommode avec de la viande d’agneau, des poules, des pigeons ou des perdrix. Après celle opération on le fait cuire deux fois dans le keskass au bain-marie .On y ajoute du beurre fondu au moment de le servir dans la metsireda - plat en bois sur pied ou en poterie dans les villes. On l’arrose de bouillon (merga).

 Le mahwèr se fait avec les mêmes ingrédients que le medjebour, seulement  le grain en est plus menu. Le mahwèr le plus estimé est celui qu’on appelle nemli, parce qu’il ressemble par la ténuité de ses parcelles à des têtes de fourmi (nemla). Il peut être accommodé avec des viandes fraîches, mais jamais avec du khrelie ou du kaddide. Le khrelie est un mets composé de viande de bœuf ou de mouton, coupée en lanières, qu’on laisse mariner dans la saumure avec du poivre rouge, de l’ail et de la coriandre, et qu’on fait frire dans un bain d’huile ou de graisse. La kaddide répond à ce que nous appelons le petit-salé, mais traité plus grossièrement.

Le harache-fi-harache est ainsi nommé parce qu’il se compose de fleur de froment très fine (semid). Il ne diffère réellement du précédent que par la différence du mot. En Kabylie, la préférence est accordée, par économie, à la farine de sorgho et. à la farine de glands. On l’apprête avec des viandes fraîches, quelquefois même du kaddide ou du khrelie; son assaisonnement ordinaire consiste en oignon, sel, poivre rouge, courge, pois chiches et boulettes de viande hachée, grosses comme des balles de fusil. La sauce est colorée en rouge avec des tomates.

 Le mesfoufe se fait avec la première qualité de froment. On le laisse cuire de là même manière que tous les autres couscoussous; seulement on y mêle des grains de raisin sec ou des grains de grenade, et on le saupoudre d’une neige de sucre. Lorsque, pour le rendre plus délicat, on le noie de lait frais, il prend le nom de berboukha.

Le mecheroub n’est généralement pas très estimé. Lorsqu’à la suite de pluies abondantes l’eau a pénétré dans les silos, et qu’elle a atteint le blé qu’ils contiennent, ce blé s’imbibe (ichérob) et contracte en même temps un goût acre et une odeur nauséabonde. Après l’avoir tiré du silo, on le fait sécher, on le mout, et c’est de la farine qui en provient que l’on fait le mecheroub.

Le mezeüt .Parmi les silos il y en a dont la terre est bonne, cl lorsqu’on en extrait le blé qui y a séjourné deux ans ou davantage, sans avoir été jamais touché par l’eau, on détache des parois de la cavité une substance que les indigènes appellent mezeût, espèce de croule huileuse, produite par un peu d’humidité que la terre communique nécessairement au grain qu’elle renferme. Celte croûte affecte une couleur bleuâtre, et le goût en est légèrement sucré. On la transforme en medjebour. A entendre les Arabes, c’est un mets exquis, le plat des amis. Le couscoussou de mezeût s’apprête avec du beurre frais et de la viande d’agneau.

Le aïche ressemble à de là soupe au riz, avec cette différence cependant que les grumeaux du couscoussou remplacent les grains de riz. Il n’est pas rare qu’on fasse bouillir dans cette espèce de potage des abricots secs, qui sont désignés  le dialecte barbaresque par le mol fermas, issu probablement de l’adjectif latin firmus.

 Le farik tire son nom du premier froment tendre, que l’on cueille avant la moisson, et dont on fait durcir et griller les épis au four. C’est une primeur offerte au propriétaire par les laboureurs, et les actions de grâce n’y manquent pas. Les champs de Bou-farik, un des plus beaux villages de la Mitidja, avaient la renommée de fournir le farik pour la table du pacha d’Alger.

A Bougie, dit M. Ch. Brosselard, le savant explorateur des dialectes berbères, on appelle le couscoussou de qualité supérieure Keskessou-el-hourat, «le couscoussou  des houris » digne d’être mangé en Paradis.

A.   CHERBONNEAU.

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ALGER 1830

Posté par lesamisdegg le 9 novembre 2015

1840 blockhausBlockhaus et siège d’Alger en 1830

Blockhaus (de l’allemand block, billot, tronc d’arbre, et haus, maison), redoute ou fortin détaché, en bois, de dimension variable, communiquant souvent à un ouvrage principal par des conduits souterrains, et servant, dans ce cas, d’ouvrage avancé. Blockhaus désigne à l’origine une maison forte, un fortin construit généralement avec des bois empilés, bruts. C’est typiquement le fortin anglais d’Amérique du Nord. Le terme est passé aux retranchements de campagne enterrés, d’abord avec de gros troncs, puis en béton armé, utilisés massivement pendant la Première Guerre mondiale.

 Les Turcs se servaient d’ouvrages semblables, qu’ils appelaient palanques; c’étaient des espaces généralement circulaires, entourés de fossés et de fortes palissades. Les Prussiens s’attribuaient l’invention des blockhaus, dont ils firent usage en Silésie pour la première fois en 1778; mais probablement ils ne firent qu’en emprunter l’idée aux Turcs. Les blockhaus se modifièrent avec le progrès des armes à feu. A la fin du XVIIIe siècle, on voulut les couvrir pour les mettre à l’abri de la bombe; mais la fumée produite à l’intérieur par les armes à feu suffoquait les troupes, et on fut obligé d’y renoncer.

Au XIXe siècle, les blockhaus, dont on a fait un grand usage, et que les Français employèrent avec beaucoup de succès dans la libération de la Régence d’Alger*, étaient à ciel ouvert, de formes diverses, entourés de murs formés de palanques, poutres de 25 à 30 centimètres d’équarrissage, faisant paroi extérieure, et protégés par un rempart de terre. A l’intérieur étaient adossées des banquettes de terre pour loger les soldats. La plate-forme supérieure pouvait recevoir quelques pièces de canon, protégées par un fort blindage.

Le profil du blockhaus variait suivant qu’il devait résister à la mousqueterie ou à l’artillerie : dans le dernier cas, il a plusieurs rangs de palanques garnies de terre. Certains blockhaus avaient deux étages, afin que la défense ait plus d’étendue.

 La charpente des blockhaus pouvait être préparée d’avance, et montée avec une grande célérité.

C’est ainsi qu’en débarquant en Afrique, pour le siège d’Alger, les Français, à l’aide de blockhaus, s’établirent solidement et très promptement contre les Turcs.

*le congrès d’Aix-la-Chapelle avait répondu favorablement au retour de la France dans le concert des nations après l’épopée napoléonienne La condition était que la France libère, au nom des nations chrétiennes, la Méditerranée de la piraterie djihadiste, les européens chrétiens comme les africains animistes de l’esclavage, les juifs de la Régence de leur dihmitude, le commerce du tribut barbaresque comme de la mafia des recéleurs des biens piratés.

A. Nonimouss

 

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ORAN 1790

Posté par lesamisdegg le 8 octobre 2015

oran 08 octobre 1790

 « Dans la nuit du 8 au 9 octobre dernier, à une heure et quelques minutes, alors que le sommeil exerce le plus grand empire sur la nature humaine, Dieu fit peser sur nous le glaive de sa justice, menaçant de nous exterminer tous dans les convulsions d’un tremblement de terre si profond qu’en moins de trois minutes il ruina la majeure partie des édifices et ébranla le reste de fond en comble.

….Le peuple réclamait à grands cris qu’on lui ouvrît les portes de la ville afin de se réfugier dans la campagne et se soustraire ainsi à la chute des édifices, partout ébranlés. C’était en effet, pour nous, un sujet de terreur que ces murailles encore debout, quoique chancelantes sur leurs bases qui, à la moindre commotion du sol, oscillaient d’une manière effrayante. On demandait toujours les clefs de la ville mais, avec une partie de la maison du gouverneur, elles étaient enterrées sous les ruines de l’église métropolitaine.

…Les premières lueurs du jour nous surprirent dans cet état d’anxiété; à la faveur de la lumière on entreprit des fouilles laborieuses et nous acquîmes la certitude que le Gouverneur Général (Don Nicolas Garcia) et toute sa famille avaient péri.

…..Car encore que nous eussions de la farine, nous étions sans tamis, sans pétrin et sans four pour la cuisson du pain… On appliqua, dans la matinée même, tous les ouvriers qu’on pût réunir, à la construction de fourrs de plein air, lesquels commencèrent à fonctionner immédiatement. »

L’ennemi profite de l’occasion, et des brèches des murailles, pour attaquer la ville, mais il est repoussé.

« Mais je laisse Votre Majesté juge de l’héroïsme de cette conduite, si Elle veut bien tenir compte de l’impression sous laquelle combattaient ces hommes; si Elle daigne considérer que les tremblements de terre durent toujours, quelques-uns si profonds encore qu’ils nous rappellent les malheurs dont les premiers nous ont rendu témoins; si Elle songe, enfin, qu’en recouvrant une plus grande liberté d’esprit, chacun de nous devra, à la vue des vides laissés autour de lui, regretter plus amèrement, le père son fils, le fils son père, le mari sa femme, la veuve son mari, tous enfin des parents, des amis ; et un grand nombre, le fruit des sueurs de toute leur vie ; car ceux-ci ont vu leur fortune s’écrouler avec les maisons qui étaient leur ouvrage, ou s’ensevelir sous les ruines ; ou leurs bijoux, leurs vêtements ; souvenirs qui, toujours présents à leurs yeux, les plongent dans un abattement capable d’abréger leur vie.

…Tel est, Sire, l’état dans lequel nous nous trouvons, abrités sous nos tenttes de campagne, aujourd’hui 2 novembre 1790.

Comte de Cumbre-Hermosa

(Original à l’Archive de la Réal Audencia de Valencia n° 20.137)

 

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Les feux de la Saint Jean : fogueras de ORAN en ALICANTE en 1933

Posté par lesamisdegg le 11 septembre 2015

22 06 1933

ALICANTE

Jeudi 22 juin 1933, 8 heures du matin. Les passagers de l´ »Ipanéma » prennent le frais sur le pont, au moment où on aperçoit la côte. Au bout des jumelles, une masse montagneuse se défait d´un léger voile de brume, tandis que le soleil ponctue la blancheur des premières mouettes. Le profil du mont Benacantil se précise, et déjà certains vacanciers embarqués se promettent de visiter ce Castillo de Santa Bárbara qui le couronne, pour contempler la ville comme on admire Oran depuis Santa Cruz, toutes proportions gardées. Le navire glisse presque´en silence vers l´entrée du port, alors que des rumeurs musicales se conjuguent avec les senteurs marines. L´approche s´amorce enfin vers un quai couvert de monde. Et comme pour saluer la foule, le bateau gîte sur bâbord de tout son poids de passagers surpris. Puis soudain, des mille éclats de cuivres d´une trentaine de fanfares, jaillit une grandiose Marseillaise, qui fait sursauter ces cœurs africains et s´affoler les mouettes autour du grand pavois. Ces premières émotions vont ajouter du feu aux poudres des fêtes de la Saint Jean, car tout va dès lors aller très vite dans ce tourbillon ludique dont Alicante a le secret. Sous le regard de ces centaines de visiteurs, munis de leurs précieux sauf-conduits ( 5 jours, 80 pesetas -190 francs de l´époque- voyage et hôtel compris) les autorités locales, présidées par le maire M. Lorenzo Carbonell, se fondent en accolades avec le Comité Oranais des fêtes de San Juan, tandis que la « Reine d´Oran », Mlle Francine Figuérédo, et ses demoiselles d´honneur, toutes submergées de bouquets de fleurs, embrassent la Bellea del Foc (« Beauté du Feu ») Mlle Carmen Hernández Flores et ses non moins ravissantes accompagnatrices. En arrivant à l´esplanade des palmiers, appelée alors Paseo de los Mártires, les oranais découvrent le monument satyrique en papier mâché en représentation de leur ville et qui, au même titre que les 30 autres hogueras  artisanales dressées dans leurs quartiers respectifs (c´est la plantá), sera voué au feu le 24 au soir. De rue en rue, de quartier en quartier, la ville a été réveillée (c´est la despertá) au son des pasodobles traditionnels ou de « Paquito el Chocolatero», ou bien à celui du folklore régional du tamboril et de la dulzaina (pipeau), le tout ponctué de pétarades allumées au cigare pour accompagner les comités locaux (comisiones gestoras) et leurs belleas. Après un répit au moment du déjeuner et de la sieste, les esprits s´animent à nouveau en direction des arènes, afin d´ aller juger sur pièce le gabarit des taureaux arrivés d´Andalousie. C´est ce desencajonamiento qui va permettre au public de parier sur la teneur des corridas à venir, à mesure que les superbes bêtes sont libérées de leurs cages au milieu du ruedo.

L´ »Ipanéma » a ainsi déversé de nombreux touristes de descendance espagnole, de seconde ou même de troisième génération d´émigrés, issus des provinces de Valence, Alicante, Murcie et Almeria. Au départ d´Oran, ces nouveaux français manifestaient leur désir de connaître enfin leur terre d´origine, et ce voyage fournit l´occasion d´aller faire un semblant de pèlerinage du côté du village de leurs aïeux. Ainsi les agglomérations les plus proches comme Dénia, Callosa de Ensarriá, La Nucía, Aspe, Monforte del Cid, Santa Pola, Orihuela, etc., pourront faire l´objet de visites aussi brèves qu´émouvantes, indépendamment du résultat obtenu dans les recherches d´un nom de famille, d´un quartier, d´une rue ou d´une maison qui n´a peut-être pas survécu.

Carlos GALIANA RAMOS

 

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MERGUEZ

Posté par lesamisdegg le 23 août 2015

 

devanture de "la saucisse à Michel"

devanture de « la saucisse à Michel »

« La saucisse à Michel »

 Lorsque je pénétrai dans ce petit café de l’avenue de la Bouzaréah, la salle était pleine de fumée et de bruit. Autour des tables, ornées d’un tapis poisseux, de verres multicolores, de jetons et de cartes, il y avait les clients habituels jouant à la manille, à la belotte ou au jacquet. En me voyant venir les surprendre avec un photographe, ils jetèrent, sur mon humble personne, des regards hostiles. Quel était donc cet intrus qui osait troubler leur quiétude par sa présence inopinée et insolite ? L’intrus était un journaliste à l’affût de l’actualité. Les habitués des petits commerçants du quartier, des retraités, des employés de bureau, des ouvriers dont le seul plaisir, sur la terre, semblait d’attendre, devant un apéritif, en jouant à quelque chose, l’heure du fricot qui mijote sous la surveillance de la « bourgeoise ».

Or, tandis que les dents de l’horloge grignotaient l’heure déjà entamée, pendant que les joueurs coupaient du manillon d’atout, abattaient une tierce à la dame, jetaient à la volée les dés du         « tchictchic », certains d’entre eux lançaient à haute voix cet appel imprévu : « Ali , six merguez bien « fadées ».

Merguez ! Quèsaco ?… Intrigué par ce genre d’annonce inusitée aux cartes, j’allai interviewer aussitôt le patron de l’estaminet. Accoudé sur le zinc astiqué du comptoir, la face illuminée d’un sourire commercial, le maître de céans voulut bien contenter ma curiosité sans se faire prier :

— Monsieur est sans doute un touriste, car tous les Algériens connaissent et de longtemps la saucisse à Michel. Avec les brochettes, il n’y a rien de tel pour vous altérer le gosier et vous donner envie d’absorber coup sur coup trois ballons d’anisette.

 Les Merguez ? Ce sont tout bonnement de petites saucisses cachirs que fabriquent certains bouchers israélites avec des boyaux salés de mouton, de la viande de bœuf assaisonnée d’épices et que nous rôtissons en un tournemain sur des braises ardentes. Il suffit d’en manger une fois pour ne plus pouvoir se passer de cette friandise algérienne.

Là-dessus, me faisant les honneurs de son grill-room, représenté en l’occurrence par un réchaud à charbon, le patron me présenta Ali ben Youssef, son chef de cuisine. Ce maître es-grillades est un vieux de la vieille. Tandis que d’autres musulmans sont joueurs de raïta, charmeurs de serpents, poètes et nomades, marchands de zlabias et de beignets, lui s’est spécialisé dans la cuisson des saucisses et aussi des brochettes. A ce qu’il affirme, cela lui a même valu de voir récompenser officiellement sa constance louable, car notre baïlik l’a décoré de la médaille du travail. En 1898, il débuta dans sa profession au passage Sarlande. C’est là que son vénéré maître Moïse Tayeb l’initia aux secrets du paillasson qui avive les braises du Kànoun, au retournement des brochettes, des saucisses et des carrés de foie, à la confection dés hâtelles en roseau. C’est lui encore qui lui enseigna l’art de doser ce mélange de poivre noir et de kemôun pilé que le client saisit dans une assiette entre le pouce et l’index pour saupoudrer le met dont il va se pourlécher les badigoinces.

Mis en confiance par quelques compliments de circonstance, l’offre d’une limonade, Ali a daigné me faire, des confidences que j’entends révéler aux lecteurs de « L’Afrique du Nord Illustrée ». Jadis ces amuse-gueules algériens ne se trouvaient qu’au bazar Mantout et place de Chartres. Le premier qui lança les merguez à Alger, fut un nommé Bacri. Aidé de son beau-frère, il acquit rapidement une renommée nord-africaine avec ses brochettes garnies de deux morceaux de cœur et de deux morceaux de faux-filet de bœuf. Il cuisait aussi des tranches de foie, des merguez délicieuses que l’on arrosait de mahia cachir. Le tout se vendait un sou pièce tandis que maintenant, avec la vie chère, la brochette et le foie grillé coûtent 0 fr 30, là saucisse rôtie 0 fr 40. Ce Bacri qui pourtant ne passa pas à la postérité, était paraît-il un malin. Nul mieux que lui ne savait « mettre en boîte » les bouchers de la place de Chartres. Pour m’en donner la preuve, Ali me rappela un tour de ce roublard. Après avoir choisi six cœurs de bœufs, notre homme se mit à jeter les hauts cris quand on lui en fixa le prix. Puis se ravisant, Bacri demanda au vendeur :

— Et après-demain combien vaudront-ils ?   — Après-demain ? Ils ne vaudront plus rien, car ils seront pourris.     — Bien. Alors je reviendrai après-demain.

A l’heure actuelle, Alger compte trois fabricants de merguez : Ben Simon, Lévy et Joseph Miraï le tunisien. De l’avis d’Ali, qui doit s’y connaître, la composition actuelle de la saucisse cachir rappelle un peu celle du fameux pâté de lièvre et de cheval. Dans la pâte de viande on met du cou et des basses-côtes en quantité industrielle pour un soupçon de faux-filet de bœuf et, quelques fois aussi, des œufs de… mouches à vers. Cela n’empêche pas les amateurs d’en consommer passablement, puisqu’un seul fournisseur de l’avenue du Frais-Vallon fabrique de 1.500 à 1.800 merguez par jour. Au point de vue écoulement, c’est le bar André, situé rue Juba, qui bat tous les records. Les consommateurs se recrutent principalement chez des Israélites et les Arabes de condition modeste, pourtant les chrétiens ne dédaignent pas ces hors-d’œuvre épicés au poivre de Cayenne. Certains soirs, car c’est entre dix-sept et vingt et une heures que le grill-room des bars spécialisés est en pleine activité, on voit arriver des autos d’où descendent des messieurs, de belles dames en quête de pittoresque. Minaudant et retroussant leurs lèvres saignantes dé carmin, les jolies femmes dégustent à belles dents ces friandises culinaires.

Avant de le quitter, comme je réclamais à Ali ben Youssef un dernier souvenir, il me confia cette histoire :    Quelques années après la guerre, j’ai servi trois hommes affamés. Ils avaient fait le pari de manger des brochettes, des saucisses, du pain, le tout arrosé de vin rouge. Le premier rassasié payerait le total de la consommation. Longtemps je leur ai apporté des assiettes garnies, longtemps ils ont mangé comme des ogres et je me demandais si j’arriverais, à calmer des appétits pareils, quand l’un des trois convives manquant de s’étouffer, s’est arrêté. Il avait la figure rouge comme une tomate et des yeux comme un caméléon. A ce moment, j’ai fait le compte, il atteignait 84 fr 50. Après s’être fait prié, le vaincu a payé. Depuis je ne l’ai plus jamais revu. Peut-être, ajoute Ali qui, en bon oriental, est un pince sans rire, est-il crevé d’indigestion.

 Pour conclure, je signale à ceux qui voudraient apprécier les merguez et autres spécialités du même genre, qu’ils en trouveront sans peine dans presque toutes nos villes algériennes.

 Jean Darbois, 1933

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20 Aout 1955 EL HALIA le massacre

Posté par lesamisdegg le 20 août 2015

EL HALIA  le massacre 20 aout 1955  JF GALEA

EL HALIA
le massacre
20 aout 1955
JF GALEA

Zirout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l’Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d’à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s’engage pas dans la révolution. 12 000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zirout sont de récupérer de l’armement, d’éliminer les pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l’armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L’action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L’armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d’El Halia et le village d’Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d’horribles atrocités [1]. Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d’Algérie [2], 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2000 tués les jours suivants (et non les 12000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques : « C’est la guerre, il faut la faire », déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l’idée d’une politique libérale [3].  La fracture entre les communautés s’aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens [4] .Sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Notes [1] On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu’elle avait préparé. [2] Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes. [3] Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu’on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d’Algérie. Un Comité de guerre interministériel s’est réuni à Constantine en juillet 1957. [4] Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n’a pas attendu l’attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs. [5] dans « Algérie, 20 août 1955 » (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se réfère à un faux témoin d’el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.

Roger Vétillard. 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d’Algérie. Préface de Guy Pervillé. Ed. Riveneuve, 2012, 351 pages, 20 euros. Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l’histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l’armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l’ALN. Guy Pervillé met en lumière l’objectivité historique de l’auteur, qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux-5-, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

 

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PROVENCE : 15 aout 1944

Posté par lesamisdegg le 15 août 2015

Maréchal de France

Maréchal de France

Le 15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d’armée constitué de 120.000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C’est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie.

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France…..Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence a été décalé de plus de deux mois par rapport à celui de Normandie car les Alliés ne disposaient pas d’assez de bateaux de transport pour mener les deux de front. Sa direction est confiée au général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine.

Une véritable armée française, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny, débarque sur les côtes nationales.  Forte de 260.000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et des conscrits d’Afrique du Nord, « Pieds-Noirs » et musulmans à part numérique égale. Cette armée va débarquer par vagues successives sur les côtes de Provence, aux côtés des Anglo-Saxons. Pendant que ces derniers s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.

Une progression plus rapide que prévu……Comme tout le littoral européen, la côte provençale a été dotée par les Allemands de solides fortifications : blockhaus (casemates) et mines. Mais dès le 27 mai 1944, l’aviation alliée a bombardé tous les sites stratégiques de la côte, comme la gare Saint-Charles de Marseille, et, comme en Normandie, la Résistance intérieure s’est mobilisée pour empêcher par des sabotages tout repli de l’occupant.  Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes. À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud. En deux jours, 115.000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés. Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.

Toulon et Marseille libérées….Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône sans rencontrer de véritable résistance, atteignant Lyon dès le 3 septembre 1944. Ils font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.   À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht sous les ordres du contre-amiral Heinrich Ruhfuss. Ils ne se rendront que le 26 août. À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais le général allemand Hans Schaeffer, qui tient la ville avec 20.000 hommes, ne cessera la résistance que le 28 août.   Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.

 

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