UN PRESTIGIEUX CADEAU DE LA FRANCE A L’ALGERIE : La B.N.A.

Posté par mdame le 14 juillet 2009

 La Bibliothèque Nationale d’Alger

                                          UN PRESTIGIEUX CADEAU DE LA FRANCE A L'ALGERIE : La B.N.A. dans ARTS et LETTRES bna1


Un cadeau, en effet, dont on a peu parlé, mais qui aurait dû être signalé avec éclat, offrande généreuse parmi tant d’autre : la Bibliothèque Nationale d’Alger avec ses quatre cent mille volumes (400.000) parmi lesquels quelques trois mille manuscrits du fonds arabe et persan ; ses abondantes collections de journaux du fonds nord-africain parmi lesquels le « Moniteur algérien » vétéran de la presse de l’Algérie française ; l’abonnement régulier enfin à mille trois cent périodiques ; sans oublier non plus sa section musicale où se trouvaient réunies vingt-cinq mille partitions environ…
Aussi, lorsque le 7 juin 1962, nous vîmes brûler, à l’orée de la rue Michelet, la bibliothèque de l’Université et la facade de la Faculté se transformer sous les flammes en fière ruine romaine – les hauts cintres vides de ses fenêtres monumentales calcinées se découpant sur le ciel trop bleu pour notre désarroi, son élégante colonnade de marbre blanc et ses deux frontons triangulaires de style gréco-latin rendant frappante plus que nature la ressemblance, reliant ainsi en quelque sorte le passé au présent – nous fûmes quelques uns à nous interroger :
 »Et si la Bibliothèque Nationale allait subir le même sort ? « 

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C.A.O.M. Centre des Archives d’Outre-Mer

Posté par mdame le 20 juin 2009

LE CENTRE DES ARCHIVES D’OUTRE-MER 

29, chemin du Moulin-Detesta, 13090 Aix-en-Provence. 

 A Aix-en-Provence, les archives des anciennes colonies et de l’Algérie fascinent les chercheurs.
Cette bâtisse moderne ocre et grise située près de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence est un inestimable mémorial. Siège, depuis 1966, du centre des archives d’outre-mer, elle recèle des montagnes de documents d’état civil, de cartes, de livres, de photos et de papiers rares qui retracent les destins mêlés du peuple français et des habitants de terres longtemps colonisées.
C’est ici qu’ont afflué, dans les années 60, les archives de souveraineté française rapatriées des colonies de la République devenues indépendantes. Même si l’état civil remontant au-delà de cent ans est conservé à Nantes. Complétées, en 1986 puis en 1994, par les archives ministérielles du défunt ministère des Colonies, les collections d’Aix restent aujourd’hui les gardiennes de trois siècles d’histoire coloniale.
Les magasins répartis sur plusieurs étages abritent 350.000 mètres de microfilms, 40 kilomètres linéaires de rayonnages, la cartothèque renferme plus de 40.000 cartes et plans, la bibliothèque 100.000 volumes et la photothèque plus de 50.000 gravures et images.
Derrière cet inventaire impressionnant, c’est une trame infinie de visages, de paysages d’Afrique ou d’Asie, de vies et d’événements historiques, qui se profile. Des lettres rarissimes d’Abd-el-Kader, réclamées régulièrement par l’Etat algérien, ressuscitent la prise de la Smala. Des registres répertorient tous les habitants de petits villages français autrefois créés près d’Oran.
Dans la salle de lecture de cent places, chercheurs, écrivains, cinéastes et grand public se côtoient. Passionnées quand un Le Clézio séjourne ici pour les besoins d’un nouveau roman, les consultations peuvent, en d’autres circonstances, devenir désespérées. Lorsqu’un Algérien ayant combattu aux côtés de la France, par exemple, téléphone d’Alger pour découvrir qu’il n’a jamais été Français et n’a aucun droit d’ancien combattant. Lorsque telle famille ne parvient pas à retracer sa généalogie…
 » Nous accueillons des historiens des Etats-Unis ou d’Australie, intéressés par l’Indochine, des documentalistes du Cambodge, explique Françoise Durand-Evrard, conservateur général du patrimoine et directrice des archives. Mais nos visiteurs non spécialisés, de plus en plus nombreux, sont en majorité pieds-noirs ou d’origine algérienne. »
Ancêtres bagnards
Qu’il s’agisse de reconstituer une généalogie ou de réunir des informations nécessaires à une démarche administrative, plonger dans les registres du passé c’est s’aventurer dans un voyage à rebours aux destinations parfois très inattendues. Si des documents de police et des renseignements généraux très sensibles concernant l’Algérie ne sont pas encore consultables, ceux du fonds des bagnes évoquent les aventures de milliers de bannis de la citoyenneté, déportés ou forçats. « Nous avons ici des documents sur Dreyfus, 100.000 dossiers avec noms et numéros de matricule de bagnards de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, ainsi que des photos anthropométriques « , détaille Nicole Célestin, documentaliste. Elle se souvient d’un visiteur s’apercevant que son ancêtre n’était pas gardien de bagne à Madagascar, mais bagnard…
 » Mais les archives réservent aussi de charmantes surprises  » précise-t-elle. Actuellement, en classant des correspondances personnelles adressées à un établissement pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie, elle a découvert des missives féminines enflammées adressées à un bagnard. « Je vous couvre de mille baisers et caresses « , écrivait cette amoureuse du siècle dernier.
Plus naïfs encore, des cahiers d’élèves d’écoles françaises, creuset de la citoyenneté. « C’est sur toi que nous comptons, petit missionnaire des idées modernes, petit élève de l’école primaire « , a ainsi écrit avec application le petit Indien Diagardjane dans sa dictée…
Anne-Sophie CATHALA

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Les Africains

Posté par mdame le 7 juin 2009

Le capitaine Félix Boyer est l’auteur de cette marche que chantaient les soldats du  Corps Expéditionnaire Français en Italie, de la Ière Armée qui débarqua en Provence et de la division Leclerc. Il l’a composée en 1942 à Alger .
Le capitaine Boyer, qui passa son enfance à Nice, (où son père était le chef d’orchestre du casino de la Jetée-Promenade), fut l’élève du conservatoire de Paris et de la Schola Cantorum, avant de devenir le chef de musique du 46éme Régiment d’Infanterie, à Paris . Pendant la guerre, il gagna l’Afrique du Nord et on le chargea de constituer une fanfare pour le Gouvernement provisoire d’Alger .
Les armées alliées mirent également à contribution son talent et c’est ainsi qu’il composa le Chant des G.I. qui lui valut les compliments du général Eisenhower.
Il s’est éteint à Nice en 1972.
Le Ministre des Anciens Combattants Duvillard, en 1968, à la demande de nombreuses associations patriotiques, a décidé la levée de l’interdiction de  » La marche des Africains «  que ne jouaient plus les fanfares et musiques militaires depuis l’indépendance de l’Algérie.

 

 1
Nous étions au fond d’Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs,
Quand sous un soleil magnifique
Retentissait ce cri vainqueur,
En avant ! En avant ! En avant !
Refrain
C’est nous les Africains qui revenons de loin,
Nous venons des colonies pour défendre le pays
Nous avons laissé là-bas nos parents, nos amis
Et nous gardons au coeur une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière,
Et si quelqu’un venait à y toucher,
Nous serions là pour mourir à ses pieds !
Battez tambours ! (bis) A nos amours ! (bis)
Pour le pays, pour la Patrie, mourir au loin !
C’est nous les Africains !
 2
Pour le salut de notre Empire
Nous combattons tous les vautours.
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours.
En avant ! En avant ! En avant !
3
De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain,
En avant ! En avant ! En avant !

4
Et lorsque finira la guerre,
Nous reviendrons à nos gourbis,
Le coeur joyeux et l’âme fière,
D’avoir libéré la Patrie,
En avant ! En avant ! En avant !

Les Africains  dans ARTS et LETTRES les_africains_2_petit

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Albert Camus, la radicalité de la nuance

Posté par mdame le 2 juin 2009

 Albert Camus, la radicalité de la nuance dans ARTS et LETTRES CamusLORSQUE l’époque est saisie par une course aux extrêmes et qu’un peu partout prolifèrent les logiques de violence, alors l’urgence est parfois de faire repli sur  » le simple langage de la raison « , afin de regarder la terreur les yeux grands ouverts. Ainsi s’explique en partie le retour en grâce de ce moraliste qu’est Albert Camus (1913-1960), figure naguère marginalisée, et désormais référence quasi incontournable du débat intellectuel.
Ces jours-ci, (décembre 2002) une triple actualité est venue souligner ce renouveau de la présence camusienne : une série d’émissions consacrées à  » Camus le juste « , sur France Culture ; la rencontre internationale tenue les 29 et 30 novembre à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou à Paris, sur le thème  » Albert Camus et le mensonge  » ; et enfin la publication (ou la réédition sous une nouvelle forme) de plusieurs textes décisifs, Camus à Combat, Chroniques algériennes (1939-1958) et le recueil Réflexions sur le terrorisme. Trois événements pour briser l’image qui fit longtemps de Camus le mièvre prédicateur d’une  » morale de Croix-Rouge  » (Francis Jeanson), le citoyen délicat d’une  » République des belles âmes  » (Sartre).
Et si Jean-Jacques Brochier continue de refuser une « camusolâtrie » synonyme d’ »angélisme à faire tomber les murailles », nombreux sont ceux qui se retrouvent à présent pour réhabiliter la force politique de cette pensée :  » Camus était tout sauf un démocrate mou, s’insurge l’historien François Fejtö, exilé de Hongrie, qui a connu Camus au moment de la Libération. Dans son amour de la liberté, il y avait quelque chose de musclé, de viril, et c’est cet idéalisme pur, cet héroïsme, qui le rend maintenant si populaire, par exemple dans les anciens pays de l’Est.  »
Professeur à l’Université libre de Bruxelles, Maurice Weyembergh s’agace à son tour :  » Les bons sentiments, ce n’est pas rien ! Camus n’était pas partisan du statu quo, il n’a jamais renoncé à changer les choses. Mais, face à la terreur, il pensait qu’il fallait d’abord « sauver les corps » en posant des limites morales à la violence, afin que celle-ci ne soit jamais confortable.  »
Limites : voilà posé le terme-clé, concept central d’une éthique qui fait du  » devoir d’hésiter  » un impératif catégorique, comme l’explique l’avant-propos des Chroniques algériennes 1939-1958, où l’écrivain pied-noir, attaché comme personne à ce pays ravagé par une  » tempête de mort « , dit les responsabilités de l’intellectuel face à la  » casuistique du sang  » :  » Pétri de culture grecque, Camus est porteur d’un refus indéfectible de l’hybris, de la démesure, de cette violence illimitée qui engendre un mimétisme dévastateur, souligne le magistrat Denis Salas. Dans Les Justes, il oppose un terrorisme modéré, incarné par le personnage de Kaliayev, au terrorisme incontrôlé de Stepan. Aujourd’hui, Stepan a triomphé sur la scène mondiale, en Algérie, comme au MoyenOrient. Mais demeure chez Camus cet appel éminent à un seuil éthique de la violence politique, et ce souci de la trêve renvoie à une réflexion très contemporaine sur l’inviolabilité de la personne humaine.  »
Limite à la violence, limite à l’omniscience aussi, car si la terreur triomphe, c’est que  » nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison  » (Ni victimes ni bourreaux). D’où l’importance de la  » leçon de modestie  » camusienne, selon le mot de Samantha Novello. Pour cette jeune chercheuse italienne, la philosophie de L’Homme révolté permet de penser les terrorismes contemporains, car  » elle interprète le fanatisme comme le résultat d’une mentalité absolutiste qui croit détenir la vérité absolue. Chez Camus, la pensée de la limite implique celle d’une vérité relative, fondatrice de toute démocratie « .
MORALE SANS DIEU
Devant les  » noces sanglantes du terrorisme et de la répression « , mieux vaut se taire plutôt que d’ajouter le malheur au malheur, martèle donc Albert Camus. Et à la lecture de ses Réflexions sur le terrorisme, dont le souffle se fait parfois pamphlétaire pour répondre aux « farceurs  » qui confondraient son  » idéalisme impénitent  » avec un pacifisme naïf, on découvre que là où certains ont cru voir un fétichisme du juste milieu émerge en fait une véritable radicalité de la nuance :  » Camus n’a jamais été du côté du voeu pieux, et il n’a rien d’un non-violent, souligne Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur et longtemps complice de l’auteur de L’Etranger. Ce qu’il n’accepte à aucun prix, c’est le passage de la résistance au terrorisme, car à ses yeux la fin ne justifie jamais les moyens (au contraire, elle les détermine !), et rien ne peut légitimer l’agression contre les civils. Aujourd’hui, nous assistons à un retour de la morale, et ce retour se fait dans un destin camusien, c’est-à-dire sans dieu, contre l’histoire et dans la vérité du mal.  »
Présidente de la Société des études camusiennes, Jacqueline Lévi-Valensi récuse, elle aussi, l’image édifiante d’un Camus doctrinaire boy-scout, pour réaffirmer l’audace et la tension qui animent toute l’œuvre de l’écrivain :  » C’est d’abord un artiste qui a trouvé les mots justes pour témoigner de la condition humaine, du goût du bonheur et du désespoir de vivre, dans et par l’histoire. Ainsi, je suis frappée par son extraordinaire lucidité quant au réel, par exemple au sujet de la violence. Il sait que la violence est à la fois inacceptable et inévitable. Il n’a donc rien d’un pacifiste béat, mais, avec la crise des valeurs que nous vivons aujourd’hui, entendre sa voix serait salutaire. On peut tout de même redécouvrir une certaine morale sans retomber dans une sorte de gâtisme pétainiste ! « 
Jean Birnbaum (Le Monde 3 décembre 2002 )

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