une fin des temps

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Pierre Boz. Une fin des temps. Fragments d’histoire des chrétiens en Algérie.

mardi 22 décembre 2009 Desclée de Brouwer. 2009. 289 pages, 20€

Il condamne la violence de la guerre « révolutionnaire », les promesses trahies du Congrès de la Soummam, la technique de la razzia héritée du passé, la torture pratiquée sans être généralisée, les enlèvements destinés à faire fuir les Européens, les prisonniers saignés à blanc par les médecins du FLN, le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. L’indépendance n’a pas éliminé la violence contre les chrétiens et les religieux, qui nombreux furent enlevés et assassinés en 1993 et 1996

Ayant vécu les derniers jours de l’Algérie française, il témoigne ici de la fin programmée de l’Eglise d’Algérie, et de la responsabilité qui fut celle du cardinal Duval, une personnalité complexe, qui dès les années 1950 a prôné une solution politique soutenue par la violence la plus extrême. Il lui est arrivé une seule fois, lors des barricades, de se soucier de protéger les chrétiens. Son attitude pose plusieurs problèmes : – celui de sa parenté avec la théologie de la libération – celui de la juridiction des évêques dans les pays non chrétiens – celui de la politique du Vatican.

Une autre théologie est mise en question, celle de l’enfouissement, incarnée par le Père de Chergé et les moines de Tibhirine, dont Pierre Boz relate l’enlèvement (le jour du décès du cardinal Duval) et les suites judiciaires actuelles.

In fine, Mgr Boz rappelle l’histoire de l’Eglise en Algérie depuis Saint Augustin, les échanges de Mgr Dupuch avec l’émir Abd el Kader, l’hostilité de l’administration au cardinal Lavigerie et l’interdiction du prosélytisme, la solidarité franco-musulmane et les symboles de piété mariale. Les personnalités de Mgr Scotto et Claverie, et de l’abbé Berenguer, sont également évoquées.

Un livre courageux et lucide, qui retrace l’histoire douloureuse et controversée de la mort d’une Egliseun livre de Mgr Pierre BOZ

Publié dans ACTUALITE, ARTS et LETTRES, LIVRES | Pas de Commentaire »

ALBERT CAMUS

Posté par mdame le 1 août 2010

ALBERT CAMUS  Homme révolté, homme déchiré 

Lors du dernier Maghreb des Livres, en février dernier, une table ronde était proposée, pour parler du rôle des libéraux pendant la guerre d’Algérie.  Un écrivain algérien a dit fort justement : « les modérés ne réussissent jamais »

Et c’est vrai. En temps de conflit brutal, les opinions se focalisent sur des convictions et engagements bien définis, fatalement en opposition. Nulle attention n’est accordée à ceux qui prônent le dialogue, l’écoute de l’autre, qui  tentent d’aplanir les affrontements, de trouver un consensus acceptable par les deux parties…

Lorsqu’une guerre est franche, tout est simple : il y a deux ennemis face à face, et l’unique  préoccupation consiste à gagner la guerre, militairement d’abord, politiquement ensuite.

Mais en ce qui concerne la Guerre d’Algérie, la situation était infiniment plus complexe. Il s’est agi, en fait d’une double, voire triple guerre civile : Français contre indépendantistes, Adeptes du MNA (Messali) contre FLN, Français contre Français…

Que peut ressentir un intellectuel français, un artiste, un pied noir, devant tant de déchirements ?

La sensibilité à l’injustice 

Albert Camus est né dans une famille pauvre, très pauvre. Orphelin de guerre à 1 an, sa mère sourde et pratiquement muette, faisant des ménages pour assurer le quotidien… Pas de jouets en nombre, mais un simple ballon de football et le plaisir des petites joies simples : la beauté de la nature, la mer, le soleil…  De cette enfance aux conditions étriquées, le futur auteur puise sa sensibilité extrême aux conditions de vie précaires et la sensualité face à la nature dont il parera plus tard ses œuvres. De sa condition sociale, il tient son sentiment aigu devant toute injustice.

Dès l’enfance, le petit garçon fait preuve d’une remarquable curiosité intellectuelle.  Une bonne fée place sur son chemin un instituteur avisé qui reconnait en lui son potentiel et lui ouvre le goût de la connaissance : Louis Germain, auquel il aura plus tard l’élégance de dédier son Prix Nobel.

Un parcours scolaire brillant, études à la faculté de lettres d’Alger… et le voilà prêt à mettre toute son énergie au service du monde.

Journaliste engagé, auteur dramatique, directeur du théâtre populaire d’Alger, présentant des pièces                                   camusalgerrepublicain1.jpg


 

Lire la suite… »

Publié dans ARTS et LETTRES | 2 Commentaires »

Sartre et Camus

Posté par mdame le 1 août 2010

 

images.jpg

Jean-Paul SARTRE (1905-1980) et Albert CAMUS (1913-1960) 

ou l’histoire d’un Saint laïc

 

 

Je suis bien sûr très flatté que le président Gérard GARCIA m’ait demandé de vous parler d’Albert Camus, sans doute le plus célèbre et le meilleur d’entre nous. J’en suis flatté, mais aussi confus car rien ne me qualifiait particulièrement pour le faire : je ne suis ni professeur de lettres, ni philosophe, ni membre du jury du prix Nobel. Bien d’autres participants, comme on vient d’ailleurs de le constater, ont plus de titres que moi pour évoquer ce grand moraliste dont les romans, les pièces de théâtre et les essais philosophiques, traduits dans le monde entier, lui ont valu, en 1957, le prix Nobel.

                                               camusprixnobel19571.jpg

A la réflexion, j’ai néanmoins accepté la proposition. Non pas avec l’ambition d’analyser son œuvre, ce que d’autres, je le répète, font mieux que moi, mais pour évoquer le personnage dont je me sens très proche. Pour en parler, non pas comme un objet d’étude, mais comme un être familier. Avec tout le respect que je lui dois et qu’il mérite, je le considère comme un membre d’une grande famille à laquelle j’appartiens aussi.

Ma proximité d’Albert Camus est tout d’abord d’ordre géographique. Il est né à Mondovi, village de la plaine de Bône (Ennaba), situé à une dizaine de kilomètres de Penthièvre (Oued Berda), le village de colonisation qui, vers 1853, fut créé par mes tris aïeux et quelques autres émigrés rhénans. À l’époque, une dizaine de kilomètres, ce n’était rien. Une distance aussi courte n’effrayait personne. À pied ou en carriole, entre les deux villages, on circulait presque quotidiennement.

Quand le chemin de fer fut construit, Mondovi devint la gare desservant Penthièvre. L’un de mes grands oncles (Edouard Mayer) fut forgeron à Mondovi où il mourut en 1908. Deux de mes cousins y sont nés, dont l’un était le neveu de Deluca, le Maire socialiste de Sétif, qui fut assassiné dans cette ville, le 8 mai 1945, il y a aujourd’hui, jour pour jour, soixante-cinq ans.
Lire la suite… »

Publié dans ARTS et LETTRES | 1 Commentaire »

Lettre ouverte au Président Bouteflika de M. André Savelli,

Posté par mdame le 15 octobre 2009

Lettre ouverte au Président Bouteflika de M. André Savelli,
professeur agrégé au Val de Grâce, Chevalier de la Légion d’Honneur
, officier de l’Ordre National du Mérite

Monsieur le Président,

En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !

C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.

Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion. Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I, p.36-37, 40, 45-46. 1382).

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.

Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30 000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12 000 têtes pendant son règne.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.

Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.

Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5 000 Turcs, 100 000 Koulouglis, 350 000 Arabes et 400 000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2 000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.

Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » – j’accepte).

Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, – il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle – mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.

Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.

Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?

Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75 000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A.S., il y a eu plus de 200 000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !

Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées – ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?

En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

Un citoyen français,
André Savelli,

 retour à la page d’accueil   Lettre ouverte au Président Bouteflika de M. André Savelli, dans ARTS et LETTRES fleche_064

Publié dans ARTS et LETTRES | 4 Commentaires »

Le centre des Archives d’Outre-Mer

Posté par mdame le 18 juillet 2009

.

C.A.O.M.

LE CENTRE DES ARCHIVES D’OUTRE-MER                       29, chemin du Moulin-Detesta, 13090 Aix-en-Provence  

 Les magasins du Centre des Archives d’Outre-mer sont la partie la plus spécifique et étonnante des bâtiments d’archives.A Aix en Provence les architectes ont réussi à animer le bloc magasins par une sorte de divisionnisme parvenant à ce beau résultat emblématique de nos silos d’archives 

 .   Le centre des Archives d'Outre-Mer dans ARTS et LETTRES centre-des-archives-d-outre-mer-d-aix-en-provence                                

 A Aix-en-Provence, les archives des anciennes colonies et de l’Algérie fascinent les chercheurs.
Cette bâtisse moderne ocre et grise située près de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence est un inestimable mémorial. Siège, depuis 1966, du centre des archives d’outre-mer, elle recèle des montagnes de documents d’état civil, de cartes, de livres, de photos et de papiers rares qui retracent les destins mêlés du peuple français et des habitants de terres longtemps colonisées.
C’est ici qu’ont afflué, dans les années 60, les archives de souveraineté française rapatriées des colonies de la République devenues indépendantes. Même si l’état civil remontant au-delà de cent ans est conservé à Nantes. Complétées, en 1986 puis en 1994, par les archives ministérielles du défunt ministère des Colonies, les collections14459_tn dans CENTRES et ASSOCIATIONS d’Aix restent aujourd’hui les gardiennes de trois siècles d’histoire coloniale.
Les magasins répartis sur plusieurs étages abritent 350.000 mètres de microfilms, 40 kilomètres linéaires de rayonnages, la cartothèque renferme plus de 40.000 cartes et plans, la bibliothèque 100.000 volumes et la photothèque plus de 50.000 gravures et images.
Derrière cet inventaire impressionnant, c’est une trame infinie de visages, de paysages d’Afrique ou d’Asie, de vies et d’événements historiques, qui se profile. Des lettres rarissimes d’Abd-el-Kader, réclamées régulièrement par l’Etat algérien, ressuscitent la prise de la Smala. Des registres répertorient tous les habitants de petits villages français autrefois créés près d’Oran.
Dans la salle de lecture de cent places, chercheurs, écrivains, cinéastes et grand public se côtoient. Passionnées quand un Le Clézio séjourne ici pour les besoins d’un nouveau roman, les consultations peuvent, en d’autres circonstances, devenir désespérées. Lorsqu’un Algérien ayant combattu aux côtés de la France, par exemple, téléphone d’Alger pour découvrir qu’il n’a jamais été Français et n’a aucun droit d’ancien combattant. Lorsque telle famille ne parvient pas à retracer sa généalogie..           . m-Salle_du_Caom1
” Nous accueillons des historiens des Etats-Unis ou d’Australie, intéressés par l’Indochine, des documentalistes du Cambodge, explique Françoise Durand-Evrard, conservateur général du patrimoine et directrice des archives. Mais nos visiteurs non spécialisés, de plus en plus nombreux, sont en majorité pieds-noirs ou d’origine algérienne.”
Ancêtres bagnards
Qu’il s’agisse de reconstituer une généalogie ou de réunir des informations nécessaires à une démarche administrative, plonger dans les registres du passé c’est s’aventurer dans un voyage à rebours aux destinations parfois très inattendues. Si des documents de police et des renseignements généraux très sensibles concernant l’Algérie ne sont pas encore consultables, ceux du fonds des bagnes évoquent les aventures de milliers de bannis de la citoyenneté, déportés ou forçats. “Nous avons ici des documents sur Dreyfus, 100.000 dossiers avec noms et numéros de matricule de bagnards de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, ainsi que des photos anthropométriques “, détaille Nicole Célestin, documentaliste. Elle se souvient d’un visiteur s’apercevant que son ancêtre n’était pas gardien de bagne à Madagascar, mais bagnard…
” Mais les archives réservent aussi de charmantes surprises ” précise-t-elle. Actuellement, en classant des correspondances personnelles adressées à un établissement pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie, elle a découvert des missives féminines enflammées adressées à un bagnard. “Je vous couvre de mille baisers et caresses “, écrivait cette amoureuse du siècle dernier.
Plus naïfs encore, des cahiers d’élèves d’écoles françaises, creuset de la citoyenneté. “C’est sur toi que nous comptons, petit missionnaire des idées modernes, petit élève de l’école primaire “, a ainsi écrit avec application le petit Indien Diagardjane dans sa dictée…
Anne-Sophie CATHALA

Accueil IREL->  015  Instrument de recherche en ligne (NOUVEAU)

images.jpg


Publié dans ARTS et LETTRES, CENTRES et ASSOCIATIONS | 2 Commentaires »

UN PRESTIGIEUX CADEAU DE LA FRANCE A L’ALGERIE : La B.N.A.

Posté par mdame le 14 juillet 2009

 La Bibliothèque Nationale d’Alger

                                          UN PRESTIGIEUX CADEAU DE LA FRANCE A L'ALGERIE : La B.N.A. dans ARTS et LETTRES bna1


Un cadeau, en effet, dont on a peu parlé, mais qui aurait dû être signalé avec éclat, offrande généreuse parmi tant d’autre : la Bibliothèque Nationale d’Alger avec ses quatre cent mille volumes (400.000) parmi lesquels quelques trois mille manuscrits du fonds arabe et persan ; ses abondantes collections de journaux du fonds nord-africain parmi lesquels le « Moniteur algérien » vétéran de la presse de l’Algérie française ; l’abonnement régulier enfin à mille trois cent périodiques ; sans oublier non plus sa section musicale où se trouvaient réunies vingt-cinq mille partitions environ…
Aussi, lorsque le 7 juin 1962, nous vîmes brûler, à l’orée de la rue Michelet, la bibliothèque de l’Université et la facade de la Faculté se transformer sous les flammes en fière ruine romaine – les hauts cintres vides de ses fenêtres monumentales calcinées se découpant sur le ciel trop bleu pour notre désarroi, son élégante colonnade de marbre blanc et ses deux frontons triangulaires de style gréco-latin rendant frappante plus que nature la ressemblance, reliant ainsi en quelque sorte le passé au présent – nous fûmes quelques uns à nous interroger :
 »Et si la Bibliothèque Nationale allait subir le même sort ? « 

Lire la suite… »

Publié dans ARTS et LETTRES, LIEUX, MEMOIRE | Pas de Commentaire »

C.A.O.M. Centre des Archives d’Outre-Mer

Posté par mdame le 20 juin 2009

LE CENTRE DES ARCHIVES D’OUTRE-MER 

29, chemin du Moulin-Detesta, 13090 Aix-en-Provence. 

 A Aix-en-Provence, les archives des anciennes colonies et de l’Algérie fascinent les chercheurs.
Cette bâtisse moderne ocre et grise située près de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence est un inestimable mémorial. Siège, depuis 1966, du centre des archives d’outre-mer, elle recèle des montagnes de documents d’état civil, de cartes, de livres, de photos et de papiers rares qui retracent les destins mêlés du peuple français et des habitants de terres longtemps colonisées.
C’est ici qu’ont afflué, dans les années 60, les archives de souveraineté française rapatriées des colonies de la République devenues indépendantes. Même si l’état civil remontant au-delà de cent ans est conservé à Nantes. Complétées, en 1986 puis en 1994, par les archives ministérielles du défunt ministère des Colonies, les collections d’Aix restent aujourd’hui les gardiennes de trois siècles d’histoire coloniale.
Les magasins répartis sur plusieurs étages abritent 350.000 mètres de microfilms, 40 kilomètres linéaires de rayonnages, la cartothèque renferme plus de 40.000 cartes et plans, la bibliothèque 100.000 volumes et la photothèque plus de 50.000 gravures et images.
Derrière cet inventaire impressionnant, c’est une trame infinie de visages, de paysages d’Afrique ou d’Asie, de vies et d’événements historiques, qui se profile. Des lettres rarissimes d’Abd-el-Kader, réclamées régulièrement par l’Etat algérien, ressuscitent la prise de la Smala. Des registres répertorient tous les habitants de petits villages français autrefois créés près d’Oran.
Dans la salle de lecture de cent places, chercheurs, écrivains, cinéastes et grand public se côtoient. Passionnées quand un Le Clézio séjourne ici pour les besoins d’un nouveau roman, les consultations peuvent, en d’autres circonstances, devenir désespérées. Lorsqu’un Algérien ayant combattu aux côtés de la France, par exemple, téléphone d’Alger pour découvrir qu’il n’a jamais été Français et n’a aucun droit d’ancien combattant. Lorsque telle famille ne parvient pas à retracer sa généalogie…
 » Nous accueillons des historiens des Etats-Unis ou d’Australie, intéressés par l’Indochine, des documentalistes du Cambodge, explique Françoise Durand-Evrard, conservateur général du patrimoine et directrice des archives. Mais nos visiteurs non spécialisés, de plus en plus nombreux, sont en majorité pieds-noirs ou d’origine algérienne. »
Ancêtres bagnards
Qu’il s’agisse de reconstituer une généalogie ou de réunir des informations nécessaires à une démarche administrative, plonger dans les registres du passé c’est s’aventurer dans un voyage à rebours aux destinations parfois très inattendues. Si des documents de police et des renseignements généraux très sensibles concernant l’Algérie ne sont pas encore consultables, ceux du fonds des bagnes évoquent les aventures de milliers de bannis de la citoyenneté, déportés ou forçats. « Nous avons ici des documents sur Dreyfus, 100.000 dossiers avec noms et numéros de matricule de bagnards de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, ainsi que des photos anthropométriques « , détaille Nicole Célestin, documentaliste. Elle se souvient d’un visiteur s’apercevant que son ancêtre n’était pas gardien de bagne à Madagascar, mais bagnard…
 » Mais les archives réservent aussi de charmantes surprises  » précise-t-elle. Actuellement, en classant des correspondances personnelles adressées à un établissement pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie, elle a découvert des missives féminines enflammées adressées à un bagnard. « Je vous couvre de mille baisers et caresses « , écrivait cette amoureuse du siècle dernier.
Plus naïfs encore, des cahiers d’élèves d’écoles françaises, creuset de la citoyenneté. « C’est sur toi que nous comptons, petit missionnaire des idées modernes, petit élève de l’école primaire « , a ainsi écrit avec application le petit Indien Diagardjane dans sa dictée…
Anne-Sophie CATHALA

   retour à la page d’accueil   C.A.O.M. Centre des Archives d'Outre-Mer dans ARTS et LETTRES fleche_064    

Publié dans ARTS et LETTRES, CENTRES et ASSOCIATIONS | 1 Commentaire »

Les Africains

Posté par mdame le 7 juin 2009

Le capitaine Félix Boyer est l’auteur de cette marche que chantaient les soldats du  Corps Expéditionnaire Français en Italie, de la Ière Armée qui débarqua en Provence et de la division Leclerc. Il l’a composée en 1942 à Alger .
Le capitaine Boyer, qui passa son enfance à Nice, (où son père était le chef d’orchestre du casino de la Jetée-Promenade), fut l’élève du conservatoire de Paris et de la Schola Cantorum, avant de devenir le chef de musique du 46éme Régiment d’Infanterie, à Paris . Pendant la guerre, il gagna l’Afrique du Nord et on le chargea de constituer une fanfare pour le Gouvernement provisoire d’Alger .
Les armées alliées mirent également à contribution son talent et c’est ainsi qu’il composa le Chant des G.I. qui lui valut les compliments du général Eisenhower.
Il s’est éteint à Nice en 1972.
Le Ministre des Anciens Combattants Duvillard, en 1968, à la demande de nombreuses associations patriotiques, a décidé la levée de l’interdiction de  » La marche des Africains «  que ne jouaient plus les fanfares et musiques militaires depuis l’indépendance de l’Algérie.

 

 1
Nous étions au fond d’Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs,
Quand sous un soleil magnifique
Retentissait ce cri vainqueur,
En avant ! En avant ! En avant !
Refrain
C’est nous les Africains qui revenons de loin,
Nous venons des colonies pour défendre le pays
Nous avons laissé là-bas nos parents, nos amis
Et nous gardons au coeur une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière,
Et si quelqu’un venait à y toucher,
Nous serions là pour mourir à ses pieds !
Battez tambours ! (bis) A nos amours ! (bis)
Pour le pays, pour la Patrie, mourir au loin !
C’est nous les Africains !
 2
Pour le salut de notre Empire
Nous combattons tous les vautours.
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours.
En avant ! En avant ! En avant !
3
De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain,
En avant ! En avant ! En avant !

4
Et lorsque finira la guerre,
Nous reviendrons à nos gourbis,
Le coeur joyeux et l’âme fière,
D’avoir libéré la Patrie,
En avant ! En avant ! En avant !

Les Africains  dans ARTS et LETTRES les_africains_2_petit

images1.jpg


Publié dans ARTS et LETTRES | Pas de Commentaire »

Albert Camus, la radicalité de la nuance

Posté par mdame le 2 juin 2009

 Albert Camus, la radicalité de la nuance dans ARTS et LETTRES CamusLORSQUE l’époque est saisie par une course aux extrêmes et qu’un peu partout prolifèrent les logiques de violence, alors l’urgence est parfois de faire repli sur  » le simple langage de la raison « , afin de regarder la terreur les yeux grands ouverts. Ainsi s’explique en partie le retour en grâce de ce moraliste qu’est Albert Camus (1913-1960), figure naguère marginalisée, et désormais référence quasi incontournable du débat intellectuel.
Ces jours-ci, (décembre 2002) une triple actualité est venue souligner ce renouveau de la présence camusienne : une série d’émissions consacrées à  » Camus le juste « , sur France Culture ; la rencontre internationale tenue les 29 et 30 novembre à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou à Paris, sur le thème  » Albert Camus et le mensonge  » ; et enfin la publication (ou la réédition sous une nouvelle forme) de plusieurs textes décisifs, Camus à Combat, Chroniques algériennes (1939-1958) et le recueil Réflexions sur le terrorisme. Trois événements pour briser l’image qui fit longtemps de Camus le mièvre prédicateur d’une  » morale de Croix-Rouge  » (Francis Jeanson), le citoyen délicat d’une  » République des belles âmes  » (Sartre).
Et si Jean-Jacques Brochier continue de refuser une « camusolâtrie » synonyme d’ »angélisme à faire tomber les murailles », nombreux sont ceux qui se retrouvent à présent pour réhabiliter la force politique de cette pensée :  » Camus était tout sauf un démocrate mou, s’insurge l’historien François Fejtö, exilé de Hongrie, qui a connu Camus au moment de la Libération. Dans son amour de la liberté, il y avait quelque chose de musclé, de viril, et c’est cet idéalisme pur, cet héroïsme, qui le rend maintenant si populaire, par exemple dans les anciens pays de l’Est.  »
Professeur à l’Université libre de Bruxelles, Maurice Weyembergh s’agace à son tour :  » Les bons sentiments, ce n’est pas rien ! Camus n’était pas partisan du statu quo, il n’a jamais renoncé à changer les choses. Mais, face à la terreur, il pensait qu’il fallait d’abord « sauver les corps » en posant des limites morales à la violence, afin que celle-ci ne soit jamais confortable.  »
Limites : voilà posé le terme-clé, concept central d’une éthique qui fait du  » devoir d’hésiter  » un impératif catégorique, comme l’explique l’avant-propos des Chroniques algériennes 1939-1958, où l’écrivain pied-noir, attaché comme personne à ce pays ravagé par une  » tempête de mort « , dit les responsabilités de l’intellectuel face à la  » casuistique du sang  » :  » Pétri de culture grecque, Camus est porteur d’un refus indéfectible de l’hybris, de la démesure, de cette violence illimitée qui engendre un mimétisme dévastateur, souligne le magistrat Denis Salas. Dans Les Justes, il oppose un terrorisme modéré, incarné par le personnage de Kaliayev, au terrorisme incontrôlé de Stepan. Aujourd’hui, Stepan a triomphé sur la scène mondiale, en Algérie, comme au MoyenOrient. Mais demeure chez Camus cet appel éminent à un seuil éthique de la violence politique, et ce souci de la trêve renvoie à une réflexion très contemporaine sur l’inviolabilité de la personne humaine.  »
Limite à la violence, limite à l’omniscience aussi, car si la terreur triomphe, c’est que  » nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison  » (Ni victimes ni bourreaux). D’où l’importance de la  » leçon de modestie  » camusienne, selon le mot de Samantha Novello. Pour cette jeune chercheuse italienne, la philosophie de L’Homme révolté permet de penser les terrorismes contemporains, car  » elle interprète le fanatisme comme le résultat d’une mentalité absolutiste qui croit détenir la vérité absolue. Chez Camus, la pensée de la limite implique celle d’une vérité relative, fondatrice de toute démocratie « .
MORALE SANS DIEU
Devant les  » noces sanglantes du terrorisme et de la répression « , mieux vaut se taire plutôt que d’ajouter le malheur au malheur, martèle donc Albert Camus. Et à la lecture de ses Réflexions sur le terrorisme, dont le souffle se fait parfois pamphlétaire pour répondre aux « farceurs  » qui confondraient son  » idéalisme impénitent  » avec un pacifisme naïf, on découvre que là où certains ont cru voir un fétichisme du juste milieu émerge en fait une véritable radicalité de la nuance :  » Camus n’a jamais été du côté du voeu pieux, et il n’a rien d’un non-violent, souligne Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur et longtemps complice de l’auteur de L’Etranger. Ce qu’il n’accepte à aucun prix, c’est le passage de la résistance au terrorisme, car à ses yeux la fin ne justifie jamais les moyens (au contraire, elle les détermine !), et rien ne peut légitimer l’agression contre les civils. Aujourd’hui, nous assistons à un retour de la morale, et ce retour se fait dans un destin camusien, c’est-à-dire sans dieu, contre l’histoire et dans la vérité du mal.  »
Présidente de la Société des études camusiennes, Jacqueline Lévi-Valensi récuse, elle aussi, l’image édifiante d’un Camus doctrinaire boy-scout, pour réaffirmer l’audace et la tension qui animent toute l’œuvre de l’écrivain :  » C’est d’abord un artiste qui a trouvé les mots justes pour témoigner de la condition humaine, du goût du bonheur et du désespoir de vivre, dans et par l’histoire. Ainsi, je suis frappée par son extraordinaire lucidité quant au réel, par exemple au sujet de la violence. Il sait que la violence est à la fois inacceptable et inévitable. Il n’a donc rien d’un pacifiste béat, mais, avec la crise des valeurs que nous vivons aujourd’hui, entendre sa voix serait salutaire. On peut tout de même redécouvrir une certaine morale sans retomber dans une sorte de gâtisme pétainiste ! « 
Jean Birnbaum (Le Monde 3 décembre 2002 )

   retour à la page d’accueil   fleche_064 camus dans ARTS et LETTRES    

images1.jpg


  

Publié dans ARTS et LETTRES | Pas de Commentaire »

12345
 

michelhenrialexandre |
POUR MES POTES |
prostitution etudiante |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ecoblog le blog éco
| Néolibéralisme & Vacuit...
| Maatjes en bier