ORAN!

Posté par mdame le 29 mai 2013

“ ORAN ! ” « Oran !… »                                                Fut le cri                                                        

Du Marquis de Santa Cruz 

A la vue de ton abrupte baie.  

Et ce fut une prière : 

Celle de ta Vierge dressée 

Par une guirlande fidèle,  

Dévote, rassemblant  

Les flancs de ta montagne. 

Face au vent du Nord,  

Qui détrempe la Sainte  

De nuages de larmes  

Que ramène la nuit,  

Tu mêles la mémoire et les songes.   

Qui ne sut te rêver,  

Ni te dire, enfin,  

Si ton père fut ce Maure, 

Cet inquiet Levantin, 

ou ce héros d´Alsace.   

Tant d´hommes sont venus  

Sur le flux de l´Histoire,  

Portés sur tes rivages,  

Libres de leur misère  

Et fuyant le passé.  

Leurs familles ont semé  

Pour tisser leurs coutumes  

Une langue nouvelle.

que de croix ont plantés  

Les journaliers rompus  

De soleil, 

Pour qu’enfin le désert  

Pût se faire verger ! 

Et que d´enfants perdus,  

Drapés dans la Bannière,  

Plutôt que regretter  

Leurs espoirs entêtés !    

Tu connais ce tonnerre 

Que gardent tes entrailles, 

Et qui sut mettre en fuite  

Jusqu’aux plus valeureux.  

Tu ne crains la mer brave, 

Ni les soleils brûlants 

Que tu offres assagis 

Aux enfants des rivages,  

Qui dressent sur tes plages  

Mille châteaux d´espoirs fous.  

Mais un Homme est venu,  

Aux desseins malhonnêtes, 

Ajoutant à la Guerre une haine de plus, 

Et, à la Vierge, là-haut, encore plus de blessures.   

Alors, les patios se sont tus  

Où bruissait la guitare.  

Tes places se sont fanées  

Où pleuraient les fontaines  

Des rendez-vous manqués. 

Puis ton Histoire niée 

D´amours et de labeurs.  

Sur les quais de douleurs, 

Sonnent alors déchirantes  

Les sirènes du départ : 

Les vivants, vers leur sort incertain, 

Les morts, vers le sûr infini. 

Tu es ce que nous fûmes, 

Et ton cœur bat en nous 

Malgré l´oubli de tous.  

Prie toujours pour les tiens, 

Oran,  Oran, ma ville sacrée.  

        Carlos Galiana Ramos (*)     

(*) Traduit de l´original en espagnol « ¡Orán ! » ,  inclus dans le livre « Españoles en Argelia – Memoria de una Emigración » de Juan Ramón Roca, par Marie-Hélène Carbonel  (auteur du roman « D´Une Rive, l´Autre – Chroniques Oranaises » – www.mhcarbonel.com ).

  

  

 

 

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BASTIEN-THIRY Jean

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2013

Jean de Brem en hommage au fusillé du 11mars 1963

FORT D’IVRY A LA FRAICHE

 

« Tu n’étais pas un baroudeur, mon Colonel
Tu n’étais pas une figure légendaire
Ni un brillant stratège de la guérilla
Ni un seigneur du djebel.
Tu n’étais pas un fasciste
Ni un chouan pétri de traditions
Ni un automate sorti des camps viets
Ni un officier perdu d’orgueil.
Tu n’étais pas un para
Tu n’avais pas l’amour des combats impossibles
Ni le culte du Désespoir
Ni la vanité des soldats d’élite.
Tu n’étais pas révolutionnaire
Tu ne voulais la place de personne
Tu n’étais pas amer
La haine ne couvait pas dans ton cœur
Ni le dégoût dans ton regard
Ni l’insulte dans ta bouche.
Non.

Tu n’étais qu’un homme paisible
Calme, honnête, responsable
Un chrétien réfléchi et pur
Un officier consciencieux
Un jeune savant, technicien appliqué
Qui menait la vie de tout le monde
Entre sa femme et ses filles…

Mais un jour…
Un jour a cessé la paix civile.
Car l’Orgueil est entré dans la cité
Pour étrangler la Patrie au nom de la Patrie
Pour lacérer les drapeaux au son des fanfares
Pour décapiter l’armée qui était la Force de la Nation
Pour épurer la Fonction qui était l’Élite de la Nation
Pour soudoyer l’Église qui était la conscience de la Nation
Pour tromper les masses qui étaient la Nation même
Pour appeler chaque défaite un triomphe
Chaque crime un miracle
Chaque lâcheté un fait d’armes
Pour appeler la comédie Droiture
L’impuissance, Fermeté
L’Abandon, Succès
La Haine Modération
L’indifférence, Lucidité
Et les Plébiscites Référendums

Toi, on t’avait appris
Qu’une parole ne se reprend pas
Que la France est une et indivisible
Que la loi est la même pour tous
Que la télévision est à tout le monde
Et bien d’autres choses encore,

Tu as vu tous les grands
Tu as vu tous les responsables
Tu as vu tous les dignitaires
Protester mollement, d’abord
Et puis se taire bien vite
Dès qu’ils ont senti le bâton.

Et tu n’as pas compris qu’ils étaient lâches
Car tu ne t’étais jamais parjuré
Car tu n’avais jamais hésité et menti
Ta vie était droite comme l’horizon des mers
Et tu regardais le soleil en face.
Les généraux pouvaient empêcher la France de mourir
Et aussi les fonctionnaires
Et aussi les évêques
Et aussi les professeurs
Les députés
Les magistrats
Et aussi les grands bourgeois
Les financiers
Les journalistes
Mais ils ont préféré la servitude
Ils ont vendu leur liberté trente talents
Ils ont acheté trente talents le droit
De survivre à leur Patrie
Pour continuer à ramper comme des vers
À grouiller comme des cloportes dans les ruines d’un monde en flammes.

Alors toi, mon Colonel
Un citoyen inconnu, un patriote inconnu
Tu as senti ton heure venue
Tu es devenu le glaive
Tu as frappé devant Dieu et les hommes.

On t’a traîné devant les juges
Pour une parodie de procès
Où des robots vêtus d’hermine
Petits fonctionnaires des abattoirs
Choisis sur mesure par le Prince
Au nom du peuple français
Ont ri de tes paroles
Bouché les oreilles à tes explications
Et t’ont condamné de leur voix mécanique
A quitter la comédie humaine.

Tu les gênais, toi qui ne jouais pas
Tu les salissais, toi qui étais pur
Et ta voix nette et claire
Témoignage de l’Histoire Eternelle
Il fallait l’étouffer pour qu’on cessât de voir
Les fronts rouges et les âmes sales
Des courtisans chamarrés
Affolés par ton audace d’homme libre.

Adieu, Brutus.
Tu es mort, un chapelet tressé dans tes doigts
Sans haine et sans colère comme un héros paisible
Il s’est trouvé des soldats pour t’abattre
Ils t’ont couché dans l’herbe du fort
Et ils ont basculé ton corps dans une fosse
Sous la pluie fine de l’aurore
Ils ont joué aux dés ta tunique bleue d’aviateur
Déchiré ton ruban rouge
Et dispersé tes galons d’argent et d’or au vent de l’Histoire.
Et ils ont cru, les déments
Que ta mémoire piétinée
Ton souvenir effacé par décret
Se tairait à jamais la voix d’un homme.

Alors que ta mort tranquille
Nous rendait un dernier service…

Regarde-nous mon Colonel
Du haut du paradis des croyants
Situé à l’ombre des épées :
Regarde-nous

Tu as maintenant dix mille fidèles
Que ton martyr d’officier
A rendu à la lumière ;
Qui jurent devant Dieu
De faire éclater nos chaînes,
Et de révéler ton image

Un jour au soleil d’été
Dans l’avenue qui portera ton nom
Des milliers d’hommes aux yeux fiers
Défileront d’un même pas
Guidés par les clairons de la postérité
Et d’un seul geste, au commandement,
Croiseront le regard de ton effigie
À jamais sanctifiée par les hommes.

Dors maintenant, mon Colonel,
Tu es entré dans la paix…
Mais qu’ici-bas sur la terre
La malédiction demeure…
Que ton sang retombe sur les têtes
Des Pilate et des Judas
Qui poursuivent leurs vies d’insectes
Au prix d’un forfait si grand…
Et que nos larmes brûlantes
De douleur et de colère
Fassent jaillir de la terre grasse d’Europe et d’Afrique
La race nouvelle d’Occident…
Merci pour tout, mon Colonel
D’avoir vécu en français
Et d’être mort en Officier.
Car le moment est venu
Où après un tel exemple
Tu vas nous obliger à vaincre…
« 

 

 

 

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Rencontres d’Outre-rive:Paris 27 avril 2013

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2013

      Paris le 19 mars 2013

Le Président  et le bureau vous prient d’assister samedi 27 avril de 14h30 à 17h30

Maison des associations, 4 rue Amélie, 75007 PARIS, métro La Tour Maubourg ou Invalides aux       

                      RENCONTRES d’OUTRE-RIVE

-In Memoriam, lectures et témoignages en souvenir de Monseigneur Pierre BOZ

-« Bastien-Thiry 50 ans après » : lectures et témoignages

-Présentation d’auteurs, de livres, librairie, dédicaces

Ces rencontres seront suivies d’un diner amical autour d’un invité surprise.

Retenez sur vos agendas notre prochaine rencontre autour du  5 juillet 2013

Découvrez et faites découvrir notre blog !     http://lesamisdalgerianie.unblog.fr

Pour nous joindre :      algerianie@live.fr      et/ou      tel : 07 86 77 97 08 ………………………………………………………………………………………………………………………………………………

RESERVATIONS obligatoires avant le mercredi 24 avril 2013

Je soussigné                                                     tel                                                         vous prie de me réserver

….places à 5€ (participation aux frais) pour la projection soit …. €

….places à 19€ pour le diner de 19h, soit …. €

Ci-joint un chèque global de……..€ à l’ordre de AAALGERIANIE, adressé  à

AAALGERIANIE, BP 60001, 33026 BORDEAUX CEDEX

 

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Afin que nul n’oublie

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2013

Sept siècles après l’invasion arabo-musulmane de l’Afrique du nord, à la fin de la reconquête par les Rois Catholiques de la péninsule ibérique, débute un « djihad maritime » qui va terroriser la Méditerranée en multipliant les actes de piraterie, développant l’esclavage.

Après la fin des guerres napoléoniennes et la libération de la Grèce du joug ottoman, le traité d’Aix-la-Chapelle de 1818 confie à la France la mission de rétablir la paix et la sécurité en Méditerranée. L’expédition d’Alger de 1830 puis  les politiques de la France ont permis un peuplement d’Européens en Algérie. Plus de quatre générations de femmes et d’hommes reposent depuis lors dans des centaines de nécropoles civiles.

Après le 19 mars 1962, barbarie et terrorisme ont conduit la quasi-totalité de ces populations à choisir « la valise plutôt que le cercueil », l’exode, abandonnant sépultures et parfois la vie .Depuis plus d’un demi siècle des crimes crapuleux ou fanatiques ont dévasté, profané des dizaines de milliers de sépultures, de dépouilles mortelles, en Algérie.

La France qui n’a su garantir ni la sécurité, ni les biens de ses ressortissants se doit de garantir la mémoire d’une histoire partagée. L’Algérie soumise à une très forte pression démographique récupère tout foncier en zone urbaine  et en particulier les cimetières chrétiens ou juifs. Il faut réparer et sauvegarder ce patrimoine historique, artistique, véritable arche mémorielle lancée entre les deux rives  entre passé et avenir. AAA/GG/2013 02 07

 

 

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FELLAGHA

Posté par lesamisdegg le 8 mars 2013

« Fellagha »

Quand ma pensée s’en va vers l’Afrique du Nord,

Je me sens, tout d’un coup, bourrelé de remords.

Que l’Algérie soit une province française,

C’est évident, bien sûr, bien qu’à tous ça ne plaise.

Que des hommes aient fait d’un bled qui n’était rien,

Ce beau pays algérien,

Nul ne peut dire le contraire…

Seulement, ces temps-ci, il faut compter, là-bas

Avec un mécontent, un certain fellagha.

Et, petit fellagha, c’est à toi que je pense

En voyant ta rancune à l’égard de la France.

J’ai beaucoup réfléchi et ma méditation

Me décide à venir te demander pardon.

Oui, pardon, fellagha, pardon pour mon grand-père

Qui vint tracer des routes et labourer la terre.

Il est tombé chez toi, il a tout chamboulé.

Où poussaient des cailloux, il a foutu du blé.

Et, mettant après cela le comble de l’ignoble,

Où poussaient des cailloux il a fait un vignoble

Pardon, cher petit Fellagha,

Oh, pardon de tous ces dégâts.

Et mon affreux grand-père (il faut qu’on le confesse)

N’était pas seul de son espèce.

Ces autres scélérats ont bâti des cités,

Ils ont installé l’eau et l’électricité.

Et tu n’en voulais pas, c’est la claire évidence,

Puisqu’avant qu’arrive la France

Tu n’avais, en dehors de la Casbah d’Alger,

Que la tente ou bien le gourbi pour te loger.

Et tu t’éclairais à l’huile.

Nos maisons, bien sûr, c’était la tuile.

De l’électricité, là encore soyons francs,

Tu ne demandais pas qu’on te mette au courant.

Tu t’es habitué à ces choses infâmes

Mais à regret et la mort dans l’âme

Stoïquement, d’ailleurs, supportant ces malheurs,

Avec courage et bonne humeur.

Mais tu engraissais, mais de mauvaise graisse

Car tu prenais le car (une invention traîtresse),

Ce même car que, pris d’un délire divin,

Tu devais, un beau jour, pousser dans le ravin.

Je comprends ta rancœur, je comprends ta colère,

Tu n’es pas au niveau des Arabes du Caire

Tu gâches et tu vis mieux qu’un fellagha égyptien.

À quoi Nasser … Nasser a rien

Nous avons massacré les lions, les panthères,

Nous avons asséché les marais millénaires.

Les moustiques sont morts. Les poux, De Profundis.

Nous avons tout tué, jusqu’à la Syphilis.

Ah! Pardon, Fellagha, pour tous ces carnages.

Nous avons fait tout cela, c’est bougrement dommage.

Car si d’autres idiots l’avaient fait, inspirés

C’est nous qui maintenant, viendrions vous libérer,

Et bouffer les marrons cuits pour ces imbéciles.

C’aurait été moins long et beaucoup plus facile.

Bien pardon, Fellagha, de t’avoir mieux nourri,

Et d’avoir à tes pieds nus, mis (oh maladresse),

Des souliers…

Dont tu voudrais nous botter les fesses.

Pierre Jean Vaillard

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Islam par Pierre BOZ-RIP-

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Monseigneur Pierre Boz, Exarque Patriarcal des Melkites catholiques, (Exarque du patriarche de. Damas et de tout l’Orient) est conseiller pour l’islam à l’archevêché de Paris. Arabisant de longue date, spécialistes des dialectes du Maghreb, il est l’auteur de  « L’islam découverte et rencontre » Très soucieux d’entendre l’intériorité religieuse de cette expérience, il met en valeur ses proximités et ses différences avec celle des juifs et des chrétiens. Lors de la première édition de ce livre au début des années 1990, le contexte de l’islam était différent, moins marqué par la percée des mouvements fondamentalistes, la question du terrorisme, le développement et l’organisation d’un islam propre à la France. Cette nouvelle édition propose donc des informations complémentaires, avec de nouveaux chapitres consacrés par exemple à la notion de Djihad, aux forces en présence au sein de l’islam de France, ou aux commentaires nouveaux du Coran. Une excellente initiation à l’islam, conçue dans un esprit de compréhension, de respect et de dialogue.découverte et rencontre

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une fin des temps

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Pierre Boz. Une fin des temps. Fragments d’histoire des chrétiens en Algérie.

mardi 22 décembre 2009 Desclée de Brouwer. 2009. 289 pages, 20€

Il condamne la violence de la guerre « révolutionnaire », les promesses trahies du Congrès de la Soummam, la technique de la razzia héritée du passé, la torture pratiquée sans être généralisée, les enlèvements destinés à faire fuir les Européens, les prisonniers saignés à blanc par les médecins du FLN, le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. L’indépendance n’a pas éliminé la violence contre les chrétiens et les religieux, qui nombreux furent enlevés et assassinés en 1993 et 1996

Ayant vécu les derniers jours de l’Algérie française, il témoigne ici de la fin programmée de l’Eglise d’Algérie, et de la responsabilité qui fut celle du cardinal Duval, une personnalité complexe, qui dès les années 1950 a prôné une solution politique soutenue par la violence la plus extrême. Il lui est arrivé une seule fois, lors des barricades, de se soucier de protéger les chrétiens. Son attitude pose plusieurs problèmes : – celui de sa parenté avec la théologie de la libération – celui de la juridiction des évêques dans les pays non chrétiens – celui de la politique du Vatican.

Une autre théologie est mise en question, celle de l’enfouissement, incarnée par le Père de Chergé et les moines de Tibhirine, dont Pierre Boz relate l’enlèvement (le jour du décès du cardinal Duval) et les suites judiciaires actuelles.

In fine, Mgr Boz rappelle l’histoire de l’Eglise en Algérie depuis Saint Augustin, les échanges de Mgr Dupuch avec l’émir Abd el Kader, l’hostilité de l’administration au cardinal Lavigerie et l’interdiction du prosélytisme, la solidarité franco-musulmane et les symboles de piété mariale. Les personnalités de Mgr Scotto et Claverie, et de l’abbé Berenguer, sont également évoquées.

Un livre courageux et lucide, qui retrace l’histoire douloureuse et controversée de la mort d’une Egliseun livre de Mgr Pierre BOZ

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ALBERT CAMUS

Posté par mdame le 1 août 2010

ALBERT CAMUS  Homme révolté, homme déchiré 

Lors du dernier Maghreb des Livres, en février dernier, une table ronde était proposée, pour parler du rôle des libéraux pendant la guerre d’Algérie.  Un écrivain algérien a dit fort justement : « les modérés ne réussissent jamais »

Et c’est vrai. En temps de conflit brutal, les opinions se focalisent sur des convictions et engagements bien définis, fatalement en opposition. Nulle attention n’est accordée à ceux qui prônent le dialogue, l’écoute de l’autre, qui  tentent d’aplanir les affrontements, de trouver un consensus acceptable par les deux parties…

Lorsqu’une guerre est franche, tout est simple : il y a deux ennemis face à face, et l’unique  préoccupation consiste à gagner la guerre, militairement d’abord, politiquement ensuite.

Mais en ce qui concerne la Guerre d’Algérie, la situation était infiniment plus complexe. Il s’est agi, en fait d’une double, voire triple guerre civile : Français contre indépendantistes, Adeptes du MNA (Messali) contre FLN, Français contre Français…

Que peut ressentir un intellectuel français, un artiste, un pied noir, devant tant de déchirements ?

La sensibilité à l’injustice 

Albert Camus est né dans une famille pauvre, très pauvre. Orphelin de guerre à 1 an, sa mère sourde et pratiquement muette, faisant des ménages pour assurer le quotidien… Pas de jouets en nombre, mais un simple ballon de football et le plaisir des petites joies simples : la beauté de la nature, la mer, le soleil…  De cette enfance aux conditions étriquées, le futur auteur puise sa sensibilité extrême aux conditions de vie précaires et la sensualité face à la nature dont il parera plus tard ses œuvres. De sa condition sociale, il tient son sentiment aigu devant toute injustice.

Dès l’enfance, le petit garçon fait preuve d’une remarquable curiosité intellectuelle.  Une bonne fée place sur son chemin un instituteur avisé qui reconnait en lui son potentiel et lui ouvre le goût de la connaissance : Louis Germain, auquel il aura plus tard l’élégance de dédier son Prix Nobel.

Un parcours scolaire brillant, études à la faculté de lettres d’Alger… et le voilà prêt à mettre toute son énergie au service du monde.

Journaliste engagé, auteur dramatique, directeur du théâtre populaire d’Alger, présentant des pièces                                   camusalgerrepublicain1.jpg


 

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Sartre et Camus

Posté par mdame le 1 août 2010

 

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Jean-Paul SARTRE (1905-1980) et Albert CAMUS (1913-1960) 

ou l’histoire d’un Saint laïc

 

 

Je suis bien sûr très flatté que le président Gérard GARCIA m’ait demandé de vous parler d’Albert Camus, sans doute le plus célèbre et le meilleur d’entre nous. J’en suis flatté, mais aussi confus car rien ne me qualifiait particulièrement pour le faire : je ne suis ni professeur de lettres, ni philosophe, ni membre du jury du prix Nobel. Bien d’autres participants, comme on vient d’ailleurs de le constater, ont plus de titres que moi pour évoquer ce grand moraliste dont les romans, les pièces de théâtre et les essais philosophiques, traduits dans le monde entier, lui ont valu, en 1957, le prix Nobel.

                                               camusprixnobel19571.jpg

A la réflexion, j’ai néanmoins accepté la proposition. Non pas avec l’ambition d’analyser son œuvre, ce que d’autres, je le répète, font mieux que moi, mais pour évoquer le personnage dont je me sens très proche. Pour en parler, non pas comme un objet d’étude, mais comme un être familier. Avec tout le respect que je lui dois et qu’il mérite, je le considère comme un membre d’une grande famille à laquelle j’appartiens aussi.

Ma proximité d’Albert Camus est tout d’abord d’ordre géographique. Il est né à Mondovi, village de la plaine de Bône (Ennaba), situé à une dizaine de kilomètres de Penthièvre (Oued Berda), le village de colonisation qui, vers 1853, fut créé par mes tris aïeux et quelques autres émigrés rhénans. À l’époque, une dizaine de kilomètres, ce n’était rien. Une distance aussi courte n’effrayait personne. À pied ou en carriole, entre les deux villages, on circulait presque quotidiennement.

Quand le chemin de fer fut construit, Mondovi devint la gare desservant Penthièvre. L’un de mes grands oncles (Edouard Mayer) fut forgeron à Mondovi où il mourut en 1908. Deux de mes cousins y sont nés, dont l’un était le neveu de Deluca, le Maire socialiste de Sétif, qui fut assassiné dans cette ville, le 8 mai 1945, il y a aujourd’hui, jour pour jour, soixante-cinq ans.
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Lettre ouverte au Président Bouteflika de M. André Savelli,

Posté par mdame le 15 octobre 2009

Lettre ouverte au Président Bouteflika de M. André Savelli,
professeur agrégé au Val de Grâce, Chevalier de la Légion d’Honneur
, officier de l’Ordre National du Mérite

Monsieur le Président,

En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !

C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.

Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion. Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadram , Histoire des Berbères,T I, p.36-37, 40, 45-46. 1382).

Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme, sans rien construire en contre partie.

Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30 000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12 000 têtes pendant son règne.

Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.

Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.

Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5 000 Turcs, 100 000 Koulouglis, 350 000 Arabes et 400 000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.

Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2 000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !

Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.

Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » – j’accepte).

Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, – il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle – mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles, un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.

Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.

Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.

Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?

Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75 000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A.S., il y a eu plus de 200 000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique , beaucoup plus que pendant la guerre d’Algérie. C’est cette guerre d’indépendance, avec ses cruautés et ses horreurs de part et d’autre, qui a fondé l’identité algérienne. Les hommes sont ainsi faits !

Monsieur le Président, vous savez que la France forme de bons médecins, comme de bons enseignants. Vous avez choisi, avec votre premier ministre, de vous faire soigner par mes confrères du Val de Grâce. L’un d’eux, Lucien Baudens, créa la première Ecole de médecine d’Alger en 1832, insistant pour y recevoir des élèves autochtones. Ces rappels historiques vous inciteront, peut-être, Monsieur le Président, à reconnaître que la France vous a laissé un pays riche, qu’elle a su et pu forger, grâce au travail de toutes les populations, des plus pauvres aux plus aisées – ces dernières ayant souvent connu des débuts très précaires -. La France a aussi créé son nom qui a remplacé celui de Barbarie. Personne ne vous demandera de faire acte de repentance pour l’avoir laissé péricliter, mais comment expliquer que tant de vos sujets, tous les jours, quittent l’Algérie pour la France ?

En fait, le passé, diabolisé, désinformé, n’est-il pas utilisé pour permettre la mainmise d’un groupe sur le territoire algérien ? Je présente mes respects au Président de la République, car j’honore cette fonction.

Un citoyen français,
André Savelli,

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