les yaouleds patriotes

Posté par lesamisdegg le 7 août 2015

 

YAOULEDS

YAOULEDS

Il pouvait être 9 heures du soir, ce lundi 3 aout 1914 , les derniers accents de la retraite militaire, le roulement des tambours, les sonorités des clairons et les sons nasillards de la nouba venaient de s’éteindre vers les casernes lointaines, quand une rumeur grossissante parvint jusqu’à la terrasse de la brasserie où j’étais attablé avec quelques camarades, humant le frais et discutant sur les événements. Comme elle venait vers nous, nous nous levâmes, pour aller voir au coin du boulevard ce qui pouvait bien la motiver. Et une singulière et touchante manifestation se déroula sous nos yeux.

C’étaient les petits cireurs indigènes pas plus hauts qu’une botte, les petits biskris, ces yaouleds dont une boîte en bois blanc renfermant quelques brosses constitue tout le fonds social, qui s’étaient réunis dans les hauts quartiers en un turbulent meeting. J’ignore ce qu’on y a voté, mais à l’issue de cette grave réunion, les manifestants défilaient maintenant, quatre par quatre, derrière le drapeau corporatif constitué par trois chiffons tricolores noués ensemble (le syndicat n’est pas riche). Et tous, brûlant du désir de combattre pour la noble cause, mais ne pouvant -  hélas -  devenir tirailleurs ou spahis, dévalaient vers le port en chantant :

 Li drapeau de la France, Qui si qui rend li cœur joyeux !

Et longtemps après, dans la soirée, comme je regagnais ma petite villa de Miramar, sise sur la falaise dominant la rade  d’Oran où s’entassent maintenant, en vue du prochain départ des troupes, les cargos et les paquebots de toutes dimensions, les chants des petits cireurs acclamant la France montaient jusqu’à moi. Aux cieux, le croissant argenté de la lune, symbole de l’islam, affectait un profil quasi humain qui semblait sourire malicieusement. Sans doute souriait-elle, Phébé, à la pensée du grand soulèvement musulman dont rêvait, peut-être à cette heure, le kaiser. 

Henry d’Estre

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the ORAN massacre

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2015

the Oran massacre

le massacre d’ORAN

july 05 1962

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CAMUS Albert -terrorisme en Algérie-

Posté par lesamisdegg le 27 mai 2015

« Les noces sanglantes du terrorisme et de la répression « 

Le dernier terrorisme auquel Camus eut affaire fut celui perpétré par les fellagas (1954-1962).

L’auteur, décédé dans un accident de voiture en janvier 1960, ne connut pas la fin du conflit.

Né en Algérie de parents Pieds-Noirs fort pauvres, farouchement attaché à sa terre et à la diversité des communautés (arabe, kabyle, juive, pieds-noirs) qui la composaient, Camus militait activement et incessamment depuis ses vingt ans la mise en place d’une plus grande justice politique, sociale et économique en Algérie française. En juin 1939, il publia notamment dans Alger républicain une série de onze longs articles dénonçant la famine et le dénuement dont souffraient les Kabyles et appelant à des réformes urgentes.

Quand le terrorisme éclata en 1954, Camus se refusa à soutenir le FLN. Il craignait, à juste titre,  que la victoire de ce parti ne conduisît à l’avènement d’ « une Algérie reliée à un empire d’Islam qui ne réaliserait à l’intention des peuples arabes qu’une addition de misères et de souffrances » et qui exclurait les Pieds-Noirs de son sol. Lui défendait la constitution d’une fédération où les populations multiples d’Algérie vivraient ensemble sans qu’aucune n’en soit bannie pour des raisons ethniques ou religieuses.

Aussi Camus récusa-t-il autant le FLN qui recourait au terrorisme que l’État français ou les « ultras ». Ses articles et éditoriaux de cette période, de même qu’un appel à la trêve civile lancé au péril de sa vie à Alger en janvier 1956, enjoignent les deux camps à mettre fin à une violence mortelle, à ses yeux contagieuse et inacceptable. Cette violence révolte l’écrivain parce que, chez les uns, elle prend pour cible des civils innocents et que, chez les autres, elle remplace la justice par la force répressive. Lui veut interrompre « les noces sanglantes du terrorisme et de la répression » et leur substituer le dialogue.

Avec assiduité, et ce même après l’échec de son appel à la trêve et l’adoption d’une réserve certaine, il appelle à l’établissement d’une société pleinement démocratique, notamment avec la publication des Chroniques algériennes (1958) .

Il s’engage aussi pour sauver des vies. À titre privé, il intervient à maintes reprises pour demander la grâce de membres du FLN condamnés à mort dont il n’approuve pourtant pas les actes terroristes.

Ces actes lui inspirent un dégoût profond lorsqu’ils sont synonymes du meurtre « de femmes et d’enfants », de populations innocentes.

 

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Le saut du cheval du khalife .

Posté par lesamisdegg le 6 mars 2015

1897 le rocher de Ste Clotilde

1897 le rocher de Ste Clotilde

1837 route d'Oran à Mers-el-kébir

1837 route d’Oran à Mers-el-kébir

salto del cavallo 1757

salto del cavallo 1757

« La tragique histoire du khalife Tachefine »

Tachefine-Ibn-Ali sortit d’ORAN , disent les chroniques, par une nuit obscure pour échapper à la  surveillance d’Abd-el-Moumèn. Il  était monté sur sa belle jument Rikhawa rapide « comme le vent » ayant en croupe une de ses femmes qui avait toujours été la compagne de ses fatigues et de ses dangers ; il se dirigeait vers Mers-el-Kébir où un bâtiment l’attendait pour le transporter en Espagne ; mais il n’échappa point à la vigilance des gardes. Découvert par les sentinelles du camp almohade, il aima mieux mourir que de tomber vivant entre les mains de ses ennemis, et il se précipita du haut d’un rocher escarpé. Le lendemain, son corps, celui de sa femme Aziza et celui de sa jument furent trouvés sanglants et déchirés au bord de la mer.

Du côté de la mer, un sentier contourne les contreforts de Santa-Cruz. C’était ce chemin qui, lorsque la route moderne n’existait pas encore, mettait en communication Oran avec la rade de Mers-el-Kébir et, vraisemblablement, c’est celui que suivit le Khalife almoravide pendant la nuit fatale où il trouva la mort. En effet, ce chemin qui, depuis la construction de la route est à peu près abandonné, offre encore, en quelques endroits, une largeur suffisante pour que deux cavaliers puissent s’y croiser ou chevaucher de front; anciennement, quand il était plus fréquenté, cette largeur devait être la même sur tout son parcours et, comme il reste horizontal, contournant le mont d’Aïdour jusqu’au village de Sainte Clotilde où il arrive par un ravin dans lequel il descend brusquement, c’était agir témérairement, il est vrai, mais non follement, que de le parcourir au galop. Poursuivi par les Almohades, Tachefine n’avait plus que cette chance de salut et, malgré l’obscurité de la nuit, malgré le précieux fardeau qu’il portait en croupe, il se décida à la tenter. Toutefois le sort ne lui fut pas favorable . Avant d’atteindre le ravin par où il descend à Ste Clotilde et puis au rivage, le chemin côtoie, en corniche des falaises à pic dont le pied baigne dans la mer ; la route moderne passe en bas, de façon que, dans l’état actuel, les corps de ceux qui seraient précipités d’en haut n’atteindraient probablement plus le rivage mais tomberaient sur la chaussée, d’où, peut-être ils rebondiraient encore, cependant, jusque dans la mer ; autrefois, le rocher descendait en ligne droite et à peu près perpendiculaire du sommet à la base et, si la légende est vraie, c’est dans cet abîme que l’on nomme salto del cavallo, le saut du cheval, que furent précipités le Khalife, son épouse Aziza et leur monture qui était la jument favorite de Tachefine.

En Algérie.par G. de Lombay,…1893     

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CARNAVAL ORAN 1925

Posté par lesamisdegg le 17 février 2015

Oran 1922 carnavalLes fêtes de Carnaval ont toujours été des plus réussies à Oran.

Cette année-ci, malheureusement, elles ont été, en partie, contrariées par les subites sautes d’humeur de dame Nature. Samedi, durant les dernières heures de la nuit, d’abondantes averses transformèrent les rues de notre cité en de véritables cloaques de boue  liquide. Le dimanche, débuta pluvieux, incertain. Le jour d’un gris sale, se leva tard, comme un vieux rentier et .le soleil, capricieux, ne parut que par intervalles. Toutefois, petit à petit, les principales artères prirent leur air guilleret des dimanches de fête.

Boulevards du Lycée et Seguin, Place Yillebois-Mareuil et rue d’Arzew, les marchands de confettis et de serpentins, installaient leurs légers baraquements et leurs éventaires, profitant d’une soudaine éclaircie, réconfortante ainsi qu’un féminin sourire. Enfin, vers midi, le soleil, las de nous faire grise mine, accorda la douceur de ses rayons joyeux. Le froid très vif rougissait davantage les frais minois de nos gentes Oranaises, délicatement fardées, avivant les regards enjôleurs jaillis d’entre les fourrures de skunks ou d’opossum. L’après-midi, malgré le vent un peu vif, la théorie des véhicules plus ou moins bien décorés, et les nombreuses frasques qui ne pouvaient se payer le luxe d’une calèche ou d’un taxi défilèrent dans les principales rues d’Oran, entre deux haies de chaises garnies de spectateurs et de mignonnes spectatrices. La gaité, saine et fraiche, brillait en tous les yeux. Cette première journée, fut assez animée sans, toutefois, égaler les fêtes des années précédentes.

Très peu de chars et de groupes artistiques. Tous, ou presque, sacrifiaient au dieu du jour; j’ai nommé la Publicité. Citons seulement le beau char de la maison Vila – où se trémoussaient de jolies personnes-, celui de l’anis Diamant aux personnages déjà remarqués l’année dernière -soldat d’opérette espagnole- . Le soir la foule des masques où se perdaient quelques gens non déguisés assaillit les dancings organisés un peu partout : au Régent, au Continental, au Palais de la Danse à l’Alhambra, que sais-je encore ? ; Lundi, le vent se mit de la partie, un vent très froid, qui tailladait la peau du visage. Cela n’empêcha pas nos concitoyens de rivaliser d’entrain, quoique les groupes déguisés et les véhicules parés fussent moins nombreux que la veille. Pour une deuxième journée de fêtes, elle ne fut pas trop mal réussie. Mardi, le soleil se leva dans un ciel sans nuages, nous promettant une belle après midi, En effet le ciel redevenant aussi azuré qu’à l’ordinaire incita les masques à sortir plus nombreux, tels les escargots qui après la pluie, dressent vers le soleil leurs molles antennes. Et la bataille commença. Les serpentins zigzaguèrent dans l’espace lancés des balcons, bondés de gentes demoiselles ou des véhicules joliment décorés. Et les confettis, lancés à brûle-pourpoint, saupoudrèrent les souples chevelures des promeneuses et leurs toilettes claires.

Quelques masques isolés donnèrent la note comique, cependant que ces couples richement travestis témoignaient de leur goût artistique .Remarqués parmi ceux-ci deux charmants petits pages très XV ième siècle. Ce fut une belle et bonne journée, trop courte, hélas !

Les boulevards conservèrent leur animation jusqu’à fort tard dans la nuit. Dans tous les bals il y avait foule et les jeunes et même les pas tout à fait vieux, s’en donnèrent à cœur joie, pour ne se réparer qu’à l’aube naissante. Combien d’idylles ébauchées avec la complicité du loup de velours ! Que de drames poignants soigneusement cachés sous le rictus des visages fardés ! Qu’est-ce que l’existence, d’ailleurs ? Une éternelle mascarade, un infernal Carnaval où chacun trompe tout le monde : parents, voisins, amis et inconnus.

Chacun porte son masque que nous n’ôterons que le jour où sonnera j’heure de la Justice. Amusez-vous, jeunes gens ! Ne songez pas que ces fêtes sont le symbole de notre vie ici bas ! Aujourd’hui, vous avez déposé dans un tiroir votre masque de satin noir. A vos épaules pèse à nouveau le joug de l’existence. Gardez au moins le doux souvenir de ces, quelques journées de plaisir, qui vous ont  permis d’oublier les soucis quotidiens.

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Bonne année ! Bonne santé !

Posté par lesamisdegg le 2 janvier 2015

 

Le marin, la paille et l’âne -conte bonois-

En 1875, Luigi Schiafino, un marin génois, apprit que de nombreux navires de commerce partaient de Toulon vers l’Algérie.

Comme il était sans emploi, il décida de quitter sa ville natale pour tenter sa chance ailleurs en embarquant sur l’un de ces navires. Il prit un baluchon contenant ses effets personnels, toute sa fortune, et se dirigea, à pieds, vers Toulon.

Après deux semaines de marche, il arriva à Gonfaron, petit village du centre Var, situé au pied du massif des Maures, connu dans le monde entier car, selon la légende locale, en 1645, un âne aurait volé du haut de la colline sur laquelle était bâtie le vieux village et aurait atterri au fond du ravin à la grande stupéfaction des habitants. Cet exploit fut considéré comme un miracle que l’on attribua à saint Quinis, protecteur des habitants de Gonfaron. Depuis cette époque, aucun âne n’avait pu décoller du sol au grand désespoir du clergé local qui multipliait messes et incantations pour que le miracle de l’âne volant se reproduise de temps en temps afin d’attirer les touristes et surtout les pèlerins du monde entier.

Las d’implorer saint Quinis, les Gonfaronnais décidèrent de prendre leur destin en main en organisant un challenge annuel offrant une somme très importante à qui ferait voler un âne sur la place du village. Ce challenge avait lieu le dernier samedi du mois de juin et, hasard ou destinée, Luigi Schiafino était présent dans Gonfaron ce jour-là. Celui-ci se porta candidat et, après que le curé du village eut béni l’âne placé au centre de la place du village, il s’approcha lentement du quadrupède, lui souleva la queue et, d’un geste sûr, lui planta une paille dans le cul. Il invita ensuite les habitants de Gonfaron à souffler dans la paille afin de gonfler l’animal comme une baudruche.et la paille ....

Le premier souffleur fut le notaire : il inspira fortement puis lâcha d’un seul coup son air dans le rectum de l’âne qui se mit à braire de plaisir mais qui ne bougea pas d’une semelle. Le deuxième qui tenta sa chance fut le maire : il gonfla son torse et souffla dans la paille afin d’introduire tout l’air qu’il avait stocké. Mais sa tentative ne réussit qu’à faire sursauter l’animal, sans doute surpris par la tiédeur du mistral qui venait de s’engouffrer dans son arrière-train. Le troisième qui entra dans la compétition fut Luigi. Celui-ci saisit la paille et, comme il était délicat, il la retira et la retourna pour éviter de poser ses lèvres au même endroit que ses prédécesseurs. C’est alors que l’âne, ressentant que l’on venait de retourner la paille, crut qu’il devait inverser le sens du courant gazeux. Il refoula alors vers l’extérieur tout l’air injecté par nos protagonistes, suivi par d’autres gaz dont l’odeur n’avait rien de commun avec les parfums de Provence. Sous l’action de la poussée en avant créée par l’éjection des gaz, connue par les physiciens sous le nom de réaction, notre âne décolla du sol et retomba plus loin devant le regard médusé du jury.

Comme promis, Luigi Schiafino encaissa la prime et c’est en possession d’une petite fortune qu’il arriva sur le port de Toulon où mouillaient trois navires appartenant au même armateur : l’un en partance pour Alger, l’autre pour Oran et le troisième pour Bône. Fin négociateur, notre Luigi réussit à convaincre l’armateur de lui vendre un de ses navires en payant comptant avec la somme gagnée à Gonfaron. Et c’est ainsi que Luigi Schiafino devint propriétaire du navire de commerce en partance pour Bône. Quelques mois plus tard, les bénéfices récoltés lors des transports de marchandises entre Toulon et Bône étaient si conséquents qu’il put s’acheter un deuxième navire. En moins de deux ans, Luigi fit l’acquisition d’une véritable flottille et devint ainsi le plus riche armateur d’Algérie.

Quand il séjournait à Bône, il ne manquait jamais de raconter, en bas la marine, le fabuleux exploit de l’âne volant qui avait été à l’origine de sa fortune. Mais, comme chacun sait, le téléphone bônois, contrairement au téléphone acoustique, a la propriété d’amplifier voire de déformer les mots. Aussi, le fait qu’un homme fût devenu riche en mettant une paille dans le cul d’un âne se transforma-t-il vite en rumeur attestant que la fortune souriait à ceux qui avaient une paille au cul. C’est pourquoi, depuis cette époque, les Bônois utilisent une expression consacrée pour présenter leurs vœux aux personnes qu’ils estiment.

Cette expression, vous la connaissez sûrement puisqu’il s’agit de : bonne année, bonne santé, la paille au cul pour toute l’année. 

René VENTO 

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Noël à Ouarzazate

Posté par lesamisdegg le 20 décembre 2014

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Ce matin là de décembre 1974 , après une nuit passée sous une mince toile de tente, l’eau était gelée dans les tuyaux du camping.

Sous un ciel plombé l’arrivée dans l’oasis de Ouarzazate ressemblait à la visite d’un décor de péplum enfoui sous la poussière grise de l’oubli .Afin de découvrir le paysage, la montée au bordj du super-caïd s’imposait pour avoir le point de vue le plus large.

Du haut de ce promontoire, le ciel enturbanné de promesses de neiges couvrait l’antique casbah . Au pied de celle-ci la poussière recouvrait les rares cabanes et boutiques à souvenirs qui longeaient l’unique rue de ce misérable bled abandonné du Malik et des dieux. C’est sur ce serpent de poussière qu’un manège de « pijo » soulevait une brume de terre pour en faire don au ciel , telle une moderne course de chars dans l’arène .

Interloqué par cette course du bas sonorisée par les ronflements de moteurs, mais aussi par les klaxons bloqués, je me demandais ce qui avait bien pu déclencher cette évidente manifestation de joie. La poussière et le bruit faisaient songer à une burlesque fantasia, une cavalcade sans l’odeur du baroud. Me tournant vers le moghazni de garde devant l’entrée du bordj je lançais ce dialogue :

-ah si moghazni, achnou ada ? foutbol diel maghrib meziane, oula Malik i mout ?

-m’sieur gendarme que ce passe-t-il ? victoire pour le foot marocain ou le roi est mort ?

-ada ? ci nouel m’ssio !

-ça c’es Noël, m’ssieu !

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Pataouète 1933

Posté par lesamisdegg le 8 juillet 2014

pataouète 1933

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BACRI Roland « in memoriam »

Posté par lesamisdegg le 1 juin 2014

« ici git suis, ici git reste « 

 

Roland Bacri est né à Bab El-Oued (Alger en Algérie française ) le 1er avril 1926 , est décédé le 24mai2014 à Levallois-Perret.

Humoriste Pieds-Noirs, il fait ses premières armes de journaliste au Canard Sauvage en  Alger. En 1953, il envoya un poème au Canard enchaîné qui le publia. Une relation épistolaire s’établit entre lui et le rédacteur en chef du journal. En 1956, il est convié à Paris pour une collaboration régulière. Sous le pseudonyme « Roro de Bab-el-Oued », ainsi que « le petit poète », il signe des textes qui se signalent surtout par l’emploi du pataouète. Cette chronique régulière ne s’engagea jamais vraiment en faveur d’aucune communauté, mais eut le mérite de corriger l’analyse du Canard sur la situation algérienne, en particulier sur l’attitude des Pieds-Noirs. Il est chroniqueur à l’hebdomadaire satirique français le Canard enchaîné depuis 1956 jusque dans les années 90.

Il nous avait accompagné dans une dernière émission sur les Pieds-Noirs , un brin ubuesque ,  sur Antenne 2 , fantaisiste comme toujours et en tout .

Son épitaphe : « Ici git suis. Ici git reste. »

PCC Miss Vicky Pédia and Cagayous Itm’self.

 

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ORAN , les genets

Posté par lesamisdegg le 28 janvier 2014

 Du lycée annexe de Gambetta aux genets.

En ce début des années 60 , l’appariteur venait trop souvent chercher l’un d’entre nous pour lui annoncer qu’un membre de sa famille venait  d’être victime d’un attentat terroriste des fellagas .Pour protester contre cette insécurité , nous nous formions en longs cortèges criant notre foi en « l’Algérie Française  plurielle » de Gambetta vers le lycée de filles Ali Chekkal , avant d’affronter les crosses des « gardes rouges » qui protégeaient la nouvelle préfecture. Les marques des coups  sur nos corps pouvaient donner lieu à une « palissa » de première catégorie   , à la maison, pour avoir manqué les cours –double peine dirait on aujourd’hui-.

Avant que notre »lycée annexe de Gambetta » ne soit réquisitionné par les troupes,  d’un gouvernement d’abandon, chargées de la répression des partisans de l’Algérie Française, nous avons pratiqué le jardin des délices » des Genets » .Au bout de l’avenue des palmiers du lycée se trouvait le chemin qui descendait la falaise, le chemin des genets. A l’ombre des massifs de genets nous allions fumer la cigarette anglaise blonde sans filtre dont les vapeurs nous faisaient découvrir une légère ivresse. La sieste à l’ombre des genets pouvait être un paradis artificiel plus puissant  encore quand l’ardeur du soleil nous explosait au nez les effluves enivrantes de la plante généreuse. Et là,  le regard noyé dans la baie d’ORAN,  la lumière du monde semblait encore une fois reconquise sur les ennemis de la beauté.

2014 01 27 GG

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