20 Aout 1955 EL HALIA le massacre

Posté par lesamisdegg le 20 août 2015

EL HALIA  le massacre 20 aout 1955  JF GALEA

EL HALIA
le massacre
20 aout 1955
JF GALEA

Zirout Youssef, responsable FLN du Nord Constantinois, décide de lancer, le 20 août à midi, une attaque généralisée contre 40 localités, afin de venir en aide aux rebelles de l’Aurès qui sont aux prises avec les paras de Ducournau. Il dispose d’à peine 200 hommes armés qui devront soulever la population, laquelle ne s’engage pas dans la révolution. 12 000 musulmans sont mobilisés. Les objectifs de Zirout sont de récupérer de l’armement, d’éliminer les pro-français, et de provoquer des représailles irréparables. Ses propagandistes affirment que l’armée de Nasser et les Américains soutiennent ce soulèvement raciste. Dans la plupart des localités, les djounoud restent en retrait et poussent en avant les femmes et les enfants.

L’action la plus importante vise Philippeville, ville de 70.000 habitants, où des masses de civils, manifestement drogués, avancent dans les rues sans se soucier de lourdes pertes. L’armée et la police sont en effet alertées et bloquent brutalement les manifestants. En revanche, la mine d’El Halia et le village d’Ain Abid ne sont pas protégés, et les Européens y subissent d’horribles atrocités [1]. Le bilan, minutieusement vérifié, est de 133 Français d’Algérie [2], 53 militaires et policiers, et 36 Français-musulmans dont le neveu de Ferhat Abbas. La répression militaire aurait fait 700 morts le 20 août, et les vengeances de civils plus de 2000 tués les jours suivants (et non les 12000 revendiqués par le FLN).

Les conséquences de ce soulèvement sont tragiques : « C’est la guerre, il faut la faire », déclare le gouverneur Soustelle, qui abandonne l’idée d’une politique libérale [3].  La fracture entre les communautés s’aggrave, elle donne naissance au contre-terrorisme de certains Européens [4] .Sans être exactement une répétition des massacres du 8 mai 1945, ces violences préfigurent celles de la guerre civile des années 1990.

Notes [1] On peut citer 21 enfants dont les têtes sont écrasées contre les murs, et le témoignage de ce rebelle, qui après avoir égorgé une femme, mange le poisson qu’elle avait préparé. [2] Roger Vétillard publie les noms de 51 victimes européennes. [3] Cette déclaration dément la légende de ceux qui prétendent qu’on a attendu la loi de 1999 pour reconnaître la réalité de la guerre d’Algérie. Un Comité de guerre interministériel s’est réuni à Constantine en juillet 1957. [4] Le terrorisme FLN a précédé le contre-terrorisme. Il n’a pas attendu l’attentat de la rue de Thèbes en août 1956 pour utiliser les explosifs. [5] dans « Algérie, 20 août 1955 » (Payot 2011) C. Mauss-Copeaux se réfère à un faux témoin d’el Halia et attribue au général Faivre un curriculum fantaisiste. Les films de la Fox Movietone sont des montages que certains présentateurs situent en 1945, sans en montrer les incohérences.

Roger Vétillard. 20 août 1955 dans le nord-constantinois. Un tournant dans la guerre d’Algérie. Préface de Guy Pervillé. Ed. Riveneuve, 2012, 351 pages, 20 euros. Originaire de Sétif, le docteur Vétillard, après avoir renouvelé l’histoire du 8 mai 1945, a fait une étude très approfondie sur les massacres du 20 août 1955, à partir de documents inédits de la ville de Philippeville, des archives de la gendarmerie et de l’armée, et des témoignages de 53 Français et 11 Algériens, dont 5 anciens de l’ALN. Guy Pervillé met en lumière l’objectivité historique de l’auteur, qui met à mal les erreurs grossières de Claude Mauss-Copeaux-5-, et la présentation tendancieuse des films de la Fox Moviétone. Cet ouvrage montre que des travaux rigoureux peuvent réviser des idées reçues.

 

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PROVENCE : 15 aout 1944

Posté par lesamisdegg le 15 août 2015

Maréchal de France

Maréchal de France

Le 15 août 1944, à 8h, les Alliés débarquent en Provence, sur dix-huit plages entre Toulon et Cannes. Aux côtés des troupes anglo-saxonnes figure un puissant corps d’armée constitué de 120.000 Français sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny. C’est le troisième débarquement après ceux de Sicile et de Normandie.

Un soutien bienvenu à Overlord et à la libération de la France…..Baptisé Anvil (« Enclume ») puis Dragoon (« Dragon »), le débarquement de Provence a été décalé de plus de deux mois par rapport à celui de Normandie car les Alliés ne disposaient pas d’assez de bateaux de transport pour mener les deux de front. Sa direction est confiée au général Alexander Patch, qui commande la VIIe Armée américaine.

Une véritable armée française, sous les ordres du général Jean de Lattre de Tassigny, débarque sur les côtes nationales.  Forte de 260.000 hommes, elle est constituée de volontaires de la France Libre et des conscrits d’Afrique du Nord, « Pieds-Noirs » et musulmans à part numérique égale. Cette armée va débarquer par vagues successives sur les côtes de Provence, aux côtés des Anglo-Saxons. Pendant que ces derniers s’engouffreront dans la vallée du Rhône, c’est elle qui va conduire l’assaut contre Toulon et Marseille.

Une progression plus rapide que prévu……Comme tout le littoral européen, la côte provençale a été dotée par les Allemands de solides fortifications : blockhaus (casemates) et mines. Mais dès le 27 mai 1944, l’aviation alliée a bombardé tous les sites stratégiques de la côte, comme la gare Saint-Charles de Marseille, et, comme en Normandie, la Résistance intérieure s’est mobilisée pour empêcher par des sabotages tout repli de l’occupant.  Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, neuf mille parachutistes anglo-saxons sous les ordres du général américain Robert T. Frederick, sont largués dans l’arrière-pays, entre les massifs des Maures et de l’Estérel. Ils s’assurent le contrôle des routes et marchent sans attendre vers Cannes. À l’aube arrivent les premiers navires, avec une solide couverture aérienne. Ces navires sont partis pour certains dès le 4 août, d’Afrique du Nord ou d’Italie du Sud. En deux jours, 115.000 hommes touchent terre. L’assaut a été si rapide que les Allemands ont eu à peine le temps de réagir et l’on ne comptera que quelques dizaines de victimes parmi les Alliés. Dès le 19 août 1944, les Allemands reçoivent de leur hiérarchie l’ordre de se replier, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille qui ont ordre de résister coûte que coûte.

Toulon et Marseille libérées….Les Américains du général Patch se dirigent à marches forcées vers la vallée du Rhône sans rencontrer de véritable résistance, atteignant Lyon dès le 3 septembre 1944. Ils font leur jonction avec l’armée de Patton, venue de Normandie, le 12 septembre 1944, à la hauteur de Dijon.   À Toulon résistent dix-huit mille soldats de la Wehrmacht sous les ordres du contre-amiral Heinrich Ruhfuss. Ils ne se rendront que le 26 août. À Marseille, la population se soulève dès le 19 août 1944 mais le général allemand Hans Schaeffer, qui tient la ville avec 20.000 hommes, ne cessera la résistance que le 28 août.   Grâce à cette participation de l’armée française à la libération du continent, le général de Lattre ratifiera au nom de son pays la capitulation de l’Allemagne, le 8 mai 1945, à Berlin.

 

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the ORAN massacre

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2015

the Oran massacre

le massacre d’ORAN

july 05 1962

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ALGERIE FRANCAISE : le criminel abandon de juillet 1962

Posté par lesamisdegg le 1 juillet 2015

FERRANDO

FERRANDO

Comment le peuple français, qui pourtant n’est pas dénué de sensibilité humaine, en est-il arrivé là ? Comment est-il descendu jusqu’à ce degré d’indifférence, à cette dureté de cœur, à cette sécheresse ?

Le Christ disait :  » Si votre frère vous demande un pain, lui donnez-vous une pierre ? » et voilà que le peuple de Métropole, d’ancienne formation chrétienne – souvent ses prêtres et ses pasteurs en tête – s’est mis à offrir des pierres à ses frères malheureux qui avaient perdu leur terre. L’explication de ce phénomène paradoxal et révoltant doit être recherchée dans l’immense opération psychologique menée après 1954 par toute une partie de la presse.

Le problème posé était celui-ci : «Comment faire en sorte que les Français, chrétiens, israélites ou laïques de la Métropole, abandonnent sans remords à la mort ou à l’exil leurs compatriotes, coreligionnaires ou compagnons de convictions philosophiques qui ont eu le tort de naître en Algérie? »

La réponse est simple : comment présenter ces Français d’Algérie sous un jour tel qu’ils apparaissent haïssables et, par conséquent, comme indignes d’être défendus. La machine de propagande a joué à fond et elle a gagné. Il a été entendu dès le début, pour l’Express comme pour Le Monde puis pour Le Figaro, que le Français d’Algérie avait toujours tort.

Défendait-il ses droits ? C’était un colonialiste.  Réclamait-il l’égalité des droits entre les musulmans et lui-même ? Il mentait.

Le F.L.N. massacrait-il femmes et enfants français ? C’était une pénible conséquence d’un état de choses dont, en dernière analyse, les Français d’Algérie étaient eux-mêmes responsables.  Les Français d’Algérie se défendaient-ils ? C’étaient des criminels.

Les chefs d’orchestre fort habiles et expérimentés qui ont mené cette campagne n’ont pas négligé de faire appel à une gamme très étendue de sentiments : depuis la générosité contre les  » colons  » âpres au gain et attachés à leurs « privilèges » jusqu’à l’envie déchaînée contre ces « milliardaires » qui prétendaient encore faire combattre à leur profit les petits gars du contingent.

Ainsi on concentrait la haine aveugle du public sur le petit artisan de Bab-el-Oued qui vivotait à 20 % au-dessous du niveau de vie de son homologue  Toujours pour arriver à l’abandon avec bonne conscience, on est descendu jusqu’au racisme.

« Ces Français d’Algérie,…  » chuchotait-on  » est-ce que ce sont vraiment des Français ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un ramassis d’Italiens, d’Espagnols, de Maltais ?  »

D’où le résultat qu’un Français qui s’appelait Giacomoni et dont le grand-père fut naturalisé à Aix en Provence pouvait sans remords livrer au couteau des égorgeurs un Français appelé Giacomoni dont le grand-père était arrivé à Chiffalo en 1890 !

De même qu’il fallait dépeindre les Français d’Algérie comme une meute fasciste d’exploiteurs sans scrupules et de réactionnaires attardés, il fallait que les Métropolitains – en particulier les hommes politiques – qui combattaient pour le maintien de l’Algérie dans la République, fussent disqualifiés par une campagne de calomnies allant jusqu’à l’assassinat moral. La presse d’extrême gauche s’est chargée de cette opération, reprise avec une ampleur écrasante par l’Etat lui-même et par tous les moyens de propagande qui dépendaient de lui en 1960. Du moment où l’on défendait l’Algérie Française, on était un « fasciste », un « activiste d’extrême droite » un « néo-nazi ».

La propagande traitait d’hitlérien Godard qui se battit au Vercors, Bidault qui présida le C.N.R. sous l’occupation nazie, Saint-Marc qui souffrit à Buchenwald et exaltait les « démocrates » du genre de Mohamedi Saïd qui porta l’uniforme allemand et la croix gammée avant d’être parachuté en Algérie en 1943 par la Gestapo dont il était l’agent.

Ben Khedda qui dirigea avec son chef Zighout Youcef les épouvantables massacres du 20 août 1955 était un modéré tandis que Jouhaud méritait bien d’être condamné à mort et l’on donnait du « Monsieur » à Ben Bella tandis que le dernier des pieds-plats de la R.T.F. se permettait d’insulter Salan !

Puisque j’exprime ici, en dépit du bâillon que le Pouvoir voulait m’imposer, ma pensée toute entière, j’élève une protestation solennelle et véhémente contre la calomnie sous laquelle on veut accabler les défenseurs de l’Algérie Française. Moi qui n ‘avais en Algérie ni un mètre carré de sol ni un pied de vigne et qui avais tout intérêt à poursuivre une fructueuse carrière politique en me reniant comme Debré et Frey, je déclare que j’ai cru sincèrement à l’Algérie française, que la paix et la réconciliation étaient à portée de notre main après le 13 mai 1958, que je n’ai été guidé dans ce choix par aucun intérêt particulier et que je n’ai jamais eu en vue que celui de mon pays et l’idéal de la République.

De toutes mes forces, je dénonce l’assassinat moral dont ceux qui pensent comme moi et moi-même avons été les victimes. Le temps peut passer, les faits accomplis succéder aux faits accomplis, un Ossa de lâcheté s’entasser sur un Pélion d’indifférence : jamais, quant à moi, je n’admettrai que le crime perpétué en juillet 1962 soit autre chose qu’un CRIME.

Jacques Soustelle 11 09 1962

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A.F.N. 1960

Posté par lesamisdegg le 28 mai 2015

1960

1960

Afrique Française du Nord

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MONA de Pascua

Posté par lesamisdegg le 6 avril 2015

mona de pascua

.

La mona es un típico dulce de Pasqua de Catalunya i del País Valencià, incluyendo la Franja de Ponent. La costumbre prescribe que se regalaba al ahijado o ahijada en Pascua.

Hay que decir que este regalo, en algunas comarcas es un tortell, es típico del día del Ramo, y en otras  este tortell o rabassa se regala en Navidad.

Igualmente, los valencianos, así como muchos menorquinos, que emigraron a Argelia durant el s.XIX y que en buena parte se establecieron en Orán, llevaron allí la mona y la costumbre de ir a comerla al campo el dia de Pascua (“casser la mouna”, en el lenguage de los pies-negros). De hecho, en los recetarios algerianos actuales, tanto de Algeria com de los realizados por los pies-negros (regresados), siempre aparece la mona, a parte de otros platos típicos de los Països Catalans, como la paella, la “melsa”.

La presencia de los huevos como símbolo de la Pascua, es presente en toda Europa, de Inglaterra a Ucrania, como símbolo de la resurrección primaveral.

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Antoinette Agathe PRIETO

Posté par lesamisdegg le 2 avril 2015

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ORAN 16 04 1919

Bordeaux 02 10 2014

Antoinette Agathe Priéto vient de nous quitter, sans craindre la mort, dans l’espoir de la résurrection.

Née à Oran, capitale du département du même nom, de Grégoire et d’Emilia, elle y passa son enfance avant d’y commencer à travailler dans les années trente.

Après la 2ième guerre mondiale qui a mobilisé ses deux frères, elle rencontre Joseph G., jeune instituteur de retour des campagnes de « Rhin et Danube ».Elle va l’épouser en 1947, en son église paroissiale du plateau Kargentah, à ORAN, pour fonder une famille, avant de reprendre son poste à l’E.G.A.

La fin de la bataille pour l’Algérie Française, la disparition forcée de son frère Grégoire-comme celle de plusieurs centaines d’autres Oranais abandonnés à la barbarie par la France ce jour là- lors du massacre du 5 juillet 1962 à Oran, vont décider le couple à ne pas rester sur la terre ancestrale et natale. Leur vie est menacée par l’épuration ethnique en cours. Le chemin de l’exil va les conduire au nord de la Loire puis en Gironde.

En 95 ans de vie elle aura fait face, avec courage à la guerre, aux deuils, à la terreur barbare des obscurantistes, à l’ostracisme des sectaires. Nous retiendrons d’elle son dévouement, son sens de la famille, son amour de la vie.

10 10 2014

 

 

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CARNAVAL ORAN 1925

Posté par lesamisdegg le 17 février 2015

Oran 1922 carnavalLes fêtes de Carnaval ont toujours été des plus réussies à Oran.

Cette année-ci, malheureusement, elles ont été, en partie, contrariées par les subites sautes d’humeur de dame Nature. Samedi, durant les dernières heures de la nuit, d’abondantes averses transformèrent les rues de notre cité en de véritables cloaques de boue  liquide. Le dimanche, débuta pluvieux, incertain. Le jour d’un gris sale, se leva tard, comme un vieux rentier et .le soleil, capricieux, ne parut que par intervalles. Toutefois, petit à petit, les principales artères prirent leur air guilleret des dimanches de fête.

Boulevards du Lycée et Seguin, Place Yillebois-Mareuil et rue d’Arzew, les marchands de confettis et de serpentins, installaient leurs légers baraquements et leurs éventaires, profitant d’une soudaine éclaircie, réconfortante ainsi qu’un féminin sourire. Enfin, vers midi, le soleil, las de nous faire grise mine, accorda la douceur de ses rayons joyeux. Le froid très vif rougissait davantage les frais minois de nos gentes Oranaises, délicatement fardées, avivant les regards enjôleurs jaillis d’entre les fourrures de skunks ou d’opossum. L’après-midi, malgré le vent un peu vif, la théorie des véhicules plus ou moins bien décorés, et les nombreuses frasques qui ne pouvaient se payer le luxe d’une calèche ou d’un taxi défilèrent dans les principales rues d’Oran, entre deux haies de chaises garnies de spectateurs et de mignonnes spectatrices. La gaité, saine et fraiche, brillait en tous les yeux. Cette première journée, fut assez animée sans, toutefois, égaler les fêtes des années précédentes.

Très peu de chars et de groupes artistiques. Tous, ou presque, sacrifiaient au dieu du jour; j’ai nommé la Publicité. Citons seulement le beau char de la maison Vila – où se trémoussaient de jolies personnes-, celui de l’anis Diamant aux personnages déjà remarqués l’année dernière -soldat d’opérette espagnole- . Le soir la foule des masques où se perdaient quelques gens non déguisés assaillit les dancings organisés un peu partout : au Régent, au Continental, au Palais de la Danse à l’Alhambra, que sais-je encore ? ; Lundi, le vent se mit de la partie, un vent très froid, qui tailladait la peau du visage. Cela n’empêcha pas nos concitoyens de rivaliser d’entrain, quoique les groupes déguisés et les véhicules parés fussent moins nombreux que la veille. Pour une deuxième journée de fêtes, elle ne fut pas trop mal réussie. Mardi, le soleil se leva dans un ciel sans nuages, nous promettant une belle après midi, En effet le ciel redevenant aussi azuré qu’à l’ordinaire incita les masques à sortir plus nombreux, tels les escargots qui après la pluie, dressent vers le soleil leurs molles antennes. Et la bataille commença. Les serpentins zigzaguèrent dans l’espace lancés des balcons, bondés de gentes demoiselles ou des véhicules joliment décorés. Et les confettis, lancés à brûle-pourpoint, saupoudrèrent les souples chevelures des promeneuses et leurs toilettes claires.

Quelques masques isolés donnèrent la note comique, cependant que ces couples richement travestis témoignaient de leur goût artistique .Remarqués parmi ceux-ci deux charmants petits pages très XV ième siècle. Ce fut une belle et bonne journée, trop courte, hélas !

Les boulevards conservèrent leur animation jusqu’à fort tard dans la nuit. Dans tous les bals il y avait foule et les jeunes et même les pas tout à fait vieux, s’en donnèrent à cœur joie, pour ne se réparer qu’à l’aube naissante. Combien d’idylles ébauchées avec la complicité du loup de velours ! Que de drames poignants soigneusement cachés sous le rictus des visages fardés ! Qu’est-ce que l’existence, d’ailleurs ? Une éternelle mascarade, un infernal Carnaval où chacun trompe tout le monde : parents, voisins, amis et inconnus.

Chacun porte son masque que nous n’ôterons que le jour où sonnera j’heure de la Justice. Amusez-vous, jeunes gens ! Ne songez pas que ces fêtes sont le symbole de notre vie ici bas ! Aujourd’hui, vous avez déposé dans un tiroir votre masque de satin noir. A vos épaules pèse à nouveau le joug de l’existence. Gardez au moins le doux souvenir de ces, quelques journées de plaisir, qui vous ont  permis d’oublier les soucis quotidiens.

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Bonne année ! Bonne santé !

Posté par lesamisdegg le 2 janvier 2015

 

Le marin, la paille et l’âne -conte bonois-

En 1875, Luigi Schiafino, un marin génois, apprit que de nombreux navires de commerce partaient de Toulon vers l’Algérie.

Comme il était sans emploi, il décida de quitter sa ville natale pour tenter sa chance ailleurs en embarquant sur l’un de ces navires. Il prit un baluchon contenant ses effets personnels, toute sa fortune, et se dirigea, à pieds, vers Toulon.

Après deux semaines de marche, il arriva à Gonfaron, petit village du centre Var, situé au pied du massif des Maures, connu dans le monde entier car, selon la légende locale, en 1645, un âne aurait volé du haut de la colline sur laquelle était bâtie le vieux village et aurait atterri au fond du ravin à la grande stupéfaction des habitants. Cet exploit fut considéré comme un miracle que l’on attribua à saint Quinis, protecteur des habitants de Gonfaron. Depuis cette époque, aucun âne n’avait pu décoller du sol au grand désespoir du clergé local qui multipliait messes et incantations pour que le miracle de l’âne volant se reproduise de temps en temps afin d’attirer les touristes et surtout les pèlerins du monde entier.

Las d’implorer saint Quinis, les Gonfaronnais décidèrent de prendre leur destin en main en organisant un challenge annuel offrant une somme très importante à qui ferait voler un âne sur la place du village. Ce challenge avait lieu le dernier samedi du mois de juin et, hasard ou destinée, Luigi Schiafino était présent dans Gonfaron ce jour-là. Celui-ci se porta candidat et, après que le curé du village eut béni l’âne placé au centre de la place du village, il s’approcha lentement du quadrupède, lui souleva la queue et, d’un geste sûr, lui planta une paille dans le cul. Il invita ensuite les habitants de Gonfaron à souffler dans la paille afin de gonfler l’animal comme une baudruche.et la paille ....

Le premier souffleur fut le notaire : il inspira fortement puis lâcha d’un seul coup son air dans le rectum de l’âne qui se mit à braire de plaisir mais qui ne bougea pas d’une semelle. Le deuxième qui tenta sa chance fut le maire : il gonfla son torse et souffla dans la paille afin d’introduire tout l’air qu’il avait stocké. Mais sa tentative ne réussit qu’à faire sursauter l’animal, sans doute surpris par la tiédeur du mistral qui venait de s’engouffrer dans son arrière-train. Le troisième qui entra dans la compétition fut Luigi. Celui-ci saisit la paille et, comme il était délicat, il la retira et la retourna pour éviter de poser ses lèvres au même endroit que ses prédécesseurs. C’est alors que l’âne, ressentant que l’on venait de retourner la paille, crut qu’il devait inverser le sens du courant gazeux. Il refoula alors vers l’extérieur tout l’air injecté par nos protagonistes, suivi par d’autres gaz dont l’odeur n’avait rien de commun avec les parfums de Provence. Sous l’action de la poussée en avant créée par l’éjection des gaz, connue par les physiciens sous le nom de réaction, notre âne décolla du sol et retomba plus loin devant le regard médusé du jury.

Comme promis, Luigi Schiafino encaissa la prime et c’est en possession d’une petite fortune qu’il arriva sur le port de Toulon où mouillaient trois navires appartenant au même armateur : l’un en partance pour Alger, l’autre pour Oran et le troisième pour Bône. Fin négociateur, notre Luigi réussit à convaincre l’armateur de lui vendre un de ses navires en payant comptant avec la somme gagnée à Gonfaron. Et c’est ainsi que Luigi Schiafino devint propriétaire du navire de commerce en partance pour Bône. Quelques mois plus tard, les bénéfices récoltés lors des transports de marchandises entre Toulon et Bône étaient si conséquents qu’il put s’acheter un deuxième navire. En moins de deux ans, Luigi fit l’acquisition d’une véritable flottille et devint ainsi le plus riche armateur d’Algérie.

Quand il séjournait à Bône, il ne manquait jamais de raconter, en bas la marine, le fabuleux exploit de l’âne volant qui avait été à l’origine de sa fortune. Mais, comme chacun sait, le téléphone bônois, contrairement au téléphone acoustique, a la propriété d’amplifier voire de déformer les mots. Aussi, le fait qu’un homme fût devenu riche en mettant une paille dans le cul d’un âne se transforma-t-il vite en rumeur attestant que la fortune souriait à ceux qui avaient une paille au cul. C’est pourquoi, depuis cette époque, les Bônois utilisent une expression consacrée pour présenter leurs vœux aux personnes qu’ils estiment.

Cette expression, vous la connaissez sûrement puisqu’il s’agit de : bonne année, bonne santé, la paille au cul pour toute l’année. 

René VENTO 

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NOËL à ORAN

Posté par lesamisdegg le 24 décembre 2014

 

deglett nour

dattes muscades

Noël 1925 à Oran.

 La famille au complet est réunie autour de la table, attendant que sonne l’heure de réveillonner. Dans les plats, c’est un amoncellement de friandises et fruits secs de circonstance , nougats aux amandes, nougats tendres, pralines et dragées importées de la péninsule ibérique, marrons glacés voisinant avec leurs frères à la brune pelure, les noix, les amandes, les dattes muscades et les raisins secs de Malaga. Et, petits et grands, aux yeux de clairs regards de joie, croquent à belles dents, arrosant mais pas trop cette frugale nourriture, de vin blanc tiré du coin sombre de la cave, où l’avait caché grand-papa.

Le phonographe graillonne des airs à la mode : fox trott, blues et tango, accueillis avec joie par les adolescents. Ailleurs, c’est au son de l’accordée populaire, de la mandoline, du piano, du violon et voire de l’harmonica, que l’on danse gaiement, sans souci du vain protocole.

Dans les rues et les boulevards, brillamment illuminés, l’animation est grande. Les taxis font d’excellentes affaires; il en est de même des pâtisseries, dancings, restaurants et cafés. Dans l’air, que n’agite aucune brise, volent des bribes de chansons, de musiques. C’est la joie, c’est le bonheur qui adoucit l’amertume de la vie.

Puis, c’est minuit. Les cloches lancent leur appel vers la ville et les fidèles, par petits groupes, se dirigent, qui vers les églises de quartier et qui vers la Cathédrale du Sacré Cœur. Celle-ci regorge de monde. Les élégantes habituées y sont venues plutôt pour montrer leurs luxueuses toilettes que pour y prier et adorer l’Enfant-Dieu. Quant aux âmes simples, elles songent à ce symbole éternel de Dieu adoptant l’enveloppe charnelle afin de sauver l’humanité embourbée dans le Mal.

Enfin, c’est le retour au logis, l’intime réunion autour de la table plantureusement servie ; c’est l’allégresse du ventre bien rempli, éclatant en exclamations joyeuses, en chansons de circonstance. Et la nuit où l’on commémore la Naissance de Jésus-Christ, s’achève comme elle a commencé : dans le délire et la joie.

Mais n’oublions pas les enfants ! La coutume veut que, vers minuit, le Papa Noël, à la blanche barbe, passe dans toutes les cheminées et garnisse les petits souliers de jouets et de friandises. Quelle explosion de joie, quels rires perlés, en découvrant ces petites merveilles ! Et, durant quelques jours, ce seront des jeux continuels : la patinette, le clairon aux accents guerriers, le grand cheval mécanique cher à notre enfance et, pour les filles, l’éternelle poupée fermant les yeux et poussant des bêlements traduits par des mots : Papa ; Maman !

La Vie algérienne, tunisienne et marocaine. Revue illustrée du dimanche. Lettres, arts, sports

INFANTES-POQUET.

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