Chars de CARNAVAL -Alger 1925-

Posté par lesamisdegg le 9 février 2016

Parmi les tramées des serpentins et sous la pluie des confettis multicolores, sous l’amoncellement des fleurs, là-bas, se dresse le Grand Char.

Ce doit être quelque gracieux cygne blanc au col courbe et aux ailes déployées pour un dernier essor…. Est-il donc peuplé de ces petits anges qui jettent des ruissellements de couleurs douces ?… Ou quelque jolie japonaise y tient-elle quelque minuscule ombrelle qui entre ses longs doigts ? Ils sont si mignons leurs petits gestes, menus comme leurs petits pas trottinant. Elles ont une mimique si amusante lorsqu’elles prennent leur air boudeur en penchant leur tête coiffée d’un haut chignon piqué d’épingles ciselées !…

Est-ce quelque Espagnole aux yeux fuyants ondulant son corps souple qui attire comme un serpent délicieux ?…

N’est-ce pas quelque pimpante parisienne, une de ces « derniers cri » qui dansent au son des musiques à cordes, une de ces parisiennes pas méchantes, aimant parfois jusqu’à la volupté de la mort et qui ont un rire et un décolleté uniques au monde ?….

Ce doit être une Algérienne dans son Bassour. Sa longue figure est voilée. Et, ses grands yeux perdus dans l’or de ses paradis quittés, elle rêve aux clapotements réguliers des jets d’eaux dans les coupés fleuris de jasmins et à son mirage lointain dans les sables gris, quand le ciel est presque noir….

C’est plutôt une Vénitienne !…. Venise, Venise, que tes canaux où les gondoles chancellent sont glissants !… Comme les promenades sur tes ondes doivent être délicieuses et combien de mots légers chuchotent les loups de velours sous le reflet de la lune rieuse ?….

Mais non, je « La » vois… C’est la Romaine du Temps de l’Amour !… Voici sa galère triomphale qui glisse sur une immense mer de velours… Les rames ont le reflet de la nacre et son sillon laisse une traînée qui n’est qu’un voile de vestale…. Voici les joueurs de sistres et les calasiris dés courtisanes…. Et voilà la Romaine… Un jeune Ephèbe la prend à la taille… Elle ondule, elle échappe et lui la poursuit…. Elle entre sous les portiques de marbre parmi les coupes vermeilles de l’orgie finissante… et lui approche… il est là…. il la tient et sa peau est glissante et parfumée. Ses longs cheveux se déplient sur ses épaules. Ses bras d’argile ont des formes de statue. Et, dans le soir étouffant, comme Rome s’endort sur ses terrasses plates, la petite Romaine s’est donnée sur les coussins moelleux gonflés avec de la barbe de chardon, au jeune noble à la toge blanche, fort comme Héraclès et frêle comme ces laits doux à la peau que les riches matrones glissent sur leurs seins gonflés et sous leurs aisselles tièdes !…

Ecroulement de cymbales et de cuivres…. Réalité , banalité , ce n’est qu’un maigre Corso fleuri….

« Eh ! Dis donc toi, qu’est-ce que tu regardes ?…. »

C’est la question d’une bande de pierrots qui m’entourent dans un frou-frou de soie froissée…

Inutile de dire que, la réponse, je ne l’ai jamais faite..; Pourquoi ? Oh ! Non ce n’est pas par dignité pour ne pas « étaler » mon cœur comme le voulait Leconte de Liste… mais simplement parce que j’avais des confettis plein la bouche.

M. C.

pierrot

pierrot

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PATAOUETE et SABIR : voeux 2016

Posté par lesamisdegg le 2 janvier 2016

bounne anni

bounne anni

A ceuss’

 

des lagagnossos, des mocossos, qui’allaient s’taper le bain,

qui s’mangeaient cocas, man’tecaoss, rollicoss, monass y makrouds,

qui s’tapaient les brochettes à Cap Falcon,

qui tapaient cinq, aux buveurs d’anisette, ac’ la kémia

qui allaient de Kristel à Aïn el turck,

 

des tragalapas menteurs comme des voleurs

qui ont fait le bras donneur,

qui trichaient sans arrêt au tchic-tchic,

qui s’vantaient d’leur gros cigar’ de Mascara,

qui tapaient la brisca,

qui jouaient aux pignols, au pitchac, à bourro flaco

qui ont fait, les pôv’, figa ou tchoufa

que quand ils partaient on aurait dit qui revenaient,

 

de Gambetta ou de Saintugène,

des écoles Ardaillon, Lamoricière

de notre beau pays d’avant,

 

A touss le bonheur, et qu’la santé ell’ vous laisse pas tomber !

 

Ac’une bonne calbote amicale!

 

A.Daptascione

 

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Noche buena en Oran 1906

Posté par lesamisdegg le 24 décembre 2015

 

chateau-neuf , port , marine

chateau-neuf , port , marine

Oran, el 24 12 1906

Amigo mio

Boilà la fête de la Noche Buena qui s’en vient à peu à peu, et les mognatos avec les châtaignes arrosti y vont zoumber avec la mousique de la sambomba ! Que té paresse comparé ?

Tu tiens que de me donner l’espérance qué ton papa on te dessera une permission pour la journée de la nuit pour que tu t’enviens par ici, pourquoi là-bas à la Meletta on doit être aborecido pour signalait comme nous autres la fiesta de Navidad.

Alors tu tiens que de te débrouiller la calahéra pour sa que je t’a dit un peu plus par en haut, et tu voira quel pancha de rigolade. A les 12 de la nuit, vamos avec une patouléra de fadrinas (demoiselles) à la missa del gallo (minuit) et tu tiens pas peur d’atchoutcher et les ramponchons y manque pas et après de là on s’en va faire l’armée à la Posada del Sol et mou chopons une fouméra menua pourquoi l’anisette y manque pas, et après vinga toucher la sérénata pour toute les colléga que tu tiens à la connaissance. El amigo Carganéra y vient avec la mandouria, Gambasino et Lagagna avec le laoute et la guitare. Si tu connais un qui touche le pito, tu lui dis qui vient, tché que staffa.

 Allé adieu, espéro repuosta à lo que te dicho.

F. RAYANO.

NB tout ceci est écrit en tchapourao naturel de 1906

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HOMMAGE du 5 décembre

Posté par lesamisdegg le 5 décembre 2015

 

pavillon maritime1830-1962

pavillon maritime1830-1962

 

Patria Nostra

Patria Nostra

 

 

 

 

LOI n° 2005-158 du 23 février 2005-extraits- portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1    La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d’indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu’à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2   La Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

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tout , tout , tout , vous saurez tout sur le ..COUSCOUS

Posté par lesamisdegg le 17 novembre 2015

couscous -irrieraCOUSCOUSSOU 1879

Les habitants de l’Afrique septentrionale comprennent généralement sous cette dénomination toute espèce de mets composé de farine blanche ou brune et cuit à la vapeur dans le keskass, qui est un vase semblable à une écuelle, dont le fond serait criblé d’une infinité de trous. Quant à moi, je pense que le vocable couscoussou est une onomatopée, dont les lettres et les syllabes n’ont pas d’autre rôle que d’imiter le bruit produit par la vapeur du bouillon qui passe à travers les trous du récipient et les grumeaux de la farine.

En Kabylie, on dit Seksou. Mais, par une déviation qui ne s’explique pas les gens de l’Oued Righ ont adopté le terme gouni, emprunté au fonds berbère. Le fabricant ou vendeur de cousscoussou s’appelle Kesaksi, au féminin Kesaksia.

Préparation du couscoussou. Dès que la récolte est rentrée, les femmes des tribus réunissent en un lieu découvert et isolé la quantité de blé dur destinée à la provision de couscoussou. Ce blé est d’abord mouillé complètement, puis étalé au soleil et recouvert d’étoffes très humides. Au bout de quelques heures, le grain ayant bien renflé, et sans attendre que la germination commence, on l’étend en couches minces au soleil sur des haïks de laine ou sur une aire battue. Lorsque la dessiccation est assez avancée, on passe le grain entre deux meules légères de calcaire dur. La meule supérieure est mue à bras, ordinairement par une femme; les grains sont seulement concassés en fragments gros comme du millet. On expose encore au soleil celte sorte de gruau brut, et alors il suffit de le vanner pour éliminer les pellicules. Puis on l’ensache dans des outres en peau de chèvre.

 La meule à bras est le meuble indispensable de chaque famille. Il se compose de deux meules de grès, ayant un diamètre de 40cm. La meule dormante repose sur le sol ; sa face supérieure est plane et percée, en son milieu, d’un trou de 4cm, qui reçoit un axe vertical en bois de 30cm. La meule tournante, qui se pose sur la première, a la forme d’un tronc de cône; elle est évidée en son milieu, à sa partie supérieure, de manière à donner passage à l’axe en bois de la meule inférieure. Une cheville en bois, fixée dans celte meule et formant avec le plan horizontal un angle de 40°, sert à la mettre en mouvement. Une ou deux femmes, assises sur le sol et ayant le moulin entre les jambes, fournissent la force motrice. (La Kabylie, par Hanoteau et Letourneux,)

 

 

Quand il s’agit de préparer un couscoussou pour le repas du soir, les femmes prennent du gruau ou de la semoule, les jettent par poignées successives dans un large plat de bois, qu’on appelle gueçaa, les arrosent avec quelques gouttes d’eau, et les roulent légèrement avec la paume de la main, jusqu’à ce qu’elles aient obtenu une espèce de granulation qui reçoit différents noms suivant sa grosseur.

 La berboucha, suivant la coutume des habitants de Constantine, se fait avec de la farine brune, notamment avec celle de l’orge. C’est le couscoussou le plus commun, el il forme presque exclusivement la nourriture des ménages pauvres. Comme légumes, on y ajoute le navet, la courge et l’artichaut sauvage (el chorchef –esp. alcachofa-), dont les nervures foliales sont mangées cuites dans le bouillon.

La mehamsa, en chaouïa timhamest, est une espèce de couscoussou fait ordinairement de farine d’orge grossièrement moulue; elle peut être mise sur le même rang que la berboucha.

 Le medjebour est préparé avec de la semoule tirée de la première qualité du froment, ou avec de la farine de moulure française. Les grains de ce couscoussou doivent avoir la grosseur du plomb de chasse. On l’accommode avec de la viande d’agneau, des poules, des pigeons ou des perdrix. Après celle opération on le fait cuire deux fois dans le keskass au bain-marie .On y ajoute du beurre fondu au moment de le servir dans la metsireda - plat en bois sur pied ou en poterie dans les villes. On l’arrose de bouillon (merga).

 Le mahwèr se fait avec les mêmes ingrédients que le medjebour, seulement  le grain en est plus menu. Le mahwèr le plus estimé est celui qu’on appelle nemli, parce qu’il ressemble par la ténuité de ses parcelles à des têtes de fourmi (nemla). Il peut être accommodé avec des viandes fraîches, mais jamais avec du khrelie ou du kaddide. Le khrelie est un mets composé de viande de bœuf ou de mouton, coupée en lanières, qu’on laisse mariner dans la saumure avec du poivre rouge, de l’ail et de la coriandre, et qu’on fait frire dans un bain d’huile ou de graisse. La kaddide répond à ce que nous appelons le petit-salé, mais traité plus grossièrement.

Le harache-fi-harache est ainsi nommé parce qu’il se compose de fleur de froment très fine (semid). Il ne diffère réellement du précédent que par la différence du mot. En Kabylie, la préférence est accordée, par économie, à la farine de sorgho et. à la farine de glands. On l’apprête avec des viandes fraîches, quelquefois même du kaddide ou du khrelie; son assaisonnement ordinaire consiste en oignon, sel, poivre rouge, courge, pois chiches et boulettes de viande hachée, grosses comme des balles de fusil. La sauce est colorée en rouge avec des tomates.

 Le mesfoufe se fait avec la première qualité de froment. On le laisse cuire de là même manière que tous les autres couscoussous; seulement on y mêle des grains de raisin sec ou des grains de grenade, et on le saupoudre d’une neige de sucre. Lorsque, pour le rendre plus délicat, on le noie de lait frais, il prend le nom de berboukha.

Le mecheroub n’est généralement pas très estimé. Lorsqu’à la suite de pluies abondantes l’eau a pénétré dans les silos, et qu’elle a atteint le blé qu’ils contiennent, ce blé s’imbibe (ichérob) et contracte en même temps un goût acre et une odeur nauséabonde. Après l’avoir tiré du silo, on le fait sécher, on le mout, et c’est de la farine qui en provient que l’on fait le mecheroub.

Le mezeüt .Parmi les silos il y en a dont la terre est bonne, cl lorsqu’on en extrait le blé qui y a séjourné deux ans ou davantage, sans avoir été jamais touché par l’eau, on détache des parois de la cavité une substance que les indigènes appellent mezeût, espèce de croule huileuse, produite par un peu d’humidité que la terre communique nécessairement au grain qu’elle renferme. Celte croûte affecte une couleur bleuâtre, et le goût en est légèrement sucré. On la transforme en medjebour. A entendre les Arabes, c’est un mets exquis, le plat des amis. Le couscoussou de mezeût s’apprête avec du beurre frais et de la viande d’agneau.

Le aïche ressemble à de là soupe au riz, avec cette différence cependant que les grumeaux du couscoussou remplacent les grains de riz. Il n’est pas rare qu’on fasse bouillir dans cette espèce de potage des abricots secs, qui sont désignés  le dialecte barbaresque par le mol fermas, issu probablement de l’adjectif latin firmus.

 Le farik tire son nom du premier froment tendre, que l’on cueille avant la moisson, et dont on fait durcir et griller les épis au four. C’est une primeur offerte au propriétaire par les laboureurs, et les actions de grâce n’y manquent pas. Les champs de Bou-farik, un des plus beaux villages de la Mitidja, avaient la renommée de fournir le farik pour la table du pacha d’Alger.

A Bougie, dit M. Ch. Brosselard, le savant explorateur des dialectes berbères, on appelle le couscoussou de qualité supérieure Keskessou-el-hourat, «le couscoussou  des houris » digne d’être mangé en Paradis.

A.   CHERBONNEAU.

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ORAN novembre 1904

Posté par lesamisdegg le 3 novembre 2015

ORAN 1904

ORAN 1904

ORAN 6 novembre 1904

Voici passé avec les premiers frimas, le jour solennel, que la tradition a consacré à la fête des morts. Nombreuses sont les familles qui ont au cimetière un caveau, ou une simple tombe, et dès l’aube, rougissant de ses premières lueurs les vieux murs, la longue procession ,de parents ou d’amis ,s’achemine sur la route poussiéreuse, portant des gerbes de fleurs.

Ici les conversations changent de ton, le bruit des pas s’étouffe, on craindrait de troubler la solitude de ce champ de repos. A l’intérieur, les cyprès touffus, alignés en longues files, le partagent en différentes avenues, bordées de chapelles qui dressent leur sévère architecture à côté de marbres, revêtus d’inscriptions endeuillées.

Plus loin, une infinité de petites tombes, toutes blanches, systématiquement placées, fait involontairement songer à un cimetière de poupées. Hélas ! Ce sont les tout petits, ceux dont les paupières n’ont fait que s’entrouvrir aux rêves de la vie et qui dorment là, bercés par la chanson du vent.

……………..Mais aujourd’hui, les tombes vont se parer comme par enchantement, la terre va se couvrir des fleurs, que de pieuses mains auront, déposées, et la pierre froide, sous la profusion des chrysanthèmes inclinant leurs longs pétales, paraîtra moins triste aux yeux. Puis, les frimas viendront, les fleurs se faneront lentement, une à une, sous les rayons d’un pâle soleil, et dans Tamashouët endormi, la statue d u silence, veillera seule à la porte des caveaux.

Près de la porte d’entrée, un modeste logis attira mes regards. Avisant un vieillard assis sur un escabeau, je m’approchai et, par sympathie naturelle, je l’interrogeai sur ses occupations près de ce lieu de tristesse.

— Monsieur, me répondit-il, je passe mon temps là, tranquillement, à entretenir les tombes que quelques âmes charitables ont bien voulu me confier, et je ne suis guère dérangé que par l’entrée des convois funèbres qui arrivent de temps à autre.

— Vos clients ? Hasardai-je.

Le vieux sourit tristement, et comme je le pressai, il me confia qu’il occupait ses loisirs à élever des lapins et son grand bras étendu fauchant vers le cimetière, m’indiquait que le trèfle et la luzerne ne manquaient point parla. Ainsi donc, pensai-je en m’en allant, voici un vrai sage, vieillissant avec sérénité, ayant pour témoins de ses peines et pour seuls confidents, ces marbres étalant leur lividité à perte de vue, et, qui pense, sans nul doute, que tout est pour le mieux dans la meilleure des nécropoles.

Et j’eus alors l’envie folle de revenir, de lui confier comme un dépôt sacré, une tombe, dans un coin, à l’ombre d’un grand cyprès, ornée de plantes toujours vertes et où je pourrais enfin, voyageur arrivé au terme de la vie, étendre mes membres harassés et m’endormir dans l’éternité.

SlMBAD

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LAMPARO – PECHE AU-

Posté par mdame le 4 octobre 2015

lamparos


 

 Cette méthode, que l’on dit millénaire, consiste à placer une lumière au dessus d’un banc de sardines, d’anchois ou de maquereaux après l’avoir repéré. Attiré par la lumière, le poisson va monter à la surface. Pratiquée de manière rudimentaire, nommée « sardinal » avec des barques à rames et des lampes à pétrole, cette technique s’est développée tardivement sur notre littoral.Ce sont les Pieds-Noirs d’Algérie qui l’y ont amenée sous sa forme actuelle.PORT-VENDRES est devenu le premier port sardinier du littoral méditerranéen français et, grâce aux lamparos, on y trouve une sardine réputée pour sa qualité.
Tout semble favorable à ce type de pêche. Aucun quota ne pèse sur le prélèvement des sardines et des anchois, la pression de pêche n’est pas trop forte et le renouvellement est assuré. De plus, dans le Golfe du Lion, les ressources sont jugées importantes. Autre élément très en faveur du lamparo, c’est une pêche en phase avec les préoccupations de protection de l’environnement marin.
Les lamparos, bateaux de plus de 18 mètres avec des équipages de 10 à 12 marins, sortent pendant la période qui va d’avril à octobre, mais uniquement par mer calme. Un peu de vent et le bateau ne quitte pas le port, comme chaque soir peu avant minuit. Une, deux heures après, parfois plus, le temps de détecter un banc de poissons avec les sonars , le marin qui s’occupe de la lumière peut aller mettre en place la petite barque remorquée et allumer ses puissants projecteurs. Si tout va bien, quelques heures plus tard, avant que le soleil se lève, le filet tournant sera placé et relevé dans le jour naissant.Une bonne pêche peut amener plus de 10 tonnes de sardines ou d’anchois sur le pont. Avec cette technique, le poisson n’est pas compressé, pas stressé, pas abîmé au fond d’un filet. Il ne traîne pas non plus des heures sur le pont ou à fond de cale. Le poisson qui arrive sur le quai, autour de 7 h -8 h du matin, vient de sortir de l’eau. Étonnez-vous après cela que les amateurs de sardinades et maintenant les chefs de cuisine, qui ont mis à la mode la chair délicate de la sardine, ne jurent plus que par l’incomparable qualité du poisson pêché au lamparo.
 

 


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ORAN !

Posté par mdame le 15 septembre 2015

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“ ORAN !   

« Oran !… »                                                          Fut le cri                                                         

Du Marquis de Santa Cruz A la vue de ton abrupte baie. 

Et ce fut une prière : Celle de ta Vierge dressée 

Par une guirlande fidèle, Dévote, rassemblant 

Les flancs de ta montagne. 

Face au vent du Nord, Qui détrempe la Sainte 

De nuages de larmes Que ramène la nuit, 

Tu mêles la mémoire et les songes. 

Tu crois en une France, grande, Qui ne sut te rêver, 

Ni te dire, enfin, Si ton père fut ce Maure, 

Cet inquiet Levantin, ou ce héros d´Alsace. 

Tant d´hommes sont venus 

Sur le flux de l´Histoire, Portés sur tes rivages, 

Libres de leur misère Et fuyant le passé. 

Leurs familles ont semé Pour tisser leurs coutumes 

Une langue nouvelle. 

Que de croix ont plantés Les journaliers rompus 

De soleil, Pour qu’enfin le désert 

Pût se faire verger ! Et que d´enfants perdus, 

Drapés dans la Bannière, Plutôt que regretter 

Leurs espoirs entêtés ! 

 

 

Tu connais ce tonnerre 

Que gardent tes entrailles, Et qui sut mettre en fuite 

Jusqu’aux plus valeureux. Tu ne crains la mer brave, 

Ni les soleils brûlants Que tu offres assagis 

Aux enfants des rivages, Qui dressent sur tes plages 

Mille châteaux d´espoirs fous. 

Mais un Homme est venu, Aux desseins malhonnêtes, 

Ajoutant à la Guerre une haine de plus, Et, à la Vierge, là-haut, encore plus de blessures. 

Alors, les patios se sont tus 

Où bruissait la guitare. Tes places se sont fanées 

Où pleuraient les fontaines Des rendez-vous manqués. 

Puis ton Histoire niée D´amours et de labeurs. 

Sur les quais de douleurs, Sonnent alors déchirantes 

Les sirènes du départ : Les vivants, vers leur sort incertain, 

Les morts, vers le sûr infini. 

Tu es ce que nous fûmes, Et ton cœur bat en nous 

Malgré l´oubli de tous. Prie toujours pour les tiens, 

Oran,  Oran, ma ville sacrée.     

Carlos Galiana Ramos (*) 

 

 

 

 

(*) Traduit de l´original en espagnol « ¡Orán ! » ,  inclus dans le livre « Españoles en Argelia – Memoria de una Emigración » de Juan Ramón Roca, par Marie-Hélène Carbonel  

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DISPARUS en Algérie 1962

Posté par lesamisdegg le 30 août 2015

 

GALEA JF

GALEA JF

DISPARITIONS FORCEES : une stratégie de la terreur

 

Les disparitions forcées ont souvent servi de stratégie pour faire régner la terreur dans la société. Le sentiment d’insécurité résultant de cette pratique ne se limite pas aux proches de la personne disparue, mais touche aussi la communauté et l’ensemble de la société. Les disparitions forcées sont perpétrées dans des situations de conflit interne, en particulier comme moyen de répression politique des opposants, voire d’épuration ethnique comme en Algérie de 1962 à 1964.

Le 21 décembre 2010, l’Assemblée générale de l’ONU, dans sa résolution 65/209 , s’est dite profondément préoccupée par la multiplication dans diverses régions du monde des disparitions forcées ou involontaires, y compris les arrestations, détentions et enlèvements, lorsque ces actes s’inscrivent dans le cadre de disparitions forcées ou peuvent y être assimilés. Elle souligne également le nombre croissant d’informations faisant état de cas de harcèlement, de mauvais traitements et d’intimidation des témoins de disparitions ou des familles de personnes disparues.

Dans la même résolution, l’Assemblée a décidé de proclamer le 30 août Journée internationale des victimes de disparition forcée, célébrée depuis 2011.

 

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MERGUEZ

Posté par lesamisdegg le 23 août 2015

 

devanture de "la saucisse à Michel"

devanture de « la saucisse à Michel »

« La saucisse à Michel »

 Lorsque je pénétrai dans ce petit café de l’avenue de la Bouzaréah, la salle était pleine de fumée et de bruit. Autour des tables, ornées d’un tapis poisseux, de verres multicolores, de jetons et de cartes, il y avait les clients habituels jouant à la manille, à la belotte ou au jacquet. En me voyant venir les surprendre avec un photographe, ils jetèrent, sur mon humble personne, des regards hostiles. Quel était donc cet intrus qui osait troubler leur quiétude par sa présence inopinée et insolite ? L’intrus était un journaliste à l’affût de l’actualité. Les habitués des petits commerçants du quartier, des retraités, des employés de bureau, des ouvriers dont le seul plaisir, sur la terre, semblait d’attendre, devant un apéritif, en jouant à quelque chose, l’heure du fricot qui mijote sous la surveillance de la « bourgeoise ».

Or, tandis que les dents de l’horloge grignotaient l’heure déjà entamée, pendant que les joueurs coupaient du manillon d’atout, abattaient une tierce à la dame, jetaient à la volée les dés du         « tchictchic », certains d’entre eux lançaient à haute voix cet appel imprévu : « Ali , six merguez bien « fadées ».

Merguez ! Quèsaco ?… Intrigué par ce genre d’annonce inusitée aux cartes, j’allai interviewer aussitôt le patron de l’estaminet. Accoudé sur le zinc astiqué du comptoir, la face illuminée d’un sourire commercial, le maître de céans voulut bien contenter ma curiosité sans se faire prier :

— Monsieur est sans doute un touriste, car tous les Algériens connaissent et de longtemps la saucisse à Michel. Avec les brochettes, il n’y a rien de tel pour vous altérer le gosier et vous donner envie d’absorber coup sur coup trois ballons d’anisette.

 Les Merguez ? Ce sont tout bonnement de petites saucisses cachirs que fabriquent certains bouchers israélites avec des boyaux salés de mouton, de la viande de bœuf assaisonnée d’épices et que nous rôtissons en un tournemain sur des braises ardentes. Il suffit d’en manger une fois pour ne plus pouvoir se passer de cette friandise algérienne.

Là-dessus, me faisant les honneurs de son grill-room, représenté en l’occurrence par un réchaud à charbon, le patron me présenta Ali ben Youssef, son chef de cuisine. Ce maître es-grillades est un vieux de la vieille. Tandis que d’autres musulmans sont joueurs de raïta, charmeurs de serpents, poètes et nomades, marchands de zlabias et de beignets, lui s’est spécialisé dans la cuisson des saucisses et aussi des brochettes. A ce qu’il affirme, cela lui a même valu de voir récompenser officiellement sa constance louable, car notre baïlik l’a décoré de la médaille du travail. En 1898, il débuta dans sa profession au passage Sarlande. C’est là que son vénéré maître Moïse Tayeb l’initia aux secrets du paillasson qui avive les braises du Kànoun, au retournement des brochettes, des saucisses et des carrés de foie, à la confection dés hâtelles en roseau. C’est lui encore qui lui enseigna l’art de doser ce mélange de poivre noir et de kemôun pilé que le client saisit dans une assiette entre le pouce et l’index pour saupoudrer le met dont il va se pourlécher les badigoinces.

Mis en confiance par quelques compliments de circonstance, l’offre d’une limonade, Ali a daigné me faire, des confidences que j’entends révéler aux lecteurs de « L’Afrique du Nord Illustrée ». Jadis ces amuse-gueules algériens ne se trouvaient qu’au bazar Mantout et place de Chartres. Le premier qui lança les merguez à Alger, fut un nommé Bacri. Aidé de son beau-frère, il acquit rapidement une renommée nord-africaine avec ses brochettes garnies de deux morceaux de cœur et de deux morceaux de faux-filet de bœuf. Il cuisait aussi des tranches de foie, des merguez délicieuses que l’on arrosait de mahia cachir. Le tout se vendait un sou pièce tandis que maintenant, avec la vie chère, la brochette et le foie grillé coûtent 0 fr 30, là saucisse rôtie 0 fr 40. Ce Bacri qui pourtant ne passa pas à la postérité, était paraît-il un malin. Nul mieux que lui ne savait « mettre en boîte » les bouchers de la place de Chartres. Pour m’en donner la preuve, Ali me rappela un tour de ce roublard. Après avoir choisi six cœurs de bœufs, notre homme se mit à jeter les hauts cris quand on lui en fixa le prix. Puis se ravisant, Bacri demanda au vendeur :

— Et après-demain combien vaudront-ils ?   — Après-demain ? Ils ne vaudront plus rien, car ils seront pourris.     — Bien. Alors je reviendrai après-demain.

A l’heure actuelle, Alger compte trois fabricants de merguez : Ben Simon, Lévy et Joseph Miraï le tunisien. De l’avis d’Ali, qui doit s’y connaître, la composition actuelle de la saucisse cachir rappelle un peu celle du fameux pâté de lièvre et de cheval. Dans la pâte de viande on met du cou et des basses-côtes en quantité industrielle pour un soupçon de faux-filet de bœuf et, quelques fois aussi, des œufs de… mouches à vers. Cela n’empêche pas les amateurs d’en consommer passablement, puisqu’un seul fournisseur de l’avenue du Frais-Vallon fabrique de 1.500 à 1.800 merguez par jour. Au point de vue écoulement, c’est le bar André, situé rue Juba, qui bat tous les records. Les consommateurs se recrutent principalement chez des Israélites et les Arabes de condition modeste, pourtant les chrétiens ne dédaignent pas ces hors-d’œuvre épicés au poivre de Cayenne. Certains soirs, car c’est entre dix-sept et vingt et une heures que le grill-room des bars spécialisés est en pleine activité, on voit arriver des autos d’où descendent des messieurs, de belles dames en quête de pittoresque. Minaudant et retroussant leurs lèvres saignantes dé carmin, les jolies femmes dégustent à belles dents ces friandises culinaires.

Avant de le quitter, comme je réclamais à Ali ben Youssef un dernier souvenir, il me confia cette histoire :    Quelques années après la guerre, j’ai servi trois hommes affamés. Ils avaient fait le pari de manger des brochettes, des saucisses, du pain, le tout arrosé de vin rouge. Le premier rassasié payerait le total de la consommation. Longtemps je leur ai apporté des assiettes garnies, longtemps ils ont mangé comme des ogres et je me demandais si j’arriverais, à calmer des appétits pareils, quand l’un des trois convives manquant de s’étouffer, s’est arrêté. Il avait la figure rouge comme une tomate et des yeux comme un caméléon. A ce moment, j’ai fait le compte, il atteignait 84 fr 50. Après s’être fait prié, le vaincu a payé. Depuis je ne l’ai plus jamais revu. Peut-être, ajoute Ali qui, en bon oriental, est un pince sans rire, est-il crevé d’indigestion.

 Pour conclure, je signale à ceux qui voudraient apprécier les merguez et autres spécialités du même genre, qu’ils en trouveront sans peine dans presque toutes nos villes algériennes.

 Jean Darbois, 1933

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