Pieds-Noirs et macron

Posté par lesamisdegg le 2 mars 2017

Plus fell que les fellagas , le macron !

Ce candidat à la présidence de la République française, cet ex-banquier soutenu par les plus obscures puissances  économiques internationalistes, est parti recevoir le sacrement du bouss-bouss en Alger en février dernier . Ceci n’a pas évité à nombre de ses compétiteurs se faire éliminer de la compétition ! Ah le mauvais œil ! Peut être cette cérémonie d’intronisation, très bourgeoise aurait dit Molière , aura-t-elle ouvert les mannes de pétrodollars et de votes des binationaux établis sur les deux de la Méditerranée .

En tout cas toute cérémonie a un cout . Pour commencer à rembourser sa dette , le macron s’en fut donner une entrevue sur petit écran .Il avait en amont retenu les éléments de langage de sa conseillère constantinoise , puis retenu les salamalecs des islamistes et fells du cru.

Le contenu de ses propos anticolonialistes en fait un avorton de janissaire de ce nouveau siècle . Il a le droit de se vendre à qui il veut , et les tarifs sont libres dans ce métier là .

Mais là ou le bat blesse , là ou la ligne rouge est franchie , là ou son ignorance est criminelle , c’est quand il veut parler des Pieds-Noirs.

D’abord il les confond avec des « expatriés« -travailleurs français à l’étranger- ,

ensuite il ne sait pas de qui il parle « les Pieds-Noirs comme d’aucuns emploient le terme »

avant de lâcher fielleusement qu’on ne peut leur dire

« vous n’avez rien été , vous êtes simplement des criminels « 

Ce sont ces dernières déclarations qui sont inacceptables , inexcusables  et condamnables .

Leur caractère raciste , négationniste , ostracisant ressemble trop aux discours tenus au siècle dernier par les dirigeants de sinistres régimes criminels cherchant à légitimer les nettoyages ethniques qu’ils allaient entreprendre . Ceux-là et d’autres ont commis des crimes contre l’humanité . En reprenant cette phraséologie le macron se fait le complice de ces barbaries , et notamment des crimes de masse de Français d’A.F.N. commis de 1954 à 1964 par ses alliés.

Voilà bien la marque d’une indignité qui conduira à la condamnation , puis à l’élimination du triste sire , de la course présidentielle.

Al Gérianie

02 2017

02 2017

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CORSO de carnaval

Posté par lesamisdegg le 1 mars 2017

Le corso, ou corso fleuri, est un défilé de chars se déroulant dans la rue .Ce nom d’origine italienne signifie, « rue », parfois « promenade publique ». Celui-ci, coïncide souvent avec l’arrivée du printemps, des carnavals, qui reste attachée à la fin de l’hiver, autour du Mardi gras.

À la fin du XIXe siècle, les corsos étaient composés surtout de charrettes décorées de branchages et de fleurs. Les participants étaient bien souvent grimés comme pour Mardi gras.

Ces chars étaient à l’origine tirés par des chevaux, parfois des bœufs .  À cette époque, ces défilés de chars étaient appelés cavalcades, car en général tirés par des chevaux. On retrouve cette appellation, par exemple, au Carnaval de Paris, où les grands cortèges de 1896 et 1897 de la « Promenade du Bœuf Gras », furent baptisés « Cavalcade du Bœuf Gras ».

C’est vers le milieu du XXe siècle qu’apparaît le mot « corso ». Après la guerre de 1914-1918, quelques voitures, parfois petits camions, sont décorés et se mêlent aux chars traditionnels. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est l’apparition des premiers tracteurs

corso du carnaval de Bizerte en 1903

corso du carnaval de Bizerte en 1903

 

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1830 Algérie libérée!

Posté par lesamisdegg le 23 février 2017

Le 14 juin 1830, ne faisait que commencer un processus long et complexe qui produira l’Algérie. L’action militaire du gouvernement de Charles X déclinait les débats et décisions du
Congrès d’Aix la Chapelle réuni douze ans plus tôt, -du 29 septembre au 21 novembre 1818-, Les puissances de l’époque, avaient débattu d’un sujet qui les préoccupait toutes depuis le 17ème siècle. Il s’agissait de savoir : comment mettre fin à la piraterie esclavagiste qui affligeait la navigation commerciale dans les eaux méditerranéennes et exposait constamment, aux razzias des pirates « barbaresques », les équipages et les populations côtières ou proches des côtes? Comment en finir, définitivement, avec le trafic esclavagiste, dont la base logistique et stratégique n’était autre que l’Alger Ottomane, se demanderont alors les représentants des grandes puissances de l’époque.

La France des Bourbons souhaitait réintégrer le concert des nations après la défaite napoléonienne.

A cet effet mission fut confiée à la France pour que soient libérés :

les mers et les océans de la piraterie , véritable djihadisme maritime
le commerce international du tribut barbaresque humiliant
les Chrétiens européens et des noirs africains animistes de l’esclavage
les juifs de la Régence de leur dihmitude millénaire
les biens piratés de leurs recéleurs
les bagnes de leurs esclavagistes
les tribus arabo-berbères du colonisateur ottoman… ..
……bien sur au prix de cruelles batailles menées par l’Armée d’Afrique avec l’aide de valeureuses troupes indigènes , contre de fanatiques obscurantistes.

 

alger 1818

alger 1818

congrès 1818

congrès 1818

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DISPARUS en Algérie

Posté par lesamisdegg le 5 octobre 2016

Dans mon ouvrage

Le cri retenu

j’ai décrit toutes les circonstances de l’enlèvement de mon mari, Philippe Gomis et de mon frère, Aimé Montero. Mais j’y ai surtout dit l’angoisse, le désespoir forcené qui m’ont longtemps tenue aux abois. Je n’admettais pas l’idée qu’ils puissent ne jamais revenir. Je suis restée donc en Algérie jusqu’en 1965 pour les rechercher, les attendre, entrant dans l’enseignement comme professeur de lettres puisque nos biens avaient été nationalisés et que j’avais les diplômes requis. Dans Le cri retenu, je crie mon désespoir en me situant dans un passé récent. Ici je dirai simplement ce qu’il en a été sans m’abriter dans les replis du temps.

Cela se passa donc le 15 avril 1962, au « Domaine des Andalouses » propriété de mon beau-père, près du petit village d’El-Ançor, dans le département d’Oran. Depuis deux mois, fuyant la campagne, mes enfants et moi étions venus nous réfugier en ville chez mes parents. Mon mari demeurait seul dans la propriété pour veiller sur les prochaines récoltes. Mais au fil des jours, les routes étant de moins en moins sûres, il espaça ses visites et j’en devins inquiète. Aussi, ce matin d’avril, n’ayant eu personne au bout du fil, ai-je demandé à mon frère de se rendre au domaine pour avoir des nouvelles. – « Mon coupé est en panne » a objecté mon cadet. – « Prends donc ma Simca, elle est garée au bas de l’immeuble ». Ma vie durant j’aurai devant les yeux le seuil de cet appartement oranais où, angoissée, je tendais des clés que l’on a pris d’une main réticente.

C’est vers 15 heures qu’un ami de la famille vint nous avertir que l’on venait d’enlever mon frère et mon mari dans la propriété de ce dernier. « On les a poussés dans une camionnette bâchée après les avoir ficelés de barbelés » nous dit-on. « Ma vie a alors basculé d’un coup, sans un cri, dans l’univers dur et exalté de la révolte » ai-je écrit dans mon ouvrage. Puis, vers 19 heures, le gérant de mon beau-père vint nous dire qu’une rançon était réclamée et dont la somme malheureusement n’avait pu être réalisée. Mon père et ses frères se sont alors rendus en pleine nuit et en dépit du couvre-feu, au lieu indiqué avec dix millions d’anciens francs. Mais « le contact » ne les avait pas attendus.

J’étais alors loin d’imaginer que ces deux êtres étaient perdus dès l’instant qu’on les avait pris. J’étais sûre (et il ne fallait pas me contredire) qu’ils reviendraient, qu’on nous les rendrait. De 1962 à 1965 je les ai recherchés tout en m’attelant à ce nouveau métier d’enseignante. Avec mon père nous avons interrogé la police judiciaire, la DST et sillonné préfecture et consulat d’Oran. Nous nous sommes également rendus aussitôt sur les lieux de l’enlèvement. Mais là, plus âme qui vive. Tous les ouvriers européens et arabes avaient fui le domaine. « Ils ont peur de parler » dira mon père. À la gendarmerie d’El-Ançor on ne put nous apprendre que ce que nous savions déjà. Dans tous les services visités on nous répétait qu’il ne fallait pas perdre courage. Je contactais également la Croix-Rouge, délégués puis enquêteurs. Mais on les sentait inquiets, ils étaient souvent menacés. À cette époque j’ai été souvent appelée à identifier des corps trouvés au fond d’un puits ou jetés au creux d’un ravin. J’ai eu des coups de téléphone curieux, pour n’employer que cet adjectif ; en effet me parvenait, après quelques mots en arabe, une sorte de gargouillis. « On a dû couper la langue à l’un d’eux » me répondra sans sourciller un gendarme. Puis les réflexions de ce genre affluèrent : « Ils doivent être trop abîmés, on ne peut vous les rendre »… « On les promène de douar en douar les yeux crevés, au bout d’une ficelle pour amuser les enfants », etc… Voilà ce que durant trois ans j’ai enduré. J’avais également écrit à M. de Broglie, alors secrétaire d’État aux Affaires étrangères et cela à plusieurs reprises. La réponse fut celle-ci : « Ils sont sûrement décédés ». Puis en 1964, le jugement déclaratif du Tribunal de Grande Instance de la Seine fit de moi une veuve… « présumée ». On m’a presque ri au nez quand j’ai demandé que l’on recherche leurs dépouilles. « Dans tous ces charniers que pourrait-on identifier ! ». Rentrée en France en 1966 et devenue libraire, j’espérais toujours. En particulier en 1970 quand la rumeur courait qu’il existait des camps de prisonniers au Sahara, à la frontière marocaine, ainsi que des camps itinérants qui se déplaçaient pour ne pas être repérés. On parlait même de déportation en Orient et dans les pays de l’Est.

Et aujourd’hui, où j’œuvre pour avoir accès aux archives des Affaires étrangères, et où je sais que nous allons apprendre « certaines » vérités, j’espère toujours que quelque part dans le monde, ils sont vivants.

Philippe Gomis avait 36 ans. Aimé Montero avait 25 ans.

Andrée  MONTERO

Andrée MONTERO

disparus enlevés

disparus enlevés

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HARKIS

Posté par lesamisdegg le 26 septembre 2016

l’engagement

Les motivations d’engagement des Français-Musulmans d’Algérie en général et des supplétifs en particulier furent multiples et variés, mais il est possible de les regrouper en quelques grandes catégories, en gardant à l’esprit qu’elles ne furent pas exclusives les unes des autres.

Suite aux exactions du FLN
Pour les supplétifs, c’est le motif qui revient le plus souvent. Pas ou peu connu au début des évènements, pressé de s’imposer comme seul représentant du peuple algérien, le FLN choisit l’arme de la terreur. Le premier tract interdit d’emblée toute hésitation ou toute velléité de neutralité : « Se désintéresser de la lutte est un crime ». Un document trouvé sur le chef fellaga Zighout Youssef précise que « Le FLN mène la guerre sur deux fronts :
contre l’autorité française en réclamant l’indépendance au nom du peuple algérien,
contre le peuple algérien, pour s’imposer à lui comme son représentant ». L’arrivée au maquis de « chefs locaux » peu formés politiquement, marqués par une culture de clans, de rivalités ancestrales violentes entre familles ou villages, va favoriser les assassinats au moindre soupçon d’opposition au FLN voire simplement pour l’exemple.

Comme le note Mouloud Feraoun, « les suspects tombent au détour des chemins, à la descente des cars, à l’intérieurs des cars, dans les villages, les marchés, les villes. Ils tombent partout… En attendant qu’il donne la puissance aux Fellagas, Dieu donne surtout la peur à tous les autres. » Dans ce contexte, la majorité des harkis ou moghaznis le sont devenus pour fuir la terreur du FLN, pour se protéger et défendre leurs familles. Plusieurs milliers de harkis ont quitté le FLN et sont devenus harkis par refus des méthodes de certains chefs FLN, notamment les exactions contre des civils musulmans ou européens. La violence fût une stratégie décidée, diffusée et encouragée par le FLN à laquelle répondront d’autres formes de violences militaires. Ainsi s’alimentait le cercle vicieux de l’horreur voulu par le FLN pour atteindre un « état de guerre ».

Solidarité familiale ou clanique
La famille maghrébine est marquée par la primauté du groupe sur l’individu et l’impérieux devoir de solidarité envers les siens : d’abord ses parents et enfants, ensuite ceux portant le même nom, puis ceux de son village contre un autre village, … Cette superposition de solidarités concentriques qui impose d’aider et de défendre la vie ou l’honneur des siens a favorisé les engagements de familles entières voire de villages ou de tribus, lorsque ses membres avaient été assassinés ou lorsque le chef de famille, du village ou de la tribu, s’engageait contre le FLN.

V.P.

1958

1958 commandos et harkis

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ORAN 14 juillet 1928

Posté par lesamisdegg le 14 juillet 2016

Comme les années précédentes, la population oranaise a célébré la fête nationale du 14 Juillet avec beaucoup d’entrain. Les diverses manifestations prévues au programme de la journée de samedi ont été suivies avec intérêt par le public.

Dès 7 heures du matin, une foule nombreuse envahit les abords du boulevard Gallieni où doit se dérouler la revue des troupes de la garnison. Lorsque le canon tonne, pour annoncer le début de la cérémonie, la tribune d’honneur réservée aux personnalités officielles est abondamment garnie.

Escorté de son état-major, le général de Lamothe, passe l’inspection des troupes qui s’alignent jusqu’à la promenade de l’Etang. Au-dessus de la ville une escadrille d’avions évolue en ordre de combat. Face aux tribunes, il est ensuite procédé à la remise des décorations. Puis les troupes se reforment près de la rampe Valès et défilent impeccablement aux sons d’une marche guerrière.

Quelques instants après, M. le général de Lamothe se rend place d’Armes où les membres de l’association « Les Poilus d’Orient » se trouvent réunis au pied du monument de Sidi-Brahim. Après avoir remis le drapeau du groupement, à M. Touret, président, M. le général de Lamothe remercie ce dernier de l’avoir associé à cette manifestation. Puis, il exprime son plaisir de se retrouver au milieu des vaillants « poilus » qui, en Orient, par leurs héroïques prouesses contribuèrent largement au succès final des armées françaises et alliées, dans la grande guerre de 1914-18.

C’est ensuite le défilé des sociétés sportives et musicales de la ville qui attire l’attention du public qui s’est répandu dans les grandes artères centrales. Parties de l’avenue Loubet, où elles s’étaient rassemblées autour du monument de la Victoire, les sociétés parcourent en très bon ordre la rue d’Arzew, le boulevard Séguin et la place d’Armes. Elles s’alignent face aux grands escaliers de l’Hôtel de Ville où se trouvent M Menudier, premier adjoint au maire, remplissant les fonctions de maire, entouré du Conseil municipal au complet. La dislocation a lieu après le « Salut au drapeau » exécuté par les fanfares.

Sur divers points de la ville d’autres cérémonies ont eu lieu au milieu d’un grand nombre d’assistants. Dans le courant de l’après-midi, une brillante fête indigène s’est déroulée au village Nègre. Des épreuves sportives et des jeux divers ont obtenu le meilleur succès. Jusqu’à une heure avancée de la nuit, les nombreux bals publics organisés sur les différentes places de la ville ont connu une grosse affluence et un très vif entrain.

défilé des sociétés sportives

défilé des sociétés sportives

tiré de « L’Afrique du Nord illustrée »

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Le massacre d’ORAN-the massacre of Oran- 5 7 1962

Posté par lesamisdegg le 5 juillet 2016

 

11 h Le sirocco s’est levé, depuis quelques minutes et, bien que nous roulions sur la route de Tlemcen à Oran à plus de 100 à l’heure, l’air qui nous fouette est brûlant. A la sortie d’un petit village écrasé de chaleur, nous sommes arrêtés par deux soldats de l’ALN qui portent des mitraillettes tchèques en travers de la poitrine. L’un d’eux s’approche, entre sa tête dans la voiture et avec un grand sourire nous serre la main à tour de rôle; nous repartons.

12h20 -Dans les faubourgs d’Oran, autre barrage. Brusquement, il n’est plus question d’amabilité. Un soldat de l’ALN ouvre ma portière avec violence, et me fait littéralement tourbillonner hors de la voiture. Là, il me pose sa mitraillette sur le ventre pendant qu’un autre me fait lever les bras et me fouille de la tête aux pieds.  Mon collègue Biot, se fâche « Enfin, qu’est-ce qui vous prend ? Nous sommes journalistes ! » Aussitôt, changement d’attitude. La mitraillette s’abaisse « Il y a eu des coups de feu devant la mairie -m’explique le soldat-. Il y a beaucoup de blessés et beaucoup de morts; ça tire encore en ce moment ». 

the massacre of oran  1962 07 -galéa jean misères de la guerre 1967

the massacre of oran 1962 07 -galéa jean misères de la guerre 1967

 Nous sommes stupéfaits. Je demande »Qui a tiré ? » C’est l’OASSE, bien sûr ! Au loin, nous entendons crépiter des coups de feu ponctués d’explosions.


12h50 -Nous roulons au pas. Notre hôtel n’est qu’à 500 mètres, mais il me semble qu’il nous faudra des heures pour y parvenir. Autour de nous, des soldats musulmans embusqués dans les porches des maisons tirent à l’aveuglette.

12h55 -Nous embouchons le boulevard du 2e Zouaves. Une mitrailleuse lourde se déchaîne, puis une autre. Nous restons paralysés. Puis, brusquement, je réalise et je me mets à brailler « Mais, bon sang, c’est sur nous qu’ils tirent! ». « Marche arrière » crie Biot. La voiture bondit en arrière dans un hurlement de pignons. Nous virons à toute allure, en marche arrière. Je bloque les quatre roues, moteur calé. Nous nous précipitons vers un porche. Tout cela n’a pas duré plus de cinq secondes. Nous n’avons pas le temps de souffler. -Haut les mains ! Nos bras jaillissent vers le ciel. Je crie: -Nous sommes journalistes. L’autre, un ATO à mitraillette, se fige aussitôt et nous exécute un irréprochable «présentez armes».

13h -L’ATO est monté sur le capot de la voiture et nous dirige vers le Commissariat central: -Là-bas, vous serez en sécurité, dit-il. En fait, à peine arrivés, nous nous retrouvons tous à plat ventre sous les balles qui viennent d’on ne sait où.

13h20- Nous avons trouvé refuge dans une caserne de zouaves… Un cadavre est écroulé devant la porte de la caserne. C’est un musulman que d’autres civils musulmans ont poursuivi jusqu’ici. Avant même que les zouaves aient eu le temps d’intervenir, le malheureux a été abattu d’une balle de revolver, puis achevé à coups de crosse et à coups de couteau. Le corps n’a plus rien d’humain. La tête est à moitié arrachée.

14h -A l’abri dans la caserne, nous montons sur la terrasse et, à la jumelle, nous regardons ce qui se passe: les voitures fouillées, les ambulances de la Force locale qui passent, hérissées de mitraillettes. Vers le quartier Saint-Eugène, un vacarme énorme se déclenche. Mortiers, grenades, mitrailleuses lourdes, tout y passe. Une demi-heure plus tard, on tire toujours à Saint-Eugène. De notre côté, les choses semblent calmées. A la jumelle, je vois deux soldats français fouillés par des civils musulmans en armes.

15h -Un capitaine qui commande un détachement de zouaves a réussi à faire libérer les Européens retenus prisonniers par les ATO au Commissariat central.

15h15 -Je vois une longue colonne d’Européens qui remontent la rue, plus de quatre cent. Les visages sont durs, fermés, certains tuméfiés. La colonne est silencieuse. C’est un spectacle poignant. A 15h30, les tirs se sont tus.

17h30 -Les rues sont désertes.

Le lendemain, on cherche des explications. Quel est le bilan ? Comment la fusillade a-t-elle démarré ? Sur les causes de la fusillade, il court deux versions différentes. On parle, bien sûr, d’une provocation OAS, mais cela semble peu vraisemblable. Il n’y a plus de commandos, ou presque, parmi les Européens qui sont demeurés à Oran… On parle aussi de règlements de comptes politiques entre musulmans. Or, on raconte en ville que, durant la nuit du 5 au 6, nombre de musulmans ont été collés au mur en ville arabe et fusillés. On ajoute que parmi eux, il n’y avait pas que des pillards. Ceci tendrait donc à confirmer la thèse du règlement de comptes. Peut-être s’agit-il tout simplement d’un coup de feu lâché par inadvertance ou par enthousiasme par l’un de ces nombreux jeunes musulmans qui étaient descendus en ville avec un revolver passé dans la ceinture ? Déjà au soir du 1 er juillet, on dénombrait un grand nombre de morts et de blessés en ville musulmane, morts et blessés simplement victimes de fantasias.

Ce qui est certain, c’est que cette fusillade fut le résultat d’une crise d’hystérie collective durant laquelle les coups de feu partirent dans tous les sens. Un autre élément est le fait que quinze cadavres européens qui se trouvent à l’hôpital civil d’Oran, treize ne portent pas de blessures par balle, mais ont bien été tués à coups de couteau. Quant au bilan des morts et des blessés, on ne saura jamais avec certitude ce qu’il en a été. Les victimes musulmanes furent immédiatement emportées en ville arabe et, comme le Coran le prescrit, enterrées le jour même; il est demeuré impossible de faire un dénombrement exact des victimes…

C’est sur nous qu’ils tirent!  par Serge Lentz

extrait du Paris-Match n°692, 14 juillet 1962

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ORAN juin 1962

Posté par lesamisdegg le 30 juin 2016

Les 29 et 30 juin 1962 , l’Espagne du général Franco vient au secours des Pieds-Noirs en affrétant deux ferrys < le Victoria et le Virgen de Africa > .Pour accoster le long des quais d’Oran il aura fallu longuement parlementer avec les autorités françaises réticentes .

Le 30 à 10 h du matin , malgré l’opposition du de Gaulle , le général Franco donne l’ordre à ses capitaines d’embarquer les Pieds-Noirs , faisant fi de la pression imposée par la France .
Franco prévint de Gaulle qu’il était prêt à l’affrontement militaire pour sauver ces Pieds-Noirs abandonnés sur les quais d’Oran et livrés à la barbarie des terroristes djihadistes fells. De Gaulle est également informé que l’aviation et la marine de guerre espagnoles sont en route jusqu’aux eaux internationales , face à Oran .
Face à la détermination du général Franco , la France cède et le samedi 30 à 13 h ces 2 bateaux espagnols ont pu embarquer 2200 Pieds-Noirs , 85 voitures et un camion .Lors de l’embarquement , les courageux capitaines espagnols durent s’opposer à la montée d’une compagnie de CRS sur leurs bateaux , des CRS qui voulaient lister tous les Pieds-Noirs embarqués à destination de l’Espagne.
Finalement à 15 h 30 , les quais d’Oran , noirs de monde se vidèrent . Les bateaux espagnols prirent enfin la mer malgré une importante surcharge .
De l’arrivée jusqu’au départ des ferrys espagnols , les Pieds-Noirs scandaient :

< Viva España ! Viva Franco !!>.

oran gare maritime 06 1962

oran gare maritime 06 1962-photo « collection jeandaniel29800″-

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La MOUNA de Belabbès

Posté par lesamisdegg le 27 mars 2016

lundi de paques à Oran en 1873

lundi de paques à Oran en 1873

Lundi notre ville avait perdu sa gaieté, son entrain. Les rues étaient désertes, presque tous les magasins fermés. Dès l’aube des groupes nombreux de piétons et des voitures rapides sillonnaient les rues dans toutes les directions et gagnaient la campagne. Ce mouvement inusité, cette émigration nouvelle m’intriguait, et comme dit la chanson :

Je ne suis pas curieux

Mais je voulais savoir,

Pourquoi dans d’autres lieux

Ils fuyaient jusqu’au soir.

Je demandai donc le pourquoi de la chose. L’Espagnol, que j’interrogeai, me  toisa des pieds à la tête et me regarda absolument comme un Marseillais de Marseille auquel j’aurais demandé le chemin de la Cannebière ; puis il se mit à rire, d’un de ces rires francs et sonores. « Allez à la campagne », me dit-il, et vous verrez :

C’est la Mouna !

La Mouna ! La Mouna ! À deux heures je franchissais la porte d’Oran.

Je marchais guidé par le hasard. Mais je ne tardai pas à rencontrer une jeunesse – et une belle jeunesse s. v. p., coté des dames surtout – qui prenait ses ébats sur l’herbette fleurie. Les rives de la Mekerra étaient bordées de groupes animés, où régnait la gaieté la plus cordiale, la plus franche. Ça et là, au son d’une musique, peut-être un peu trop agreste, il est vrai, on polkait, on valsait avec un entrain endiablé. Les couples se pressaient et plus d’un baiser, en cachette de la maman, se donnait furtif. Je me croyais à Auteuil à Mabille ou au Point-du-jour. Comme à Robinson, il y avait du bon vin, de la verdure, du soleil et des roses. Tout était en fête, partout des visages heureux, partout des sourires. Ces grands yeux noyés d’Andalouses, ces corsages trop ou trop peu ouverts, ces mouchoirs aux couleurs voyantes, encadrant ces fines tètes au profil si régulier, si pur, tout cela me charmait, m’enthousiasmait.

Du premier coup, la Mouna m’avait conquis.

Mais d’où venait-elle cette fête ? Avait-elle pris naissance dans quelque fait biblique ou mythologique ? Etait-ce le résultat d’un vœu national, religieusement observé chaque année? N’était-ce pas plutôt un simple effet du hasard, une vieille coutume les enfants apprennent de leurs pères pour la léguer ensuite à leurs petits-neveux ?

Je consultai à mon retour pas mal de vieux conteurs – on dirait chroniqueurs aujourd’hui –  de la péninsule Ibérique, et parmi les nombreuses légendes de cette Mouna, il en est une qui me parut assez bizarre, sinon vraisemblable. La voici :

« Vers la fin du XVIème siècle, au milieu des gorges de la Sierra-Nevada et non loin de Grenade, se dressait un vaste monastère. La discipline y était rude, et la férule de l’abbé gouverneur impitoyable.

Les moines, prisonniers plus ou moins volontaires, étaient si mécontents, si malheureux, qu’ils souhaitaient la mort de leur supérieur. Mais les idées libérales étaient encore enfouies dans le chaos du néant, et ces hommes de Dieu étaient incapables d’une  révolution même pacifique.

La nature vint à leur aide et un beau jour, un vendredi-saint – quelle coïncidence ! – la mort frappa le tyranneau.

Le couvent retentit de cris et de plaintes, absolument comme s’il se fût agi d’un mort aimé, et les moines, en égrenant leur chapelet, suivirent à sa dernière demeure, avec une feinte douleur, celui qu’ils avaient envoyé tant de fois… au fond des enfers.

Les derniers devoirs une fois rendus, la joie éclata folle, délirante ; on dit même que quelques religieux, des jeunes sans doute, esquissèrent à deux pas de la tombe de leur ancien seigneur et maître, un grand écart parfaitement réussi. .

La longue file des moines s’en allait cahin-caha en se dirigeant vers un monastère de saintes religieuses, à la porte duquel elle s’arrêta. Le plus ancien frappa à là porte et la sœur tourière vint ouvrir en souriant à tous.

Une délégation fut envoyée auprès de la supérieure pour lui expliquer le but de cette visite inattendue et si nombreuse. « On voulait s’amuser un brin, fêter l’heureuse mort et on invitait ces dames ». Après bien des hésitations et de longs pourparlers, (car il paraît qu’on y mit des formes, l’invitation fût acceptée.

Alors, du monastère sortirent deux longues files de capuchons gris et de cornettes blanches.

En gens pratiques les bons moines avaient eu le soin de dépêcher un des leurs au couvent pour en ramener des victuailles, des provisions de toutes sortes et de ce vin d’Espagne. qui devait faire d’eux de nouveaux Noé.

On s’amusa ferme, tellement même que les habitants d’alentour étonnés de ce spectacle d’un nouveau genre, accoururent en foule pour jouir du coup d’œil.

Mais la chose fit dit bruit et arriva aux oreilles du Pape. On parla de l’a réunion d’un concile, des foudres de l’Eglise; en fin.de compte, on se contenta d’envoyer les coupables dans divers couvents de la Péninsule.

Cette dispersion aux quatre coins de l’Espagne des moines et des nonnes, donna à la fête un renom universel et un attrait de plus, celui du fruit défendu.

Une fois cloîtrés dans leur nouvelle prison, ils contèrent la chose  à leurs confrères, qui à leur tour voulurent fêter l’Anniversaire. Le public s’en mêla, et chaque année le lundi de Pâques, c’était entre civils et… religieux, une fête de famille, une sauterie intime.

Le temps a passé et avec lui les moines et les couvents mais la coutume est restée d’aller faire la Mouna le lundi de Pâques, alors que la nature renaît et que dans les ombrages nouveaux l’oiseau chante sa première chanson. «

Telle est une des nombreuses légendes qui circulent sur l’origine de la Mouna.

Si non vero, bene trovato !

La Mouna a été célébrée lundi par la colonie Espagnole et aussi par les Français avec un entrain merveilleux et les valses et les polkas avaient certainement autant de vie que 1es farandoles dansées par les religieux et religieuses de la légende.

Les rives de la Mekerra refléteront longtemps encore les doux moments et les folles joies de lundi. Puissent-elles en conserver les petits secrets !

BEL-ABBÈS, LE 13 AVRIL 1887

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PASSION du CHRIST et Alger 26 mars 1962

Posté par lesamisdegg le 26 mars 2016

En ce temps de carême, et alors que nous approchons de la célébration de la passion de notre Seigneur, nous sommes invités à découvrir à quel point, par son incarnation, le Christ est venu épouser la condition humaine. Homme parmi les hommes, il s’est chargé de toutes leurs souffrances pour leur apporter le salut et la vie éternelle. Toute l’histoire humaine est prise en compte par ce Dieu fait homme qui, en naissant à Bethléem et en mourant sur le Calvaire à Jérusalem, a manifesté à tout homme un amour sans limite.

 

Or, pour nous Pieds-Noirs, au plus fort de la tourmente,  dans le combat ô combien inégal qui nous laissait seuls face à tous, on aurait pu croire que même Dieu s’était détourné de nous. Jamais, au grand jamais il n’en fût ainsi. Dieu notre rocher, Dieu notre salut ne nous a pas abandonné, et c’est en Lui, en Lui seul que nous voulons enraciner notre espérance. Mais encore, faut-il accepter de suivre le Christ en chacun des pas qu’Il a posé durant sa vie terrestre. Alors, aujourd’hui,  en priant pour les victimes du 26 Mars 1962 et pour toutes les victimes de la Guerre d’Algérie, méditons  sur cette présence du Christ tout au long de l’histoire du petit peuple des Pieds-Noirs.

…………………..

L’histoire de l’Algérie Française va se dessiner sur un métier à tisser dont les fils vont être tirés de l’au-delà de la méditerranée. Des hommes et des femmes venus de France, d’Italie, d’Espagne, de Malte, d’Allemagne, d’Alsace, d’Irlande  ont reçu l’annonce d’un pays à construire, d’une terre à conquérir. Souvent poussés par la misère ou par la guerre, ils vont quitter leur terre natale dans l’espérance de bâtir une nouvelle vie, avec pour seule arme le courage que donne la foi.  Ils vont se livrer à cette terre inconnue et, bientôt, ils vont l’aimer, lui sacrifiant tout dans la sueur, le sang et les larmes.

 

Marie accepte de participer au projet de Dieu. Au cœur de la nuit de Bethléem va naître cet enfant qu’elle appellera Jésus –ce qui veut dire « Dieu sauve »-  L’enfant-Dieu ne va pas naître comme les puissants de ce monde entourés de faste, de sécurité, de gloire humaine. Non, Jésus va naître dans une étable, car lorsque Joseph et Marie arrivent à Bethléem  il n’y a plus de place pour eux. Et ce sont les plus pauvres, ces marginaux que sont les bergers qui sont invités par les anges à reconnaître en cet enfant l’infini de Dieu.

 

Ce sont aussi les pauvres, les exilés qui vont faire naître l’Algérie, à force de travail, d’abnégation, de sueur et de larmes. Peu à peu vont naître ici et là des ilots d’humanité sur une terre hostile, de petits villages qui vont donner vie à des contrées sauvages. Et puis il y a la rencontre entre les différentes composantes de la population européenne et celle du pays qu’elle soit arabe ou berbère. Chacune s’enrichit de l’autre ; les différences ne sont pas fatalement des obstacles mais participent  à la naissance d’un nouveau peuple, d’une nouvelle race. A travers la naissance de ce nouveau pays, il y a aussi la résurrection de l’Eglise d’Afrique du Nord, celle des grands saints comme St. Augustin, Ste. Monique, St. Cyprien, Ste. Félicité et Ste Perpétue… et tant d’autres, tous berbères.

 

Israël attendait le Messie promis par Dieu. Tout le pays était dans l’attente fiévreuse du sauveur  et pourtant il n’a pas été reconnu. Le monde ne veut pas de la vérité proclamée par Jésus. Une vérité implacable, qui ne peut s’accommoder d’aucune espèce de combine ou d’arrangement. Mais les hommes qui ont en charge la conduite du peuple d’Israël n’acceptent pas la vérité. Jésus dérange, Jésus révèle la face cachée des âmes. Alors ses ennemis vont intriguer, comploter dans l’ombre, abuser de la faiblesse du peuple, lui mentir le manipuler pour le détacher de Celui en qui, le jour de son entrée triomphale à Jérusalem, ils reconnaissent le Messie, le Sauveur d’Israël. Les lâches vont agir dans l’ombre. Le moment venu, grâce à la trahison de Judas, ils s’empareront de Jésus pour le faire condamner après une mascarade de procès.

 

L’Algérie Française a connu la trahison. Des pharisiens et des scribes qui sont d’un autre temps mais qui ressurgissent toujours dans l’histoire de l’humanité pour accomplir les œuvres les plus basses, veulent sa mort. Tous les moyens sont alors bons pour abattre celui qui ne veut pas plier. Le terrorisme qui durant des années va tout faire pour creuser irrémédiablement un fossé entre les deux communautés ; le terrorisme dont les victimes sont aussi bien européennes qu’arabes ou kabyles à partir du moment où elles s’opposent à l’abandon de l’Algérie Française.

 

Jérusalem : Jésus est donc arrêté. Il faut maintenant qu’il soit condamné et surtout qu’il soit réduit au silence. Surtout qu’Il ne parle plus. Et la meilleure façon pour y arriver c’est de le tuer.

 

1962, l’Algérie connaît des journées terrifiantes, notre petit peuple lutte de toutes ses forces. Chaque jour des dizaines de victimes tombent dans les rues, dans les campagnes.  Cette résistance devient insupportable au pouvoir qui a décidé de se parjurer et d’abandonner coûte que coûte cette terre. On négocie avec les égorgeurs. Le quartier de Bab-el-oued à Alger est encerclé, mitraillé, bombardé. Des habitants sont abattus à bout portant. Interdiction d’évacuer les blessés ni les morts. Une manifestation pacifique de soutien se met en place.

 

Jérusalem : Jésus est humilié, flagellé, couronné d’épines, il faut le discréditer aux yeux de tous. Le mensonge, la veulerie, la lâcheté obtiendront la condamnation à mort de l’innocent. On va donc charger Jésus de sa Croix. Cette foule qui l’avait, quelques jours auparavant, accueilli dans la liesse et l’exaltation, va maintenant se retourner contre Lui, l’insulter, lui cracher au visage. Jésus est seul face à tous, soutenu par Marie sa Mère dont le cœur est transpercé par le glaive de douleur prophétisé par le vieillard Siméon. Presque tous ses disciples ont fui. Pierre L’a même renié.

 

Alger : Le pouvoir décide de frapper un grand coup. Un piège est tendu à ceux qui veulent témoigner de leur solidarité avec les assiégés de Bab el Oued. Arrivés devant la Grande Poste  et au commencement de la Rue d’Isly, les manifestants désarmés ne se doutent pas qu’ils sont pris dans une véritable nasse. Les fusils mitrailleurs ouvrent le feu, des dizaines de personnes tombent à terre. Le feu continue longtemps malgré les cris et les appels au secours. Puis le silence. Des corps, nombreux,  restent étendus sur le macadam. Certains regroupés comme pour former une rosace funèbre.

 

Jérusalem : Jésus, dépouillé de ses vêtements, a été cloué sur la Croix. Il invoque son Père : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Alger : Des cris montent vers le ciel. La stupeur, l’incompréhension. Pourquoi mon Dieu, pourquoi ? Les survivants errent, hagards, abattus.  Ce jour-là, l’Algérie a été assassinée.

 

Jérusalem : Du haut de sa Croix, Jésus confie sa Mère à Jean le disciple bien-aimé. Puis s’adressant à Marie : « Femme, voici ton fils ». Il lève alors son regard vers le ciel et implore : « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font. »

 

Alger : Du haut de la colline qui domine Alger, Notre Dame d’Afrique pleure sur ses enfants martyrs.

 

Jérusalem : Rapidement, avant que ne commence le sabbat, Jésus doit être descendu de la Croix.  Marie le reçoit dans ses bras. Ses amis le prennent et le dépose dans un tombeau.

 

Alger : les victimes du 26 Mars sont amenées dans des hôpitaux, dans des morgues. Les familles cherchent les leurs parmi les cadavres nus, déposés à même le sol. La raison défaille, les cœurs cessent de battre, la douleur est sans nom !

 

Jérusalem : Un coup de lance inutile a transpercé le cœur de Jésus alors qu’Il a rendu son esprit à son Père.

 

Algérie : Un coup de lance inutile est asséné à ce pays martyr le 5 juillet à Oran. Des milliers de victimes.

 

Les exécutions de Degueldre, Piegt, Dovecar et Bastien-Thiry, elles aussi inutiles ; « il »aurait pu les épargner.

 

« PERE, PARDONNE-LEUR. ILS NE SAVENT PAS CE QU’ILS FONT ! »                                                                   

Père Jean-Yves MOLINAS

26 mars 2012

26 mars

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