Kémia -à l’heure de la -

Posté par lesamisdegg le 28 août 2020

La kémia … c’est le bonheur au moment de l’apéritif …

C’est une tradition qui est passée du « comptoir du café » à notre table.

Les propriétaires de café, pour tenir leur clientèle, mais avant tout pour les faire consommer, proposaient au moment de l’apéritif (chez nous c’était l’anisette) un assortiment de mises en bouche : de l’escargot piquant aux cacahouètes en passant par les tramousses, les moules en scabètche , les olives piquantes, amandes grillées, carottes au cumin, cocas, calentica, tchoutchouka, merguez, pois chiches grillés, fèves au cumin, supions au noir, friture de petits poissons  … Enfin tout c’qui donne soif pour s’taper encore plus d’anisette.

Pendant toutes les réunions familiales, cela nous permettait à nous les gosses, de venir chiper quelques olives, fèves …

« Dans l’avenue Trolier non loin de l’église Bonaventure à l’ombre des jujubiers , un moutchou dans sa petite épicerie range ses épices aux senteurs orientales , olives , piments , tramousses tout pour préparer la kémia du midi. »

 

kémia pour anisette

kémia pour anisette

Publié dans ACTUALITE, cuisine, MEMOIRE, PATAOUETE | 1 Commentaire »

Sardines en escabètche -Sardinas en escabeche-

Posté par lesamisdegg le 31 juillet 2020

L’aouélica Emilia était partie, de bonne heure, au marché kargentah  pour s’acheter se quoi préparer des sardines «  en escabètche » pour dimanche prochain, que nous serions huit : 2 douzaines de belles sardines, bien fraiches, pas des allatches pour la pèche.

Au retour le spectacle s’afficha sur le potager en une très colorée nature morte : les sardines, l’huile des olives , le vinaigre espagnol de Xérès , les feuilles de laurier  , le thym , le romarin ,les piments de Cayenne , les aux –l’aï! !- , l’ognon , la carotte , les grains de poivre noir , la farine pour la friture , la bouteille de vin blanc , et la salière .

L’aouéla s’est bien lavé les sardines, ne gardant que les filets dans un bol ac’ de l’eau et des glaçons .Va savoir pourquoi, et c’est trop tard pour lui demander.

Après avoir séché les filets  des sardines , pas du pécheurs  ,  l’aouéla se les a fariné , bien bien , avant de les faire revenir « ounne ratito » une grosse minute dans l’huile des olives . Elles vont attendre un peu.

 

sardines frites

sardines frites

 

Dans cette dernière huile elle a fait dorer l’ognon, les 4 gousses d’ail écrasées, la carotte en rondelles, avec quelques grains de poivre, 2 feuilles de laurier,  le thym et le romarin, les 4 piments ; ça a mijoté un bon quart d’heure.

 

sauce

sauce

 

Enfin de cette cuisson, un pti’ verre de vin blanc sec pour mouiller, 20 cl Huile d’olive, 10 cl Vinaigre Xérès, et ça remijote un autre bon quart d’heure.

Cette sauce va venir recouvrir les sardines qui attendaient sur le potager.

 

escabètche de sardines

escabètche de sardines

 

L’aouéla amis le plat dans la glacière –le frigo d’avant-, on était vendredi. Elle a retourné les sardines tous les jours avant de nous les servir le dimanche.

On s’est tchoupé les doigts, de délicieux que c’était !

Publié dans ACTUALITE, cuisine, MEMOIRE, PATAOUETE | Pas de Commentaire »

Fèves au cumin pour la Saint Jean, et la kémia

Posté par lesamisdegg le 23 juin 2020

Ingrédients

1 kg de fèves sèches, 4 gousses d’ail, 2 cuillerées à soupe de cumin en poudre,   2 cuillerées à soupe de paprika,    1 cuillerée à  soupe de concentré de tomates, 4 piments de Cayenne, 4 cuillerées à soupe d’huile d’olive, sel, poivre.

Préparation

Mettre les fèves à tremper la veille avec trois cuillerées à soupe de bicarbonate dans de l’eau froide avec un demi-citron et le piment de Cayenne

Le lendemain soir les égoutter, puis les mettre à cuire dans 3 litres d’eau. Porter à ébullition puis mettre à petit feux et vous laissez cuire pendant 2 heures sans couvrir.

En fin de cuisson ajouter l’ail en purée, le cumin, le concentré de tomates, les piments de Cayenne et l’huile d’olive

Egoutter, assaisonner de sel, poivre, cumin, paprika et d’un filet d’huile d’olives.

Le jour de la St Jean  vous n’avez plus qu’à réchauffer (les fèves réchauffées le lendemain sont meilleures).

 

fèves au cumin

fèves au cumin

 

Publié dans ACTUALITE, cuisine | Pas de Commentaire »

Ya, Madame, bono, bono! -conte de Noël-

Posté par lesamisdegg le 24 décembre 2019

Mansour danse et saute au son du tambourin, son chapeau pointu où tintinnabulent les grelots, où s’entrechoquent les coquillages, recouvre son chef crépu et auréole sa face luisante et rieuse. Sa bouche sombre paraît plus brune du contraste des dents si blanches et les lèvres modulent sans arrêt la mélopée monotone. « Ya, Madame, bono. bono ! »   Mansour vêtu de peaux de bêtes, va par les sentes de la vieille Casbah ; il gambade et il entrechoque ses jambes avec un bruit de castagnettes.

Il est tard, il fait froid 19 heures tintent à l’horloge de Djemâa-Kebir.

Tout le jour, les enfants se sont égayés de ses contorsions et les grandes personnes ont plaisanté son accoutrement. Mansour rit encore, découvrant ses dents de vieux loup.

L’ombre augmente. Une larme brille, son sillon est visible sur le bronze des joues creuses. Le rire a fui, la douleur le remplace. Torture morale, torture physique, quelle est la souffrance assez puissante pour contracter les lèvres si gaies l’instant d’avant ? Un rictus navrant tord la bouche charnue.

Le nègre va lentement, semblant avoir épuisé toutes ses forces en ses bonds de danseur.

 

madame bono

madame bono

 

Une ombre se détache du couloir obscur, et Mansour tressaille comme à l’approche d’un danger redoutable :

— Mansour, viens vite, crie d’une voix brisée le spectre qui s’approche.

— Yasmina, est-il arrivé malheur à notre étoile ?

— Allah est grand, ô mon ami, le ciel accroche ce soir un astre de plus sous sa voûte lumineuse. Ourida est là-haut parmi les plus belles !

— Ah maudit métier, j’ai chanté, J’ai dansé, mon mouchoir s’est rempli de pièces de monnaie ; demain, je pouvais appeler le toubib qui guérit Il ne viendra que pour mettre en terre mon doux trésor.

Le vieux négro, sanglotant, se jette dans le taudis où est étendu un corps d’enfant déjà raidi et glacé par la mort. Il le prend dans ses bras. Doucement, ses doigts inhabiles caressent les yeux fermés.

Ô doux miracle d’amour, les paupières ont bougé, un frémissement parcourt le corps refroidi. Ô bonheur! Papa négro voit le bébé d’ébène ouvrir les yeux et, dans un sourire, tendre vers lui ses bras menus. Plus de pleurs ! Place à la joie !

L’instrument monocorde est repris et le père heureux, gambade et chante devant sa fille revenue à la vie.

— Ya, Moutchachou bono, bono !

Le Prophète est né ; le Mouloud a ranimé la négrillonne. Demain, Mansour, continuera ses gambades et ses chants!

Noël ! Noël !

25 12 1923

 

 

Publié dans ACTUALITE, ARTS et LETTRES, MEMOIRE, PATAOUETE | Pas de Commentaire »

La TOUSSAINT ROUGE du 1er novembre 1954 par Jean BRUNE

Posté par lesamisdegg le 1 novembre 2019

 

 

1 11 1954

1 11 1954

 

La guerre subversive ?

« Chaque victime était un otage innocent versé dans les charniers pour satisfaire aux exigences glacées d’une arithmétique de la terreur. Peu importaient les qualités ou les défauts des victimes, leur nom, leur poids d’entrailles humaines et les symboles inclus dans leur métier. Ce qui comptait, c’était le nombre des morts à partir desquels la peur s’installait dans la vie et commençait de la corrompre comme un poison.

On ne tuait pas comme on tue à la guerre pour ouvrir dans les rangs de l’ennemi des brèches dans lesquelles s’engouffraient les soldats. On tuait pour créer un scandale et par ce scandale attirer l’attention du monde non pas sur les victimes, mais sur les bourreaux. L’entreprise supposait une organisation méticuleuse des complicités; chaque nouveau mort étant l’occasion d’exprimer les solidarités qui liaient le meurtrier à un immense camp d’intérêts et d’idées. Chaque nouveau massacre collectif servait de prétexte à une explosion d’indignation en faveur des écorcheurs. Ainsi les hommes étaient-ils immolés sur l’autel d’un calcul, et les morts versés comme un carburant nécessaire au fonctionnement d’une machine.

Pour que s’ouvrît et fût alimentée une controverse, il fallait que mourussent des innocents. On brûlait la vie dans les hauts fourneaux des fonderies d’idées.

Dans cette incroyable logique de l’absurde, les Français d’Algérie fournissaient les morts. Ils étaient les hommes-charbon indispensables au fonctionnement de la grande machine « anticolonialiste » affectée à la subversion de l’Occident.

Pour que les journaux progressistes de France pussent s’indigner du sort des Algériens, pour que M. Sartre pût donner une conférence à Rome en compagnie de l’un des chefs des égorgeurs, pour que l’archevêque d’Alger pût rédiger l’un de ses communiqués abscons qui sont égale injure à la justice, à la charité et à la syntaxe; enfin, pour que l’Organisation des Nations unies pût se poser à New York en gardienne intransigeante des droits de l’homme, il fallait

qu’une femme fût violée dans une ferme d’Oranie, après avoir été contrainte d’assister à l’égorgement de sa fillette et de son mari;

qu’un petit garçon fût assommé à coups de pioche dans un village de l’Algérois;

que des jeunes filles fauchées par le souffle des bombes fussent mutilées à Alger et qu’une explosion hachât des enfants dans un autobus au retour  de l’école.

Pour que M. Mauriac pût jouer des grandes orgues de son talent dans sa chapelle, il fallait que fussent abattus des fidèles anonymes à la porte d’une église de la vallée du Chélif, ou que deux prêtres fussent égorgés aux confins oranais des steppes sahariennes et qu’une vieille femme fût assassinée le jour de Pâques dans un hameau de Kabylie bruissant de ce murmure d’averse qui tombe du feuillage des eucalyptus.

Car c’était cela le mécanisme de la guerre dite « révolutionnaire ». C’était l’assassinat des innocents, conçu comme une technique d’alerte destinée à attirer l’attention sur les revendications politiques des assassins. Et plus le crime était monstrueux, plus l’émotion qu’il soulevait servait la monstrueuse cause.

A Boufarik, près d’Alger, officiait le docteur Rucker. Il avait été mon condisciple au lycée d’Alger; donc, celui d’Albert Camus. C’était un gentil bohème aux gestes un peu gauches, mais dont la charité était inépuisable; l’un de ces médecins algériens toujours penchés sur les humbles, pour qui la médecine était un sacerdoce. Un jour de consultation, l’un des « malades » brandit un revolver et tua le docteur Rucker de quatre balles tirées à bout portant. Le meurtre fit sensation. Fleurirent les articles condamnant le « colonialisme ». Dans ces pages, on accusait la France d’entretenir en Algérie plus de gendarmes que de médecins ou instituteurs; mais les techniciens de la terreur tuaient plus de médecins que de gendarmes le premier mort de la guerre d’Algérie était justement un instituteur.

Peu importait l’état des victimes ! Ce qui comptait, c’était que chaque jour reçût sa fournée de morts pour que ne s’éteignît point la controverse politique. Le sang du docteur Rucker servait d’encre à Mauriac ou à Sartre, et aux procureurs de l’O.N.U.

Longtemps les Français d’Algérie avaient courbé la tête sous l’orage. Ils attendaient que leur fût rendue la justice élémentaire qui exige que soient châtiés les hommes qui attentent la vie des hommes. Au bout de cette longue patience, ils avaient découvert qu’ils étaient seuls à faire les frais du procès. C’est que la subversion avait pris soin de pourrir les esprits et l’occasion est belle d’en démontrer ici une part du mécanisme. La calomnie sur l’exploitation coloniale permettait de camoufler les crimes commis sur les innocents en une sorte de justice sommaire exercée sur des coupables.

Les assassins devenaient des redresseurs de torts. Ce sera l’une des hontes de ce siècle finissant d’avoir admis comme un postulat l’idée de culpabilité collective qui a livré des foules entières aux mains des bourreaux improvisés et fait payer à des enfants les délits imputés à des sociétés.

Le docteur Jean Massonnat a été tué à Alger, au cours de cette fusillade qui a couché sur pavé tant d’Algéroises et tant d’Algérois. Il était mon ami. Comme ce mot paraît soudain démesuré, et comme, en certaines circonstances, on se sent brusquement envahi par la peur de ne pas en être digne. La dernière lettre qu’il m’avait écrite était un cri :

« Non seulement, on veut nous chasser, mais on veut, encore, que nous soyons des salauds, pour que nous soit retirée jusqu’à l’espérance en un mouvement de pitié de la Métropole … ».

Jean Massonnat, agenouillé sur un blessé, a été tué de trois balles tirées dans le dos par ceux que « Le Figaro » appelle « le service d’ordre »!

Pourquoi sommes-nous maudits ?

Mais à travers ces confusions, on entrevoit ce qui, jour après jour, est devenu la hantise des Français d’Afrique. Ils ont cherché à se laver de la calomnieuse accusation de « colonialisme » pour être rendus à leur état d’innocents injustement frappés et ainsi renvoyer leurs tortionnaires à leur culpabilité d’écorcheurs. C’est le sens des grandes offrandes de mai 1958:

- une « Nuit du 4 Août » étalée sur quinze jours de soleil dans un ressac de clameurs et de chants. »

Jean BRUNE

 

 

Publié dans "LES EVENEMENTS" en ALGERIE, ACTUALITE, ARTS et LETTRES, COMMEMORATIONS, DISPARUS, HARKIS, HISTOIRE, MEMOIRE, TERRORISME | Pas de Commentaire »

Bougniouéloss -buñuelos- de la Toussaint

Posté par lesamisdegg le 30 octobre 2019

Pour réaliser ce délicieux dessert, Il vous faudra farine, eau tiède, levure, sel, huile d’olive, et sucre en poudre.

Dans un saladier, délayez une poignée de levure dans un peu d’eau tiède avant de rajouter la farine et de pétrir le tout. Couvrir et laisser reposer 20 minutes. Façonner de petites couronnes.

 

bougniouéloss en friture

bougniouéloss en friture

 

Frire dans une belle poêle ou chauffe une huile abondante. Les bougniouéloss doivent être frits et dorés sur les deux faces.

Déposés dans le saladier garni de papier absorbant ils vont perdre l’excès d’huile. Saupoudrer  de sucre.

 

bougniouéloss

bougniouéloss

 

Ils se servent chauds, en compagnie d’un chocolat chaud ou d’un vin doux comme du Malaga.

 

 

Publié dans ACTUALITE, cuisine, DISPARUS, MEMOIRE, PATAOUETE | 2 Commentaires »

Créponné , créponet : une recette

Posté par lesamisdegg le 30 août 2019

 

Sorbet au citron « Pieds-Noirs » apprécié pour ses qualités rafraîchissantes, inventé par Gilbert Soriano à Oran, alors propriétaire de « La crème l’oranaise » sise rue du Vieux Château à Oran.

Ingrédients : 75 cl d’eau, 15 cl de sucre, 30 cl de jus de citron, 2 blancs d’œufs, zeste râpé de deux des citrons.

Chauffer l’eau jusqu’à ébullition pour y dissoudre le sucre. Laisser refroidir, ajouter le zeste de citron ainsi que les 30 cl de jus de citron.

Battre les blancs d’œufs en neige ferme, les incorporer délicatement au liquide qui finira par s’intégrer complètement avec le mixer.

Verser le créponné dans un récipient et placez-le au congélateur. Toutes les 30 minutes, battez l’ensemble au mixer, puis une dernière fois quelques minutes avant de servir pour lui donner la bonne texture du « granizado », littéralement de grêlons de grêle. .

 

créponné 2  sorbet citron

 

Présentez-le dans une coupe à glace accompagné de deux petites feuilles de menthe et d’un cigare russe.

 

Créponné 3

 

Azorin

Souvenirs : M Clapez nous offrait des bambas, tandis que Mme Clapez nous servait de sa glace au créponet dont elle gardait jalousement son secret de fabrication. Beaucoup d’Oranais appréciaient les glaces et l’aguoua-limon’ de mon grand-oncle Henri et ma tante Marie qui tenaient le kiosque de la place des Victoires.

Publié dans ACTUALITE, cuisine, MEMOIRE, PATAOUETE | 2 Commentaires »

« GALOUFA » par Albert CAMUS

Posté par lesamisdegg le 13 août 2019

Durant la première moitié du vingtième siècle, dans toute l’Algérie française, sévissait un « capteur de chiens » surnommé « galoufa ». Albert CAMUS en fait une superbe description dans « le premier homme ».

C’était un arabe habillé à l’européenne, qui se tenait ordinairement à l’arrière d’un étrange véhicule attelé de deux chevaux, conduit par un vieil arabe impassible. Le corps de la voiture était constitué par une sorte de cube de bois, sur la longueur duquel on avait ménagé, de chaque côté, une double rangée de cages aux solides barreaux. L’ensemble offrait seize cages, dont chacune pouvait contenir un chien, qui se trouvait alors coincé entre les barreaux et le fond de la cage. Juché sur un petit marchepied à l’arrière de la voiture, le capteur avait le nez à la hauteur du toit des cages et pouvait ainsi surveiller son terrain de chasse.

La voiture roulait lentement à travers les rues qui commençaient à se peupler d’enfants en route vers l’école, de ménagères allant chercher leur pain ou leur lait, en peignoirs de pilou ornés de fleurs , et de marchands arabes regagnant le marché, leurs petits éventaires pliés sur l’épaule , tenant de l’autre main un énorme couffin de paille tressée qui contenait leurs marchandises.

Et tout d’un coup, sur un appel du capteur, le vieil arabe tirait les rênes en arrière et la voiture s’arrêtait. Le capteur avait avisé une de ses misérables proies, qui creusait fébrilement une poubelle, jetant régulièrement des regards affolés en arrière, ou bien encore trottant rapidement le long d’un mur avec cet air pressé et inquiet des chiens mal nourris. Galoufa saisissait alors sur le sommet de la voiture un nerf de bœuf terminé par une chaîne de fer qui coulissait par un anneau le long du manche. Il avançait du pas souple, rapide et silencieux du trappeur vers la bête, la rejoignait et, si elle ne portait pas le collier qui est la marque des fils de famille, courait vers lui avec une brusque et étonnante vélocité, et lui passait autour du cou son arme qui fonctionnait alors comme un lasso de fer et de cuir. La bête, étranglée d’un seul coup, se débattait follement en poussant des plaintes inarticulées. Mais l’homme la ramenait rapidement jusqu’à la voiture, ouvrait l’une des portes-barreaux et, soulevant le chien en l’étranglant de plus en plus, le jetait dans la cage en ayant soin de faire repasser le manche de son lasso à travers les barreaux. Le chien capturé, il redonnait du jeu à la chaîne de fer et libérait le cou du chien maintenant captif.

 

Galoufa 1959

Galoufa 1959

 

Du moins, les choses se passaient ainsi quand le chien ne recevait pas la protection des enfants du quartier. Car tous étaient ligués contre Galoufa. Ils savaient que les chiens capturés étaient menés à la fourrière municipale, gardés pendant trois jours, passés lesquels, si personne ne venait les réclamer, les bêtes étaient mises à mort. Et quand ils ne l’auraient pas su, le pitoyable spectacle de la charrette de mort rentrant après une tournée fructueuse, chargée de malheureuses bêtes de tous les poils et de toutes les tailles, épouvantées derrière leurs barreaux et laissant derrière la voiture un sillage de gémissements et de hurlements à la mort, aurait suffi à les indigner. Aussi, dès que la voiture cellulaire apparaissait dans le quartier, les enfants se mettaient en alerte les uns les autres. Ils se répandaient eux-mêmes dans toutes les rues du quartier pour traquer les chiens à leur tour, mais afin de les chasser dans d’autres secteurs de la ville, loin du terrible lasso.

Si, malgré ces précautions, comme il arriva plusieurs fois à Pierre et à Jacques, le capteur découvrait un chien errant en leur présence, la tactique était toujours la même. Jacques et Pierre, avant que le chasseur ait pu approcher suffisamment son gibier, se mettaient à hurler « Galoufa, Galoufa » sur un mode si aigu et si terrible que le chien détalait de toute sa vitesse et se trouvait hors de portée en quelques secondes. A ce moment, il fallait que les deux enfants fissent eux-mêmes la preuve de leurs dons pour la course de vitesse, car le malheureux Galoufa, qui recevait une prime par chien capturé, fou de rage, les prenait en chasse en brandissant son nerf de bœuf. Les grandes personnes aidaient généralement leur fuite, soit en gênant Galoufa, soit en l’arrêtant tout droit et en le priant de s’occuper des chiens. Les travailleurs du quartier, tous chasseurs, aimaient les chiens ordinairement et n’avaient aucune considération pour ce curieux métier. Comme disait l’oncle Ernest « Lui feignant ! ». Au-dessus de toute cette agitation, le vieil arabe qui conduisait les chevaux régnait, silencieux, impassible, ou, si les discussions se prolongeaient, se mettait tranquillement à rouler une cigarette.

Qu’ils aient capturé des chats ou délivré des chiens, les enfants se hâtaient ensuite, pèlerines au vent si c’était l’hiver, et faisant claquer leurs spartiates si c’était l’été, vers l’école et le travail. Un coup d’œil aux étalages de fruits en traversant le marché, et selon la saison des montagnes de nèfles, d’oranges et de mandarines, d’abricots, de pêches, de mandarines, de melons, de pastèques défilaient autour d’eux qui ne goûteraient, et en quantité limitée, que les moins chers d’entre eux.

L’origine de ce nom provenait de la première personne qui avait accepté cette fonction et qui se nommait réellement Galoufa.

Publié dans ACTUALITE | Pas de Commentaire »

Agoua limone, agua limon, granizado de limon : recette

Posté par lesamisdegg le 25 juin 2019

Pour tout ceusses qui z’ont plus l’aouéla Emilia, ni la manman Agathe, en voyage au ciel,

pour tout ceusses qui sont pas sur le cote d’azur ni en Alicante,

mén’nant qui fait bien chaud « comme là-bas »

je partage ac’ vouz’ot une recette d’aoua limone, soa soa.

 

Faisez fondre 150g de suc’ en poudre dans 1 litre et quart d’eau bouillie –zavez besoin d’la recette ?-.

Râpez le zest, just’ le jone, de 3 beaux citrons, bio com’ y disent men’nant – dans 1 quart de l’eau bouillant’ pour 15 minutes d’infusion.

Pressez les 3 « limones ».

Mélangez l’eau sucrée, l’infusion ac’ les zest, le jus des citrons, bien bien, et filtrez.

Passez la citronnade 15 minutes à la « glacière » le mélange refroidi, puis 30 minutes au congélo, la glace commence à prendre.

Alors là faut vérifier la prise du « granité », bien se le remuer à la forchette, toutes les demi-heures jusqu’à la consistance d’une soupe de neige.

Et alors ? Et oilà ! Servez dedans des verres bien gelés au « frizeur », et régalez-vous doucement pour pas vous congeler la gorge jusqu’aux cacaouètes.

 

aoua limone

aoua limone

 

Pour ceusses qui zont pas la main, oilà la marque du congelé que vous achetez à la supérette du « moutchou » espagnol –ou chinois- !

 

granizado de limon  super-congelado

granizado de limon super-congelado

 

Aussinon je vous affiche le borrico de l’aoua limone pour lui acheter, quand y passe en bas. 

agua limon ALFONSI  Oran

agua limon ALFONSI Oran

 

 

Aussinon je vous donne la recette pour que vot’ bonne espagnole elle vous le fasse, bande de gandouls !

Pépico de Saintugène d’Oran

 

granizado de limón

Ingredientes para 1,5 litro de granizado :3 limones, 150 g de azúcar y 1500 ml de agua.

Elaboración del granizado de limón :Rallamos los limones, pero solo lo amarillo porque lo blando amarga. Después los exprimimos y mezclamos el zumo y la ralladura con el azúcar.

Ponemos a hervir la mezcla durante unos 7 minutos a fuego medio-fuerte hasta que se haya reducido casi a la mitad. Y la mezclamos con el agua fría en un tupper.

Ponemos en el congelador y a la hora lo sacamos y removemos bien. Volvemos a congelar y a la hora repetimos removiendo bien, de nuevo a la hora volvemos a hacer lo mismo y ya tendremos el granizado preparado.

Publié dans ACTUALITE, cuisine, MEMOIRE, PATAOUETE | 2 Commentaires »

7 mai 1954 Dien-Bien-Phu par José CASTANO

Posté par lesamisdegg le 7 mai 2019

« Passant, va dire à Sparte que nous gisons ici pour avoir obéi à leurs lois » (Epitaphe célèbre de Simonide de Céos (-556 -467) célébrant la vaillance et le sacrifice des 300 Spartiates aux Thermopiles pendant la 2ème guerre médique en -480).

Diên Biên Phu, le « grand chef-lieu d’administration frontalière » est habité par les Méos, rudes montagnards qui cultivent le pavot et font commerce de l’opium et par les Thaïs qui travaillent les rizières de la vallée et font du petit élevage. Cette localité, à la frontière du Laos, est reliée au reste du pays par la route provinciale 41 qui va jusqu’à Hanoï située à 250 kms et vers la Chine. C’est une cuvette de 16kms sur 9 entourée de collines de 400 à 550 mètres de hauteur et traversée par la rivière Nam Youm.

Au début de l’été 1953, l’Indochine entre dans sa 8ème année de guerre. Le Vietminh, très mobile, se meut avec facilité sur un terrain qu’il connaît parfaitement. Son corps de bataille est de surcroît numériquement très supérieur à celui du corps expéditionnaire français et bénéficie, en outre, de l’aide sans réserve de la Chine libérée de son action en Corée depuis la signature de l’armistice, le 27 juillet 1953. C’est dans ce contexte, que le 7 mai 1953, le Général Navarre se voit confier le commandement en chef en Indochine en remplacement du Général Salan. Navarre avait un grand principe : « On ne peut vaincre qu’en attaquant » et il décidera de créer à Diên Biên Phu une base aéroterrestre pour couper au vietminh la route du Laos et protéger ainsi ce pays devenu indépendant.

Quand les responsables français décident d’investir, la cuvette de Diên Biên Phu, ils savent pourtant que des forces régulières vietminh importantes de la division 316 du régiment 148 et du bataillon 910 occupent solidement la région depuis octobre 1952. Qu’à cela ne tienne ! L’endroit paraît idéal au commandant en chef ! Il est un point de passage obligé pour le vietminh qui ne pourra que très difficilement le contourner… De plus, il bénéficie d’un aérodrome aménagé durant la deuxième guerre mondiale par les Japonais tandis que le fond de la cuvette est une véritable plaine de plus de 100km² qui permettra l’emploi des blindés. Par ailleurs, le commandement français considérait en cet automne 1953 que le vietminh, vu l’éloignement de ses bases, à 500 kms de Diên Biên Phu, ne pourrait entretenir dans le secteur que deux divisions maximum… Il en conclut donc qu’il ne pourrait mener que de brefs combats en ne disposant, en outre, que d’une artillerie limitée qu’il sera aisé de détruire par les canons du colonel Piroth, qui s’était porté garant.

L’occupation de la cuvette fut fixée le 20 novembre 1953. Elle fut baptisée « opération Castor ». Ce sera le plus important largage de parachutistes de toute l’histoire de la guerre d’Indochine. Vers 11 h du matin, les deux premiers bataillons sont largués : Le 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux du Commandant Bigeard et le 2ème Bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes du Commandant Brechignac. Puis arriveront : le 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux, deux batteries de 75 sans recul du 35ème RALP, une compagnie de mortiers de 120 et une antenne chirurgicale. Le lendemain, les légionnaires du 1er Bataillon Etranger de Parachutistes sauteront ainsi que le 8ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, des éléments du génie et le PC de l’opération (général Gilles, lieutenant-colonel Langlais avec 25 hommes). Le 22 novembre, le 5ème Bataillon de Parachutistes Vietnamiens est largué à son tour. Au soir du 22 novembre 1953, il y aura 4195 hommes dans la célèbre cuvette.

Durant près de quatre mois, les soldats français vont aménager la cuvette en camp retranché. Les petites collines entourant le camp prennent le nom de Gabrielle, Béatrice, Dominique, Eliane, Anne-Marie, Huguette, Claudine, Françoise, Eliane, Junon, Epervier et enfin Isabelle.

L’offensive vietminh débute dans la soirée du 13 mars 1954 par une intense préparation d’artillerie (près de 9000 coups) visant particulièrement Béatrice et Gabrielle. Le combat du tigre contre l’éléphant commençait : Le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant figé qui, peu à peu, se videra de son sang et mourra d’épuisement.

Le point d’appui Béatrice est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. Pendant plusieurs heures il reçoit des milliers d’obus. Les abris, n’étant pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, furent pulvérisés. La surprise est totale dans le camp français. Malgré un combat acharné et sanglant, au prix de lourdes pertes de part et d’autre, Béatrice, tenu par la 3/13ème Demi-Brigade de la Légion Etrangère, commandée par le Commandant Pégot, fut enlevée par les Viets en quelques heures. Un malheureux concours de circonstance favorisa cette rapide victoire vietminh : les quatre officiers dont le lieutenant-colonel Gaucher, responsables de la défense de Béatrice furent tués dès la première heure par deux obus qui explosèrent dans leur abri. En une nuit, c’est une unité d’élite de la Légion qui est supprimée. Nul n’a imaginé un tel déluge d’artillerie. La contre batterie française se révèle inefficace. Le Viêt-Minh utilisant une énorme capacité en bras, a pu creuser des tunnels en travers des collines, hisser ses obusiers et s’offrir plusieurs emplacements de tir sur la garnison sans être vu. Des terrasses furent aménagées et dès que les canons avaient fini de tirer, ils regagnaient leur abri. De ce fait jamais l’artillerie française ne fut en mesure de faire taire les canons Viêt-Minh, pas plus que les chasseurs-bombardier de l’aéronavale.

 

Dans la soirée du 14 mars, Gabrielle, défendue par le 5/7 Régiment de Tirailleurs Algériens, subit un intense et meurtrier pilonnage d’artillerie. A 5h, le 15 mars, le vietminh submerge la position, dont les défenseurs ont été tués ou blessés. L’artillerie ennemie –que l’on disait inefficace- fait des ravages parmi les défenseurs sans que l’on puisse espérer la réduire au silence. Conscient de cet échec et de sa responsabilité, le Colonel Piroth, responsable de l’artillerie française se suicidera dans la nuit du 15 au 16 mars en dégoupillant une grenade.

Cependant, la piste d’aviation, bien que pilonnée quotidiennement -mais aussitôt remise en état- permettait l’arrivée régulière des renforts. Ce pilonnage s’intensifiant, les atterrissages de jour devinrent impossibles et les appareils durent se poser de nuit dans les pires conditions. Bientôt il fallut renoncer complètement et les assiégés se retrouvèrent, dès lors, isolés du reste du monde. A noter que le 28 mars, l’avion devant évacuer les blessés de la cuvette, endommagé au sol, ne put décoller. L’infirmière convoyeuse de l’équipage, Geneviève de Galard, était à bord. Elle restera jusqu’à la fin parmi les combattants.

Le général vietminh Giap, afin de s’infiltrer plus facilement dans les défenses françaises, fit alors intervenir des milliers de coolies dans le creusement d’un réseau de tranchées, véritable fromage de gruyère, menant aux divers points d’appui. Le 30 mars, après une préparation d’artillerie très intense et l’infiltration des viets par ces tranchées, Dominique 2 et Eliane1 furent prises. Cependant, les parachutages français continuaient encore dans la plus grande confusion. La superficie de la base aéroterrestre ayant été réduite et les liaisons avec les points d’appui encore tenus par les soldats français devenant impossibles, ces « volontaires du ciel » exposés aux feux directs de l’ennemi, connaissaient des fortunes diverses. Certains atterrissaient directement chez l’ennemi, d’autres étaient morts en touchant le sol, d’autres étaient perdus… tandis que le ravitaillement parachuté faisait la joie du vietminh en améliorant son quotidien.

 

Dien-Bien-Phu 7 mai 1954

Dien-Bien-Phu 7 mai 1954

 

 

            Du 9 au 11 avril, une nouvelle unité de légion, le 2ème Bataillon Etranger de Parachutistes, est largué dans des conditions déplorables et engage aussitôt une contre-attaque sur la face est. Il est en partie décimé. Les rescapés fusionnent alors avec les restes du 1er BEP reformant une unité sous les ordres du Commandant Guiraud. Le 4 mai, ont lieu les derniers parachutages d’hommes provenant du 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux tandis que les Viets intensifient encore leurs bombardements faisant intervenir les fameuses orgues de Staline, aux impacts meurtrier en rafales, provoquant d’énormes dégâts dans les abris minés par les pluies quotidiennes d’Avril. La cuvette disparaît dans des nuages de boue soulevée par les obus.

Dans la soirée du 6 mai, c’est le déchaînement de l’artillerie viet et de toutes les armes dont elle dispose. Dans le camp agonisant, c’est l’apocalypse. Tout ce qui est inflammable prend feu ; les abris s’effondrent, les tranchées s’écroulent, la terre se soulève. La mort frappe sans interruption. A 23h, les taupes vietminh, après avoir creusé un tunnel de 47 mètres de long, déposent sous Eliane2 une charge d’une tonne de TNT puis se ruent à l’assaut. La résistance des défenseurs est héroïque ; ils refusent de se rendre et luttent jusqu’à la mort. Une poignée de survivants arriveront à se replier sur Eliane4 afin de poursuivre le combat. A l’aube du 7 mai, Dominique et Eliane sont tombées. Les tranchées sont jonchées de cadavres et de blessés des deux camps. Alors que le Colonel de Castries vient d’être promu général, à 10h du matin, les viets finissent d’investir les Eliane. Du côté Français, il n’y a plus ni munitions, ni réserve d’hommes mais les sacrifices continuent…

Le Général Cogny adresse un dernier message au Général De Castries, souhaitant qu’il n’y ait ni drapeau blanc, ni capitulation. « Il faut laisser le feu mourir de lui-même pour ne pas abîmer ce qui a été fait » précise-t-il. L’ordre de cessez-le-feu tombe à 17h. Après destruction de tout le matériel et de tout le ravitaillement, le PC de Diên Biên Phu adresse son ultime message à Hanoi à 17h50 : « On fait tout sauter. Adieu ! » Quelques minutes plus tard, la division 308 du général Vuong Thua Vu fait irruption dans le PC du général De Castries. Un drapeau rouge à étoile d’or est planté sur le PC français.

Diên Biên Phu est tombé mais n’a pas capitulé.

Cette bataille fut la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après Seconde Guerre mondiale durant laquelle le corps expéditionnaire Français compta près de 3 000 tués et un nombre très important de blessés. 11 721 soldats de l’Union Française furent faits prisonniers mais les effroyables conditions de détention des camps Vietminh furent telles que seulement 3 290 d’entre eux reviendront de captivité dans un état sanitaire catastrophique, squelettiques, exténués. Le destin exact des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise ayant combattu sous le drapeau tricolore reste toujours inconnu. Il est probable qu’ils aient été exécutés systématiquement comme traîtres.

Tous les prisonniers durent marcher à travers jungles et montagnes sur 700 km, pour rejoindre les camps, situés aux confins de la frontière chinoise. Ceux qui étaient trop faibles mouraient ou étaient achevés. Sur les 11 721 soldats, valides ou blessés, capturés par le Vietminh, plus de 70 % décédèrent pendant leur marche vers les camps ou une fois en captivité, de sous-alimentation, mauvais traitements, absence de soins, dans des régions propices à toutes sortes de maladies, ou furent exécutés sommairement. Le 21 juillet 1954, les accords de Genève mettront fin à cette guerre, instaurant une partition du pays de part et d’autre du 17e parallèle Nord.

José CASTANO

 

 

Publié dans ACTUALITE, COMMEMORATIONS, HISTOIRE, MEMOIRE | Pas de Commentaire »

12345
 

michelhenrialexandre |
POUR MES POTES |
prostitution etudiante |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ecoblog le blog éco
| Néolibéralisme & Vacuit...
| Maatjes en bier