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Les corps indigènes de l’Armée d’Afrique en 1840

Posté par lesamisdegg le 2 avril 2020

L’armée d’Afrique se compose de régiments français et de corps indigènes. Ceux-ci ayant été et étant encore fréquemment cités dans le récit des événements militaires de l’Algérie, nous croyons devoir en donner ici la nomenclature, avec quelques détails sur leur organisation.

zouave 1831

zouave 1831

Zouaves

Dans le but de donner aux troupes françaises en Afrique des auxiliaires utiles, et de parvenir en même temps à opérer entre elles et les indigènes un rapprochement qu’il était d’une politique prévoyante d’encourager, le général en chef créa, dès le t » octobre 1830, deux bataillons d’infanterie, sous la dénomination de Zouaves. Ce nom était emprunté aux Zouaves, ou plutôt Zouaouas, tribu de Kabyles indépendants, de la province de Constantine, qui vendaient leurs services aux puissances barbaresques, comme le font les Suisses en Europe. Une ordonnance royale du 21 mars 1831 régla l’organisation de ce corps indigène, le premier dans l’ordre de création. Par une autre ordonnance du 7 mars 1833, les deux bataillons furent amalgamés en un seul, et celui-ci soumis à la même juridiction que les corps français. Il n’y eut plus en Afrique qu’un seul bataillon de Zouaves jusqu’au moment de l’expédition de Mascara; à cette époque (25 décembre 183S), une ordonnance royale détermina la formation d’un deuxième bataillon. Enfin une ordonnance du 4 août t839, a autorisé la constitution du corps des Zouaves à trois bataillons. Les Zouaves ont, en toute occasion, rendu d’immenses services à la cause française en Algérie. Ils ont pris une part active à toutes les opérations militaires, à Medéah, à Bône, à Bougie, à Mascara, à Tlemcen, et pendant les deux expéditions contre Constantine. Montés les premiers à l’assaut, ils ont puissamment contribue à la prise de cette ville importante.

 

 

chasseur d'Afrique

chasseur d’Afrique

Chasseurs –cavalerie-

Les motifs qui avaient déterminé la formation d’un corps d’infanterie auxiliaire déterminèrent également cette d’un corps de cavalerie. La principale et peut-être la seule force redoutable des Arabes est en effet dans leur habitude du maniement du cheval ils sont habiles cavaliers, et tirent à cheval avec adresse. Un arrêté du 10 décembre t8S0 prescrivit la création provisoire d’un ou plusieurs escadrons de chasseurs algériens. Ce corps de cavalerie a successivement subi à peu près les mêmes transformations que les premiers Zouaves. Formé d’abord de Français et d’indigènes mêlés indistinctement ensemble, il servit ensuite de noyau à des corps composés d’escadrons français et d’escadrons indigènes pour arriver enfin à la séparation complète des deux origines. L’habillement était maure, comme celui des Zouaves. Une ordonnance royale du 17 novembre 1831 ayant créé deux régiments de cavalerie légère, sous la dénomination de chasseurs d’Afrique, l’un à Alger, l’autre à Oran, les deux escadrons de chasseurs algériens entrèrent dans le régiment formé à Alger. Les chasseurs d’Afrique étaient recrutés par des engagés volontaires, colons ou indigènes, et des cavaliers tirés des régiments de l’armée. La moitié au moins de chaque escadron devait être composée de Français pendant les deux premières années. On compte aujourd’hui quatre régiments. A la suite de chaque escadron des chasseurs d’Afrique furent placés, sous la dénomination de chasseurs spahis, et en nombra indéterminé, des cavaliers, colons ou indigènes, qui n’étaient appelés qu’accidentellement au service actif, sur convocation du générât en chef.

 

spahi 1834

spahi 1834

Spahis

La cavalerie indigène fut tout à fait séparée de la cavalerie française par ordonnance royale du 10 septembre 1834, qui prescrivait la formation à Alger d’an corps de cavalerie distinct des chasseurs d’Afrique, sous le titre de spahis réguliers. Ceux-ci forment des corps qui servent et sont entretenus d’une manière permanente. Parmi les cavaliers spahis, il peut être admis des Français dans la proportion d’un quart; les chefs de corps, le capitaine de chaque escadron, la moitié des autres officiers et sous-officiers doivent être Français. La connaissance pratique de la langue arabe pour les Français, et de la tangue française pour les Arabes, est une condition exigée pour l’avancement. L’habillement des spahis est celui en usage dans le pays il est uniforme pour les officiers seulement, mais en service les soldats doivent tous porter un burnous de même couleur. Les marques distinctives des grades se rapprochent de celles des hussards. Le harnachement est celui en usage à Alger.  Les Spahis irréguliers ou auxiliaires, organisés en même temps que les spahis réguliers, forment une cavalerie à notre disposition dans les circonstances où on juge devoir la requérir. Ils se composent des colons européens et des indigènes établis sur le territoire occupé, et du contingent que des tribus voisines, couvertes ou protégées par nos forces, consentent à fournir. Ils doivent être formés, par localités ou par tribus, en détachements qui, étant isolés et indépendants les uns des autres, restent attachés au sol, et ne servent que dans des occasions prévues et importantes. Le service à leur imposer et les indemnités à leur accorder résultent des conventions faites avec les tribus. Des revues fréquentes constatent le nombre des auxiliaires, et s’ils sont montés, armés et équipés convenablement. Ils sont placés sous le commandement du chef des spahis réguliers.

tirailleur indigène 1836

tirailleur indigène 1836

Turcs, Turcos, Tirailleurs indigènes

Des compagnies de Turcs auxiliaires ont été organisées d’abord à Mostaganem, ensuite à Oran, à Bône et à Constantine. Les Koulouglis, fils de Turcs et de femmes arabes de Tlemcen, à l’aide des secours en argent qui leur ont été fournis, ont longtemps défendu cette place contre les attaques des ennemis. Dans la province d’Alger, trois cents jeunes Koulouglis de la tribu d’Oued-Zeïtoun, réfugiée sur notre territoire ont été admis, en !858, à faire un service militaire comme troupe irrégulière. Dans celle d’Oran les cavaliers de: deux puissantes tribus des Douairs et des Zmelas, ralliés à notre cause depuis 183S et placés sous les ordres du général Mustapha-Ben-Ismaël, fournissent au premier appel un contingent de S à 900 hommes pour accompagner les corps français dans leurs expéditions. Depuis la prise de Constantine (13 octobre 1837), il a été organisé dans cette ville un bataillon sous la dénomination de Tirailleurs de Constantine, composé de six compagnies d’infanterie, dont une de Turcs, deux de Koulouglis, deux d’habitants de la ville, une de Garabats.

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