Le porte drapeau de MOSTAGANEM

Posté par lesamisdegg le 21 août 2016

Morts au Champ d’Honneur pour un drapeau : voici l’ incroyable histoire du drapeau des Anciens Combattants de Mostaganem.
C’était un nommé Tcham Kouider qui a Mostaganem portait le Drapeau aux cérémonies patriotiques, aux obsèques des camarades et à l’enterrement des soldats qui tombaient dans cette guerre qui n’avait ni de nom ni de loi. Tcham Kouider ressentait bien tout l’honneur qui lui en revenait et n’aurait pour rien au monde consenti à se dessaisir de sa charge glorieuse. Lorsque le FLN le menaça de mort, il en rendit compte à son président, tout simplement en bon soldat qu’il était, mais se regimba comme sous une offense lorsqu’on lui proposa de le remplacer dans son honorifique emploi. Cela se passait vers la fin de l’année 1956.
Tcham Kouider fût abattu le 14 février 1957 par un terroriste fellaga. Sa dépouille fût portée par ses camarades. On fit un discours.

Caîd Mechta portait le drapeau et l’inclina bien bas devant la tombe encore ouverte.il ne se passa pas longtemps avant que Caîd Mechta ne fût à son tour, l’objet de menaces de mort. Il rendit compte à son président et, tout comme Tcham Kouider, refusa énergiquement de renoncer à ce qu’il considérait comme un honneur, si périlleux qu’il fut. Il fut abattu le 21 juin 1957.
Bensekrane Yahia conduisit le cortège jusqu’au cimetière aux stèles blanchies et à son tour, il inclina le drapeau devant la tombe de son prédécesseur. Quelques jours plus tard, il fut lui-même menacé et lui aussi ne pût accepter de se renier, il porta le drapeau au cours des cérémonies du 14 juillet, il fut abattu le 8 août 1957.
Hennouni Besseghit devint le 4ème porte-drapeau de cette année, il fut abattu le 5 octobre 1957.
Les évènements prenaient une meilleure tournure et Hadj Gachegache, tout raide de l’honneur qui lui était fait, ne fut abattu que le 27 août 1958. C’était pourtant au temps où il semblait qu’on apercevait le sourire de la paix et où soufflait un vent vivifiant d’espérance.
Bey Bagdad lui succéda …Bey Bagdad fut abattu le 14 juillet 1959.
Addad Ali fit comme tous ceux qui l’avaient précédé et avec son humeur tranquille, quand il fut menacé, il refusa calmement de céder le poste dont il était investi, il fut abattu le 11 septembre 1959.
Son camarade Rhamouni Lakdar releva sa charge et après tant d’autres, il fut abattu le 7 novembre 1960.
Il se trouva des volontaires dans la section des combattants de Mostaganem pour briguer encore l’emploi de porte-drapeau qui revint à Berlarbi Larbi. Belarbi Larbi reçut une balle dans la tête le 16 janvier 1961.Il advint que Belarbi Larbi n’en mourut pas. Il fut, suivant le mot administratif et blasphématoire, rapatrié. Il prit le bateau pour la France, puisque la terre où il était né avait cessé d’être la France, il emporta son drapeau.
Belarbi Larbi est en France, il est toujours porte-drapeau. Il n’est pas sûr de ne pas être encore menacé. Il ne se pose pas la question de savoir ce que signifie encore le drapeau de la section des anciens combattants de Mostaganem, ni ce qu’il pourra en advenir de son drapeau et de lui-même. Il est le dixième porte-drapeau de sa section à avoir risqué sa vie pour l’honneur de porter le drapeau.
Je salue son drapeau, roulé aujourd’hui dans sa gaine et si lourds du poids de tant d’âmes et de tant de foi et de tant d’amour de la France.
Général Vanuxem

Belarbi Larbi est décédé en Mai 1996, à Mantes La Jolie en sa maison, il a eu une fille, qu’il a prénommé France. le drapeau de mostaQuand on aime ……!!

 

Une Réponse à “Le porte drapeau de MOSTAGANEM”

  1. Chastel dit :

    Qu’est devenu le Drapeau après le décès de Belabi Larbi?
    Le 5 décembre 2016 à Aigues-Mortes a été l’occasion de rendre hommage à ces héroïques portes-drapeaux en ces termes: En ce 5 décembre 2016, comme dans toutes les communes du pays, nous sommes réunis pour rendre un hommage solennel à tous nos « Morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie ».
    Y compris les 752 soldats morts ou disparus entre le 19 mars 1962 et le 1er juillet 1964.
    Y compris tous nos compatriotes musulmans qui ont lourdement payé pour avoir servi la France sous les armes, mais aussi dans tous les rouages de l’administration. Une pensée particulière pour les 8 porte-drapeaux de Mostaganem, assassinés tour à tour par le FLN, parce qu’aucun de ces anciens de l’Armée d’Afrique n’a voulu renoncer à l’honneur de porter le drapeau tricolore de son association :
    Tcham Kouider le 14 février 1957, Caïd Mechta le 21 juin 1957, Bensekrane Yahia le 8 août 1957, Hennouni Besseghit le 5 octobre 1957, Bey Bagdad le 14 juillet 1959, Addad Ali le 11 septembre 1959, Rhamouni Lakdar le 7 novembre 1960 . Berlarbi Larbi quant à lui ne mourût pas malgré une balle en pleine tête, et ramena le drapeau en métropole où il poursuivit sa mission jusqu’à sa mort en mai 1996.
    Ayons aussi une pensée particulière pour toutes les victimes non répertoriées :
    Veuves et orphelins de guerre,
    Blessés physiques et handicapés,
    Blessés psychologiques laissés pour compte, car en ces temps, les cellules de soutien n’existaient pas.

    Nous les Appelés et Rappelés du contingent de 1952 à 1964, Militaires engagés et de carrière, Harkis et Supplétifs, Gendarmes, les Policiers, Français d’ici et de là-bas, de toutes confessions, tous ensemble, fiers du devoir accompli, inclinons nous en mémoire de tous nos Morts, et plus particulièrement pour nos trois concitoyens inscrits sur la pierre de ce mémorial d’Aigues-Mortes.

    Initiée par la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie a démontré la capacité de nuisance d’une toute petite minorité agissante, qui, à force de terreur, retourne les consciences.
    Les récents attentats qui ont frappé la France nous rappellent les grenades aveugles dans les cafés, les mitraillages, les égorgements de femmes et enfants dans les douars et mechtas, les assassinats ciblés comme en furent victimes les porte-drapeaux de Mostaganem et des milliers d’autres.
    Ils nous rappellent aussi que le terrorisme est aveugle, et frappe horriblement, pour sidérer, là où cela fait mal: Aïcha ou Marie, Ahmed ou Jean, Père Hamel ou Imam, ou Rabbin.
    Face à cette barbarie qui monte, pour ce qui concerne la France et l’Algérie, trouvons rapidement une mémoire honnêtement et sincèrement partagée, ce que nos livres d’histoire respectifs ne font pas encore, loin s’en faut.
    Faute de quoi, le passé nous rattrapera et servira de terreau à l’Islam moyenâgeux qui veut mettre le feu à la planète.
    Combattants d’hier des deux rives de la Méditerranée, fiers de notre histoire partagée, offrons à nos jeunesses respectives le moyen d’espérer et de construire dans la paix, la sécurité et le respect mutuel, une vie heureuse.

    L’Union Nationale des Combattants, œuvre en ce sens, pour qu’enfin, nos Morts puissent dormir en paix.

    Vive la République, et vive la France

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