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CONSTANTINE février 1909

Posté par lesamisdegg le 28 décembre 2015

Constantine février 1909

Constantine février 1909

Aïssaouas

Constantine ce soir, dans une zaouïa décorée de grossières arabesques quelques lampes en cuivre ciselé descendent des poutres peintes et jettent une vive clarté sur les tapis qui recouvrent le sol. Des arabes sont accroupis en cercle; au milieu d’eux un marabout en burnous rouge accueille les nouveaux arrivants et reçoit leur accolade, le baiser sur l’épaule, selon le rite musulman. Une douzaine d’autres arabes se tiennent debout en face d’eux. Le hasard m’avait emmené dans une de ces mystérieuses zaouïas où les aïssaouas exécutent leur jonglerie.

 

Après m’être débarrassé de mes chaussures, je vins m’asseoir à côté du marabout. Quand je lui eus dit que j’étais toubib (médecin), il me combla d’attentions, bien que roumi. Mais les exercices des aïssaouas commençaient. On récite d’abord la prière en commun. Puis les aïssaouas la répètent seuls, et bientôt ils ne répètent plus que le mot: Allah! Allah! C’est la manière d’être le plus agréable à Dieu que de prononcer son nom. Ils se tiennent enlacés sous les bras, et se balancent d’une façon rythmée tantôt d’avant en arrière, tantôt de gauche à droite, avec les yeux vagues, saillants, le front couvert de sueur, répétant indéfiniment le nom d’Allah, jusqu’à ce qu’il ne sorte plus de leur poitrine qu’un son rauque et inintelligible. C’est une première préparation par la prière, et je n’exagère pas en disant que cela dura près de deux heures.

 

Alors les musiciens entrent en scène, forment un demi-cercle face aux aïssaouas. Ils portent d’immenses tambourins qu’ils ont soin de chauffer préalablement sur des fourneaux pour mieux les tendre et donner plus d’intensité au son. Ils entonnent un chant rythmé et monotone qu’ils accompagnent en frappant à grands coups sur leurs tambourins. Ce bruit assourdissant d’abord, finit par vous envelopper, vous entraîner, vous donner une sorte de vertige contre lequel il faut réellement se raidir. Cette seconde préparation dure environ une demi-heure.

 

A ce moment un ou plusieurs des aïssaouas se détachent du groupe et s’avancent un peu vers les spectateurs. Ils se défont de tous leurs vêtements et gardent seulement leur pantalon. Leur corps ruisselle de sueur, leurs yeux sont hagards; ils ont l’air ivres et poussent des rugissements de fauves. Ils viennent alors exposer leur tête au-dessus des réchauds sur lesquels on projette des matières odorantes, particulièrement du benjoin. Les musiciens élèvent leurs tambourins au-dessus de la tête de l’aïssaoua et l’enveloppent de cette musique étrange dont ils accélèrent graduellement le rythme. Alors le corps penché en avant, l’aïssaoua se met à incliner la tête par un mouvement impossible à décrire. Il semble que les vertèbres de son cou n’existent pas et que la tête lancée en l’air par un ressort retombe devant les épaules par son propre poids, pour être de nouveau rejetée en l’air ou de côté et recommencer sa course.

 

Cette préparation est la dernière. L’aïssaoua est devenu complètement insensible. Il peut impunément braver la douleur qui n’est plus pour lui qu’un vain mot, une volupté même. Pendant que ses compagnons poussent des cris rauques, les yeux presque complètement hors de l’orbite et que les musiciens accélèrent encore leur musique assourdissante, il commence ses exercices qui, à ses yeux de croyant, doivent le rendre agréable et infiniment cher à Dieu. Il mange des feuilles de cactus, mâche des étoupes enflammées. On lui présente un scorpion rendu inoffensif par la destruction du dard venimeux; il l’avale avec forces grimaces; il en fait autant ensuite d’un petit serpent et d’un jeune poussin qu’il ingurgite tout vivant, avec les plumes, le tout pour la plus grande gloire d’Allah et pour mériter son paradis peuplé de blanches houris. Un autre aïssaoua vient de se détacher du groupe des hurleurs. Après avoir agité sa tête au-dessus du réchaud où brûlent les parfums, il se met à mâcher du verre pilé, puis, saisissant de longues aiguilles acérées, il s’en traverse la langue, les joues, les narines, sans faire couler une seule goutte de sang. D’autres encore viennent s’hypnotiser au-dessus des réchauds. L’un lèche une barre de fer rouge et la frappe à coups redoublés de sa main moite de sueur ou de salive; un autre se couche sur la lame tranchante d’un sabre; un autre s’enfonce un poignard sous la paupière et fait saillir complètement le globe de l’œil; un autre se fait courir sur le thorax une masse armée de grandes pointes ou bien se fait enserrer le corps par une corde sur laquelle ses camarades se mettent à tirer, le réduisant ainsi à sa plus simple expression.

Cette cérémonie religieuse ne dura pas moins de quatre heures.

 

Dr Emile Laurent in Les annales de la santé, février 1909.

 

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Noche buena en Oran 1906

Posté par lesamisdegg le 24 décembre 2015

 

chateau-neuf , port , marine

chateau-neuf , port , marine

Oran, el 24 12 1906

Amigo mio

Boilà la fête de la Noche Buena qui s’en vient à peu à peu, et les mognatos avec les châtaignes arrosti y vont zoumber avec la mousique de la sambomba ! Que té paresse comparé ?

Tu tiens que de me donner l’espérance qué ton papa on te dessera une permission pour la journée de la nuit pour que tu t’enviens par ici, pourquoi là-bas à la Meletta on doit être aborecido pour signalait comme nous autres la fiesta de Navidad.

Alors tu tiens que de te débrouiller la calahéra pour sa que je t’a dit un peu plus par en haut, et tu voira quel pancha de rigolade. A les 12 de la nuit, vamos avec une patouléra de fadrinas (demoiselles) à la missa del gallo (minuit) et tu tiens pas peur d’atchoutcher et les ramponchons y manque pas et après de là on s’en va faire l’armée à la Posada del Sol et mou chopons une fouméra menua pourquoi l’anisette y manque pas, et après vinga toucher la sérénata pour toute les colléga que tu tiens à la connaissance. El amigo Carganéra y vient avec la mandouria, Gambasino et Lagagna avec le laoute et la guitare. Si tu connais un qui touche le pito, tu lui dis qui vient, tché que staffa.

 Allé adieu, espéro repuosta à lo que te dicho.

F. RAYANO.

NB tout ceci est écrit en tchapourao naturel de 1906

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BONAPARTE et les barbaresques en 1802

Posté par lesamisdegg le 7 décembre 2015

états barbaresques 1815

Une chose digne de remarque, c’est qu’il méditait à cette époque la conquête de l’Algérie ; mais pour n’exciter la jalousie de personne, et n’être pas accusé de pensées ambitieuses, il voulait accomplir ce projet avec le concours des puissances maritimes, qui se seraient liguées pour chasser les Barbaresques de la côte d’Afrique, et naturaliser sous ce ciel méridional le sucre, le café, le coton et toutes les denrées coloniales. C’était Joseph Bonaparte qui avait conçu le projet : le premier consul l’avait fort approuvé, et s’en occupait avec l’ardeur qu’il mettait en toutes choses.

Il sentait vivement la honte qu’il y avait pour l’Europe d’avoir à sa porte un repaire de pirates auxquels de puissantes nations ne rougissaient pas de payer tribut. La proposition de coopérer avec lui à la conquête simultanée de l’Afrique du Nord fut faite par le premier consul à plusieurs puissances continentales. L’Espagne seule montra quelque bonne volonté à le seconder. Les autres gouvernements accueillirent avec indifférence ou même avec défiance les propositions du premier consul.

Quelques-uns assurent que ce projet d’expédition fut une des causes de la rupture de la paix -   Baron de Meneval  Souvenirs historiques –.

Quoi qu’il en soit, les grands événements qui survinrent empêchèrent Bonaparte de donner suite à une pensée éminemment civilisatrice.

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HOMMAGE du 5 décembre

Posté par lesamisdegg le 5 décembre 2015

 

pavillon maritime1830-1962

pavillon maritime1830-1962

 

Patria Nostra

Patria Nostra

 

 

 

 

LOI n° 2005-158 du 23 février 2005-extraits- portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés

L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1    La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d’indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu’à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2   La Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

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