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Monseigneur Pierre BOZ-in memoriam -

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Mémoire, Vérité, Espoir.

Notre Dame de Paris, le 5 Juillet 2012

Monseigneur, Chers amis « Pieds-Noirs »,

Nous sommes ici pour le souvenir et la prière d’intercession pour toutes les victimes d’Algérie de 1954 à 1962. Le Seigneur les a déjà sûrement prises en grâces et en pitié. Nous aurons une intention particulière pour les religieuses et les    religieux massacrés durant ces évènements et les hommes, les femmes, les enfants enlevés et disparus à jamais.

S’il nous arrive encore de nous souvenir des drames vécus, des atrocités, des enlèvements  et de ne pouvoir encore effacer certaines images qui rendent nos nuits interminables, c’est que nous ne sommes pas totalement guéris de cette fin des temps que beaucoup d’entre nous ont vécue. Comment réparer les blessures, les fêlures  irréversibles striées dans nos cœurs et nos vies ? Cela donnera à notre mémoire l’empreinte de la douleur, du mal subi qui nous rendent  solidaires de tous les peuples ou communautés victimes de génocide, même si ce mot terrible n’a pas encore appliqué à notre histoire.

Mais une longue marche, une longue maturation ont été accomplies et assurées depuis cinquante ans par les hommes et les femmes de communautés si diverses qui constituaient notre quotidien sur notre Algérie natale, Ces hommes  et ces femmes, Nous sommes de ceux-là,  juifs, musulmans,  chrétiens  ou sans aucune religion,  furent condamnés à la Dispersion  à la suite d’un invraisemblable mélange d’erreurs de jugement, de passions et peut-être aussi de haine et de trahisons. Si pour les décisions au plus haut niveau, si pour les engagements de toutes sortes qui sont à l’origine de notre sinistre destinée, nous n’avons pas été consultés, et délibérément écartés,  nous savons du moins comment tout cela s’est passé. Et nous avons eu le temps avec le temps qui passe, de prendre la mesure de nos propres responsabilités comme « Pieds-Noirs », mais aussi une plus grande clairvoyance  sur les responsabilités des autres acteurs du drame qui fut le nôtre.  Et jamais, dans cette quête, aucun sentiment de repentance ou une quelconque  demande de pardon ne se sont  imposés  à nous. Il nous reste  l’immense regret de n’avoir pas eu assez tôt la conscience d’une communauté,  d’un peuple nouveau qui était en train de naître dans ce pays. Communauté et peuple nouveau que nous n’avons pas pu défendre. Nous fûmes  même traités d’assassins lorsqu’il fut question de défendre la terre de nos morts.

Au-delà de toute rancune,  au-delà de toute haine, la mémoire de ce passé reste une nécessité absolue pour sa transmission dans les temps à venir, comme une part irremplaçable de l’Histoire de la France, de l’Europe, de notre Mer commune.et aussi de l’Eglise. Ce passé  fait désormais partie de l’héritage spirituel de nos enfants et des générations à venir. Il doit également peser  sur  notre propre réflexion,  pour un retour et la cohérence sur nous-mêmes,  la réconciliation avec notre histoire et notre place dans le monde et dans notre nouvelle  patrie. Pour aller de l’avant,  la réconciliation est nécessaire et signe de notre humanité, avec tout homme de bonne volonté qui a pu être notre adversaire, peut-être même notre ennemi, jusqu’à celui qui, par temps de folie, a tué ou enlevé l’un   des nôtres. Comme dit l’Ecriture, jusqu’en éternité, seront reconnus ceux qui ont « traversé la Grande Epreuve » et qui restent signés du Sang de l’Agneau.

Mais il faut aussi que Lumière soit faite sur ce passé. Il faut à tout prix, extraire nos communautés d’Algérie,  du magma idéologique et tragique dans lequel a baigné pendant des décennies, toute l’Afrique du Nord : fin de l’Empire Ottoman (1917), première revendication d’indépendance de l’Algérie (1926) , proclamation au temps de la « guerre froide » de la Troisième Internationale du Kominterm Soviétique, déclarant que toute colonisation, identifiée à  l’exploitation «  de l’homme par l’homme »,  était le crime absolu pour  les pays qui en bénéficiaient. Plus  profondément, il faut séparer la guerre de conquête de l’Algérie-  hélas semblable à toutes les guerres  durant lesquelles assaillants et assaillis commirent des actes irréparables d’avec l’arrivée sur ces terres africaines, des hommes et des femmes les plus pauvres de la Méditerranée. Les Métropolitains eux-mêmes se rendirent compte, lors du l’Exode imposé en 1961-1962, que les descendants de ces premiers arrivés, appelés « Pieds Noirs » n’avaient aucune ressemblance avec les découvreurs conquérants, revenant des Amériques,  sur des galions remplis d’or. Plus de cent ans de « colonie » n’avaient pas transformé ces hommes et ces femmes  en « maîtres d’esclaves », ni en possesseurs de trésors. Ils n’avaient que le souvenir de leurs morts. Et pourtant que de liens créés, qui ne nous font que regretter cet immense gâchis de cette fausse guerre, durant laquelle les habitants de ce pays ont failli perdre leur âme et le culte héréditaire de la lumière et de terre et de la mer ! L’histoire s’acheva par un simulacre de traité de paix entre des  communautés qui avaient déjà appris à vivre ensemble, à faire la fête ensemble, et à mourir ensemble. Et  mourir ensemble aussi pour une  Patrie, découverte dans la douleur et dans le doute, mais avec quelle loyauté et quelle générosité ! Ceux de nos  frères algériens qui sont morts et ont souffert pour notre commune patrie ne sont ni des traitres ni des renégats. Ce sont les meilleurs d’entre nous. Car leur route fut plus longue et souvent plus cruelle que la nôtre, combien semée de malheurs. Mais ils sont avec les « Pieds-Noirs », les annonciateurs de temps nouveaux que nous vivons.  Revenus en Europe,  les «Pieds-Noirs » se sont remis à la tâche avec un courage et une persévérance  qui étonnèrent les Métropolitains. Ceux-ci  eurent du mal à reconnaître en ces hommes et ces femmes, ceux ou celles qui « auraient fait « suer le burnous » ou auraient humilié l’ « indigène » comme on disait alors. C’est ainsi que certains observateurs de la vie économique  n’hésitent pas  à décrire le rôle et la part non négligeable prise par les Français d’Algérie, dans l’embellie économique  et les progrès acquis durant les  « Trente Glorieuses »   en France. Nos frères des communautés ecclésiales d’Europe furent étonnés de la ferveur, de la chaleur des chrétiens venus d’Algérie dans l’expression de leur foi.

Mais à une autre échelle ou perspective, cette vie commune de plus d’un siècle, cette première rencontre entre Orient et Occident après les Croisades, dans un tout  autre contexte, n’a-t-elle pas semé des germes qui ont lentement mûri pour au moins initier ces mouvements profonds qui bouleversent actuellement, dans un sens  positif, nous l’espérons de tour notre cœur, le monde arabo-musulman ? C’est ce rôle qu’ont  joué les chrétiens du Moyen-Orient auprès de leurs compatriotes, lors de la « Renaissance » de ce continent à la  fin du 19e siècle.

Et commence à se lever au milieu de nous ce souffle, non pas de l’oubli qui serait une trahison pour notre histoire, commence à se lever au milieu de nous, ce Souffle de l’Esprit, ce souffle de l’Espérance, cet espoir qui purifie, qui dégage des horizons nouveaux pour des routes nouvelles, fi sabil lillah,  «  sur la voie de Dieu » comme on disait autrefois !

Mgr Pierre BOZ, d’Oran

Groupe de recherches des Disparus en Algérie

messe du 3 juillet 2011 AAA

Monseigneur Pierre BOZ célébrant la messe

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Islam par Pierre BOZ-RIP-

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Monseigneur Pierre Boz, Exarque Patriarcal des Melkites catholiques, (Exarque du patriarche de. Damas et de tout l’Orient) est conseiller pour l’islam à l’archevêché de Paris. Arabisant de longue date, spécialistes des dialectes du Maghreb, il est l’auteur de  « L’islam découverte et rencontre » Très soucieux d’entendre l’intériorité religieuse de cette expérience, il met en valeur ses proximités et ses différences avec celle des juifs et des chrétiens. Lors de la première édition de ce livre au début des années 1990, le contexte de l’islam était différent, moins marqué par la percée des mouvements fondamentalistes, la question du terrorisme, le développement et l’organisation d’un islam propre à la France. Cette nouvelle édition propose donc des informations complémentaires, avec de nouveaux chapitres consacrés par exemple à la notion de Djihad, aux forces en présence au sein de l’islam de France, ou aux commentaires nouveaux du Coran. Une excellente initiation à l’islam, conçue dans un esprit de compréhension, de respect et de dialogue.découverte et rencontre

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une fin des temps

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

Pierre Boz. Une fin des temps. Fragments d’histoire des chrétiens en Algérie.

mardi 22 décembre 2009 Desclée de Brouwer. 2009. 289 pages, 20€

Il condamne la violence de la guerre « révolutionnaire », les promesses trahies du Congrès de la Soummam, la technique de la razzia héritée du passé, la torture pratiquée sans être généralisée, les enlèvements destinés à faire fuir les Européens, les prisonniers saignés à blanc par les médecins du FLN, le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. L’indépendance n’a pas éliminé la violence contre les chrétiens et les religieux, qui nombreux furent enlevés et assassinés en 1993 et 1996

Ayant vécu les derniers jours de l’Algérie française, il témoigne ici de la fin programmée de l’Eglise d’Algérie, et de la responsabilité qui fut celle du cardinal Duval, une personnalité complexe, qui dès les années 1950 a prôné une solution politique soutenue par la violence la plus extrême. Il lui est arrivé une seule fois, lors des barricades, de se soucier de protéger les chrétiens. Son attitude pose plusieurs problèmes : – celui de sa parenté avec la théologie de la libération – celui de la juridiction des évêques dans les pays non chrétiens – celui de la politique du Vatican.

Une autre théologie est mise en question, celle de l’enfouissement, incarnée par le Père de Chergé et les moines de Tibhirine, dont Pierre Boz relate l’enlèvement (le jour du décès du cardinal Duval) et les suites judiciaires actuelles.

In fine, Mgr Boz rappelle l’histoire de l’Eglise en Algérie depuis Saint Augustin, les échanges de Mgr Dupuch avec l’émir Abd el Kader, l’hostilité de l’administration au cardinal Lavigerie et l’interdiction du prosélytisme, la solidarité franco-musulmane et les symboles de piété mariale. Les personnalités de Mgr Scotto et Claverie, et de l’abbé Berenguer, sont également évoquées.

Un livre courageux et lucide, qui retrace l’histoire douloureuse et controversée de la mort d’une Egliseun livre de Mgr Pierre BOZ

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Monseigneur Pierre BOZ-in memoriam-

Posté par lesamisdegg le 19 février 2013

5 juillet 1962 – 5 juillet 2009

Hommage aux victimes civiles et militaires, disparues en Algérie après le 19 mars 1962, mortes pour la France

COMMUNIQUE

L’Association des Amis d’Algérianie, sous l’égide du Comité de Liaison des Associations Indépendantes et Revendicatives de Rapatriés – C.L.A.I.R.-R. (A.A.A, A. Familles des Victimes du 26 mars et de leurs Alliés, A.N.F.A.N.O.M.A., A.R.M.R., M.A.F.A.),

organise le 5 juillet 2009, à 10h30, en la Chapelle Saint Dominique,
30 rue Vanneau ,75007 PARIS (Métro Vanneau),
une messe du souvenir pour commémorer les massacres et enlèvements de citoyens français, le 5 juillet 1962 à ORAN.

Cette messe sera célébrée par Monseigneur Pierre BOZ, Exarque Patriarcal des Melkites Catholiques.

Après un rappel du drame, la « Messe des Anges », accompagnée de chants religieux, précèdera le chant des Africains. Un déjeuner du souvenir réunira celles et ceux qui le souhaiteraient, Rue de Sèvres, autour de Monseigneur Pierre BOZ, témoin du drame.

La cérémonie sera placée sous le patronage collectif de toutes les associations qui voudront bien nous soutenir et nous le faire savoir.

Association des Amis d’Algérianie -Maison des Associations du 7ème arrondissement -4 rue Amélie, 75007 PARIS

membre du C.L.A.I.R.R, (Comité de Liaison des Associations Indépendantes et Revendicatrices de Rapatriés)

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BOZ Pierre -in mémoriam-

Posté par lesamisdegg le 18 février 2013

Père blanc en Kabylie, collaborateur de Monseigneur Lacaste Evêque d’Oran jusqu’en 1962, chargé de mission auprès de Monseigneur Feltin à Paris en 1965, arabisant, berbérisant, curé chrétiens originaires de Kabylie, Exarque Patriarcal des Melkites catholiques   Monseigneur Pierre BOZ nous a quitté le 15 février dernier.

Son expérience humaine de l’Oranie tragique d’après le 19 mars 1962, son vécu du massacre du 5 juillet 1962 à Oran l’ont amené à travailler jusqu’au bout dans le groupe de recherche des enlevés  disparus civils français en Algérie.

Avec lui, à l’initiative d’AAALGERIANIE, ont été organisées à Paris des messes du souvenir pour les victimes  du massacre du 5 juillet 1962 à Oran et des « disparus de 2009 à 2012.

Il est l’auteur de deux ouvrages :

Une fin des temps-fragments d’histoire des chrétiens en Algérie-

L’islam-découverte et rencontre –

AAALGERIANIE pleure un ami disparu et présente ses condoléances attristées à sa famille.

AAA 2013 02 18

messe pour les victimes du massacre du 5 juillet 1962 à Opan par Monseigneur BOZ

Monseigneur Pierre BOZ officie

 

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AFIN QUE NUL N’OUBLIE

Posté par lesamisdegg le 7 février 2013

Sept siècles après l’invasion arabo-musulmane de l’Afrique du nord, à la fin de la reconquête par les Rois Catholiques de la péninsule ibérique, débute un « djihad maritime » qui va terroriser la Méditerranée en multipliant les actes de piraterie, développant l’esclavage.

Après la fin des guerres napoléoniennes et la libération de la Grèce du joug ottoman, le traité d’Aix-la-Chapelle confie à la France la mission de rétablir la paix et la sécurité en Méditerranée. L’expédition d’Alger de 1830 puis  les politiques de la France ont permis l’installation d’Européens en Algérie. Plus de quatre générations de femmes et d’hommes reposent depuis lors dans des centaines de nécropoles civiles.

Barbarie et terrorisme ont conduit la quasi-totalité de ces populations à choisir « la valise plutôt que le cercueil », l’exode, abandonnant sépultures et parfois la vie .Depuis plus d’un demi siècle des crimes crapuleux ou fanatiques ont dévasté, profané des dizaines de milliers de sépultures, de dépouilles mortelles, en Algérie.

La France qui n’a su garantir ni la sécurité, ni les biens de ses ressortissants se doit de garantir la mémoire d’une histoire partagée. L’Algérie soumise à la pression démographique récupère tout foncier en zone urbaine  et en particulier les cimetières .Nous, Français d’Algérie, demandons avec force à être consultés pour la réparation et la sauvegarde d’un patrimoine historique, artistique, véritable arche mémorielle lancée entre les deux rives  entre passé et avenir.

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