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Le « Pataouète »

Posté par lesamisdegg le 15 novembre 2010

parler pied-noir pataouète langue algérie

Un livre de référence sur le Pataouète

La langue “Pataouète” s’est créée entre ports et banlieues au creuset du faubourg populaire.

Là, les parfums se passionnent de soleil et de mer pour effacer la misère du monde, à mi-chemin entre l’enflure verbale et l’expression héroïque. Le Pataouète est né durant la deuxième moitié du 19ème siècle au confluent des races méditerranéennes. Laissons la parole à Louis Bertrand qui écrit dans “Le sang des races” :

“Quand ils quittaient le valencien, leur langue était celle qui se parle au Faubourg, mais avec quelque chose de plus prétentieux qui sentait le commis-voyageur. On y retrouvait les expressions boulevardières d’il y a dix ans à côté des vieilles élégances de corps de garde apportées jadis par les troupiers de 1830. »

La Pataouète : un mélange de langues méditerranéennes

 

« Des métaphores marseillaises se heurtaient à des dictons espagnols, des mots de sabir ou d’arabe bigarraient le français officiel appris à l’école des Frères. Et parfois, au milieu de ces phrases bâtardes, martelées avec les rudes intonations gutturales de l’Afrique, s’enlevait une belle image, robuste et saine, sortie toute vive du riche terroir de Valence ou étincelante et dure comme les roches d’Alicante et que le mauvais français du Faubourg laissait transparaître, ainsi qu’une loque misérable.”

Ce système linguistique deviendra le système de communication obligatoire et nécessaire pour une nouvelle communauté, celle de ceux que l’on appellera les pieds-noirs, un véritable parler créole plus élaboré qu’un pidgin ou que le sabir.

Des emprunts ont été faits dans toutes les langues originelles des peuples unis dans l’effort pendant plus d’un siècle. Le Pataouète est un vrai dialecte méditerranéen quant à la syntaxe quasi-latine, l’accent, le lexique. Le dialecte pied-noir rappelle à tous les linguistes, aux Académies et à la nôtre en particulier, comment une langue vit.

Le Pataouète était parlé ou compris par une population nord-africaine de cinq millions de personnes en 1962, toutes origines confondues. Il reste une langue vivante pour les Nord-Africains, en péril pour les Pieds-Noirs.

Notre peuple veut le parler, l’écrire, le comprendre, le savourer, l’entendre. Maintenant, elle chante le passé, ensoleille notre présent.

C’est le creuset où se préparent nos lendemains.

 

Gérard Garcia

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