ALBERT CAMUS

ALBERT CAMUS  Homme révolté, homme déchiré 

Lors du dernier Maghreb des Livres, en février dernier, une table ronde était proposée, pour parler du rôle des libéraux pendant la guerre d’Algérie.  Un écrivain algérien a dit fort justement : « les modérés ne réussissent jamais »

Et c’est vrai. En temps de conflit brutal, les opinions se focalisent sur des convictions et engagements bien définis, fatalement en opposition. Nulle attention n’est accordée à ceux qui prônent le dialogue, l’écoute de l’autre, qui  tentent d’aplanir les affrontements, de trouver un consensus acceptable par les deux parties…

Lorsqu’une guerre est franche, tout est simple : il y a deux ennemis face à face, et l’unique  préoccupation consiste à gagner la guerre, militairement d’abord, politiquement ensuite.

Mais en ce qui concerne la Guerre d’Algérie, la situation était infiniment plus complexe. Il s’est agi, en fait d’une double, voire triple guerre civile : Français contre indépendantistes, Adeptes du MNA (Messali) contre FLN, Français contre Français…

Que peut ressentir un intellectuel français, un artiste, un pied noir, devant tant de déchirements ?

La sensibilité à l’injustice 

Albert Camus est né dans une famille pauvre, très pauvre. Orphelin de guerre à 1 an, sa mère sourde et pratiquement muette, faisant des ménages pour assurer le quotidien… Pas de jouets en nombre, mais un simple ballon de football et le plaisir des petites joies simples : la beauté de la nature, la mer, le soleil…  De cette enfance aux conditions étriquées, le futur auteur puise sa sensibilité extrême aux conditions de vie précaires et la sensualité face à la nature dont il parera plus tard ses œuvres. De sa condition sociale, il tient son sentiment aigu devant toute injustice.

Dès l’enfance, le petit garçon fait preuve d’une remarquable curiosité intellectuelle.  Une bonne fée place sur son chemin un instituteur avisé qui reconnait en lui son potentiel et lui ouvre le goût de la connaissance : Louis Germain, auquel il aura plus tard l’élégance de dédier son Prix Nobel.

Un parcours scolaire brillant, études à la faculté de lettres d’Alger… et le voilà prêt à mettre toute son énergie au service du monde.

Journaliste engagé, auteur dramatique, directeur du théâtre populaire d’Alger, présentant des pièces                                   camusalgerrepublicain1.jpg


 

à caractère résolument social, Albert Camus n’a cessé de vouloir communiquer, et d’en appeler à un dialogue fructueux entre les hommes de toutes conditions, respectueux de toutes les convictions, et ferme sur ses positions lorsqu’il sentait qu’il était dans le vrai de sa logique.

Un homme engagé 

En septembre 1935, il s’engage auprès du Parti Communiste Algérien. Deux ans plus tard, il claque la porte. « Rester clairvoyant, ne jamais céder aveuglément », telle est sa devise.

Il ne reviendra pas au Parti Communiste et ne s’engagera jamais plus dans telle ou telle formation politique. Le communisme, qui à l’origine reposait sur une belle idéologie de fraternité et de partage, fort de son implication dans la Résistance, s’est lourdement entaché de stalinisme et d’expansionnisme. « Nous aimions trop la liberté d’esprit et nous respections trop les droits de l’individu pour marquer le moindre intérêt aux régimes totalitaires », écrit Camus.

Il conservera toutefois sa sensibilité de gauche. « Je suis né dans une famille, la gauche, où je mourrai, mais dont il m’est difficile de ne pas voir la déchéance » dira-t-il plus tard. Ou encore : « oui, je suis de gauche, en dépit d’elle et malgré elle ».

En 1939, pour le compte du journal communiste Alger Républicain, il rédige une série d’articles dénonçant ce qu’il a vu, de ses propres yeux vu, en Kabylie : la misère des populations, leur frustration de ne pas ne pas pouvoir exercer de droit politique…

Il ne s’agit pas de jeter sempiternellement l’anathème sur « le système colonial », qui correspondait à l’ère des grands empires : la France, l’Angleterre, le Portugal…etc… rivalisaient dans l’extension de la puissance européenne hors métropole. L’administration locale s’exerçait  le biais de protectorats qui, un siècle plus tard, devaient soit être renouvelés, soit prendre fin (ce qui s’est produit notamment au Maroc et en Tunisie).

Mais, avec le recul, il apparaît que la France s’était bien embourbée dans une aventure aux bases discutables en faisant de l’Algérie des départements français, dès 1848. Mais l’Algérie étant alors constituée de départements français, la situation était plus ambiguë : Normalement, tous ses habitants auraient dû jouir de la pleine citoyenneté française. Mais comment accorder une citoyenneté à des populations qui, du fait de leur religion qui était également un code civil, ne s’engageaient pas à respecter les lois de la métropole ? Par ailleurs, comment faire face aux besoins engendrés par une démographie galopante ? Notamment, en ce qui concerne la scolarisation des enfants. En 1939, près d’un million d’enfants n’étaient pas scolarisés, faute d’établissements en nombre suffisant… Et comment ne pas craindre que des Musulmans, devenant majoritaires dans les assemblées, ne se regroupent pas pour accéder à plus ou moins long terme à la rupture avec la métropole ? D’où, après l’instauration de l’Assemblée Algérienne à partir de 1947, l’opposition farouche des élus du Premier Collège, réservé aux Européens, d’admettre dans leurs rangs des élus du Deuxième Collège constitué d’élus musulmans …

Ce sont des faits, incontestables. Les chiffres sont là. Le jeune Camus, qui sait bien ce qu’est la pauvreté, ne peut que se montrer sensible à cette situation. Au-delà de toute idéologie, il exprime ainsi son humanisme et son sens inaltérable de la Justice.

« C’est la force infinie de la Justice, et elle seule, qui doit nous aider à reconquérir l’Algérie et ses habitants », affirme-t-il en 1945, après les événements de Sétif et leur dure répression où nombreux sont les observateurs qui voient le déclenchement réel de la guerre d’Algérie.

En 1943, il s’engage dans la Résistance. Il insiste même, car son état de santé lui vaut la réticence des membres du mouvement. La situation est claire : il y a deux pays distincts, deux systèmes politiques antagonistes. Il n’existe pas de nation franco-allemande. C’est là toute la différence : Il y a, face à face, l’oppression et la liberté, un pays envahi par une armée qui veut se libérer et retrouver une identité qu’elle possédait déjà avec la guerre d’Algérie. Dans le journal Combat, Camus prend des positions, ce qui témoignait d’un grand courage pour l’époque.

Toutefois, il s’oppose aux pratiques d’ « épuration » de l’après-guerre, préférant tourner la page sur les années sombres. Chez lui, le dogmatisme rigoureux n’a point de mise : Camus reste un humaniste. Camus n’est pas qu’intellectuel, il est avant tout artiste, donc un affectif.

A la Libération, le journal Combat continue de lui offrir ses colonnes.  Il y décrit le malaise régnant en Algérie : la Charte de l’Atlantique a présenté un nouvel espoir aux Musulmans dont les revendications se sont radicalisées.  La répression des émeutes de Sétif et de Guelma ont laissé des traces profondes dans les esprits. « C’est la Justice qui sauvera l’Algérie de la haine », clame Camus, ou encore « On ne sauvera rien de français sans sauver la Justice ». Il ajoute même « On n’a jamais fait des citoyens français par le mépris ». Il s’engage davantage en écrivant : « Devant les actes de répression que nous venons d’exercer en Algérie, je tiens à dire ma conviction que le temps des impérialismes occidentaux est dépassé »

« J’ai mal à l’Algérie » 

A Paris, Camus est très apprécié des intellectuels français, dont Jean-Paul Sartre. Mais le ciel se couvre de nuages lorsqu’éclate vraiment la guerre d’Algérie, qui ne dira pas son nom.  Ces mêmes intellectuels lui reprochent de ne pas prendre de position ferme, soit de ne pas s’engager auprès des indépendantistes.

Comment ce pied noir ardent, viscéralement attaché à son pays natal et à la culture qui l’a fait devenir ce qu’il est, le pourrait-il ?

Convaincu que la situation politique de l’Algérie française ne saurait perdurer en l’état, déplorant sans cesse que le Statut de 1947 ne soit pas appliqué, il s’inscrit dans la lignée des libéraux, tel Jacques Chevallier, député-maire d’Alger, Ministre de la Guerre,  qui pensent que le maintien de l’influence française en Algérie ne peut exister que dans la forme fédéraliste, dans l’accession des Algériens musulmans aux responsabilités politiques, en prônant incessamment le dialogue :

« Ou nous réussissons à nous associer pour limiter les dégâts, et nous favoriserons une évolution satisfaisante, ou nous échouerons à nous réunir et à persuader, et cet échec retentira sur tout l’avenir », dit-il. Quant à Jacques Chevallier, il avait initié, dès novembre 1950, dans les colonnes de l’Echo d’Alger, la rubrique « le Dialogue entre Algériens », ouverte à toutes les sensibilités et, en 1953, dès son accession à la mairie d’Alger, il avait pris dans son équipe municipale des opposants déclarés, membres du M.T.L.D., parti de Messali,  ce qui n’a pas manqué de déclencher à son égard bien des méfiances et des hostilités, tant de la part des Européens que dans les rangs des messalistes. Le M.T.L.D. ne s’est-il pas alors scindé entre « centralistes », qui considéraient que le dialogue était encore possible avec les Français, et les « messalistes », engagés dans la voie de l’indépendance ? Devenu délégué à l’Assemblée Algérienne, il a fondé, avec Ferhat Abbas, l’Intergroupe des Libéraux, réunissant 17 délégués européens et 17 délégués musulmans, dans le but d’émettre des propositions satisfaisantes pour les deux parties.

Face au terrorisme, les deux hommes parlent d’une même voix :

« De malheureuses et innocentes victimes françaises tombent, et ce crime lui-même est inexcusable. Mais je voudrais que nous répondions au meurtre par la seule Justice pour éviter un avenir irréparable », dit Camus »

« Le ministre que je suis du gouvernement de la France ne peut que comprendre et admettre que les rigueurs de la loi viennent frapper ceux qui complotent et qui couvent des hommes qui tuent » répond en écho Chevallier,  qui précise par ailleurs : « Toutes les troupes que je pourrais envoyer, toutes les forces de police mises à disposition par le Ministre de l’Intérieur ne règleront pas le problème de fond. Je ne le conteste  pas, nous ne saurions tolérer le désordre, les attentats dans la ville, les maquis, dans le bled. Mais je crois urgent et nécessaire de faire ce que l’on n’a pas ou trop peu fait dans ce pays jusqu’à présent. C’est en sortant de ces structures archaïques que l’Algérie évoluera. Et c’est sans doute le meilleur moyen de  la lier intimement à la France »

Prenant le risque de rencontrer le nationaliste clandestin Mohammed Lebjaoui, le maire d’Alger plaide ardemment pour l’arrêt des violences : « la guérilla urbaine fait des victimes innocentes, des deux côtés d’ailleurs ; si vous acceptiez de la stopper, je vous promets, moi, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que la répression ne s’abatte pas, de manière aveugle et systématique, sur les Musulmans »…

Quand l’affectif côtoie le rationnel… 

Tout le monde connait la célèbre phrase de Camus : « Entre la Justice et ma mère, je choisirais ma mère ». Au plus les tensions se durcissent, au plus l’aboutissement final devient évident, au plus l’homme blessé se tait. Ce silence même symbolise la douleur d’un homme clairvoyant, humaniste, épris de justice, pétri des émotions dues à ses origines, face à une situation qui sombre dans l’absence totale de dialogue, dans un affrontement inconditionnel, où les passions prennent le pas sur la raison.

Une vision mondialiste et idéaliste 

Camus et Chevallier partagent la même conviction que cette guerre d’indépendance repose sur des bases beaucoup plus larges qu’une simple revendication territoriale. Tous deux mettent les consciences en garde contre le communisme, ou plutôt  le stalinisme et l’impérialisme soviétique, tous deux s’inquiètent de l’éveil du panarabisme qui, depuis Le Caire, souhaite se réaliser dans la formation d’un «  République Arabe Unie », le grand rêve de Nasser.

Selon Camus,  « Il faut considérer la revendication de l’indépendance nationale algérienne en partie comme une des manifestations de ce nouvel impérialisme arabe, dont l’Egypte, présumant de ses forces, prétend prendre la tête et que, pour le moment, la Russie utilise à des fins de stratégie anti-occidentale … Le bonheur et la liberté des peuples arabes ont peu de choses à voir dans cette affaire»

Autre rêve nourri par les deux hommes : l’Algérianité. Deux peuples pour une même patrie qu’ils chérissent tout autant. La formation d’un seul peuple riche de ses différences acceptées, peuple pionnier dans l’univers méditerranéen.

Ecoutons Camus : « Une Algérie nouvelle… L’exemple rarissime de populations différentes imbriquées sur un même territoire… Arabes et Français réconciliés dans la liberté et la justice ». Il est allé jusqu’à défendre l’idée de faire reconnaitre une véritable culture méditerranéenne  « L’orient et l’Occident se rejoignent dans une culture qui favorise l’homme au lieu de l’écraser »

Ecoutons Chevalier : « Il faudrait faire d’Alger une ville fraternelle, un lieu de rencontres exemplaire entre Français et Musulmans… A nous, algériens français et musulmans de dégager ensemble une politique réaliste pour notre patrie commune »…« L’heure est venue pour tous les Algériens de se serrer les coudes, de ne plus nous diviser en nous regardant en fonction de nos origines comme des adversaires ou comme des ennemis, de ne plus nous fermer les portes les uns aux autres. Il n’est point d’hommes privilégiés, nous sommes tous égaux devant Dieu.

L’image de Camus 

Pour les Pieds Noirs, Camus apparaissait comme un « progressiste » de même que Chevallier  qu’ils considéraient comme un « traître », persuadés que l’Algérie devait rester française, régie par un système exclusivement français. Et les libéraux n’attiraient guère leur sympathie. Lorsque Camus a reçu le Prix Nobel,  d’amères réflexions ont accueilli cette nouvelle : au-delà de l’écrivain, le monde cautionnait le libéralisme. Et puis, le temps faisant son œuvre, Camus est maintenant considéré comme un modèle. L’écrivain illustre, l’homme qui s’est exposé en déclarant « entre la Justice et ma mère, je choisis ma mère », a su reconquérir les cœurs dans leur majorité.

Les intellectuels français restent plus divisés. Ainsi, lors du colloque tenu à Nanterre en 1985, les jugements se sont avérés très divers :

« Camus n’a pas compris que les Algériens voulaient leur patrie, dit Paul Thibaud. Il a parlé de la Justice, du développement, de l’éducation et sous-estimé le caractère politique de la revendication algérienne. Son humanisme et son mondialisme l’aveuglent. Pourtant, il est lucide sur la guerre, ses effets, et sur le terrorisme … ». Il ajoute toutefois : « sans doute parce qu’il est de ceux que l’événement a le plus blessés, Camus pourrait être au départ d’une reconsidération non manichéenne du passé et d’une ouverture vers un avenir libéré des rancunes, même justifiées »

Aït Ahmed remarque que Camus est resté essentiellement français et n’a pas fait référence à la culture arabe  (Ce qui est inexact et de nombreux articles de Camus le prouvent) :  « Il n’a pas fait l’effort pour apprendre la langue ou étudier la civilisation musulmane. …Si  Les Kabyles avaient la volonté d’apprendre la langue française, il existait aussi une langue kabyle et une soif d’identité algérienne »  « Camus a dénoncé le terrorisme. C’est la guerre qu’il fallait éviter. »

Albert Memmi était un ami de Camus.  « Tel qu’il était, avec son choix et son immense talent, Camus représentait un aspect essentiel de l’Afrique du Nord et les Algériens s’honoreraient-ils  en le réintégrant pleinement dans leur tradition culturelle. Pourquoi pas, à Alger, une grande rue Albert Camus ?

En conclusion, je souhaiterais évoquer brièvement deux faits récents, très représentatifs des divisions que soulèvent encore les noms de Camus, de Chevallier et de tous les libéraux :

On vient de célébrer l’anniversaire de la mort de Camus. Nicolas Sarkozy a proposé de transférer ses cendres au Panthéon. Des protestations se sont levées, non pas parce que l’idée était incongrue, mais parce qu’elle venait du Président de la République dont la personnalité n’évoque pas spontanément l’esprit et l’engagement de l’écrivain…

En Algérie,  il est question de reconnaître à Camus son « algérianité ». Circulant sur Internet, un tract est même étonnant de violence et d’affirmations sommaires, émanant d’intellectuels algériens : « Le journaliste colonial Camus, militant avéré et définitif de l’Algérie Française… », « Le lobby colonial en est à sa deuxième campagne »… « Dès 1937 et jusqu’en 1939, Camus n’a cessé d’appeler à des mesures de charités pour couper l’herbe sous les pieds des nationalistes »… « L’Algérie officielle se rend-elle compte qu’en accueillant avec cette chaleur le chantre de l’Algérie Française, elle ridiculise par avance son projet de loi criminalisant le colonialisme, la vide de son sens et devient nul ? »

Finie, la guerre ? Entre la France et l’Allemagne, oui. Les deux peuples ont su trouver une entente, et s’engager dans un avenir commun, tout en respectant la mémoire de ce qui les a si dramatiquement opposés. Entre la France et l’Algérie, les passions semblent encore bien loin de s’éteindre. A l’aube du 50° anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, vont-elles brouiller encore l’analyse objective, apaisée, des faits ou la voix des libéraux va-t-elle enfin être entendue ?  Dieu seul le sait… Comme l’écrivait Marcel Jullian : « Tout dépendra de l’heure qui sonnera. Dieu sait à quelle horloge »…

Il est vrai qu’un pays ne pouvant entrer en conflit avec lui-même, il n’y a jamais eu de guerre en Algérie… juste des « événements » ou des « opérations de maintien de l’ordre ».

Michèle Barbier

« Le Mythe Borgeaud », Editions Wallada – 1995 Jacques Chevallier, député-maire d’Alger – La dernière utopie »  Editions Riveneuve- 2010 

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2 commentaires

  1. Vincent Lajaro dit :

    Si tous les pieds-noirs pouvaient parler de cette voix, je pense que l’on serait sur le chemin de la réconciliation… qui sera encore bien long, j’en ai peur. Un grand merci à l’auteur de cet article.

  2. halima bouafia dit :

    Si tout le monde parlait comme ca, le Monde se sentirais mieux…un jour…peut-etre.

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