Archive pour 22 août, 2009

ORAN 5 JUILLET 62 : LES CAUSES DU MASSACRE

 LES CAUSES  DU  MASSACRE 

Par   Jean-François  PAYA  Ancien combattant d’Algérie classe:/ 54  

Article publié avec autorisation bénévole de l’auteur dans « Les dossiers Secrets de l’Histoire »    4 Sept 2002 »

Ci dessous actualisé avec références 

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Cinq Juillet 1962 .Cette date est celle de l’indépendance pour les Algériens .Cependant pour les Français d’Oran,seule ville où ils étaient majoritaires ,elle évoque une journée d’horreur où près d’un millier d’entre eux furent massacrés en présence d’une garnison Française de 18000 hommes strictement consignée dans ses cantonnements.(1)   (2) 

Ces forces Françaises avaient cependant un role théorique de protection de leurs ressortissants d’après les déclarations publiques et les promesses faites par écrit et diffusées en Algérie comme en métropole. Les accords d’Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à « l’exécutif provisoire » mis en place depuis le 19 Mars 1962 .Celui-ci devait maintenir l’ordre avec une « force locale » quasiment volatilisée  à Oran assistée de l’Armée Française ;et ce en principe jusqu’à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel . 

Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962.Mais les accords d’Evian ne faisaient nullement référence au GPRA et à l’ALN dans ce processus…

(suite…)

LA DECHIRURE

Jadis j’ai déjà dû m’enfuir de mon pays

Quand la France décida de lâcher l’Algérie

Et si avec le temps les plaies se sont fermées

Leurs cicatrices, elles, n’ont pas pu s’effacer !

Ces quelques lignes résument à elles seules le traumatisme que j’ai ressenti lorsque comme de nombreux pieds noirs et Algériens nous avons dû quitter notre sol natal pour ne pas être confrontés à des dangers risquant de mettre notre vie en péril à la suite de l’indépendance de l’Algérie.

J’ai tout abandonné, parents et amis sans même pouvoir les prévenir et leur communiquer une adresse pour correspondre.

J’ai fermé ma maison, libéré mon chien, et après un regard sur ce qui avait été mon chez moi j’ai pris la route vers d’autres horizons.
Personne n’ayant vécu cette tragédie ne peut comprendre combien était grande ma détresse. Après quelques heures de voyages et de formalités j’étais à nouveau en sécurité avec ma femme et mes enfants sur le sol de la mère patrie où aucun repaire ne nous rappelait notre passé.

En guise de Welcome je n’ai alors ressenti que mépris et discrimination à mon égard car nous étions aux yeux des métropolitains les riches colons qui avaient fait suer le burnous aux algériens.

Pour ce qui est du riche colon je n’avais été qu’un modeste représentant chez un fabriquant de boissons gazeuses et ma femme quant à elle n’était

Qu’une simple employée de banque.

La désinformation du peuple français n’a fait qu’aggraver l’épreuve que nous subissions en nous faisant porter une étiquette qui n’avait aucune relation avec notre réalité. Les médias gauchisants de l’époque nous décrivaient comme des monstres sanguinaires aux mains maculées du sang des algériens.

Ces rédacteurs mal intentionnés auraient dû assister aux scènes émouvantes des adieux lorsque des algériens priaient la plupart d’entre nous de ne pas les abandonner.

Ces derniers étaient aussi affligés que nous de cette situation et ne pouvaient admettre que l’indépendance les conduise vers cette déchirure.

Qu’allons nous devenir sans vous répétaient ils sans arrêt.

Si les autorités de l’époque avaient organisé différemment cette libération du peuple algérien, tout ce serait bien mieux passé avec beaucoup moins de sang et de larmes versés.

Pour cela il eut fallu que le retrait de la France transite par une période d’autonomie sous la protection conjointe des armées Algérienne et Française. Cela aurait permis d’éviter dans un premier temps toutes ces exécutions sommaires qui ont poussé les pieds noirs à s’enfuir en masse et d’organiser dans un second temps la formation de ce peuple qui n’était pas encore apte à prendre du jour au lendemain les différentes rennes du pays. Ainsi petit à petit le pouvoir aurait changé de main sans heurte ni violence et pour le plus grand bien être de tous.

Malheureusement la vacance de l’autorité française a laissé libre court aux émeutes fratricides engendrées par la course au pouvoir des différentes factions en présence et subitement les pétards de la fête furent remplacés par les tirs des mitrailleuses des belligérants.

Les chefs vainqueurs n’avaient plus qu’à s’octroyer les meilleures places aux différents postes du gouvernement suivant leur grade dans l’armée de libération ou en fonction du rôle qu’ils avaient joué pendant l’insurrection.

Mais hélas le plus souvent cette prise de pouvoir s’est effectuée au mépris d’une quelconque démocratie ainsi que dans l’incertitude qu’ils aient les capacités d’en assumer la charge !

Par la suite les propriétés agricoles furent nationalisées sans même prendre soin de cueillir les récoltes pourtant mûries sur pieds. Ceci eut pour effet d’une part d’en perdre la totalité de leurs revenus pourtant nécessaires pour le redémarrage futur de ces entreprises et d’inciter d’autre part les agriculteurs qui avaient misés sur une coopération Algérienne à grossir le flot des rapatriés.

Certains d’entre eux ont alors investi dans des propriétés agricoles tombées en désuétudes tant sur le sol métropolitain qu’en corse où dans les territoires d’outre mer. A force d’efforts et de sacrifices ils ont réussi à transformer ces terrains incultes en vergers et en entreprises rentables qui furent jalousées par les autochtones du pays.

Par la suite de nombreux de leurs anciens employés algériens s’expatrièrent pour venir les rejoindre afin de les épauler dans leurs tâches et les aider à produire des récoltes rentables.

Cela tenterait à prouver que contrairement aux dires de la plupart des médias médisants de l’époque, ces employés agricoles n’avaient pas tant souffert de cette période que l’on appelle la colonisation !

Depuis, les années ont passées, chacun de nous a poursuivi sa vie avec plus ou moins de réussite, certains sont sortis grandis de cette débâcle, d’autres qui pourtant ne déméritaient pas et n’avaient pas ménagé leur sueur et leur peine ont subit au contraire une nouvelle déception dans le fiasco de leur entreprise.

Tout doucement, avec le recul, la colère et la rancœur ressenties contre le peuple algérien ont fait place à de la nostalgie pour le pays et les amis de toutes confessions que nous avions laissés là bas. Plusieurs d’entre nous se sont alors risqués dans des voyages commémoratifs où ils ont reçu un accueil digne de hautes personnalités. Partout et chaque fois les anciens sont venus à leur rencontre dès qu’ils apprenaient leur passage pour leur poser des questions, afin de connaître le sort des uns et des autres. Chaque fois ils se disputent la possibilité de les avoir à leur table et de partout il leur a été dit : Bienvenue chez vous ! Cela réchauffe le cœur car on a vraiment l’impression d’être regretté ; ainsi on est en droit de penser que la nostalgie s’est installée des deux cotés de la Méditerranée.

Quel gâchis !

Un jour l’histoire dira peut être la vérité sur les liens qui unissaient les pieds noirs et les Algériens, tout n’a peut être pas été rose pour ces derniers avant l’indépendance mais pourtant, aujourd’hui, lorsqu’on a l’occasion de parler avec eux du passé, on est surpris d’entendre de leur propre bouche : C’était le bon temps !!

André Agostini

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