• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 4 août 2009

ARMEE D’AFRIQUE

Posté par mdame le 4 août 2009

L’ARMEE D’AFRIQUE  des origines à 1962    

Les précurseurs        

   Les premiers musulmans furent engagés dans la Syrie franque par Tancrède en 1108 et Renaud de Chatillon en 1170. 20.000 auxiliaires combattent sous les ordres de Guy de Lusignan contre Saladin en 1187. Recrutés par les Templiers, les Turcopoles sont selon Grousset les Goumiers de la Syrie franque.

En 1765 au Sénégal, des Laptots furent affranchis pour participer à la défense de Gorée .           

  Le véritable précurseur de l’engagement des musulmans est le général Bonaparte, qui au cours de la campagne d’Egypte en 1798-99, forme le projet de recruter 30.000 auxiliaires. Il limite ses ambitions et utilise des déserteurs turcs et une centaine de cavaliers palestiniens, qui l’accompagnent dans sa campagne de Palestine. Il constitue un régiment de Dromadaires  qui s’illustre sous le commandement de Desaix, et ramène en France, avec femmes et enfants, des Chasseurs d’Orient et des Mameluks de la Garde, qui participent à toutes les campagnes de l’Empire.         

L’armée d’Afrique. 

            Lors de la conquête de l’Algérie, des unités de Zouaves et de Chasseurs d’Afrique sont créées dès 1830 et 1831, mais au bout de quelques mois, les musulmans rejoignent leur douar d’origine; on les remplace donc par des volontaires français. Autre formation prestigieuse de l’armée d’Afrique, la Légion étrangère créée en 1831 et qui va transformer le marécage de Sidi Bel Abbès en cité florissante et en terre de culture, avant de participer à la mise en valeur de l’Algérie.

A partir de 1835, des auxiliaires sont recrutés dans les compagnies d’infanterie; ce sont les Turcos, devenus Tirailleurs en 1841, et dont le modèle sera reproduit au Sénégal en 1857, au Tonkin en 1879 et à Madagascar en 1895. Le corps des Spahis est mis sur pied en 1841, et les compagnies méharistes en 1894. Des Bureaux arabes, auxquels succéderont les officiers des Affaires indigènes et sahariennes, administrent les territoires militaires à partir de 1844. En 1908 le Général Lyautey crée les Goums marocains. En 1912 enfin la conscription est instituée, de façon sélective, en Algérie.            

 Auxiliaires ou réguliers, ces combattants ont été engagés au 19ème siècle dans toutes les campagnes militaires de la France, Algérie, Crimée, Italie, Indochine, Mexique,Tunisie et  Madagascar. 8.900 musulmans sont engagés en 1870.           

  Parallèlement, et en partant de l’infanterie de marine, les généraux Faidherbe et Gallieni ont formé des bataillons de tirailleurs, qui, de 1852 à 1892, établissent l’ordre en Afrique occidentale et équatoriale . 

armée d'Afrique 1916

armée d’Afrique 1916

 

La guerre de 1914-1918.          

   En Algérie, 172.000 musulmans, dont 85.000 engagés volontaires, sont mobilisés en 1914, soit 3,6% de la population. A leurs côtés, 93.000 Français d’Afrique du Nord et 39.000 Tunisiens sont appelés, et  14.000 Marocains sont mobilisés, dont les trois quarts sont engagés sur les fronts de France ou d’Orient. Au Maroc, Moulay Youssef et les grands Caïds lèvent des auxilaires et des contingents dans les tribus, ce qui permet au général Lyautey d’envoyer 37 bataillons en métropole.        

  Sur le Front d’Orient en 1918, la 1ère Brigade de tirailleurs marocains, renforcée de deux escadrons de spahis, attaque de flanc l’Armée de von Kluck et fait prisonnier le maréchal von Mackensen, commandant en chef du Front sud-oriental (raid d’Uskub). Dix bataillons coloniaux sont engagés sur le front français en 1914, ils sont 42 en 1918, plus 23 dans l’armée d’Orient Les Français d’AFN ont de 12.000 à 20.000 tués, et les maghrébins 36.000 tués et disparus, dont 9.800 Tunisiens et 25.000 Algériens. Les prisonniers, regroupés à Zossen, résistent à la propagande allemande; 5 à 8% d’entre eux cependant s’engagent dans l’armée turque. Aucune mutinerie n’est imputable aux régiments de tirailleurs en 1917. Ils participent à toutes les opérations, et pour les décorations, les tirailleurs viennent juste après le RICM et le 2ème Etranger.  Les drapeaux de 4 RT sont décorés de la Légion d’Honneur, leurs pertes sont supérieures à celles des autres unités d’infanterie.            

 Les maghrébins furent heureusement surpris de l’accueil réservé par les civils français, et en retirèrent l’image d’une France accueillante et solidaire dans le malheur. L’armée fut à son insu un melting pot entre Kabyles, Arabes, Noirs d’Afrique et Indochinois. L’institution militaire devient ainsi un modèle d’intégration et donc d’évolution future.  Clemenceau accorde  des avantages aux combattants, il supprime certains impôts et augmente le nombre des représentants musulmans. En 1927 le code de l’indigénat sera aboli. 

 

armée d'Afrique 1927

armée d’Afrique 1927

 

          Les mobilisations de 1939-45.            

Dès septembre 1939, l’Armée d’Afrique met sur pied 2 divisions marocaines et 12 Divisions d’infanterie d’Afrique sur son propre sol, plus 7 divisions d’infanterie nord-africaine en métropole, soit au total 73.000 Français et 176.000 musulmans. Sur les 400.000 hommes de l’armée de terre en AFN, 170.000 sont engagés en métropole ou au Levant. Les pertes sont de 5.400 tués maghrébins, et 2.700 Européens. C’est dire que les capacités de résistance de l’Afrique du Nord en juin 1940 étaient très amoindries, et que la poursuite de la lutte en AFN était une vue de l’esprit. Cette armée est pauvre en blindés, en avions, en armes anti-chars et anti-aériennes et son matériel est vétuste. Après la défaite de 1940, le général Weygand est nommé Délégué général et Commandant en chef en AFN. Il prépare clandestinement la revanche en exaltant le moral des troupes et en menant deux actions conjuguées : - officiellement, négociation avec la Commission italienne d’armistice en vue d’accroitre les effectifs militaires (passant de 100.000 à 135.000) - clandestinement, camouflage de matériels, de matériaux, de personnels spécialisés ou non (35.000 supplétifs et travailleurs), préparation clandestine de la mobilisation, entraves à la surveillance des Commissions de contrôle. Il s’oppose enfin aux protocoles de Paris négociés par Darlan avec la Wehrmacht.       

  Il est relevé en novembre 1941 à la demande des Allemands; le général Juin lui succède comme commandant en chef et poursuit son action de rénovation de l’armée d’Afrique; il remanie en particulier le plan de défense de la Tunisie. Surpris par le débarquement américain du 8 novembre 1942, il convainct l’amiral Darlan, qui se trouve par hasard en Algérie, d’ordonner un cessez-le-feu aux troupes du Maroc et d’Algérie. Il faut rappeler en effet qu’afin d’éviter l’occupation de la zone libre, les forces françaises d’AFN avaient pour mission de s’opposer à tout envahisseur.

            Arrivé le 9 novembre, le général Giraud est nommé Commandant en chef, il prépare avec Juin l’intervention en Tunisie, où les Allemands sont en train de débarquer. 240.000 hommes sont mobilisés (16% des Français d’Algérie, 2% des musulmans). En même temps, il donne ses directives au général Frére pour créer l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) en métropole. Après avoir pris contact avec le général Barré (commandant des troupes de Tunisie) et avec le britannique Anderson à la frontière tunisienne, il conclut avec le général Marshall le plan d’Anfa, destiné au réarmement de 8 DI, 3 DB et 4 QG d’Armée et de Corps d’armée, et la livraison de 1.000 avions. La première tranche du réarmement arrive à Alger le 13 avril. Le plan d’Anfa, interrompu en novembre 1943 pour des raisons politique, et par manque de spécialistes, est réduit de 8 à 5 divisions d’infanterie. Sans le soutien américain, et sans en référer au de Gaulle, Giraud organise la libération de la Corse en septembre 1943, avant d’être éliminé, en novembre 1943, de la co-présidence du Comité français de Libération. 

 La campagne de Tunisie            

Jusqu’à la fin de 1942, ce sont les troupes françaises qui encaissent l’essentiel de l’effort germano-italien en Tunisie, le Vème Corps britannique ayant complètement échoué dans sa tentative en direction de Bizerte et de Tunis.            En février 1943, le IIème Corps américain, jusque là maintenu à l’instruction face au Maroc espagnol, entre à son tour en lice, mais c’est pour subir de plein fouet l’offensive de Rommel, qui vient d’arriver de Libye avec son Africa-Korps. Le résultat est catastrophique pour les Américains, qui, en guise de baptème du feu, subissent une déroute du style mai-juin 1940. Là encore, la division de Constantine du général Welvert encaisse le choc et contribue à l’amortir. Mais à peine Rommel a-t-il effectué sa jonction avec les forces de von Arnim qui tiennent le nord de la Tunisie, qu’il se voit bousculé par Montgoméry et sa VIIIème Armée, et par les forces anglo-américaines du nord, qui sont montées en puissance et qui ont conquis la supériorité aérienne. Le général Alexander coiffe désormais les Ière et VIIIème Armée.             Début mai, Alexander lance enfin son offensive générale en direction de Tunis. Les forces germano-italiennes capitulent au prix de 230.000 prisonniers.             Après que la force L de Leclerc (2.500 hommes) eut débordé la ligne Mareth, le 19ème Corps français, porté à 80.000 hommes, participe à l’offensive générale. La victoire de Tunis est la grande revanche d’une armée battue, privée de tout, et pour finir tenue en suspicion. Ses pertes sont aussi lourdes que celles des Britanniques : 4.500 tués. 

La campagne d’Italie.            

 Deux divisions françaises, la 2ème DIM et la 3ème DIA, embarquent le 19 novembre 1943. La 2ème DIM est immédiatement engagée et s’empare du mont Pantano et de la Monna Casale. Le 3 janvier 1944, le général Juin engage la 3ème DIA, qui le 25 janvier entame la conquête du Belvédère, au cours d’une bataille acharnée jusqu’au 1er février (journal du général Gandoët).           Le 11 février, la 4ème DMM arrive en Italie, ainsi que trois groupements de Tabors ; elle est dirigée vers la tête de pont du Garigliano. Elle est rejointe en avril par la 1ère DFL, renforcée d’une brigade de Djibouti et baptisée 1ère DMI. Le 4 avril, Juin soumet au général Clark un mémoire visant à déborder Cassino par le Monte Majo, en partant du Garigliano.       

 L’offensive est conduite le 11 mai par la 2ème DIM et la 3ème DIA, qui s’emparent du Monte Majo et de Castelforte. Puis le Corps de montagne (4ème DMM et tabors) fonce à travers les monts Aurunci jusqu’au Petrella. Esperia est atteint le 17 mai. La 3ème DIA repousse une violente contre-attaque et s’empare de Pico le 22 mai. La route de Rome est ouverte. Les Allemands abandonnent Cassino. Le 5 juin le général Juin monte au Capitole aux côtés de Clark.            

 Après la prise de Rome, le CEF dépasse le IIème Corps US et s’empare de Sienne et de San Geminiano le 3 juillet, avant d’être regroupé à Naples, le 23 juillet, pour le débarquement de Provence. Le 17 juin 1944, l’armée de Lattre s’est emparée de l’Ile d’Elbe.               

De la Provence à l’Alsace            

L’opération Anvil, rebaptisée Dragoon, met en action 2.000 navires; dont 400 bateaux de guerre, organisés en 6 courants maritimes, 1.900 avions, le corps d’armée américain de Truscott, la 1ère division aéroportée anglo-américaine, et l’armée B du général de Lattre.            Ayant réussi à s’évader de la prison de Riom, de Lattre arrive à Alger le 20 décembre 1943. Il est aussitôt nommé au commandement de l’Armée B, qui comprend toutes les unités stationnées en AFN : 1ère et 5ème DB, 9ème DIC. A partir de juillet, elle est renforcé par les 4 divisions du CEF d’Italie : 1ère DFL, 2ème DIM, 3ème DIA et 4ème DMM.             Le 14 juillet, de Lattre installe son PC à Naples et prépare le débarquement. Aux ordres de la 7ème Armée US de Patch, l’armée B débarque en deuxième échelon, mais de Lattre lance aussitôt ses divisions vers Toulon et Marseille, qui sont libérés, après de durs combats, 20 jours avant la date prévue par les plans américains.            

Tout en exécutant le plan US de libération du Languedoc, de Lattre décide de faire traverser le Rhône au IIème Corps d’armée confié plus tard à Montsabert, et de le faire progresser rapidement par la rive ouest, afin de ne pas perdre de temps par rapport aux Américains qui progressent par la route Napoléon. Le IIème Corps participe le 2 septembre à la libération de Lyon, Le 12 septembre, après les durs combats d’Autun, la jonction est faite avec les forces alliées venant de Normandie, et notamment la 2ème DB. Le 1er Corps de Bethouart progresse par Briançon et longe la frontière suisse. 

            Le 19 septembre, l’armée B devient la 1ère Armée française.

            Pendant 2 mois, le 2ème Corps de Montsabert est fortement ralenti dans les Vosges, ce n’est que le 11 novembre que de Lattre lance le 1er Corps de Béthouart (5ème DB et 2ème DIM) qui prennent Héricourt et Montbéliard et sont les premiers à atteindre le Rhin à Rosenau ( le 19  novembre, quatre jours avant Leclerc à Strasbourg). Belfort est libéré le 28 novembre, mais la poche de Colmar, contrôlée par Himmler, résiste. Les noirs et les maghrébins, souffrant du froid et fatigués par des opérations incessantes, sont peu à peu relevés par des FFI (amalgame de 117.000 résistants et engagés volontaires). L’absence de mobilisation en métropole provoque un certain malaise parmi les soldats de la 1ère Armée. 

            Le 16 décembre, devant la menace allemande des Ardennes, Eisenhower ordonne d’évacuer la plaine d’Alsace. Le général de Gaulle, soutenu par Churchill, conteste cet ordre, et charge la 1ère Armée de défendre Strasbourg. La bataille durera jusqu’au 18 janvier, date à laquelle la 1ère Armée est renforcée par le 21ème Corps US et la 12ème DB US. Le 20 janvier s’engage la bataille pour la libération de Colmar, qui aboutit le 2 février à la prise de la ville par les troupes franco-américaines, et le 7 février, à la libération totale de l’Alsace. 

La 2ème Divison blindée            

 Mieux connue du public que la 1ère Armée, la 2ème DB est créée le 26 août 1943, après fusion des forces combattantes. Mise sur pied dans la forêt de Témara -Rabat , Maroc-à partir de 3 unités FFL, elle est recomplétée aux deux tiers à partir des dépôts de l’armée d’Afrique. Une fois complétée et instruite, la 2ème DB est transférée en Grande-Bretagne. Elle débarque le 30 juillet à Utah Beach au sein de la 3ème Armée de Patton. Elle libère Paris, soutient un dur combat à Dompaire, s’empare de Strasbourg et participe à la libération de l’Alsace (pendant 4 semaines), avant d’être engagée à Royan, puis de s’élancer vers Berchtersgaden où elle pénètre en même temps que les Américains. Ses pertes s’élèvent à 4.987 tués, blessés et disparus.            

  Rhin et Danube           

  S’engageant au nord de Strasbourg, le 2ème Corps franchit la Moder et la Lauter avant de percer la ligne Siegfried et d’atteindre Spire.            Le 29 mars, le général Devers prescrit à la 1ère Armée de franchir le Rhin. Après des franchissements audacieux à Spire et Gemerscheim, en l’absence de moyens lourds du Génie, la tête de pont française atteint Karlsruhe. De Lattre évite d’attaquer Stuttgart de front, et déborde par la Forêt Noire et le Jura souabe. Freudenstadt est atteint le 17 avril, Tubingen et Reutlingen le 22 avril, Stuttgart le 21 et Ulm le 22. La prise de Kehl par la 9ème DIC permet d’engager le 1er Corps de Béthouart vers le sud. Le 18ème corps d’armée SS, encerclé dans la Forêt noire, tente de faire une percée le 25 avril, il est en grande partie capturé. Le 6 mai la 2ème DIM et la 1ère DB font leur jonction à Saint Anton. Les pertes de la 1ère Armée sont de 14.000 tués depuis le 15 août 1944. Elle a fait 28.000 prisonniers à Stuttgart, 18.000 à Ulm et 15.000 en Forêt noire.           

  Les 19ème et 24 ème armées allemandes capitulent à Garmish et à Inssbruck. Le maréchal Kesselring, commandant le Front ouest, signe à Harr. La capitulation de l’Allemagne est signée le 7 mai à Reims, en présence du général Sevez, et le 8 mai à Berlin, où le général de Lattre figure parmi les quatre vainqueurs. 

Gal FAIVRE

 

Publié dans HISTOIRE, MEMOIRE | Pas de Commentaire »

 

michelhenrialexandre |
POUR MES POTES |
prostitution etudiante |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ecoblog le blog éco
| Néolibéralisme & Vacuit...
| Maatjes en bier