TIBEHIRINE

Posté par mdame le 14 juillet 2009

  Un témoin dénonce une bavure  

 Un général français vient d’affirmer aux juges parisiens que l’armée algérienne était à l’origine de la mort des moines trappistes en 1996.

TIBEHIRINE  dans

   coeur- dans Les militaires algériens ont-ils abattu les sept moineshttp:// français de Tibéhirine, morts dans les montagnes de l’Atlas en 1996 ? Un témoignage inédit, recueilli par le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic le 25 juin dernier, vient de relancer ce dossier. Dans sa déposition, que Le Figaro a pu consulter, un général français, aujourd’hui à la retraite, révèle sous serment au magistrat que ces «assassinats» seraient, en fait, le résultat d’une terrible bavure. Cet officier de l’armée de terre, attaché de défense à Alger au moment du drame, avait alerté sa hiérarchie, mais on lui avait intimé de garder le silence pour ne pas nuire aux relations entre la France et l’Algérie. Au bout de treize ans, l’homme a décidé de briser le secret. Un secret-défense. «C’est difficile pour moi car c’est une chose dont on m’a demandé de ne pas parler», précise-t-il au cours de sa confession.

L’homme par qui le scandale arrive s’appelle François Buchwalter. Âgé de 65 ans, formé à Saint-Cyr, il est un pur produit de l’armée française. Son CV est éloquent : employé au sein des services secrets au Sdece, l’ancêtre de la DGSE (Direction générale des services extérieurs), puis à la DGSE avant d’être nommé attaché de défense en Turquie, au Sahara, puis en Algérie entre 1995 et 1998. C’est à ce poste que le général Buchwalter raconte avoir recueilli les confidences d’un ancien officier de l’armée algérienne, dont le frère était chef d’une escadrille d’hélicoptères affectée à la Ire  région militaire en Algérie. Pour des raisons de sécurité, il a refusé de révéler son nom à la justice.

Selon Buchwalter, ce «monsieur X» lui a raconté peu de temps après les obsèques des moines qu’en mai 1996 son frère patrouillait en hélicoptère entre Blida et Médéa dans le cadre d’opérations anti-islamistes. Au cours d’une de ces missions dans cette zone désertée par la population, ils ont aperçu un bivouac qui ressemblait à un groupe djihadiste armé. «Ils ont donc tiré sur le bivouac. Ils se sont ensuite posés (…). Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines, a expliqué Buchwalter au juge. Les corps des moines étaient criblés de balles.» Les militaires ont immédiatement prévenu leur PC de commandement à Blida.

Sérieux démenti à la version officielle

La version officielle de l’armée algérienne est très différente. Selon elle, les corps des religieux trappistes qui avaient été enlevés quelques semaines plus tôt par le Groupe islamique armé (GIA), des terroristes algériens, ont été découverts dans un champ près de Médéa. En fait de corps, ce sont des têtes qui ont été rendues aux familles. Le père Armand Veilleux, procureur général de l’Ordre cistercien trappiste, aujourd’hui partie civile dans le dossier, avait exigé de voir les dépouilles afin de les identifier. Il a alors rencontré de nombreuses résistances et a dû insister auprès de l’ambassadeur de France pour obtenir gain de cause. Ce dernier lui a expliqué, sous le sceau du secret, que seules les têtes avaient été retrouvées : «Il voulait que je lui promette de ne rien dire, en arguant du fait que ce serait un déshonneur pour l’Algérie.» À l’hôpital, le père Veilleux a fait ouvrir les cercueils pour identifier les religieux. Il a constaté qu’il n’y avait que les têtes, « omme momifiées», dont l’une «n’avait pas de menton». Les corps des moines auraient-ils été mutilés pour maquiller la bavure ? Les autorités françaises ont-elles couvert les militaires algériens ? Pour Me Patrick Baudoin, avocat de la partie civile, ce témoignage apporte en tout cas un sérieux démenti à la version officielle : «Nous allons demander à la France la levée du secret-défense sur les rapports de son attaché militaire et, à l’Algérie, la restitution des corps des moines. Ces propos démontrent que la raison d’État a prévalu dans ce dossier.»

De son côté, le général Buch­walter explique avoir rendu compte par écrit du mitraillage des moines au ministère de la Défense, à l’état-major des armées et à l’ambassadeur de France alors en poste à Alger, Michel Levêque. «Il n’y a pas eu de suites, ils ont observé le black-out demandé par l’ambassadeur», assure-t-il. Interrogé par les juges d’instruction, Michel Levêque n’a jamais évoqué cet épisode.

Pour étayer son récit, émanant d’une source indirecte, Buchwalter raconte dans son procès-verbal d’audition que les bases d’hélicoptères situées à Blida et à Boufarik étaient équipées d’hélicoptères MI7, MI17 et MI24 avec des paniers de roquettes et des canons de petit calibre 20 millimètres. Des munitions capables de faucher des hommes.

Christophe Dubois sur le Figaro

Rappel des faits

« Faux enlèvement »

Point par point, le haut fonctionnaire revient sur les zones d’ombre qui entourèrent l’enlèvement, puis l’exécution, des sept moines français. Le « faux enlèvement », dit-il, aurait été planifié par des cellules parallèles des services de sécurité, afin de montrer le danger que représentait la déferlante islamique. Dans l’opération, les ravisseurs islamistes n’étaient que des hommes de main.

Plus inédit, le haut fonctionnaire raconte la dynamique de ce qui serait une bavure de l’armée. L’enlèvement aurait dû se terminer par la libération des religieux, mais un soir de mai, un hélicoptère de l’armée repère un campement. Le chef d’escadrille tire sur le bivouac. « Les corps des moines étaient criblés de balles. C’est pour cela qu’au moment des funérailles, il n’y avait que les têtes qui furent déposées dans les cercueils. » Le détail macabre redoubla alors le sentiment d’horreur suscité par les groupes islamistes. Selon cette source, les moines auraient été décapités après leur mort pour camoufler la vérité.

Ce détail horrifiant ne fut d’ailleurs révélé par les autorités algériennes que sous l’insistance du père Armand Veilleux, procureur des Cisterciens, à son arrivée en Algérie. Le père Veilleux s’en souvient parfaitement. « Je leur ai dit que, si besoin était, j’aurais ouvert moi-même les cercueils avec un tournevis, raconte-t-il à Ouest-France. On nous avait menti », ajoute-t-il. Plus troublant encore, c’est un médecin légiste français qui pratiqua l’autopsie. « C’est un élément nouveau qu’apporte cet article très sérieux », affirme le père Veilleux. « J’espère qu’il va permettre de relancer l’enquête ». Et la mort, deux mois après, de Mgr Claverie, l’évêque d’Oran ? « Un prolongement de l’affaire », affirme le haut fonctionnaire. « Il en savait trop », assène Armand Veilleux, « la plupart des témoins ont été tués ».

Ce qui expliquerait l’anonymat demandé par le haut fonctionnaire. Quel poids accorder à son témoignage ? « C’est une personne très solide, pas quelqu’un de l’ombre », précise Valerio Pellizzari. Le Vatican, prudent, exprimait dimanche sa « stupeur ». Le cardinal Martino, patron de Justice et Paix, était, hier, moins prudent en affirmant que cette hypothèse « ne saurait être liquidée comme fantaisiste car ce ne serait pas la première fois que, sur le meurtre de religieux, les vérités d’État seraient démenties ».

Laurent MARCHAND. Ouest France

Réagir à cet article
Discuter en direct dans les forums

Les commentaires reçus :

  • Les moines de Tibéhirine victimes d’une bavure : Qui massacre la Kabylie ?

    12 juillet 2008, par Aghoro

    Azul,

    La presse commence timidement à réagir, après l’OK de Bouteflika pour l’UPM qui n’a pas l’air d’être l’élu du podium, il est cité à l’arrière plan.

    La question reste : qui manipule qui ? …bien qu’on sache depuis pas mal de temps que les militaires algériens étaient et sont prêts à tout pour dissimuler leurs massacres de civils, la plupart du temps intentionnels. Ceci n’exonère en rien les criminels du GIA, aujourd’hui GSPC ou « Al Qaïda au Maghreb ».

    Qui sont les massacreurs de la Kabylie aujourd’hui ?

    Répondre à ce message

  • Les moines de Tibéhirine victimes d’une bavure : Silence on tue !

    Azul,

    Cet article devrait normalement faire scandale. Mais visiblement aucun média que ce soit du côté algérien, quoique reste malgré tout compréhensible, puisque c’est une presse aux ordres. Ce qui l’est moins, par contre, est celle de la presse française qui, elle aussi, semble obéir à des injonctions venues « d’en haut ». On ne peut pas trouver d’autre explication à un tel silence.

    Que celui de ne pas heurter la sensibilité du l’ombrageux et très imprévisible président algérien, qui pouvait faire capoter sa participation à l’UPM à Paris, à laquelle Paris tient à tout prix et ceci contre aucune condition si ce n’est de reconnaître et de soutenir son 3ème mandat à la présidence algérienne.

    Mais pour ce que nous disons à propos des crimes commis par l’armée algérienne ne m’étonne pas. Cette armée est la digne descendante des « valeureux combattants » du FLN qui pratiquaient ce genre de méthodes à l’identique.

    Cette guerre appelée la guerre d’Algérie était déjà une guerre civile et elle ne fait que continuer sous des aspects à peine différents, dont la France garde le protectorat.

  • Relation de cause à effet entre le massacre et l’assassinat de l’évêque. Mgr Claverie

  • 44cfb996-6a6a-11de-b785-3144b71e3ea1Mgr Claverie a été tué le 1er  août 1996 par l’explosion d’une bombe contre le siège de l’évêché d’Oran. Crédits photo : Eyedea Presse

François Buchwalter s’interroge aussi sur une relation de cause à effet entre le massacre et l’assassinat de l’évêque. Mgr Claverie «pensait à l’implication du pouvoir algérien» dans la fin tragique des pères trappistes. «Je crois qu’il l’avait même écrit», précise-t-il.

Il ajoute : «Je pense qu’il y a un lien entre l’insistance d’Hervé de Charette à aller à Tibéhirine et cet assassinat. J’ai été témoin de la fureur du ministre algérien des Affaires étrangères quand Hervé de Charette a modifié le planning prévu pour aller à Tibéhirine. Les Algériens ont bataillé pendant des heures pour s’opposer à ce déplacement.»

En clair, le déplacement en Algérie du ministre français des Affaires étrangères de l’époque prévu pour tenter de rétablir la confiance entre Paris et Alger après le massacre des moines aurait mal tourné. En allant au dernier moment à Tibéhirine, Hervé de Charette montrait aux yeux d’Alger qu’«il ne passait pas l’éponge».

François Buchwalter, qui s’est entretenu avec l’évêque trois heures avant son assassinat, conclut : «Les autorités n’appréciaient pas sa liberté de ton, tant à l’égard des islamistes que du pouvoir algérien… Vous savez comment, il est mort : il a changé son billet au dernier moment. Très peu de gens étaient au courant.»

Venu saluer Hervé de Charette à Alger, Mgr Claverie était en effet rentré de manière inopinée à Oran ; un déplacement effectué dans un pays en guerre civile où les voyages des personnalités étaient surveillés. La technicité des auteurs de l’attentat qui avaient employé une bombe télécommandée avait également surpris.

Intervenant treize ans après les faits alors que l’instruction piétinait, la relance du dossier par le parquet antiterroriste de Paris n’a pas été commentée à Alger. Pour l’instant du moins. Elle pourrait s’expliquer par une volonté d’apurer les contentieux entre les deux pays. Au cours des dernières semaines, des affaires judiciaires délicates ont été traitées. Cheb Mami, star du raï et proche du président Bouteflika, a été condamné par le tribunal de Bobigny à cinq ans de prison ferme pour violences contre son ex-compagne après sa mise à disposition de la justice française. Une fillette franco-algérienne retenue en Algérie a été rendue à son père français, Jacques Scharbook.

De son côté, Nicolas Sarkozy a souhaité lundi que la justice «aille jusqu’au bout de son travail».

source : le Figaro

A suivre L’armée algérienne aurait tué les moine de TIBEHIRINE

retour à la page d’accueil   fleche_064     

Une Réponse à “TIBEHIRINE”

  1. ORSERO dit :

    Plus rien ne m’étonne! Je suis persuadé que la France est au courant depuis longtemps et qu’elle a tenu le secret pour des problèmes de bonne entente avec l’Algérie!

    Une affaire de plus , un scandale de plus franco-algérien!

Laisser un commentaire

 

michelhenrialexandre |
POUR MES POTES |
prostitution etudiante |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ecoblog le blog éco
| Néolibéralisme & Vacuit...
| Maatjes en bier