Les salaouètches font manqua

Posté par lesamisdegg le 8 juillet 2019

Long garçon au sourcil dur, au teint basané, de ceux qui à douze ans sont encore loin du certificat d’études mais qui savent en imposer à une cour, une classe, voire à Costantini l’instituteur…

— Moi M’sieu ? Aïe, Aïe, Aïe… . A-moi vous m’le dites. Et alors ? Apolitain je suis…

Et il se frappe la poitrine et ses deux mains, doigts écartés, s’agitent sur leurs axes, s’adressent de leurs paumes étalées, au ciel, à la Madone, tous les témoins de cette hérésie.

Il s’amuse, Costantini. Il plaisante comme on ne doit pas plaisanter avec le grand Borsogliano. Qu’il y prenne garde, ou des rancunes vont naître sourdes, latentes, qui vont dresser contre lui ce fils de pêcheurs et après…

Après, les dessins lubriques crayonnés sur les préaux, les boulettes au plafond, les bagarres, les escapades : Borso, toujours Borso.

— C’est juste ou non ?

— Ça va, ça va…

Et Borso qui triomphe. Et son triomphe c’est ce geste large qu’il fabrique, derrière le dos de l’instituteur, d’un coup de paume sur son avant-bras…

 

bradonneir

bradonneir

 

— A qui i’se croit d’le mettre ? Puis dans un grand sursaut d’énergie :

— Qui va s’la prendre ! On fait manqua…

Le voilà le grand mot lâché, c’était prévu, le voilà… Les rancunes sont là, je vous le dis, toutes en réserve sous ce front bosselé, prêtes à surgir, à s’étaler. Un coup de tête dans le ventre ? Ça ne se fait pas, mais il y a contre les instituteurs d’autres vengeances à l’usage des fils de pêcheurs qu’on a enfermé entre quatre murs et qui en ont assez. On fait manqua, on fout le camp, on disparait. Plus de Borso. Où est-il? Il trouvera bien une excuse, il fabriquera un billet, il sera malade. Mais plus de Borso pendant une journée. Quelle vengeance !

Manquaora! On va faire des lionces

Le voilà le grand mot, le voilà. Résister ?

— Et si le Maître le sait ?

— Le Mait’ Aïe, Aïe, Aïe. Quoi i’sait le Mait’ ? Que falso que tu fais. N’en casses pas d’une et si tia peur, n’as pas peur.

Résister ?… Où sont les autres ?

— Ho Sintès ! Vinaqua !

Il en sera, lui, Sintès, il en est toujours, c’est un manquaoreur de première…

— Ho Sintès ! Vingua Mi !

Et peu importe le patois dont on se sert, il viendra toujours. Sintès c’est un Algérien comme les autres. Qu’on lui dise « Arroua Mena » et il viendra. Contemplez-le, Sintès… Il est de tous les jeux, de toutes les batailles, — et il ne tranche pas, ce fils d’épicier maltais, parmi tous ces fils de Napolitains, de cheminots italiens, de tonneliers mahonnais. Et la course aux noyaux, Dieu sait s’il en est, lui. Les noyaux, c’est de l’or. Les noyaux, on en emplit des chaussettes et on en bourre des cartables et on se bat pour des noyaux.

— Ho tricheur !…

— A qui t’ia dis tricheur ? On se bal, ça en vaut la peine.

— T’i en veux? Sors dehors !

— Ho Sintès !

Il court, furtif, d’un groupe à l’autre, l’œil malin, des mines de banquier juif.

— Ho Joseph ! La rascasse de tes morts…

Le voilà, il vient. Il a raflé vingt noyaux à plus malin que lui.

 

pignols

pignols

 

— Quoi y a, ho Borso ?

On fait manqua !

— Manqua? Va, va t’la prendre, va…

— O dé, grand fartasse !

— Qui c’est grand fartasse? Aïe, Aïe, Aïe ! Bon, je viens.

Je vous le disais. Sintès s’en fout de votre école, il est là pour gagner des noyaux. Il s’en fout…

— Allez ! Marche la route, aucun il a rien vu.

Un moment encore on entend la grande rumeur de l’école.

— Canette ? Vingua !

— Fava ? Vingua !…

Puis la rumeur s’en va, trop faible vraiment, pour lutter avec le grand silence confus de la campagne.

****

Un ciel bas, terne, des nuages en frange sale au bas de l’horizon. Il v a tout au haut du Chemin de Fontaine-Bleue un terrain vague qu’on connaît bien de réputation dans notre école, un terrain embroussaillé, plein de taillis, plein de guimauves hautes comme nous et plein d’arbres et de buissons et plein de chardons qui sont bons à croquer. Le Maquis de Borso. On l’appelle ainsi. Et le jeune Napolitain s’y est taillé à coups de tête dans les dents, à coups de, genoux dans les ventres, une solide réputation…

— Borso ? I’ en a pas deux comme lui pour la donade…

— Obligé ! dit-il. Et il a l’air, en disant ça de s’excuser.

— Obligé !

On s’accroche à un sentier, on escalade la colline. De la sueur perle, coule entre les sourcils, griffe les yeux, atteint la lèvre où on l’essuie d’une main rageuse.

— J’ai une gazouze terrib’, souffle Sintès.

— Payes à boire !

Et vraiment, il a eu raison, Borso, de répondre ça. On n’est pas ici pour se plaindre. La manqua, depuis quand est-ce une partie de plaisir ? Il faut suer, se cacher, se battre, escalader des clôtures.

— Ahusse moi, après j’t'ahusse.

Il faut s’égratigner aux épines des taillis, se cogner aux branches basses, trébucher sur les éboulis… Mais aussi quelle impression de fraîcheur — comme un souffle de liberté — vous frappe au visage quand vous pénétrez dans les taillis. Quelle frénésie alors de courir, de grimper aux arbres, de crier, de vivre. Et quand on a découvert des lionces, qu’on s’en est bourré à crever, quelle splendide bataille on se fait, à coup de noyaux ! Ça siffle, ça blesse. Vive la manqua ! Quelle splendide bataille… — Attrape cui-Ià dans les dents ! Et quand on n’a plus de noyaux on prend des pierres, et c’est encore plus beau, et ça siffle mieux, et ça fait des bosses, ça casse des dents, viva, viva la manqua !…

El nos rires d’éclabousser la sérénité de la campagne et nos injures de claquer :

— Aïdess !

La rascasse de ta race !

Les morts de tes morts !

Le bras fait mal, la sueur, la terrible sueur pique. Borso quille son tablier, étale son torse où une petite croix bleue, sur le sein gauche, se dessine.

— Aïdess !

Et c’est la vraie guerre avec des appels homériques et des mouvements tournants.

 

Et vous le voyez Sintès, avec sa figure de fouine essayer de nous prendre à revers. Il rampe sur Borso, voyez-le, il rampe, il se dresse, il court. Un type comme Borso, ne pas voir ça ! Regardez bien. Sintès court, court…, et on le retrouve dans la boue, étalé.

— Ho Borso, la mort de tes os, lu fais pas des gambettes. Ho !

El Borso rit, rit largement.

— Le sousto i’me vient, crie-t-il.

Borso rit comme peut rire un fils de pêcheur à la poitrine large, velue et tatouée d’une petite croix bleue à la hauteur du sein gauche.

— Le sang i’ se mange, le Sintès…

Il n’en peut plus de rire, de rire et de se frapper les cuisses.

El puis assez d’amusements. On n’est pas encore arrivés au but. Assez de batailles. En route. On se met à courir.

Voilà la clairière enfoncée entre deux mamelons broussailleux où poussent à foison les hautes guimauves et les ronces. Le « ravin », C’est-à-dire le maquis de Borso. Le ravin, c’est quelque chose. Un tressaillement de bonheur angoissé vous prend au cœur.

Oualla ! dit Borso, gravement.

On y est, soit. Mais quelque chose est-il moins sûr que notre tranquillité? Sintès ne vient-il pas de vous prendre le bras, inquiet…

— Mira ! Souffle-t-il.

Et il désigne une mauresque fardée, obscène, de celles qui, quelquefois, ici, viennent passer leurs marchés avec les maquereaux du quartier. On la dérange, c’est sûr, on interrompt ses pourparlers. Et la voilà qui nous crie :

— Qu’est-ce que vous foutez ici les gosses ?…

Sintès ricane :

— Ho Fathma ! Si ton- père i’ te voirait…

Inn al dinn Babak ! Bande de salaouètches…

 

salaouètches

salaouètches

 

— Et ta sœur !

Borso est grave. Il attend. Il est chez lui ici, et qui l’en ferait sortir ?

Ce gitan, peut-être, ce grand diable de gitan qui vient de surgir derrière nous, avec des mains énormes, des yeux cagneux…

— Qu’est-ce qu’il dit le morpion ?

— Quoi je dis ? (Sintès crâne). Quoi je dis ?… La nature elle est à tout le monde…

Marche la route !

Atso ! Y alors ?

— T’as compris ?

— Aïdess ! A qui vous vous croyez de causer…

Une gifle le cingle. Et le voici qui se rapproche, le grand Borsogliano, son air des mauvais jours au coin de la lèvre et qui défie le voyou :

— T’i en veux ?

L’autre peut ricaner et prendre la fille à témoin :

— Regar’-moi le minot !…

Borso recule, se contracte. Il peut ricaner. Un coup de tête dans le ventre, voilà qui vous met rapidement un géant hors de combat, un coup de tête dans le ventre, un coup de pied ans les tibias…

— T’i en veux ?

Et là, sur la gauche, un autre gitan qui surgit, fuyant… On recule derrière un barrage de figuiers.

— Bande de fouraïnas ! Rugit le nouveau venu.

— Ramasse les blocs, commande Borso, et donn’ zy sa mère !

Et les pierres de siffler à nouveau, les injures de claquer.

— T’i as di fouraïna ? Lance Borso, et sa pierre louche un crâne, une jambe.

Pas de repos décidément. Sintès peut avoir soif. Il n’est pas question de ça.

— On les aura, dit Borso, tape cinq. Et du sang peut bien se mêler à notre sueur…

— Mata la Police !…

Les adversaires décampent, furtifs. Sintès est déjà loin.

— Camés, Ho Borso ! Il bondit.

La Poulice ! On se pique la fissa !

Quelle peur atroce vous prend aux jambes, vous lance à corps perdu dans les broussailles, vous livre aux pentes. La fatigue vous serre la gorge, elle vous pince les bronches… Courir, courir. La police c’est quelqu’un, la police. Et le vieux pêcheur napolitain et l’épicier maltais, et l’instituteur corse, c’est quelqu’un tous ces gens-là… Courir coudes serrés, sans souci des autres, dévaler, par le Chemin Fontaine-Bleue, la rue Collo, l’avenue Bois-la-Reine, le ‘ Chemin des Mandariniers courir jusqu’à la rue de Lyon, la rue large, encombrée, le port. Se séparer furtivement…

Chacun i’ se les met de son côté!

Courir comme si des hordes de gitans étaient sur vos talons avec leurs mains énormes, leurs yeux louches…

Ah ! Le souvenir de ces courses éperdues qui vous prend encore à la gorge comme une asphyxie…

****

Borso ? Le lendemain, il n’est pas à son banc. Et Sintès, furtif, de raconter qu’on l’a amené à son père. Qui, on ? Le garde champêtre, bien sûr.

Borso ne remettra plus les pieds à l’école.

Au môle, près du nouveau phare, douze ans après, j’ai rencontré le grand Borso. Un individu aux épaules énormes engoncées dans un tricot de marin, une casquette sur l’œil. Il se plante devant moi.

— Ça va ?

Il n’a pas changé. Cet œil têtu, triple pli au front, cette lèvre tombante. Mais ses rides se sont fait un lit plus profond dans cette peau brune. Il me tend une large main, comme celle de l’autre, du gitan.

— Ça va ?

— Ça va.

Alors ?

Et oualla…

Et puis il ne dit rien. Ses yeux se durcissent. Un souvenir douloureux doit tordre un peu plus celte lèvre tordue. Le souvenir de l’école, peut-être, et peut-être seulement celui de celte vexation que lui a imposé quand il avait douze ans, le garde-champêtre, devant les autres et devant son père, dans son maquis. Il balance ses gros poings.

La mort de ses morts, souffle-t-il, les dents serrées.

 

EDDEP.

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Juin Juillet 1962 réfugiés sur le porte-avions LAFAYETTE

Posté par lesamisdegg le 30 juin 2019

 

Nos entraînements à la mer sont terminés. Les premiers groupes de permissionnaires d’été commencent à partir.

Nous recevons l’ordre de nous préparer à effectuer d’urgence les missions de rapatriement de réfugiés d’Oranie.

Le commandant réunit ses officiers pour un briefing très complet concernant toutes les mesures à prendre pour accueillir à bord environ 2.000 réfugiés, hommes, femmes, enfants, vieillards, sur le trajet Oran-Toulon. Nous aurons jusqu’à plus de 2.500 personnes à bord. Mesures à prendre, allant de l’accueil, le contrôle, la sécurité, la restauration, la fabrication de WC (pour 2.500 personnes, ce n’est pas un détail, mais un vrai problème). S’y ajoutent l’hygiène, la surveillance en mer, le service de santé et le chargement de tonnes de bagages. Le tout dans les délais les plus courts possibles, selon le souhait du commandant, et sans doute au-delà. Nos avantages sont certains. Un PA de 15.000 t, vidé de ses appareils, dispose de beaucoup de place. Nous avons une machine de 100.000 ch sur quatre hélices, nous permettant 30 heures de route à 30 nœuds, et un rayon d’action de 9.000 milles à 15 nœuds. Le pont d’envol, nu et équipé rapidement des palettes verticales anti-vent, peut recevoir en pontée des centaines de m³ de bagages. Enfin, les « rideaux » métalliques des hangars peuvent s’ouvrir à la demande, assurant une ventilation agréable. Enfin, nous gardons l’hélicoptère Pedro en cas de besoin.

Nous effectuerons ainsi huit rotations en juin et juillet. Je parlerai ici de la première, la plus symbolique peut-être, la plus difficile aussi car nous allions vers l’inconnu et, autant tout l’équipage déborde de bonne volonté, autant nous sommes plutôt inquiets.Toutes les actions envisagées au briefing étant réalisées, espérant avoir pensé à tout, ou presque, nous appareillons de Toulon et, en virant la grande jetée, nous laissons les centaines de touristes se dorer au soleil, le long de la côte. Au cap, un temps splendide (pourvu que ça dure !), à bonne vitesse, cela ressemble à une croisière, étonnant sur un PA. Le pacha nous a dit que tout le monde qui le peut se repose, ce sera utile pour demain quand, en effet, nous apercevons les quais de Mers el-Kébir, noirs de monde, de véhicules, de tas de colis supportant des personnes qui sont là, qui attendent, certaines depuis des jours. Il fait chaud, bien sûr.

 

PA LAFAYETTE Oran MEK 1962

PA LAFAYETTE Oran MEK 1962

 

 

 

 

 

Oran MEK 1962 06 réfugiés dans le fort

Oran MEK 1962 06 réfugiés dans le fort

 

 

 

 

 

 

 

 

Coupées à terre, officiers et officiers mariniers du PEH et STA ont constitué des équipes d’accueil. En haut des coupées et sur le pont, les autres équipes répartissent personnes et bagages au mieux. Et cela commence, un flot ininterrompu, sans ruée malgré tout. Premier ennui. Le commandant en second a ordonné « aucun animal à bord, vous interdirez l’accès à quoi que ce soit ». Nous constatons très vite que cet ordre, compréhensible, est inexécutable. Comment enlever à une petite fille la cage de son oiseau, à une personne déjà en larmes, son petit chien ? Les officiers se réunissent rapidement et, tous étant d’accord, le chef PEH va rendre compte au second que nous refusons cet ordre et que nous sommes prêts à effectuer d’autres tâches, mais pas celle-là. Pas content, il l’admet néanmoins. L’embarquement reprend. Heureusement que la taille des animaux reste raisonnable.

Pendant ce temps, la grue du bord charge les voitures (50 à 60 à chaque rotation) et les montagnes de valises, couffins, sacs, plus ou moins bien fermés, plus ou moins fragiles. Des gens très âgés, dirigés vers l’infirmerie, des musulmans, des enfants, certains sans leurs parents, des bébés. La chaleur augmente, il est en gros 13 heures.

Peu à peu les hangars se remplissent. Des chemins de circulation ont été réservés par sécurité et les tracés sont à peu près respectés. Nous avons prévu, en permanence et surtout pour la nuit, une équipe de sécurité-manœuvre PEH, avec son officier, initiative qui s’est révélée heureuse, on verra plus loin.

Nous sommes à bloc de passagers. Il reste beaucoup de charges à embarquer et à répartir. Je me retrouve conducteur d’élévateur sur le pont. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, car nous sommes à effectif réduit.

Les personnes se calment dans les hangars. Nous nous préparons à appareiller. Encore un spectacle déchirant. Par les rideaux levés et la plage arrière, beaucoup se pressent pour un dernier regard vers la côte, Oran, au loin le Murdjadjo. Des gens pleurent, puis la côte disparaît.

 

Oran MEK 1962 06  PA LAFAYETTE

Oran MEK 1962 06
PA LAFAYETTE

 

Fatigués, après une courte collation, tout le monde s’assoupit plus ou moins, les hangars sont bondés. La nuit est tombée, les rideaux du hangar sont baissés, nous fonçons vers Toulon. Il fait beau, Dieu merci. Nous sommes en éclairage rouge de nuit.

Soudain, vers 1 h du matin, un problème qui montre combien l’équipe hangar était indispensable. Un turbo-alternateur décroche. Immédiatement, un diesel de secours démarre en automatique. Près de la paroi du hangar, ce démarrage est bruyant. Immédiatement, les gens se réveillent en peur, se mettent debout, quelqu’un crie « nous coulons ». L’équipe de hangar allume aussitôt l’éclairage blanc et, dans la diffusion disposée à cet effet, un haut-parleur à pleine puissance appelle au calme et rassure.

Le calme revient, ouf, nous avons eu très chaud. Le jour est levé, la matinée se déroule calmement. Toulon approche. Une jeune femme devait avoir un bébé, mais il ne naîtra pas à bord et, à quelques heures près, nous n’aurons pas de petit La Fayette.

Marine Toulon a bien prévu la logistique nécessaire. Tout le monde s’active au déchargement des bagages et voitures. Il faut que le bâtiment soit libéré très vite car il faut ravitailler très vite, en eau, mazout, vivres, etc., et nettoyer partout. Je vais faire grâce des détails, mais le seul moyen sera la mise en action des lances à incendie dans les hangars, sans parler du reste. Personne ne se plaint, bien sûr. Nous qui étions dehors à terre et sur les ponts, nous sommes marqués par ce que nous avons vu et entendu.

Sitôt le bâtiment disponible, nous rappareillons. Le commandant revient de la préfecture maritime. C’est confirmé, nous ferons huit rotations de ce genre. Certaines plus difficiles, à cause de la mer, dans ces conditions particulières. Fin juillet, nous aurons rapatrié plus de 10.000 personnes, âgées très précisément de trois jours à 99 ans, des montagnes de bagages, de très nombreux véhicules.

Nous avons essayé de faire ce travail pénible avec le plus de gentillesse et de patience possibles. Les remerciements que nous avons reçus de ces personnes, si émouvants, furent notre meilleure récompense. Ce fut une grande mission, dure pour le moral, l’équipage du La Fayette y mit beaucoup du sien. Qui s’en souvient ? Qui s’y est intéressé ? Et le temps a passé. Mais nous étions restés fidèles à la devise du général La Fayette : « Cur non » (Pourquoi pas !).

 

Pierre Mériot

 

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Agoua limone, agua limon, granizado de limon : recette

Posté par lesamisdegg le 25 juin 2019

Pour tout ceusses qui z’ont plus l’aouéla Emilia, ni la manman Agathe, en voyage au ciel,

pour tout ceusses qui sont pas sur le cote d’azur ni en Alicante,

mén’nant qui fait bien chaud « comme là-bas »

je partage ac’ vouz’ot une recette d’aoua limone, soa soa.

 

Faisez fondre 150g de suc’ en poudre dans 1 litre et quart d’eau bouillie –zavez besoin d’la recette ?-.

Râpez le zest, just’ le jone, de 3 beaux citrons, bio com’ y disent men’nant – dans 1 quart de l’eau bouillant’ pour 15 minutes d’infusion.

Pressez les 3 « limones ».

Mélangez l’eau sucrée, l’infusion ac’ les zest, le jus des citrons, bien bien, et filtrez.

Passez la citronnade 15 minutes à la « glacière » le mélange refroidi, puis 30 minutes au congélo, la glace commence à prendre.

Alors là faut vérifier la prise du « granité », bien se le remuer à la forchette, toutes les demi-heures jusqu’à la consistance d’une soupe de neige.

Et alors ? Et oilà ! Servez dedans des verres bien gelés au « frizeur », et régalez-vous doucement pour pas vous congeler la gorge jusqu’aux cacaouètes.

 

aoua limone

aoua limone

 

Pour ceusses qui zont pas la main, oilà la marque du congelé que vous achetez à la supérette du « moutchou » espagnol –ou chinois- !

 

granizado de limon  super-congelado

granizado de limon super-congelado

 

Aussinon je vous affiche le borrico de l’aoua limone pour lui acheter, quand y passe en bas. 

agua limon ALFONSI  Oran

agua limon ALFONSI Oran

 

 

Aussinon je vous donne la recette pour que vot’ bonne espagnole elle vous le fasse, bande de gandouls !

Pépico de Saintugène d’Oran

 

granizado de limón

Ingredientes para 1,5 litro de granizado :3 limones, 150 g de azúcar y 1500 ml de agua.

Elaboración del granizado de limón :Rallamos los limones, pero solo lo amarillo porque lo blando amarga. Después los exprimimos y mezclamos el zumo y la ralladura con el azúcar.

Ponemos a hervir la mezcla durante unos 7 minutos a fuego medio-fuerte hasta que se haya reducido casi a la mitad. Y la mezclamos con el agua fría en un tupper.

Ponemos en el congelador y a la hora lo sacamos y removemos bien. Volvemos a congelar y a la hora repetimos removiendo bien, de nuevo a la hora volvemos a hacer lo mismo y ya tendremos el granizado preparado.

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MANTECADO, MANTECAO, MONTECAO : Les recettes de ma Tatarabouéla et de mon Aouéla

Posté par lesamisdegg le 18 juin 2019

Un jeudi sans école au siècle dernier, avant Noel,  j’ai écouté le cours de cuisine de mon Aouéla à sa fille (ma mère).Je vous le rapporte ci-dessous.

MANTECADO – man’técado -à l’espagnole

Avant-guerre, la première ma fi, ton Aouéla, ma mère Agueda, elle faisait comme çà.

Dans une terrine elle se mélangeait un quart de kilo de bon saindoux – mantéca en espagnol – et autant de sucre en poudre. Et vinga de mélanger avec une cuillère ; elle ajoutait aussi une pincée de cannelle en poudre, 6 jaunes d’œuf, 2 cuillerées de grains de sésame torréfié et pulvérisé. Dans ce mélange elle versait petit à petit un quart de kilo de farine, pour obtenir une pâte consistante.

mantécados à cuire

mantécados à cuire

 

 

mantécados cuits

mantécados cuits

 

 

 

 

 

 

 

Avec cette pate elle tirait, en les roulant dans la paume de la main, des péloticass, de petites boules,  qu’elle alignait sur une plaque en fer. Elles cuisaient à four doux, sans prendre de couleur.

Refroidies et soigneusement rangés dans une grande boite en fer, elles étaient de sortie pour Noel. De toujours on en a partagé avec la famille, les amis, les voisins.

MANTECADO

MANTECADO

 MANTECAO - man’técao-

Typiques de la pâtisserie andalouse, ces gâteaux se mangent généralement pour les fêtes de fin d’année.

250g de sucre glace, 30cl d’huile d’olive ou d’arachide, 250g d’amandes en poudre – 250 g de farine, 1/2 sachet de levure chimique, 1 sachet de sucre vanillé, cannelle en poudre

Dans un saladier, mélanger l’huile, le sucre glace, les amandes en poudre et le sucre vanille puis ajouter la farine et la levure pour obtenir une pâte homogène, très souple. Former de petites boules à déposer sur une feuille de papier sulfurisé sur une plaque du four

Cuire 20 min  à 160°. Ils vont gonfler et se craqueler,  les mantécaos sont cuits dès qu’ils se craquellent ;  ils doivent être blancs en surface et à peine dorés en bas. . A la sortie du four, les saupoudrer de cannelle.

Ils se mangent froids et se conservent bien dans une boite en fer

mantécao

mantécao

 

pat mantecaos

 

 

 

 

 

 

 

 

Montécao d’Alger

Les boulangers espagnols Vendent de petits gâteaux dorés fort appétissants. On les appelle des «Montécaos».

Dans un saladier, mettre une demi-livre de graisse et une demi-livre de sucre en poudre; bien tourner jusqu’à ce qu’on on-tienne une- sorte de crème. Y verser ‘doucement et en tournant toujours une livre de farine. Votre pâte étant prête, en prendre gros comme une noix, en former des petits gâteaux ronds que l’on saupoudre d’un peu de cannelle pilée et que l’on dispose sur une plaque de fer. Faire cuire au four.

Annales africaines (Alger) 1919-09-20

MONTECAO Oran 1955 12

MONTECAO Oran 1955 12

 

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ALGER, rampe Valée, huit heures du matin. Louis LATAILLADE

Posté par lesamisdegg le 9 juin 2019

 

Une aube hésitante de février –1934- s’est levée sur la ville. Là-bas, au-delà de l’Amirauté, c’est un ciel allègre, un horizon marin dépouillé. Mais de lourdes nuées traînent sur la haute ville, mal contenues par le dôme de la Médersa et les bâtisses neuves dont la Casbah est bordée. On les devine gorgées d’eau comme une éponge. Leur suie contraste avec la blancheur des murailles, donnant à tout ce plâtre un éclat livide.  Et les yeux, d’instinct, laissent ce décor blafard pour chercher sur la mer des couleurs familières. C’est l’heure où le pas des ouvriers sonne plus clair sur le trottoir. Place du Lycée, les yaouleds crient l’Echo, la Dépêche et la Presse, la chéchia enfoncée jusqu’aux yeux et les pieds nus raidis de froid. Un tram grince,  et l’autobus bleu tendre s’élance vers le Frais-Vallon.

Sept heures. L’armée des balayeurs part à la conquête d’Alger. Voici les poubelles montées sur roues, chères au gouverneur Lutaud, piquées chacune d’un balai, superbe comme un étendard. Ce noir, qui pousse la sienne avec tant de dignité, on l’imagine, masque camus, torse musculeux, prosterné aux pieds d’un empereur romain ou debout dans l’arène des gladiateurs. A son bras, la plaque de cuivre du service vicinal devient un trophée.

Sept heures et demie. Mon ami Joseph boit sa première anisette.

Je prends alors la rue Sidi-Abderrahmane-el-Salhi, que plus communément on nomme escalier Marengo. A gauche, les murs du lycée; à droite, la grille du jardin. « Il est défendu, sous peine d’amende, de jouer au ballon dans cet escalier », annonce par deux fois un écriteau municipal. C’est pourquoi, sans doute, en attendant l’heure de la classe, ces gamins s’acharnent après une maigre pelote. Tout en haut des marches, un bec de gaz en forme de croix se découpe sur le ciel gris. Deux ouvriers, les mains aux poches, la casquette narquoise, grimpent à grandes enjambées. Trois filles en cheveux, qui descendent bras dessus, bras dessous, les frôlent au passage. Ils se retournent, elles rient, mais un coup de vent disperse leur rire et franchit la grille pour agiter toutes .les palmes du jardin. Les larges feuilles des bananiers ont ployé sous les averses nocturnes. Des débris de pots cassés s’enfoncent dans l’humus et, de toute cette végétation matinale, se dégage une odeur humide, une vapeur mouillée. On aurait presque le cœur serré si, là, parmi la verdure, n’éclataient point les taches dorées des oranges, des oranges rondes, menues, naïves, comme dans une miniature de Racim. Il semble qu’il suffirait de tendre la main pour les cueillir. Ne doit-il pas les regarder, comme les fruits d’un paradis si proche à la fois et si lointain, l’éternel meskine qui psalmodie sa complainte à la porte de la mosquée ? En face de lui, un taleb enturbanné, assis à la turque sur une mince natte, des lunettes d’acier sur un nez bourgeonnant, lit son Coran en dodelinant de la tête. A portée de la main, le simple attirail des écrivains publies : deux encriers, du papier et des plumes. Une lettre finie, il plonge dans sa lecture sacrée.

Rampe Valée, ce sont toujours des gosses qui trottent vers l’école, cartable sous le bras. Mais leurs cris agitent peu le carrefour, encore mal éveillé sous le ciel menaçant. Un Arabe traverse, tangue nonchalamment sur ses jambes maigres, et mord dans un large beignet, tout dégoulinant d’huile grasse et de miel. Le parfum du pissoir inondé encense les affiches du Bijou-Cinéma. Le long de la mosquée, des formes immuables, accroupies en tas, et qu’on retrouvera, des heures après, dans la même posture, au même endroit. Déjà, deux petites mendiantes haillonneuses se collent au passant, comme de mauvaises mouches, répétant avec obstination : « Don’ moi un sou… Don’ moi un sou… Don’ moi un sou !… » A la porte de la mosquée, un vieux regarde l’effigie du paquebot Madonna, qui vient de partir vers la Mecque, et reste là, figé dans son burnous et dans sa méditation. Le  dôme de la Médersa est rond comme une mamelle. Ici s’ouvrent les escaliers de la Casbah. Mais pourquoi ces marches achoppées, ravinées, visqueuses, où la pluie a creusé des trous pareils à des chancres, pourquoi les a.-t-on baptisées « Boulevard de Verdun » ? Ce n’est pas là le moindre mystère de la Casbah d’Alger. Des Sénégalais descendent prudemment, se gardant de déraper sur leurs grosses semelles douteuses. Une vieille monte, ses pieds lourds d’œdème à l’étroit dans les souliers tordus, se hisse ‘péniblement, ahane, rajuste son voile. Comme elle, je m’arrêterai à chaque plate-forme, et ce sera pour regarder Bab-el-Oued et la mer. Voici le Lycée à vol d’oiseau, avec ses terrasses pavées de rouge, l’avancée du quartier Nelson, et l’enseigne du Majestic, soleil candide hérissé de rayons, comme ceux que les enfants tracent sur leurs cahiers. Là-bas, des vagues se gonflent, courent vers les rochers de Saint-Eugène, brisent leur écume. L’horizon s’est gâté et des brumes blanchâtres gagnent Notre-Dame d’Afrique et les coteaux de la Bouzaréa.

 

ALGER 1934

ALGER 1934

 

Ici, les immeubles de la Croix-Rouge attendent l’heure des consultations habituelles. Des femmes sont là, par groupes, debout, assises sur les marchés, ou quelque pâle enfant accroché à leur dos. Quelles misères, sous ces haïks bien ajustés? Une fillette contemple ses pieds soigneusement teints de henné, mais dont le talon n’est qu’une plaie. Tout à l’heure, elle repartira, faisant claquer dans l’escalier ses socques de bois, avec un pansement bien propre. Et quelle rue, quelle tanière absorbera son doux visage un peu grave, ses cheveux bien séparés par deux raies perpendiculaires, sa petite tresse dans le dos, raide comme une momie, et son sarouel de velours rose ?

Tout là-haut, le campement des gitanes est silencieux, abandonné. On cherche la magnifique pouillerie en plein air, les jeux des gosses demi-nus, l’opulence échevelée des matrones, l’éclat des jurons espagnols. Peut-être, toute la tribu s’est-elle serrée frileusement sous cette tente, dont une étrange auto, jaune et noire, défend l’entrée. Mais devant l’école franco-arabe, c’est une bousculade de chéchias criardes autour de la plaque, de zinc du marchand de calentita.

Je laisserai la triste Prison Civile pour emprunter le chemin d’El-Kettar. Face aux terrains militaires, des badauds se sont attroupés, et je m’approche. C’est un manège en plein vent, une simple piste, où un sous-officier fait tourner un cheval au dressage. Chômeurs invétérés, vagabonds sans pain et sans gîte, que le refuge voisin a sans doute abrités cette nuit, ils sont tous là, mangeant des yeux, sans dire un mot, la belle bête, crinière volante, qui trotte, s’arrête, repart, soumise à la voix et au fouet. Je songe à l’instinct qui a immobilisé tous ces miséreux en extase devant ce cheval, devant le cheval, antique orgueil de leur race. Et soudain, une fanfare éclate; dissimulé derrière les eucalyptus, un orchestre militaire répète, arrachant à tous ses cuivres un air désolant de musique foraine, qui s’étire sous le ciel bas et m’emplit le cœur d’un sourd désespoir. Je chasse avec peine l’image d’une fête de village, en France, dans la boue. Mais des pigeons tournent dans le ciel, et le marteau du ciseleur arabe, devant le cimetière, frappe les stèles de marbre, blanc. Une passerelle franchit la brèche des fortifications, si légère qu’on l’imagine s’effondrant. Un homme passe, tenant deux chiens en laisse. Et comme j’ai suivi le mur du cimetière, Bab-el-Oued, tout d’un coup, a surgi sous mes yeux. Un fragile arc-en-ciel, né là-haut des casernes, de l’acropole du dey Hussein, perd vers la Cantera une arche impalpable. Comme je cherche à la saisir, parmi la masse des maisons, une pluie fine et froide se met à tomber, qui m’oblige à fuir. Mais je me retourne encore, et le faubourg, une dernière fois, me tend son visage, tout mêlé de larmes et de soleil.

Louis LATAILLADE.

 

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MOJHAMA pour la kémia

Posté par lesamisdegg le 26 mai 2019

Mon aouélo se régalait de mojhama comme kémia avec son anisette dominicale .

mojhama

mojhama

 

 

La mojhama –esp mojama- est une salaison de filet de thon, typique de la Région de Murcie et de la côte atlantique andalouse .

De chaque thon, on extrait entre une et deux douzaines de tranches de filet de thon. On les presse pendant un ou deux jours avec du gros sel. Les filets sont ensuite débarrassés du sel.

Le thon est laissé à reposer deux jours, enveloppé dans des sacs humides. Puis il est lavé avant d’être mis à sécher 15 ou 20 jours, selon que le vent vienne du levant ou du ponant.

La mojhama se sert en tranches fines recouvertes d’un filet d’huile d’olive.

 

l'heure de l'anisette

l’heure de l’anisette

 

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ORAN mai 1509 , re-CONQUISTA

Posté par lesamisdegg le 22 mai 2019

16 Mai. – Départ de l’armada dans la matinée de CARTAGENA.

17 Mai, vers midi. La vigie maure placée au sommet du Pic d’Aïdour (Santa Cruz) signale l’apparition, au large, de l’Armada, Vers 20 heures. Ximénés, avec les galères, entre dans le Port de Mers e!-Kébir. Les 86 autres navires rejoignent peu à peu. Aussitôt l’ancre jetée Ximénès reçoit Rodtiguez Diaz, se fait renseigner par lui sur la situation et réunit un Conseil de guerre qui, malgré l’avis contraire de Pedro Navarro, approuve le débarquement immédiat préconisé par le Cardinal.

Vendredi 18 Mai. Avant le jour toute l’infanterie est débarquée et échelonnée sur la route d’Oran, sa tête un peu au Sud de St André actuel. L’artillerie légère débarque ensuite. Puis, malgré l’avis de Pedro Navarro qui estime inutilisables la grosse artillerie et la cavalerie, Ximénés fait débarquer ces 2 armes. Vers 15 heures, après avoir passé les troupes en revue, il donne l’ordre d’attaquer de suite contrairement à la volonté de Pedro Navarro de n’attaquer que le lendemain.

Enfonçant, avec son artillerie légère et une colonne d’assaut, la gauche ennemie, Pedro Navarro gagne le Pic d’Aîdour (Santa Cruz) d’où sa droite, avec la cavalerie, descend sur Yfré –les planteurs et la Porte de Tlemcen –pointe sud-est de la casbah -, en contournant ta Casbah par le Sud.  Panique du reste de la ligne ennemie qui se voit, en même temps, tournée sur son autre aile par l’escadre avec des chaloupes de débarquement. Poursuivant les fuyards la pique dans les reins, les Espagnols escaladent la muraille du front Nord en profitant de son point faible et peuvent s’emparer ainsi de la Porte de Canastel.

A 18 heures les Espagnols sont maîtres d’Oran, à l’exception de la Casbah, des 2 Mosquées et de quelques maisons en pierres où se sont retranchés tes derniers défenseurs. Les Espagnols ont perdu, 30 hommes.

Samedi 19 Mai. Prise de la Grand Mosquée. La petite Mosquée et les maisons fortifiées se rendent à discrétion, aussitôt après. Le Gouverneur de la Casbah fait savoir qu’il se rendra à Ximénès lui-même.

 

Prise d'Oran mai 1509

Prise d’Oran mai 1509  ;  chapelle mozarabe de la cathédrale de Tolède

 

 

Dimanche 20 Mai. Entrée de Ximénès dans Oran. Il traverse la ville en cortège et monte à la Casbah où le Gouverneur lui remet les clefs. Délivrance des 300 captifs Chrétiens de la Casbah. Les Espagnols ont fait eux 6.000 prisonniers Maures au moins.

Lundi 21 Mai. Ximénès dédie la Grande Mosquée à notre Dame des Victoires et de l’Annonciation, et la Petite Mosquée à Saint Jacques (Santiago), patron de l’armée. Il décide la création d’un hôpital militaire consacré à Saint-Bernard –futur couvent San Bernardo -. Il implante un couvent de Franciscains et un autre de Dominicains. Enfin il institue l’Inquisition à Oran. Des cavaliers venus des environs se heurtent aux avant-postes Espagnols placés dans les jardins et se replient de suite.

Mardi 22 Mai. Ximénès nomme Gouverneur de la Casbah Villaroel. Celui-ci prend pour lieutenant Alonzo Castella d’Alcala avec 300 soldats de Castorla et 50 cavaliers d’élite.

Mercredi 23 Mai. Cédant la place à Navarro, Ximénès, refusant toute escorte, part de Mers-et-Kébir avec un seul navire et suivi de ses familiers domestiques.

< Diégo de Vera, Vianelli, les duumvirs laissés pour remplir les fonctions de « Juges »et  Navarro l’accompagnent jusqu’au navire. Etait-ce par simple politesse ou par émotion vraiment sentie, était-ce par crainte des rapports qu’il pouvait faire sur leur compte, ou par une sorte de superstition qui leur faisait redouter que Ximénès emportât avec lui les chances de succès, toujours est-il qu’ils semblent transformés. Ils le supplient de ne pas les abandonner et Navarro se fait remarquer parmi ceux qui insistent le plus et qui multiplient les protestations de respect et d’affection à l’égard du Cardinal. Mais Ximénès ne revenait jamais sur une décision prise. Délibérer avec le plus grand soin, agir avec une imperturbable constance, parler peu et rester toujours calme, c’était sa politique ordinaire. Le jour même, Ximénès, favorisé jusqu’au bout par un temps admirable, entrait au port de Carthagène. (Nelly Blum).

Il achète un Brigantin pour faire le courrier d’Oran et remet 1.000 écus d’or à Villalobos avec mission d’assurer par Malaga le service des troupes d’Oran.

Gal  Didier 1927

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7 mai 1954 Dien-Bien-Phu par José CASTANO

Posté par lesamisdegg le 7 mai 2019

« Passant, va dire à Sparte que nous gisons ici pour avoir obéi à leurs lois » (Epitaphe célèbre de Simonide de Céos (-556 -467) célébrant la vaillance et le sacrifice des 300 Spartiates aux Thermopiles pendant la 2ème guerre médique en -480).

Diên Biên Phu, le « grand chef-lieu d’administration frontalière » est habité par les Méos, rudes montagnards qui cultivent le pavot et font commerce de l’opium et par les Thaïs qui travaillent les rizières de la vallée et font du petit élevage. Cette localité, à la frontière du Laos, est reliée au reste du pays par la route provinciale 41 qui va jusqu’à Hanoï située à 250 kms et vers la Chine. C’est une cuvette de 16kms sur 9 entourée de collines de 400 à 550 mètres de hauteur et traversée par la rivière Nam Youm.

Au début de l’été 1953, l’Indochine entre dans sa 8ème année de guerre. Le Vietminh, très mobile, se meut avec facilité sur un terrain qu’il connaît parfaitement. Son corps de bataille est de surcroît numériquement très supérieur à celui du corps expéditionnaire français et bénéficie, en outre, de l’aide sans réserve de la Chine libérée de son action en Corée depuis la signature de l’armistice, le 27 juillet 1953. C’est dans ce contexte, que le 7 mai 1953, le Général Navarre se voit confier le commandement en chef en Indochine en remplacement du Général Salan. Navarre avait un grand principe : « On ne peut vaincre qu’en attaquant » et il décidera de créer à Diên Biên Phu une base aéroterrestre pour couper au vietminh la route du Laos et protéger ainsi ce pays devenu indépendant.

Quand les responsables français décident d’investir, la cuvette de Diên Biên Phu, ils savent pourtant que des forces régulières vietminh importantes de la division 316 du régiment 148 et du bataillon 910 occupent solidement la région depuis octobre 1952. Qu’à cela ne tienne ! L’endroit paraît idéal au commandant en chef ! Il est un point de passage obligé pour le vietminh qui ne pourra que très difficilement le contourner… De plus, il bénéficie d’un aérodrome aménagé durant la deuxième guerre mondiale par les Japonais tandis que le fond de la cuvette est une véritable plaine de plus de 100km² qui permettra l’emploi des blindés. Par ailleurs, le commandement français considérait en cet automne 1953 que le vietminh, vu l’éloignement de ses bases, à 500 kms de Diên Biên Phu, ne pourrait entretenir dans le secteur que deux divisions maximum… Il en conclut donc qu’il ne pourrait mener que de brefs combats en ne disposant, en outre, que d’une artillerie limitée qu’il sera aisé de détruire par les canons du colonel Piroth, qui s’était porté garant.

L’occupation de la cuvette fut fixée le 20 novembre 1953. Elle fut baptisée « opération Castor ». Ce sera le plus important largage de parachutistes de toute l’histoire de la guerre d’Indochine. Vers 11 h du matin, les deux premiers bataillons sont largués : Le 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux du Commandant Bigeard et le 2ème Bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes du Commandant Brechignac. Puis arriveront : le 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux, deux batteries de 75 sans recul du 35ème RALP, une compagnie de mortiers de 120 et une antenne chirurgicale. Le lendemain, les légionnaires du 1er Bataillon Etranger de Parachutistes sauteront ainsi que le 8ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, des éléments du génie et le PC de l’opération (général Gilles, lieutenant-colonel Langlais avec 25 hommes). Le 22 novembre, le 5ème Bataillon de Parachutistes Vietnamiens est largué à son tour. Au soir du 22 novembre 1953, il y aura 4195 hommes dans la célèbre cuvette.

Durant près de quatre mois, les soldats français vont aménager la cuvette en camp retranché. Les petites collines entourant le camp prennent le nom de Gabrielle, Béatrice, Dominique, Eliane, Anne-Marie, Huguette, Claudine, Françoise, Eliane, Junon, Epervier et enfin Isabelle.

L’offensive vietminh débute dans la soirée du 13 mars 1954 par une intense préparation d’artillerie (près de 9000 coups) visant particulièrement Béatrice et Gabrielle. Le combat du tigre contre l’éléphant commençait : Le tigre tapi dans la jungle allait harceler l’éléphant figé qui, peu à peu, se videra de son sang et mourra d’épuisement.

Le point d’appui Béatrice est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. Pendant plusieurs heures il reçoit des milliers d’obus. Les abris, n’étant pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, furent pulvérisés. La surprise est totale dans le camp français. Malgré un combat acharné et sanglant, au prix de lourdes pertes de part et d’autre, Béatrice, tenu par la 3/13ème Demi-Brigade de la Légion Etrangère, commandée par le Commandant Pégot, fut enlevée par les Viets en quelques heures. Un malheureux concours de circonstance favorisa cette rapide victoire vietminh : les quatre officiers dont le lieutenant-colonel Gaucher, responsables de la défense de Béatrice furent tués dès la première heure par deux obus qui explosèrent dans leur abri. En une nuit, c’est une unité d’élite de la Légion qui est supprimée. Nul n’a imaginé un tel déluge d’artillerie. La contre batterie française se révèle inefficace. Le Viêt-Minh utilisant une énorme capacité en bras, a pu creuser des tunnels en travers des collines, hisser ses obusiers et s’offrir plusieurs emplacements de tir sur la garnison sans être vu. Des terrasses furent aménagées et dès que les canons avaient fini de tirer, ils regagnaient leur abri. De ce fait jamais l’artillerie française ne fut en mesure de faire taire les canons Viêt-Minh, pas plus que les chasseurs-bombardier de l’aéronavale.

 

Dans la soirée du 14 mars, Gabrielle, défendue par le 5/7 Régiment de Tirailleurs Algériens, subit un intense et meurtrier pilonnage d’artillerie. A 5h, le 15 mars, le vietminh submerge la position, dont les défenseurs ont été tués ou blessés. L’artillerie ennemie –que l’on disait inefficace- fait des ravages parmi les défenseurs sans que l’on puisse espérer la réduire au silence. Conscient de cet échec et de sa responsabilité, le Colonel Piroth, responsable de l’artillerie française se suicidera dans la nuit du 15 au 16 mars en dégoupillant une grenade.

Cependant, la piste d’aviation, bien que pilonnée quotidiennement -mais aussitôt remise en état- permettait l’arrivée régulière des renforts. Ce pilonnage s’intensifiant, les atterrissages de jour devinrent impossibles et les appareils durent se poser de nuit dans les pires conditions. Bientôt il fallut renoncer complètement et les assiégés se retrouvèrent, dès lors, isolés du reste du monde. A noter que le 28 mars, l’avion devant évacuer les blessés de la cuvette, endommagé au sol, ne put décoller. L’infirmière convoyeuse de l’équipage, Geneviève de Galard, était à bord. Elle restera jusqu’à la fin parmi les combattants.

Le général vietminh Giap, afin de s’infiltrer plus facilement dans les défenses françaises, fit alors intervenir des milliers de coolies dans le creusement d’un réseau de tranchées, véritable fromage de gruyère, menant aux divers points d’appui. Le 30 mars, après une préparation d’artillerie très intense et l’infiltration des viets par ces tranchées, Dominique 2 et Eliane1 furent prises. Cependant, les parachutages français continuaient encore dans la plus grande confusion. La superficie de la base aéroterrestre ayant été réduite et les liaisons avec les points d’appui encore tenus par les soldats français devenant impossibles, ces « volontaires du ciel » exposés aux feux directs de l’ennemi, connaissaient des fortunes diverses. Certains atterrissaient directement chez l’ennemi, d’autres étaient morts en touchant le sol, d’autres étaient perdus… tandis que le ravitaillement parachuté faisait la joie du vietminh en améliorant son quotidien.

 

Dien-Bien-Phu 7 mai 1954

Dien-Bien-Phu 7 mai 1954

 

 

            Du 9 au 11 avril, une nouvelle unité de légion, le 2ème Bataillon Etranger de Parachutistes, est largué dans des conditions déplorables et engage aussitôt une contre-attaque sur la face est. Il est en partie décimé. Les rescapés fusionnent alors avec les restes du 1er BEP reformant une unité sous les ordres du Commandant Guiraud. Le 4 mai, ont lieu les derniers parachutages d’hommes provenant du 1er Bataillon de Parachutistes Coloniaux tandis que les Viets intensifient encore leurs bombardements faisant intervenir les fameuses orgues de Staline, aux impacts meurtrier en rafales, provoquant d’énormes dégâts dans les abris minés par les pluies quotidiennes d’Avril. La cuvette disparaît dans des nuages de boue soulevée par les obus.

Dans la soirée du 6 mai, c’est le déchaînement de l’artillerie viet et de toutes les armes dont elle dispose. Dans le camp agonisant, c’est l’apocalypse. Tout ce qui est inflammable prend feu ; les abris s’effondrent, les tranchées s’écroulent, la terre se soulève. La mort frappe sans interruption. A 23h, les taupes vietminh, après avoir creusé un tunnel de 47 mètres de long, déposent sous Eliane2 une charge d’une tonne de TNT puis se ruent à l’assaut. La résistance des défenseurs est héroïque ; ils refusent de se rendre et luttent jusqu’à la mort. Une poignée de survivants arriveront à se replier sur Eliane4 afin de poursuivre le combat. A l’aube du 7 mai, Dominique et Eliane sont tombées. Les tranchées sont jonchées de cadavres et de blessés des deux camps. Alors que le Colonel de Castries vient d’être promu général, à 10h du matin, les viets finissent d’investir les Eliane. Du côté Français, il n’y a plus ni munitions, ni réserve d’hommes mais les sacrifices continuent…

Le Général Cogny adresse un dernier message au Général De Castries, souhaitant qu’il n’y ait ni drapeau blanc, ni capitulation. « Il faut laisser le feu mourir de lui-même pour ne pas abîmer ce qui a été fait » précise-t-il. L’ordre de cessez-le-feu tombe à 17h. Après destruction de tout le matériel et de tout le ravitaillement, le PC de Diên Biên Phu adresse son ultime message à Hanoi à 17h50 : « On fait tout sauter. Adieu ! » Quelques minutes plus tard, la division 308 du général Vuong Thua Vu fait irruption dans le PC du général De Castries. Un drapeau rouge à étoile d’or est planté sur le PC français.

Diên Biên Phu est tombé mais n’a pas capitulé.

Cette bataille fut la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après Seconde Guerre mondiale durant laquelle le corps expéditionnaire Français compta près de 3 000 tués et un nombre très important de blessés. 11 721 soldats de l’Union Française furent faits prisonniers mais les effroyables conditions de détention des camps Vietminh furent telles que seulement 3 290 d’entre eux reviendront de captivité dans un état sanitaire catastrophique, squelettiques, exténués. Le destin exact des 3 013 prisonniers d’origine indochinoise ayant combattu sous le drapeau tricolore reste toujours inconnu. Il est probable qu’ils aient été exécutés systématiquement comme traîtres.

Tous les prisonniers durent marcher à travers jungles et montagnes sur 700 km, pour rejoindre les camps, situés aux confins de la frontière chinoise. Ceux qui étaient trop faibles mouraient ou étaient achevés. Sur les 11 721 soldats, valides ou blessés, capturés par le Vietminh, plus de 70 % décédèrent pendant leur marche vers les camps ou une fois en captivité, de sous-alimentation, mauvais traitements, absence de soins, dans des régions propices à toutes sortes de maladies, ou furent exécutés sommairement. Le 21 juillet 1954, les accords de Genève mettront fin à cette guerre, instaurant une partition du pays de part et d’autre du 17e parallèle Nord.

José CASTANO

 

 

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Jean BRUNE 1912-73 écrivain d’Algérie française

Posté par lesamisdegg le 5 mai 2019

Jean Brune Ain-Bessem (Algérie), 1912 Nouméa (Nlle Calédonie), 1973

Personnalité complexe et attachante, Jean Brune est un écrivain de grand talent. Ses prises de position en faveur de l’Algérie française lui ont fermé les portes de la notoriété.

Son père, administrateur en Algérie, occupe divers postes. A la mort de sa mère, Jean a dix- huit mois. Il est donc, en partie, élevé par sa grand-mère ainsi que son frère. A la retraite de son père, les enfants le rejoignent à Chéragas. Jean fait de fréquents séjours à Maillot chez un oncle administrateur. Il va aussi beaucoup en Kabylie, à Tala Rana, un hameau accroché aux flancs de Lalla Khadîdja, et c’est là que naît cet amour profond qu’il aura toujours pour la Kabylie.

En 1924, il sort de son univers familial et entre comme interne au lycée Ben Aknoun, jusqu’en troisième, puis il va au lycée Bugeaud où il sera condisciple de Camus. Il poursuit un entraînement sportif intensif et en gardera toute sa vie une allure trapue de lutteur. En 1930, l’année du bac, il se casse le poignet droit, se représente en septembre mais échoue à l’examen. Il renonce au bac et préfère s’éloigner. Il sera pion à l’E.P.S. de Boufarik mais en sera renvoyé pour avoir fait le mur avec des copains. Il part, alors, en 1932 pour le Maroc, chez un frère de sa mère. Là, il apprend l’arabe et fait ses débuts de journaliste à La Bougie de Fez. En 1933, il fait son service militaire aux Chasseurs d’Afrique, à Alger, au Champ de Manœuvres. Il mène ensuite une vie assez bohême, dessine beaucoup, en particulier lors de spectacles auxquels il participe et fait des portraits-seconde. Des amis lui font découvrir Maurras et l’Action Française et les livres de Jacques Bainville. Il se sentira alors royaliste.

C’est avec le 5ème Chasseurs d’Afrique qu’il participera en 1944 au débarquement en Provence, sous le commandement du général Touzet du Vigier ainsi qu’aux combats de la 1ère D.B. Il publiera un livre de croquis remarquables sur cette période. A son retour à Alger, il fait ses véritables débuts de journaliste, et de technicien de l’imprimerie, tout en continuant à dessiner et à peindre.

Il commence par le Journal d’Alger puis, en 1948, il entre à la Dépêche Quotidienne d’Alger où il fait les pages régionales puis écrit les éditoriaux et mène de grands reportages. En 1958, il y ajoute des « billets » à Radio­Alger. Ayant exprimé trop haut et trop fort son opinion de défenseur de l’Algérie Française, il est expatrié d’Alger en 1961. C’est l’époque où commencent les rendez-vous, à travers l’Europe, avec les « copains d’exil ». Une errance qui le mène d’Italie en Suisse, en Belgique, en Espagne, au Portugal. Il écrit beaucoup pour défendre ses opinions. Cette haine qui ressemble à l’amour (1961) est son premier roman important qui analyse avec talent la complexité de cette époque. Il collabore à Esprit Public, Aspects de la France, Valeurs Actuelles, Spectacle du Monde, tout en continuant à publier des ouvrages défendant les valeurs auxquelles il croit. Il fait des reportages dans une Asie qui le fascine mais se brouille avec son éditeur. Quand il est en France, il se plie difficilement à cette vie métropolitaine. Il part pour la Nouvelle-Calédonie en 1969 et prend la direction du Journal Calédonien. Il revient en France pour un bref passage à Besançon comme directeur de journal mais ne supporte décidément pas cette vie et repart à Nouméa en 1971. Il est rédacteur en chef de la France Australe, puis de Nouméa-Soir.

Il entretient une importante correspondance avec ses amis auxquels il reste très fidèle. Sa vie sentimentale qui avait été assez tumultueuse, semble avoir trouvé un équilibre, une sorte de paix et même de bonheur. Malheureusement, la maladie qui va l’emporter ne fait qu’empirer et il souffre beaucoup, en particulier de la gorge. Il meurt assez brutalement en 1973 et sera enterré à Nouméa.

Voici, en forme d’épitaphe, une phrase tirée d’un de ses livres: « nous cherchons désespérément où nous irons retrouver comme un reflet des paysages d’Afrique qu’ont bercé les premiers émerveillements de notre enfance. »

La personnalité de Jean Brune était très complexe et Francine Dessaigne qui lui a consacré une excellente biographie a bien souligné la difficulté qu’il y avait à cerner le personnage. A la fois plein de vie et profondément mélancolique, sinon même pessimiste, Jean Brune n’est jamais si bien lui- même que dans ses livres. Malheureusement son talent n’a pas vraiment été reconnu par le milieu littéraire, occulté par la franchise de ses opinions qui n’étaient pas dans la ligne du moment. Un universitaire allemand Wolf Abbès a découvert son talent et, grâce aux archives d’un fidèle ami de Jean Brune, le commandant Sapin Lignère a décidé de publier l’intégralité de son œuvre dans sa maison d’édition, Atlantis. Ce qui nous vaut de découvrir des reportages et des textes inédits de théâtre non publiés, La guerre de Troie commence demain et les Mutins.

Jeanine de la Hogue

 

Jean BRUNE 1972

Jean BRUNE 1972

 

 

BIBLIOGRAPHIE : * Francine Dessaigne : Jean Brune Français d’Algérie, éditions Albatros, 1983.

* Jean Brune et Albert Camus. Wolf Abbès, Atlantis.

SES ŒUVRES :

* Cette haine qui ressemble à l’amour. Table Ronde, 1961, Atlantis.

* Journal d’exil. Table Ronde, 1963. Atlantis.

* La révolte. Robert Laffont, 1965. Atlantis.

* Interdit aux chiens et aux Français. Table Ronde, 1966.

* La guerre de Troie commence demain. Atlantis.

* Les Mutins. Atlantis.

* Algérie 1955. La bataille de la peur. Atlantis.

* Les aventures prodigieuses de Georges Untel. Atlantis.

* Lettre à un maudit. Appel à la réconciliation. Atlantis.

 

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Il pleut ? Il pleut! C’est le temps des MIGASS !!

Posté par lesamisdegg le 28 avril 2019

MIGASS d’Oranie

Les migass sont une spécialité culinaire espagnole (plat ancien destiné aux travailleurs des champs) qui consiste à faire revenir de très fines tranches de pain sec frottées à l’ail, dans de la graisse de mouton ou de porc. D’autres préparations se font à partir de miettes de pain frites et dorées à la poêle. De nos jours cette même recette est préparée avec de la semoule de blé ! Dans le temps, on ne jetait rien, et les jours de pluie on sortait le pain dur au « patio » pour l’humidifier avant de le cuisiner.

Ingrédients

-Un pain dur à émietter –migas- ou  500g de semoule moyenne-petit salé saucisses, longanisse, boudin morcilla , huile d’olive-2 beaux « piments » (poivrons) verts, 20 gousses d’ail avec leur peau.CUISINERPréparer le pain dur dans une grande poêle plus le pain est dur, plus il est facile à cuisiner, le couper en tranches à recouvrir d’eau juste pour l’humidifier . Egoutter et réserver.

Faire revenir l’ail puis les viandes. Réserver au chaud.

Dans la même poêle faire revenir les piments coupés en lamelles et réserver.

Faire frire les miettes de pain dur, ou bien faire bouillir de l’eau salée pour y délayer la semoule durant 10 mn.

Quand c’est cuit garnir avec viandes et piments.MIGASS

 

Servir aussitôt dans la poêle de cuisson.

A déguster chaud  ac’ un p’tit vin de maison, en famille, avec des amis, doucement car « tant qu’il reste des migass la fête continue !

 

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