GASPATCHO oranais

Posté par lesamisdegg le 12 novembre 2017

Le gaspatcho est un ragoût de petit gibier et de viande blanche, accompagné de galettes de froment appelées tortas de gazpacho. C’est un plat qui se mange chaud et qu’il ne faut pas confondre avec le potage froid du même nom.
C’est une recette originaire de la Mancha que les chasseurs préparaient avec du gibier, sur le terrain, parce que la viande ne se conservait pas. Elle a perduré en Algérie, est devenue une spécialité du lundi de Pâques en Oranie.
Ingrédients:   500 gr de porc, 3 pigeons ou 1 pintade,   1/2 lapin
1 kg de tomates, 2 kg d’oignons,  4 gousses d’aïl,   1 bouquet garni.
Pour les galettes:   250 gr de farine,   1 cuillerée de sel,   1 bon verre d’eau.
Préparation:

Les galettes: la veille, mélanger farine, sel et eau. Pétrir légèrement. Etaler pour former 3 ou 4 grandes galettes les plus fines possible. Piquer la pâte à la fourchette. Cuire 15 mn à four moyen. ousinon utiliser des « galettes juives »

Le gaspatcho:   Dans une grande poêle à bords hauts, faire revenir toutes les viandes coupées en morceaux, les retirer. Faire revenir les oignons émincés, ajouter les tomates coupées, laisser cuire 5 ou 6 mn.  Hacher grossièrement l’ail, l’ajouter à la sauce avec le bouquet garni, saler, poivrer. Remettre toutes les viandes, couvrir avec 3 litres d’eau.  Laisser cuire environ 1 heure.

gaspatcho

gaspatcho

Ajouter les galettes coupées en petits morceaux et laisser cuire 15 à 20 mn, jusqu’à ce qu’elles soient souples sans devenir pâteuses.

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la soubressade , le makrout et la gargoulette

Posté par lesamisdegg le 4 novembre 2017

Un régal, un rêve !

 

Et si vous preniez deux œufs, que vous les cassiez ?

Après vous les battez bien pendant cinq minutes, Puis vous prenez une petite poêle, avec un petit fond d’huile d’olive, vous versez les œufs,

Après vous allez a la fenêtre dans la cuisine, dans le petit garde-manger, vous prenez une belle soubressade piquante de chez Zéralta, vous savez le charcutier du marché de Belcourt. Vous enlevez la peau et la ficelle rouge, et vous l’éparpillez dans les œufs .

Juste un petit instant, après vous la versez dans une assiette, vous prenez un bon morceau de pain mahonnais, avec la mie bien dure, un bon verre de vin rose bien frais, pour celles et ceux qui aiment le vin, ou la gargoulette avec de l’eau bien fraiche, vous vous mettez au balcon, assis par terre, les jambes en tailleur, et en regardant en bas la mer bien bleue, avec les bateaux qui rentrent et qui sortent du port. Vous vous tapez un repas royal, Que même Azrine il ne peut pas nous enlever, et quand il n y a plus rien dans l’assiette, vous descendez en bas chez le tunisien, et vous prenez un bon makrout plein de miel qui vous coule entre les doigts, et doucement mais surtout bien doucement, les yeux fermes, vous le dégustez, et même qu’à la fin vous vous léchez les doigts tellement c’est bon.

 

Et puis catastrophe, votre femme vient vous réveiller, et tout ce beau rêve y fait tchouffa !

Quand est-ce qu’on arrêtera de penser à ce foutu pays ??

Jamais !!! Oh non jamais, plutôt crever !

soubressade

soubressade

makrout

makrout

 

JEAN LLORENS de Belcourt s/c de Judd Gerald

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TOUSSAINT ROUGE 1 11 1954 par Jean BRUNE

Posté par lesamisdegg le 1 novembre 2017

La guerre subversive ?

« Chaque victime était un otage innocent versé dans les charniers pour satisfaire aux exigences glacées d’une arithmétique de la terreur. Peu importaient les qualités ou les défauts des victimes, leur nom, leur poids d’entrailles humaines et les symboles inclus dans leur métier. Ce qui comptait, c’était le nombre des morts à partir desquels la peur s’installait dans la vie et commençait de la corrompre comme un poison.

On ne tuait pas comme on tue à la guerre pour ouvrir dans les rangs de l’ennemi des brèches dans lesquelles s’engouffraient les soldats. On tuait pour créer un scandale et par ce scandale attirer l’attention du monde non pas sur les victimes, mais sur les bourreaux. L’entreprise supposait une organisation méticuleuse des complicités; chaque nouveau mort étant l’occasion d’exprimer les solidarités qui liaient le meurtrier à un immense camp d’intérêts et d’idées. Chaque nouveau massacre collectif servait de prétexte à une explosion d’indignation en faveur des écorcheurs. Ainsi les hommes étaient-ils immolés sur l’autel d’un calcul, et les morts versés comme un carburant nécessaire au fonctionnement d’une machine.

Pour que s’ouvrît et fût alimentée une controverse, il fallait que mourussent des innocents. On brûlait la vie dans les hauts fourneaux des fonderies d’idées.

Dans cette incroyable logique de l’absurde, les Français d’Algérie fournissaient les morts. Ils étaient les hommes-charbon indispensables au fonctionnement de la grande machine « anticolonialiste » affectée à la subversion de l’Occident.

Pour que les journaux progressistes de France pussent s’indigner du sort des Algériens, pour que M. Sartre pût donner une conférence à Rome en compagnie de l’un des chefs des égorgeurs, pour que l’archevêque d’Alger pût rédiger l’un de ses communiqués abscons qui sont égale injure à la justice, à la charité et à la syntaxe; enfin, pour que l’Organisation des Nations unies pût se poser à New York en gardienne intransigeante des droits de l’homme, il fallait

qu’une femme fût violée dans une ferme d’Oranie, après avoir été contrainte d’assister à l’égorgement de sa fillette et de son mari;

qu’un petit garçon fût assommé à coups de pioche dans un village de l’Algérois;

que des jeunes filles fauchées par le souffle des bombes fussent mutilées à Alger et qu’une explosion hachât des enfants dans un autobus au retour  de l’école.

Pour que M. Mauriac pût jouer des grandes orgues de son talent dans sa chapelle, il fallait que fussent abattus des fidèles anonymes à la porte d’une église de la vallée du Chélif, ou que deux prêtres fussent égorgés aux confins oranais des steppes sahariennes et qu’une vieille femme fût assassinée le jour de Pâques dans un hameau de Kabylie bruissant de ce murmure d’averse qui tombe du feuillage des eucalyptus.

Car c’était cela le mécanisme de la guerre dite « révolutionnaire ». C’était l’assassinat des innocents, conçu comme une technique d’alerte destinée à attirer l’attention sur les revendications politiques des assassins. Et plus le crime était monstrueux, plus l’émotion qu’il soulevait servait la monstrueuse cause.

A Boufarik, près d’Alger, officiait le docteur Rucker. Il avait été mon condisciple au lycée d’Alger; donc, celui d’Albert Camus. C’était un gentil bohème aux gestes un peu gauches, mais dont la charité était inépuisable; l’un de ces médecins algériens toujours penchés sur les humbles, pour qui la médecine était un sacerdoce. Un jour de consultation, l’un des « malades » brandit un revolver et tua le docteur Rucker de quatre balles tirées à bout portant. Le meurtre fit sensation. Fleurirent les articles condamnant le « colonialisme ». Dans ces pages, on accusait la France d’entretenir en Algérie plus de gendarmes que de médecins ou instituteurs; mais les techniciens de la terreur tuaient plus de médecins que de gendarmes le premier mort de la guerre d’Algérie était justement un instituteur.

Peu importait l’état des victimes ! Ce qui comptait, c’était que chaque jour reçût sa fournée de morts pour que ne s’éteignît point la controverse politique. Le sang du docteur Rucker servait d’encre à Mauriac ou à Sartre, et aux procureurs de l’O.N.U.

Longtemps les Français d’Algérie avaient courbé la tête sous l’orage. Ils attendaient que leur fût rendue la justice élémentaire qui exige que soient châtiés les hommes qui attentent la vie des hommes. Au bout de cette longue patience, ils avaient découvert qu’ils étaient seuls à faire les frais du procès. C’est que la subversion avait pris soin de pourrir les esprits et l’occasion est belle d’en démontrer ici une part du mécanisme. La calomnie sur l’exploitation coloniale permettait de camoufler les crimes commis sur les innocents en une sorte de justice sommaire exercée sur des coupables.

Les assassins devenaient des redresseurs de torts. Ce sera l’une des hontes de ce siècle finissant d’avoir admis comme un postulat l’idée de culpabilité collective qui a livré des foules entières aux mains des bourreaux improvisés et fait payer à des enfants les délits imputés à des sociétés.

Le docteur Jean Massonnat a été tué à Alger, au cours de cette fusillade qui a couché sur pavé tant d’Algéroises et tant d’Algérois. Il était mon ami. Comme ce mot paraît soudain démesuré, et comme, en certaines circonstances, on se sent brusquement envahi par la peur de ne pas en être digne. La dernière lettre qu’il m’avait écrite était un cri :

« Non seulement, on veut nous chasser, mais on veut, encore, que nous soyons des salauds, pour que nous soit retirée jusqu’à l’espérance en un mouvement de pitié de la Métropole … ».

Jean Massonnat, agenouillé sur un blessé, a été tué de trois balles tirées dans le dos par ceux que « Le Figaro » appelle « le service d’ordre »!

Pourquoi sommes-nous maudits ? 

Jean BRUNE

Jean BRUNE

Mais à travers ces confusions, on entrevoit ce qui, jour après jour, est devenu la hantise des Français d’Afrique. Ils ont cherché à se laver de la calomnieuse accusation de « colonialisme » pour être rendus à leur état d’innocents injustement frappés et ainsi renvoyer leurs tortionnaires à leur culpabilité d’écorcheurs. C’est le sens des grandes offrandes de mai 1958:  une « Nuit du 4 Août » étalée sur quinze jours de soleil dans un ressac de clameurs et de chants. »      Jean BRUNE

 

 

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ORAN cimetière TAMASHOUËT

Posté par lesamisdegg le 31 octobre 2017

Après les Morts

 

 Samedi dernier (il y a, déjà longtemps de cela) je me suis acheminé tout doucement, vers Tamashouët malgré la pluie et malgré la boue.

Ayant donc lu dans les journaux (moi qui ne suis pas journaliste et ne donne aux mots que leur portée exacte) ; ayant donc lu dans les journaux que c’était la commémoration des morts et que la population respectueuse des trépassés, se faisait un devoir d’un pieux pèlerinage au cimetière, j’ai juge nécessaire de conformer ma conduite à celle de tout le monde.

Et je suis parti, parti pour tut de bon, ayant encore dans l’oreille le stimulant de phrases qui parlaient de recueillement, de fleurs, de larmes, de souvenir.

Pardonnez-moi si je commets quelque, impair ; je suis tout nouveau venu, tout frais débarqué de mon village. Chez nous tout est petit, jusqu’au champ de repos où dorment, après avoir sué sang et eau, les premiers habitants,  les colons de la première heure. On ne saurait donc rien faire avec cette pompe, cette majesté, cette grandeur qui en imposent ; chez nous chacun s’en va de son côté faire la visite annuelle aux tombes et l’on revient boire une chopine, à quatre ou cinq, en devisant du temps passé. Rien qui vous mette du baume au cœur pour les prochains durs travaux : les labeurs et les semailles, comme d’évoquer la mémoire des anciens, qui ne boudaient pas, vous pouvez m’en croire, à l’ouvrage. En trinquant on songe, à part soi, à suivre l’exemple du père Machin ou du père Chose ;

Nous entrerons dans la carrière,

Quand nos aînés ne seront plus.

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus.

Comment se fait-il que je m’étais imaginé le jour, des morts particulièrement impressionnants à Oran ? J’avais rêvé d’un grand silence planant sur la nécropole, des gens tout en noir circulant pieusement parmi les blancs mausolées et aux abords de Tamashouët, ce calme religieux enfin, qui permet de dire, que les grandes douleurs sont muettes ?

Combien je m’étais trompé ! La carriole qui m’amène s’est arrêtée. Nous sommes arrivés.

« C’est ici, me dit mon voisin, n’entendez-vous pas tout ce bruit ? »

Il est vrai que, après quelques instants, le son des voix parvenait à mes oreilles et cela m’avait rendu tout pâle, car je croyais à ces scènes déchirantes qui mettent sens dessus dessous les moins sensibles.

Maintenant je distingue parfaitement, des buvettes se sont improvisées,  exactement comme pour les tètes patronales, des marchands de cacahouètes (pourquoi pas d’oublies) vont, viennent, ainsi que des marchands de gâteaux et tout ce monde crie à plein gosier sa marchandise, harcèle les passants, produit un vacarme d’enfer.

J’ai cru m’être trompé, j’ai soupçonné un instant ma tristesse de n’être pas faite comme celle des autres et de ne pouvoir s’accommoder d’un verre d’anisette ou d’une poignée de torraïcos.

Au fait, me suis-je demandé, sommes-nous bien au 2 novembre et est-ce bien au cimetière que je me suis rendu ? Une terreur m’a pris de n’avoir pas effeuillé mon calendrier éphéméride et d’être tombé sur une de ces feria dont on a tant parlé. J’écoute les conversations des voyageurs assis à mes côtés : « -La tombe de Daniloff avait comme toutes les années son bouquet blanc dit l’un — Oui, répond l’autre, mais il n’y avait rien sur le monument des Couillet ».

Hélas, non, je ne m’étais point trompé, et ma carriole avait suivi le bon chemin. Et je pensai, faute d’un arrêté interdisant aux mercantis les abords du champ de repos, à toutes ces larmes répandues qui devaient avoir une vague saveur d’agua limon.

Pour les morts que refresco !

DALVI -2 11 1895-

 

oran 1901

oran 1901

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PARIS 17 octobre 1961

Posté par lesamisdegg le 16 octobre 2017

LA VERITE EST UNE ARME REDOUTABLE

Le climat ambiant en octobre 1961, était celui d’une guerre révolutionnaire, sournoise, meurtrière, déclenchée par la fédération en France du FLN, contre la Police Parisienne et la force de Police Auxiliaire. Dans ce contexte, le 17 octobre 1961, la manifestation de masse de la communauté algérienne vivant en France, n’est qu’un « flash »de 4 heures, pris sur le temps d’une aventure humaine douloureuse qui a duré 7 ans et 8 mois .

LA MANIFESTATION

Le 17 octobre 1961, suivant les directives données par le Préfet de police Maurice Papon, par de gaulle, sous-couvert du Premier Ministre Michel Debré et du Ministre de l’Intérieur Roger Frey, 1300 hommes, soit 650 gardiens de la paix, 300 gendarmes mobiles, 280 CRS, une soixantaine de Harkis de la Force de Police Auxiliaire pour servir d’interprètes, et non 7000 hommes, comme il a été dit ou écrit, ont été rassemblés en urgence dans la nuit du 16 et la journée du 17 octobre. En effet, le renseignement sur le déroulement d’une manifestation dans Paris, organisée clandestinement par le FLN, n’a été connu que dans la soirée du 16 octobre. Ces 1300 hommes ont été déployés sur une cinquantaine de points sensibles et de passages obligés par groupe de 25 hommes, commandé chacun par un gradé, avec en réserve quelques éléments pouvant intervenir en cas de besoin.

Le théâtre opérationnel comportait 3 fronts :

- le front extra-muros

- le front intra-muros

- un front souterrain.

Le FLN avait menacé de représailles, pouvant aller jusqu’à une condamnation à mort, ceux qui ne participaient pas à ce « rassemblement patriotique »… Seules les femmes enceintes, les enfants de moins de 10 ans et les malades pouvant le justifier étaient dispensés de manifester.

Les Forces de l’ordre avait mission de stopper la progression vers le centre de la capitale et de disperser 40 à 50000 Algériens contraints, pour ne pas dire pris en otage par le FLN. Ce dernier ayant décidé, avec l’accord du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne installé à Tunis) d’organiser et de déclencher sans autorisation préalable, une manifestation de masse de tous les Algériens résidant en île de France.

LE VRAI BILAN

Le bilan réel en pertes humaines du FLN, lors de la manifestation du 17 octobre :

- le 17 octobre 1961 de 19h30 à 23h, dans le périmètre même de la manifestation : 1 mort, Guy CHEVALLIER tué vers 21h devant le cinéma Rex-5è arrondissement, décédé à la suite d’un coup sur la tête. IL EST LA SEULE VICTIME DANS LE PERIMETRE DE LA MANIFESTATION, Français rien ne prouve qu’il ait été tué par les policiers. Hors du périmètre de la manif : 2 morts. Abdelkader DEROUES, tué par balles, trouvé vers 22h à Puteaux et Lamara ACHENOUNE tué par balles toujours à Puteaux. A ces 3 morts s’ajoutent une centaine de blessés plus ou moins sérieusement, transportés vers les hôpitaux.  Soit du 17 octobre au 21 octobre 1961, 7 morts dont deux peuvent être imputés avec certitude à la Police.

Pour la seule année 1961, le FLN n’a pas hésité à liquider froidement 3% de la communauté algérienne installée en France.

Du 1er janvier au 20 juillet 1961 :

- 417 algériens assassinés par le FLN

- 24 européens assassinés par le FLN

- 11 gardiens de la paix et harkis tués.

LA MANIPULATION  L’agitation politico-médiatique concernant la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961, n’a duré que très peu de temps, parce que celle-ci a été considérée à l’époque où elle s’est déroulée comme un incident banal engendré par la guerre d’Algérie.

PRESSE DU 18 OCTOBRE 1961 AU MATIN

- Le FIGARO : « Grâce à la promptitude et à la vigilance de la Police, le pire qui était à craindre a pu être évité ».

- PARIS JOUR : « 20000 algériens maîtres de la rue à Paris pendant 3heures. C’est inouï ! Ils ont déferlé en plein coeur de la capitale et en ont franchi les portes par groupes entiers ».

- Le PARISIEN LIBERE : « Ils ont pris le métro, comme on prend le maquis ! »

LE DEROULEMENT DE LA MANIPULATION HISTORIQUE

Ce n’est qu’en 1984 qu’un ancien haut responsable de la fédération du FLN en France - Ali Haroun -  publie un livre écrit à la gloire du FLN « la VII Wilaya- la guerre du FLN en France 1954-1962″.

Quelques années plus tard, en 1991, Jean Luc Einaudi, employé au Ministère de la Justice en qualité d’éducateur, s’inspire largement du livre d’Ali Haroun pour « confectionner » le sien, à qui il donne pompeusement le titre « La bataille de Paris, 17 octobre 1961″ ouvrage de parti-pris dans lequel on trouve des détails morbides destinés à frapper d’horreur l’imagination du lecteur.  C’est à partir de ce livre en 1991 que des sympathisants francais appelés aujourd’hui « les frères des frères », par les anciens du FLN, organisent chaque année, avec la participation active d’anciens cadres de la fédération du FLN en France (responsable de nombreux assassinats en France!!!) une cérémonie commémorative à la mémoire des « Martyrs Algériens » du 17 octobre 1961 qui n’ont jamais existé que par l’imagination de leurs créateurs.

En octobre 2000, les  »frères des frères » ont créé l’Association « 17 octobre 1961 contre l’oubli ». Son président est Olivier Le Courgrandmaison appuyé par JL Einaudi et Marcel Péju, Pierre Vidal-Naquet, François Maspero.*

Extrait de l’Afrique Réelle automne 2001, par le Lieutenant Colonel Raymond Montaner, ancien Commandant de la force auxiliaire.

 

« Comme les hommes, les peuples qui oublient leur histoire cessent d’exister! »..Albert Camus

HERAKLES finira par vaincre le mythe de l'hydre

HERAKLES finira par vaincre le mythe de l’hydre

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CAMUS « le premier homme « 

Posté par lesamisdegg le 16 octobre 2017

Le témoignage du Premier homme :  

le premier homme

le premier homme

« Non, un homme, ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon… »

« 1905. Son père avait vingt ans. Il avait fait, comme on dit, du service actif contre les Marocains. Jacques se souvenait de ce que lui avait dit le directeur de son école lorsqu’il l’avait rencontré quelques années auparavant dans les rues d’Alger. M. Levesque avait été appelé en même temps que son père. Mais il n’était resté qu’un mois dans la même unité. Il avait mal connu Cormery selon lui, car ce dernier parlait peu. Dur à la fatigue, taciturne, mais facile à vivre et équitable.
Une seule fois, Cormery avait paru hors de lui. C’était la nuit, après une journée torride, dans ce coin de l’Atlas où le détachement campait au sommet d’une petite colline gardée par un défilé rocheux. Cormery et Levesque devaient relever la sentinelle au bas du défilé. Personne n’avait répondu à leurs appels. Et au pied d’une haie de figuiers de Barbarie, ils avaient trouvé leur camarade la tête renversée, bizarrement tournée vers la lune. Et d’abord ils n’avaient pas reconnu sa tête qui avait une forme étrange. Mais c’était tout simple. Il avait été égorgé et, dans sa bouche, cette boursouflure livide était son sexe entier. C’est alors qu’ils avaient vu le corps aux jambes écartées, le pantalon de zouave fendu et, au milieu de la fente, dans le reflet cette fois indirect de la lune, cette flaque marécageuse. A cent mètres plus loin, derrière un gros rocher cette fois, la deuxième sentinelle avait été présentée de la même façon. L’alarme avait été donnée, les postes doublés. A l’aube, quand ils étaient remontés au camp, Cormery avait dit que les autres n’étaient pas des hommes. Levesque, qui réfléchissait, avait répondu que, pour eux, c’était ainsi que devaient agir les hommes, qu’on était chez eux, et qu’ils usaient de tous les moyens. Cormery avait pris son air buté . « Peut-être. Mais ils ont tort. Un homme ne fait pas ça . » Levesque avait dit que pour eux, dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Mais Cormery avait crié comme pris de folie furieuse : « Non, un homme, ça s’empêche. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon… »

Et puis il s’était calmé. « Moi, avait-il dit d’une voix sourde, je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, on me met cet habit, on me traîne à la guerre, mais je m’empêche. - Il y a des Français qui ne s’empêchent pas, avait dit Levesque. – Alors, eux non plus, ce ne sont pas des hommes. » Et soudain il cria : « Sale race ! Quelle race ! Tous, tous… » [18]

Il serait facile d’accuser l’auteur d’exprimer le racisme colonial sans le dénoncer, voire de tenter de le justifier en l’expliquant, et de participer à la perpétuation d’un thème caractéristique de l’imaginaire colonial, ainsi défini par Cornélius Castoriadis : « Entre les Français et les Algériens, il y a un couteau. Et ce couteau, c’est tout l’imaginaire français sur les Maghrébins, les Algériens en particulier, à la fois sur le plan du meurtre et sur le plan sexuel » [19]……………………………………………………………Attribuer l’épisode rapporté ci-dessus à l’imaginaire colonial, c’est donc, littéralement, reprocher à l’auteur de justifier le racisme visant les Maghrébins par une accusation calomnieuse. Or, les faits allégués sont-ils fondés ou non ?

Malheureusement oui. La pratique des mutilations sexuelles au Maghreb est attestée par de nombreux témoignages et documents, avant, pendant et après la présence française . Dès 1830, selon Daniel Rivet, « les combats tournent à l’atroce immédiatement. En novembre, des moudjahidin mutilent une cinquantaine de canonniers surpris dans un combat d’arrière-garde dans la Mitidja. Une cantinière a les entrailles arrachées, le nez, les oreilles et les seins coupés et fourrés dans l’abdomen. La sauvagerie des indigènes rejaillit sur l’occupant, par un effet de contagion mimétique » [20]. Pendant la guerre d’Algérie de 1954-1962, Raphaëlle Branche reconnaît que « les réactions qui suivent la surprise de l’embuscade, de l’expérience du feu et de la sensation de camarades qui tombent, sont encore accentuées par la découverte de corps émasculés et/ou égorgés. (…) Ces violences démonstratives viennent alimenter l’imaginaire ancien des Occidentaux à propos des Arabes qui, depuis les Sarrasins, sont assimilés à des tueurs sanguinaires armés de lames coupantes et égorgeantes » [21].

Mais l’indépendance de l’Algérie n’a pas mis fin à cette violence extrême ; selon la presse algérienne, les soldats du poste frontière de Guémar attaqué par un groupe islamiste armé le 28 novembre 1991 ont été pareillement décapités et mutilés [22]. Comme l’a reconnu Mohammed Harbi, « en occultant l’existence de pratiques cruelles enracinées dans une culture paysanne archaïque dominée par un code particulier de l’honneur et de la blessure symbolique à imposer au corps de l’ennemi, on s’interdit de voir dans la cruauté actuelle des actions des terroristes islamistes un ‘retour’ qui en vérité traduisait une permanence culturelle » [23].

[18Op. cit., pp. 65-67. Cf. la phrase rajoutée p. 19 : « J’ai fait la guerre contre les Marocains (avec un regard ambigu) les Marocains ils sont pas bons ».

[19] Cornélius Castoriadis, cité par Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, Gallimard, 2001, pp. 312-313..

[20] Daniel Rivet, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, Hachette, 2002, p. 113.

[21] Branche, op. cit., p.44.

[22] Gilles Kepel, Jihad, expansion et déclin de l’islamisme, Gallimard, 2000, p. 179.

[23] Mohammed Harbi, « La tragédie d’une démocratie sans démocrates », in Le Monde, 13 avril 1994.

Cet article a été publié dans Histoire et littérature au XXème siècle, recueil d’études offert à Jean Rives, paru dans la collection Sources et travaux d’histoire immédiate, Toulouse, GRHI, juin 2003, pp. 431-445.

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recette PULPO poulpo POULPE

Posté par lesamisdegg le 8 octobre 2017

POULPE au four 

Rincer le poulpe. Couper sa tête et ôtez le bec dur situé entre les tentacules à l’aide d’un couteau. Disposer le poulpe entier dans une cocotte-minute .Mouiller avec un fond d’eau.

Ajouter l’oignon épluché et coupé en deux, la carotte épluchée, la feuille de laurier et le bouquet de persil.

Cuire pendant 20 à 25 minutes. Pendant ce temps, émincer les 400 g d’oignons, couper les poivrons verts en lanières, et hacher les gousses d’ail.

Eplucher les pommes de terre. Egoutter le poulpe.

Séparer les tentacules. Dans un large plat allant au four, répartir l’émincé d’oignons, les lanières de poivrons et l’ail haché.

Disposer, par-dessus les morceaux de poulpe et les pommes de terre épluchées.

Arrosez d’huile d’olive. Salez et poivrez.

Enfourner th. 7-8(210ºc) pendant 25 min .

 

Pulpo

El pulpo asado que se suele servir troceado y sobre una tabla redonda de madera, se puede cocinar en el horno acompañado de ajo, aceite de oliva y perejil, o bien cocido en una olla y añadiéndole una vez en la mesa, aceite de oliva virgen y pimentón ya sea dulce o picante .

 

 

 

poulpe grillé au four

poulpe grillé au four

kémia , tapa de poupe

kémia , tapa de poupe

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recette du ZARANGOLLO : de Murcie à Oran

Posté par lesamisdegg le 1 octobre 2017

Le zarangollo, ou Zarangollo Murciano, est un plat espagnol simple préparé avec les légumes typiques de la région de Murcie comme les courgettes et les oignons. C’est donc à Murcie que cette recette est préparée à la perfection : rien que pour goûter à ce plat, vous pouvez par exemple faire du tourisme à Alicante qui se trouve à proximité.

Le zarangollo murciano se compose d’une importante quantité de courgettes découpées en petits morceaux cuisinées avec des œufs brouillés. Des pommes de terre sont parfois ajoutées à la recette. En effet, vu la popularité de la courgette, les chefs de Murcie ont commencé à ajouter des pommes de terre au plat pour le rendre plus appétissant pour plus de personnes. Cependant, la recette traditionnelle du zarangollo ne cite pas de pommes de terre.

Dans les bars et les restaurants de Murcie, la zarangollo est servi très chaud ou à température ambiante en entrée ou en apéritif – tapas – accompagné d’un verre de vin espagnol ou encore comme accompagnement d’un plat principal. Il peut être aussi servi froid avec une tranche de pain. A vous de choisir comment vous voulez le préparer et le manger !

Recette du Zarangollo Murciano ; Ingrédients (pour 6 personnes) :

½ tasse d’huile d’olive ; 2 gousses d’ail, hachées ; 3 oignons émincés.

1 kilo de courgettes, épluchées et coupées en petits morceaux ; Sel ; Poivre ;

1 cuillère à café d’origan frais / ½ cuillère à café d’origan sec ; 6 œufs

Zarangollo Murciano ; Préparation :

Faire chauffer un quart de la tasse d’huile d’olive dans une poêle à feu moyen. Verser les oignons et l’ail et faire cuire 5 minutes en remuant temps en temps. Réduire le feu et laisser cuire encore 15 minutes.

Faire chauffer le reste de l’huile d’olive dans une autre poêle à feu moyen. Ajouter les morceaux de courgette et laisser cuire 15 minutes en remuant souvent jusqu’à ce que les courgettes aient rendues toute leur eau. Retirer du feu puis verser les courgettes dans la première poêle contenant les oignons et l’ail.

Assaisonner : sel, poivre et origan. Cuire à feu moyen encore 5 minutes.

Verser les œufs sur la préparation et remuer jusqu’à ce que les œufs soient cuits, environ 5 minutes.

Servir très chaud ou tiède.

 

ingrédients

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plat

plat

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GOUMIERS , HARKIS , MOGHAZNIS : soldats de l’Algérie française

Posté par lesamisdegg le 25 septembre 2017

Goumiers , Harkis et Moghaznis, gardiens de la paix, au Maroc, en Algérie française.

Siba, en arabe  signifie « anarchie » -c’est une forme de contestation-  s’oppose au terme Makhzen . Au cours de son histoire le Maroc a connu des périodes d’instabilité. Certaines régions du Maroc ne connaissaient pas l’influence de l’État, notamment au Moyen Atlas au Haut Atlas dans le Rif et dans la Chaouia. Il existait, par ailleurs, des luttes intestines au sein de la famille du Makhzen, l’appareil étatique marocain. L’expression « bled el makhzen », désigne l’espace où l’État exerce son autorité, s’oppose à « bled siba », espace non soumis à l’autorité centrale du pays.

Pour le bled siba les espagnols utilisèrent l’expression « moros de guerra » -maures de guerre-du 16ième au 15ième siècle. Pour rétablir l’autorité de l’état-le makhzen-, en bled siba, le sultan utilisait des harkas composées de harkis-employés temporairement le temps d’une harka- au delà des soldats permanents du makhzen, les mokhaznis. Pour le bled makhzen les espagnols utilisèrent l’expression « moros de paz »-maures de paix- et leurs supplétifs indigènes étaient des almogataces-pluriel d’almogataz, mot dérivé de l’arabe al mokhazni-.

moghaznis 1961

moghaznis 1961

harkis 1959

harkis 1959

goumiers marocains 1955

goumiers marocains 1955

Les officiers des affaires indigènes, héritiers des bureaux arabes, vont créer les goums et leurs goumiers, les moghaznis, et les harkis.

GOUM – ar tribu, groupe-formation militaire indigène -

HARKI Soldat d’Algérie française qui servait dans une harka. L’administration française utilise toujours des harkas, troupes indigènes recrutées sur place (arabe [ḥarka], expédition, opération militaire) dont les soldats sont appelés harkis (Lanly1962, p. 60).

 

 

 

 

Les moghaznis étaient des supplétifs des Sections administratives spécialisées et les sections administratives urbaines de l’armée française durant la bataille d’Algérie française. Au nombre de 20 000, ils étaient chargés de protéger les SAS.

 

 

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SIDI-BRAHIM 09 1845

Posté par lesamisdegg le 18 septembre 2017

 Djemaa Ghazaouet-NEMOURS-,
26 septembre 1845, fin de journée… Seize hommes blessés et épuisés sont recueillis par la garnison venue à leur rencontre: il s’agit du caporal Lavayssière, de quatorze chasseurs et du hussard Nataly. On les écoute. Ils racontent leur marche terrible de trois lieues sous le soleil de plomb, constamment harcelés par les Arabes contre lesquels ils ont dû lutter la baïonnette, car il y avait longtemps qu’ils n’y avaient plus de munitions. Ils étaient près de quatre-vingt, formés en carré, les blessés au centre dont l’épuisement obligeait à de fréquents arrêts lentement, environnés d’ennemis, vers Djemaa Ghazaouet qu’il leur fallait atteindre à tout prix. Leur fatigue était immense, mais surtout la soif les torturait, lorsqu’ils parvinrent dans le lit de l’oued Mersa, à deux mille mètres de leur objectif. De l’eau, enfin ! Ils se jetèrent sur elle, mais les hommes de la tribu des Ouled Ziri les attendaient et ce fut un carnage. Déjà blessés, le capitaine de Géreaux et le lieutenant de Chappedeleine ont été tués les premiers… Seuls seize personnes ont survécu.
Tout a commencé le 21 septembre 1845 …
Depuis le début du mois, l’émir Abd el-Kader, du Maroc où il s’est réfugié, a entrepris de soulever les tribus dont beaucoup, sur la frontière, se sont ralliées à la France. Ce jour là, le caïd Trari, sous prétexte d’appeler les Français au secours, entraîne en réalité les troupes françaises dans un piège. Commandant les troupes basées à Djemaa Ghazaouet, le colonel de Montagnac prend la tête d’une petite colonne destinée à lui porter secours : soixante cavaliers du 2e hussard (chef d’escadrons Courby de Cognord) et 350 chasseurs du 8e Chasseurs d’Orléans (chef de bataillon Froment-Coste), le tout avec six jours de vivres. La troupe part le jour même à vingt-deux heures et bivouaque à quinze kilomètres environ à l’ouest de Djemaa Ghazaouet.
Le 22 au matin, Trari oriente Montagnac vers le sud-est et la troupe campe après huit kilomètres, vers 13 heures, le long de la piste, en pleine campagne. A ce moment, quelques cavaliers arabes sont visibles sur les crêtes qui barrent l’horizon à l’ouest. On échange à distance les premiers coups de feu.
Le 23 à l’aube, Montagnac décide de se porter vers le petit parti de cavaliers ennemis aperçu la veille. Il laisse à la garde du bivouac, le commandant Froment-Coste, le capitaine de Géreaux et des éléments de sa compagnie – la 8e – de carabiniers, le capitaine Burgard et sa 2e compagnie. Puis, il se porte vers l’ouest avec l’escadron de hussards, les 3e, 6e, 7e compagnies et 3e escouades de la 8e compagnie du 8e bataillon de Chasseurs. Ils font alors environ quatre mille mètres vers l’ouest lorsque, des crêtes environnantes, surgissent cinq à six mille cavaliers, menés par Abd el-Kader en personne et qui fondent sur la petite colonne.
Les hussards chargent, Courby de Cognard est blessé, mais les cavaliers sont submergés et bientôt anéantis (un escadron du 2e Régiment de Hussards garde fidèlement la tradition et le souvenir de ces combattants tombés non loin du marabout de Sidi-Brahim, aux côtés de leurs camarades du 8e Chasseurs d’Orléans). Les trois compagnies de Chasseurs forment alors le carré et tentent de faire face. Au milieu d’elles, Montagnac est tué. On charge par compagnie pour se dégager. Cette lutte va durer trois heures, avant que, disloquées et dispersées, les unités du 8e d’Orléans ne succombent entièrement sous le nombre.
Averti au bivouac par le maréchal des logis Barbue du 2e Hussards, le commandant Froment-Coste, auquel Montagnac demande des renforts, se précipite avec la 2e compagnie vers le combat qui se déroule à quatre kilomètres de lui. Il ne fait pas deux mille mètres, lorsque les Arabes, qui ont vu son mouvement sur ce terrain dégagé, l’interceptent, l’entourent et donnent l’assaut… Froment-Coste est tué, le capitaine Dutertre, adjudant-major, est fait prisonnier… La lutte est acharnée mais brève et, bientôt, il ne reste plus qu’une douzaine de chasseurs que l’adjudant Thomas, au moment de tomber aux mains de l’ennemi, exhorte à se battre jusqu’au bout sur les corps de leurs officiers.
Après un vain essai de se porter au secours de ses compagnons de la 2e compagnie, le capitaine de Géreaux, qui a la responsabilité du bivouac, assiste impuissant à la lutte sans issue de cette unité qui se déroule à deux kilomètres de lui. Puis, il prend conscience qu’au moment où son tour sera venu de supporter tout le poids de l’attaque adverse, il ne pourra rien faire dans ce terrain plat et inadapté à la défensive. A mille mètres de là, vers l’est, se dresse cependant le petit édifice de la Kouba du marabout de Sidi-Brahim, flanquée de quelques figuiers et entourée d’un mur de pierres sèches. C’est là que Géreaux décide de s’installer pour se battre en attendant du secours. Il rameute alors ce qui reste de sa compagnie, ainsi que les trois escouades de la 3e compagnie, avec le caporal Lavayssière, qui sont à la garde du troupeau et des bagages et fournissent les grands gardes : soit environ quatre-vingt fusils.
La matinée s’achève, le mouvement est rapidement exécuté dans la chaleur accablante de ce début d’après-midi. Il n’échappe pas à Abd el-Kader dans cette grande plaine inondée de soleil, où tout se voit à grande distance. L’émir espère sans doute écraser facilement les restes de la colonne française, mais ses troupes vont se heurter, pendant trois jours et trois nuits, à la résistance des quatre-vingt Chasseurs.
Dans l’après-midi du 23, les Arabes se massent autour de la Kouba et donnent l’assaut. Les harcèlements sont permanents, les vivres et les munitions s’épuisent mais, malgré; le manque d’eau, les Chasseurs ne cèdent pas. Dès le début, le capitaine de Géreaux a fait confectionner un drapeau tricolore de fortune pour attirer l’attention de la colonne de Barral qui, avec le 10e Bataillon de Chasseurs d’Orléans, opère non loin à partir de Lalla Marnia. Non sans attirer le feu de l’ennemi, Lavayssière, aidé du chasseur Strapponi, hisse le drapeau au sommet d’un figuier qui se dresse près du Marabout… et là, dans la lunette qu’il a emprunté au capitaine de Géreaux, il voit la colonne Barrel, attaquée à son tour, s’éloigner dans la plaine (on saura plus tard que le commandant d’Exea du 10e, était d’avis d’aller de l’avant).
Les hommes d’Abd-el-Kader vont dès lors tout faire pour faire céder la résistance inattendue que leur opposent les Chasseurs retranchés dans le marabout de Sidi-Brahim. Par trois fois, ils les somment de se rendre. A la première sommation, Géreaux répond que ses Chasseurs et lui préfèrent mourir. A la seconde, assortie de menaces contre les prisonniers, il répond encore que ses Chasseurs et lui sont à la garde de Dieu et attendent l’ennemi de pied ferme. A la troisième, Géreaux, blessé, ne peut répondre lui-même. Lavayssière s’en charge et ayant emprunté le crayon du capitaine, écrit : M… pour Abd el-Kader !
Les Chasseurs d’Orléans se font tuer mais ne se rendent jamais. Après les sommations viennent les menaces et bientôt les exécutions. C’est d’abord le capitaine Dutertre, fait prisonnier le 23, qui, amené devant la murette, crie à ses camarades : Chasseurs, si vous ne vous rendez pas, on va me couper la tête. Moi, je vous dis, faites-vous tuer jusqu’au dernier plutôt que de vous rendre. Quelques instants plus tard, à des fins d’intimidation, sa tête tranchée est promenée autour de la Kouba, bien en vue de ses défenseurs.
Ce sont alors les prisonniers des combats précédents qui sont traînés de même, les mains liées. Couchez-vous !, hurle Lavayssière, qui fait aussitôt déclencher une fusillade sur l’escorte d’Abd el-Kader qui se trouvait à proximité, atteignant même l’émir à l’oreille. Enfin c’est le clairon Rolland qui, aux mains de l’ennemi, reçoit l’ordre sous menace de mort, de sonner la retraite. Il s’avance et vient, à pleins poumons sonner la charge
Les jours passent et la résistance ne faiblit pas. Les secours n’arrivant pas, Géreaux, de plus en plus affaibli mais qui a gardé le commandement, se rend compte que la situation est sans issue. Il décide de tenter une percée et d’essayer de regagner Djemmaa Ghazaouet, à près de quinze kilomètres de là. Le caporal Lavayssière qui, depuis le début s’est révélé un homme d’action exceptionnel, prend le commandement du détachement car les officiers (Géreaux, Chappedeleine, Rozagutti), tous blessés, ne sont plus en état d’assurer cette mission.
Le 26 septembre à l’aube, on escalade la face nord de la Kouba, on bouscule les petits postes arabes complètement surpris et, formé en carré, les blessés au centre, la troupe se met en marche dans la plaine sous le soleil qui monte. L’épreuve va durer toute la journée… On connaît la suite et l’issue douloureuse de cette marche épuisante qui va connaître un dénouement tragique dans le lit de l’oued Mersa, à 2 kilomètres de Djemmaa Ghazaouet. Dans la journée du 26 et les jours qui suivent quelques rescapés de la colonne Montagnac parviendront à rejoindre Djemaa Ghazaouet. Plusieurs succomberont à leur épuisement et à leurs blessures.
Dès le début, le nom de Sidi-Brahim connut un retentissement extraordinaire. Ce qui frappa, ce fut la volonté collective, la cohésion de cette troupe, l’accord intime et la communauté de réaction des cadres et des Chasseurs dans leur farouche résistance à la faim, à la soif à la chaleur, aux menaces, témoignant d’un état d’esprit bientôt connu comme l’esprit Chasseur .Ce fut aussi l’extraordinaire autorité d’un simple caporal, bel exemple pour ses successeurs, dénotant la qualité d’une instruction et d’une formation morale.
Les restes des héros de Sidi-Brahim furent rassemblés à Djemaa Ghazaouet (Nemours) dans le Tombeau des Braves, ils furent ramenés en France en 1962 et déposés dans le musée des Chasseurs au château de Vincennes en 1965. Ils y reposent encore aujourd’hui.
09 1845 défense hérïque du marabout de Sidi-Brahim

09 1845 défense héroïque du marabout de Sidi-Brahim

combats de djemaa-ghazaouët

combats de djemaa-ghazaouët

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