MARGUERITTE avril 1901: l’héroïque institutrice

Posté par lesamisdegg le 26 avril 2017

L’héroïque madame Goublet

En 1901, il y eut en Algérie, dans la province d’Alger, une révolte des indigènes, qui atteignit de graves proportions au village de Margueritte. Mme Goublet, l’institutrice, réussit, par son courage et son sang-froid, à préserver de toute atteinte les enfants et les femmes qui étaient accourus chercher un refuge dans l’école.

Il était une heure. La cloche de l’école venait de sonner la rentrée, quand un cri retentit : « Les Arabes se révoltent ! »

Aussitôt l’institutrice ordonna à ses élèves de regagner leurs places et, s’asseyant elle-même à son bureau comme d’habitude, elle leur dit «  Soyez tranquilles ! Avec moi, vous n’avez rien à craindre. » Il y avait là soixante enfants, dont trente fillettes de dix à quatorze ans, exposés aux pires dangers.

On entendait à quelques pas les vociférations des forcenés qui, en quelques minutes, avaient déjà commis plusieurs assassinats et qui saccageaient et pillaient. Les détonations des armes, le tumulte de la rue, le fracas des portes, des volets, des meubles brisés dans les habitations assaillies, achevaient de produire l’épouvante et l’effroi. Dans la classe, pas un mouvement, aucune parole ; tous les regards étaient dirigés vers la maitresse, qui demeurait calme, s’efforçant d’inspirer aux autres une confiance qu’elle n’avait pas.

Le logement de l’institutrice a subi deux attaques. Les portes gardent l’empreinte d’une balle, les marques des pesées exercées au moyen d’une barre à mine. Les Arabes, tout d’abord, s’emparèrent du cheval de M. Goublet et forcèrent celui-ci à les suivre.

Vers deux heures, un des révoltés qui tenait une auberge indigène à Margueritte, pénétra dans la classe, brandissant au-dessus de sa tête la hache qui lui avait servi à forcer la porte. A cette vue,  les femmes et les enfants poussèrent un cri, un seul, formidable et terrible. Mme Goublet leur imposa silence : « Que veux-tu ? dit-elle au chenapan. Le fusil de ton mari. Tu l’auras » .Et le prenant par le bras, elle l’entraina dans ses appartements. L’Arabe, muni de l’arme, traversa de nouveau la salle et, devant tous, l’institutrice lui fit promettre de respecter l’école.

Une heure plus tard, il y eut encore dans la classe un moment de véritable terreur. Des rebelles à cheval et armés jusqu’aux dents se plantèrent devant l’école et, du haut de leurs selles, par les fenêtres, essayèrent de voir dans l’intérieur. Qu’allaient-ils faire ? Il fallait mettre fin à ce supplice, Mme Goublet sort, va droit aux cavaliers : « Que voulez-vous ?  De l’argent ? Vous savez bien que je suis pauvre. Tiens, toi, Moktar, voilà un sou, va prendre une tasse au café maure » .Les brigands déconcertés, s’éloignèrent en riant

Ce ne fut que vers cinq heures que les malheureux que l’école abritait, entendant la fusillade et voyant les révoltés fuir au triple galop de leurs montures, comprirent que les troupes étaient arrivées et qu’ils étaient enfin sauvés. Les parents vinrent à la hâte chercher leurs enfants et pleurèrent de joie en les retrouvant sains et saufs.

 

Le Vétéran 03 1912

l'hérïque institutrice de Margueritte

l’héroïque institutrice de Margueritte

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Le CABASSETTE et le COUFFIN

Posté par lesamisdegg le 17 avril 2017

Au fond d’un placard, le cabassette et le couffin s’ennuyaient beaucoup. Depuis qu’ils avaient quitté leur pays natal, ils ne sortaient plus du tout. Alors, ils se racontaient des histoires pour tromper leur ennui, surtout celles qui parlaient de leurs anciennes et nombreuses sorties, quand ils accompagnaient la famille au marché, en forêt ou en bord de mer.

 

Ainsi, à Pâques, on les remplissait de ce qu’il y avait de meilleur sur terre ; le cabassette disait qu’il transportait la soubressade, la calentica, le boutifar, les poivrons grillés, les anchois, les dattes et les figues sèches, les cocas, les mantécaos, sans oublier le bon selecto et le fameux Mascara.

 

Le couffin se vantait d’être plein de zlabias au miel, de douces oreillettes, de makrouts, de la belle mona, sans oublier les succulents rollietes. Ils étaient tellement lourds qu’ils n’en pouvaient plus, surtout s’il fallait tenir jusqu’à la forêt de Sidi-Ferruch ou la montagne des Lions, pleines de monde.

 

Là, au milieu des cris de joie, on commençait à les vider, les tramousses et les variantes étaient sortis en premier car, avant le repas, on sirotait bien sur l’anisette traditionnelle en trinquant à la bonne santé de tous.

 

Puis, au milieu d’une joyeuse ambiance, on déballait tout, et chacun se servait, tous les membres de la famille pouvaient commencer à se régaler.

 

Dans la soirée, pour le retour à la maison, le cabassette et le couffin maintenant si légers, pensaient à faire les courses dès le lendemain matin ; ils continueraient ainsi à déambuler dans les allées du marché où ils seraient remplis de ces bonnes choses qui faisaient leur fierté.

 

Bien longtemps après, alors qu’ils se lamentaient toujours, une main amie qui les avait bien connus, leur apporta un grand réconfort, et pour ne pas qu’ils tombent complètement dans les oubliettes, ils furent sortis du placard pour aller faire des commissions.

 

Réconfortés, ils purent se dire qu’on ne les avait pas laissé tomber, pour enfin revivre en pensant à la journée de la MONA.

 

In Connu 2012 05 19

le jour de la mona aux planteurs à ORAN- by PALLES-

le jour de la mona aux planteurs à ORAN- by PALLES-

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MONA-mouna-

Posté par lesamisdegg le 16 avril 2017

Après la « mére des batailles » et la « mère des bombes »  voici ………..

la MONA des MONES , la Mouna des Monèss !!

mouna Jean BRUA 2016

mouna Jean BRUA 2016

« Ma mère, ma sœur et les autes femmes de la maison, elles travaillent dedans les plats en terre vernite pluss que quat’jours pour faire les monès (1). Mon père qu’il est aveugue, le pôve, i donne un coup de main pourquoi la pâte elle fatigue de remuer. Chaque coup que je rentre dedans la cuisine pour oir, toutes les femmes elles m’engueulent à cause que je fais venir les gâteaux aigues.

« Allez, foutche (2) ! On l’a pas besoin de toi par ici ! » elle me dit Chicanelle, qu’elle a la colle du cerf-volant (3) jusqu’en haut les bras. Par-terre, c’est tout plein de l’eau, des peaux d’œuf, du gouillat (4), des peaux de la soubressade, des peaux du formage, des papiers de beurre et tout.

On s’a fabriqué pluss de trois qualités des gâteaux pour aller se les manger à la Pointe (5), tous ensemble. La mère à Nini, qu’elle travaille les guêtres, elle s’a porté la machine à coudre à le Mont-de-Piété et d’un peu ma sœur elle me chope la montre en argent du temps que je dors, pour se l’envoyer à la place Bugeaud (6).

De la castagne que j’y a foutue, j’y a sorti une oreille comme un beignet arabe :

- Vends-toi ton bracelet à toi et laisse la montre ici, bougue de voleuse !

Elle a fait fâché. Qu’ça m’fout, à moi ?

À présent, chaque coup que je me couche, je m’attache les effets à le fer du lit, et je m’embusque la montre en-dessous la paillasse. »


« Ma parole, les femmes elles font catholiques rien que pour les monès. Les monès, c’est pluss que quand on fait la première communion. On pense plus à les autes choses. Pour baliyer, laver le linge, les assiettes, arranger le lit, faire le manger, personne i marche.

À bon matin, chaque femme elle s’attrape son plat et vinga d’écraser la pâte, de monter les gâteaux dessur les planches en tendant qu’on s’les porte à le four. Les hommes i se nettoyent les petits barils ; i s’anrangent la guitare ; i s’attachent les couvertes pour faire la tente vec les bâtons. Après, i se louent le carrosse arabe (7) et i s’en vont soigir la place bonne à la mer, vec tout le bazar.

Moi, je fais le roseau (8) jusqu’à temps qu’on jette le signal qu’on commence la fête. Demain nous allons. Challah ! ».

1 Orthographe valencienne.

2 Fiche le camp !

3 La fabrication du cerf-volant utilisait une colle rudimentaire à base de farine.

4 Synonyme probable de « bagali ».

5 Pescade, évidemment.

6 Siège du Mont-de-Piété. Par parenthèse, le recours aux fonds de « ma tante » pour acheter de quoi faire la cassouela de Pâques donne une idée de la condition des « colons » babelouédiens de ce temps.

7 Voiture à bras.

8 Tirer la flemme.

Jean BRUA

 

 

 

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La bataille d’ALGER

Posté par lesamisdegg le 10 avril 2017

La bataille d’Alger a opposé, en 1957 à Alger la 10e D.P.aux terroristes fells .

À la suite des nombreux attentats perpétrés contre la population par les fells, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu pour démanteler l’organisation terroriste et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à octobre 1957.

Le 8 janvier 1957, Massu entre dans la ville avec10 000 paras et proclame la loi martiale. Les fells répliquent par des attentats et une grève générale qui débute le 28 janvier. En réaction, l’armée divise la ville en secteurs et ceinture les quartiers musulmans. Elle procède à des arrestations massives pour obtenir des informations. Cette stratégie permet de démanteler l’organigramme de la Zone autonome d’Alger forçant ses dirigeants à quitter Alger et l’arrestation de ses membres clés, Larbi Ben M’hidiYacef Saadi et l’élimination d’Ali la Pointe.

La bataille est remportée par l’Armée française qui a éradiqué les attentats et la guérilla urbaine , l’ordre est rétabli. Les Français d’Algérie qui ont subi durant trois mois les attentats terroristes des fells n’oublient pas le général Massu qui a gagné la « bataille d’Alger », et le soutiendront en mai 1958, lorsqu’il crée le Comité de Salut Public, puis une seconde fois lorsque, après avoir critiqué la politique algérienne du de Gaulle, il est muté en métropole, ce qui provoque la semaine des barricades.

Miss Wiky

 

paras en Alger

paras en Alger

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Printemps 1925 à ORAN

Posté par lesamisdegg le 21 mars 2017

Enfin, le beau temps est revenu. Dans le ciel de lapis-lazuli où voguent quelques nuages floconneux, pareils à un troupeau de nomades moutons, le soleil resplendit animant le paysage de ses rayons. C’est à présent qu’il fait bon se lever avant l’aurore.

Je ne connais rien de plus délectable que de partir vêtu d’un léger costume, mon chien fidèle trottinant à mes chausses, vers les hautes falaises qui dominent la Cueva del Agua et le Ravin blanc. L’air du large fortement saturé d’iode, pénètre en mes poumons, les dilatants d’extase. Sur les flots, là-bas, vers l’horizon s’attarde une buée légère, le dernier voile de la nuit. A mes pieds, au fond de l’abîme, les vagues, doucement, caressent les rochers. L’onde est transparente, d’un bleu d’émeraude, jamais troublé Le port s’éveille et la cité aussi. Dans les branches des ficus et d’un caroubier, les oiseaux pépient joyeusement. D’un petit jardin tout proche me parviennent les senteurs des fleurs printanières. Et je songe que la nature lance vers le ciel, vers l’Etre suprême, Dieu ou toute autre divinité, son encens, les doux parfums des fleurettes, et ses actions de grâces, les chants des oiseaux.

Le train siffle, soudain, sur les quais. La sirène d’un bateau lui répond. Aussitôt après, c’est le bruit incessant des treuils et des grues, les cris des portefaix, qui me parviennent vaguement, comme le clapotis des lames contre la falaise là, en bas. L’orient où stagnait un nuage effiloché se colore soudain, d’un ton d’orange mûre à point, tandis que le nuage s’empourpre tout à coup. Puis le disque du soleil, éblouissant, s’élance vers le zénith. J’entends là-bas, vers la place d’armes, le crissement aigu des roues des premiers tramways glissant sur les rails. L’heure de rejoindre le labeur quotidien étant proche je retourne au logis, l’esprit et le corps plus dispos.

José STÉFANI-POQUET

ORAN au printemps A. FERRANDO

ORAN au printemps
A. FERRANDO

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Pieds-Noirs et macron

Posté par lesamisdegg le 2 mars 2017

Plus fell que les fellagas , le macron !

Ce candidat à la présidence de la République française, cet ex-banquier soutenu par les plus obscures puissances  économiques internationalistes, est parti recevoir le sacrement du bouss-bouss en Alger en février dernier . Ceci n’a pas évité à nombre de ses compétiteurs se faire éliminer de la compétition ! Ah le mauvais œil ! Peut être cette cérémonie d’intronisation, très bourgeoise aurait dit Molière , aura-t-elle ouvert les mannes de pétrodollars et de votes des binationaux établis sur les deux de la Méditerranée .

En tout cas toute cérémonie a un cout . Pour commencer à rembourser sa dette , le macron s’en fut donner une entrevue sur petit écran .Il avait en amont retenu les éléments de langage de sa conseillère constantinoise , puis retenu les salamalecs des islamistes et fells du cru.

Le contenu de ses propos anticolonialistes en fait un avorton de janissaire de ce nouveau siècle . Il a le droit de se vendre à qui il veut , et les tarifs sont libres dans ce métier là .

Mais là ou le bat blesse , là ou la ligne rouge est franchie , là ou son ignorance est criminelle , c’est quand il veut parler des Pieds-Noirs.

D’abord il les confond avec des « expatriés« -travailleurs français à l’étranger- ,

ensuite il ne sait pas de qui il parle « les Pieds-Noirs comme d’aucuns emploient le terme »

avant de lâcher fielleusement qu’on ne peut leur dire

« vous n’avez rien été , vous êtes simplement des criminels « 

Ce sont ces dernières déclarations qui sont inacceptables , inexcusables  et condamnables .

Leur caractère raciste , négationniste , ostracisant ressemble trop aux discours tenus au siècle dernier par les dirigeants de sinistres régimes criminels cherchant à légitimer les nettoyages ethniques qu’ils allaient entreprendre . Ceux-là et d’autres ont commis des crimes contre l’humanité . En reprenant cette phraséologie le macron se fait le complice de ces barbaries , et notamment des crimes de masse de Français d’A.F.N. commis de 1954 à 1964 par ses alliés.

Voilà bien la marque d’une indignité qui conduira à la condamnation , puis à l’élimination du triste sire , de la course présidentielle.

Al Gérianie

02 2017

02 2017

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CORSO de carnaval

Posté par lesamisdegg le 1 mars 2017

Le corso, ou corso fleuri, est un défilé de chars se déroulant dans la rue .Ce nom d’origine italienne signifie, « rue », parfois « promenade publique ». Celui-ci, coïncide souvent avec l’arrivée du printemps, des carnavals, qui reste attachée à la fin de l’hiver, autour du Mardi gras.

À la fin du XIXe siècle, les corsos étaient composés surtout de charrettes décorées de branchages et de fleurs. Les participants étaient bien souvent grimés comme pour Mardi gras.

Ces chars étaient à l’origine tirés par des chevaux, parfois des bœufs .  À cette époque, ces défilés de chars étaient appelés cavalcades, car en général tirés par des chevaux. On retrouve cette appellation, par exemple, au Carnaval de Paris, où les grands cortèges de 1896 et 1897 de la « Promenade du Bœuf Gras », furent baptisés « Cavalcade du Bœuf Gras ».

C’est vers le milieu du XXe siècle qu’apparaît le mot « corso ». Après la guerre de 1914-1918, quelques voitures, parfois petits camions, sont décorés et se mêlent aux chars traditionnels. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est l’apparition des premiers tracteurs

corso du carnaval de Bizerte en 1903

corso du carnaval de Bizerte en 1903

 

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1830 Algérie libérée!

Posté par lesamisdegg le 23 février 2017

Le 14 juin 1830, ne faisait que commencer un processus long et complexe qui produira l’Algérie. L’action militaire du gouvernement de Charles X déclinait les débats et décisions du
Congrès d’Aix la Chapelle réuni douze ans plus tôt, -du 29 septembre au 21 novembre 1818-, Les puissances de l’époque, avaient débattu d’un sujet qui les préoccupait toutes depuis le 17ème siècle. Il s’agissait de savoir : comment mettre fin à la piraterie esclavagiste qui affligeait la navigation commerciale dans les eaux méditerranéennes et exposait constamment, aux razzias des pirates « barbaresques », les équipages et les populations côtières ou proches des côtes? Comment en finir, définitivement, avec le trafic esclavagiste, dont la base logistique et stratégique n’était autre que l’Alger Ottomane, se demanderont alors les représentants des grandes puissances de l’époque.

La France des Bourbons souhaitait réintégrer le concert des nations après la défaite napoléonienne.

A cet effet mission fut confiée à la France pour que soient libérés :

les mers et les océans de la piraterie , véritable djihadisme maritime
le commerce international du tribut barbaresque humiliant
les Chrétiens européens et des noirs africains animistes de l’esclavage
les juifs de la Régence de leur dihmitude millénaire
les biens piratés de leurs recéleurs
les bagnes de leurs esclavagistes
les tribus arabo-berbères du colonisateur ottoman… ..
……bien sur au prix de cruelles batailles menées par l’Armée d’Afrique avec l’aide de valeureuses troupes indigènes , contre de fanatiques obscurantistes.

 

alger 1818

alger 1818

congrès 1818

congrès 1818

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MAZAGRAN-de la défense héroïque de-

Posté par lesamisdegg le 3 février 2017

En octobre 1839, l’expédition des Portes de Fer est organisée par le gouverneur général Valée et le duc d’Orléans : elle vise à relier par voie terrestre Alger et Constantine (prise en 1837) et à conforter l’emprise française sur le nord de l’Algérie. Considérée par l’émir Abd el-Kader comme une violation du traité de la Tafna qu’il avait signé en mai 1837 avec le général Bugeaud, cela aboutit à la reprise de la guerre en novembre, avec notamment l’attaque de la plaine de la Mitidja (20 novembre).L’armée française est alors placée dans une position défensive, en attendant des renforts pour reprendre l’initiative. Ben Tami, lieutenant d’Abdel Kader, à la tête de plusieurs milliers de cavaliers , prend la route de Mostaganem. Ils sont une première fois stoppés le 15 décembre devant le village de Mazagran, situé à 4 km de là, par le feu nourri d’un bataillon français qui y stationne. Les Français se replient ensuite dans un fortin dont le siège commence. Mais Ben Tami s’aperçoit que celui-ci dispose d’une source d’eau, il décide donc de lancer l’assaut le 3 février 1840.

 

Philippoteaux, Défense de Mazagran, février 1840

défense héroïque de MAZAGRAN février 1840

défense héroïque de MAZAGRAN février 1840

« La province d’Oran devint presque en même temps que celle d’Alger le théâtre de la guerre sainte. Au commencement du mois de février les beys de Mascara et de Tlemcen vinrent, à la tête de douze mille hommes, attaquer le réduit fortifié de Mazagran, défendu seulement par cent vingt-trois hommes du premier bataillon d’Afrique, sous les ordres du capitaine Lelièvre.

Voici l’ordre du jour adressé par le général Guéhéneuc aux troupes de la division d’Oran :
« L’attaque a duré cinq jours : la force totale de l’ennemi est estimée à douze mille hommes, d’après les calculs les plus modérés; il avait avec lui deux pièces d’artillerie.
« Le 3 février, entre dix et onze heures du matin, une colonne de huit cents hommes est venue attaquer le réduit de Mazagran… La ville, n’étant point occupée, fut envahie en un instant par l’ennemi : une vive fusillade s’engagea de part et d’autre ; l’artillerie ennemie ouvrit son feu : la nuit mit fin au combat.
« Le 4 l’ennemi, plus nombreux que la veille, renouvela l’attaque, qui commença à six heures du matin et dura jusqu’à six heures du soir, et fut encore repoussé avec perte.
« Le 5, nouvelle attaque, qui eut le même sort que les précédentes.« L’artillerie des Arabes ayant fait brèche dans les murs de Mazagran, la garnison profita de la nuit pour réparer les murailles, panser les blessés et se préparer à de nouveaux combats.

Enfin le 6 l’ennemi fit une tentative désespérée pour se rendre maître de ce poste : une colonne de deux mille fantassins donna l’assaut ; l’ennemi parvint jusque sur la muraille ; mais, grâce à l’intrépide opiniâtreté de la garnison, il fut repoussé, tantôt à coups de baïonnettes, tantôt avec des grenades, et même à coups de pierres. Ce fut son dernier effort : entièrement découragé, il se retira, abandonnant l’attaque et ses positions »

 

ben-Ali-ben-Abi-Taleb, cousin germain et beau-frère de l’émir :

« De cet endroit (Tagdemt), j’allais rejoindre El hadj Mostafa, Khalifa de Mascara. Les contingents arabes et les soldats étaient campés près d’Oran. Avec eux nous nous dirigeâmes sur Mazer’eran (Mazagran). La ville fut entourée de toutes parts. Les soldats se précipitèrent aux murailles. Nous pointâmes une pièce de canon qui abattit la hampe à laquelle ils arboraient le drapeau. Certain jour, un homme du nom de Sid Mohamed ben Mezrona’, bach-kateb (trésorier) des soldats, répandit le bruit parmi ceux-ci que le sultan avait écrit de retourner ; les soldats partirent. C’était un mensonge. J’eus un cheval tué à ce siège. De retour auprès du sultan qui était revenu à Tak’edemt (Tagdemt), je lui rendis compte de ce qui était arrivé ; il destitua le bach-kateb. »

El-Hossin-ben-Ali-ben-Abi-Taleb, Histoire d’el hadj Abd-el-Kader

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DISPARUS français en ALGERIE

Posté par lesamisdegg le 30 janvier 2017

Une attente , un calvaire , une souffrance sans fin pour les familles privées de la sépulture pour réaliser leur travail de deuil.

 

DISPARUS européens en Algérie-silence d’état-

extraits d’interview

Jean-Jacques Jordi est docteur en histoire, et spécialiste de l’histoire des migrations en Méditerranée aux XIXe et XXe siècles, de l’Algérie, des colonisations et des décolonisations et de Marseille.» 

SILENCE d’ETAT» Un ouvrage dans lequel il révèle qu’il y a eu beaucoup plus d’Européens enlevés et disparus, après les Accords d’Evian et après l’indépendance de l’Algérie qu’en  » pleine guerre  » !

disparus français en algérie

disparus français en algérie

Ce constat stupéfiant est la conséquence tragique d’une politique de terreur menée par le FLN, avec parfois la complicité du pouvoir français. Jean-Jacques Jordi n’hésite pas à parler d’épuration ethnique quand il évoque les victimes européennes et s’étonne de l’acharnement post-mortem dont leur corps ont fait l’objet. Le travail de Jean-Jacques Jordi est sans manichéisme ni de parti pris. Son livre fait appel à des archives qui jusqu’ici n’avaient pu être consultées. Il nous permet d’appréhender scientifiquement une période trouble et oubliée de l’Histoire…

Première partie  Un tabou – Le nombre de disparus – Le FLN ne respecte pas les accords d’Évian – l’OAS un prétexte pour le FLN et le pouvoir Français – les camps d’internements et la torture – Des charniers – l’acharnement sur le corps des cadavres.

Seconde partie: Le massacre d’Oran 1962 – Qui a tiré ? – le général Katz – Associations de familles de disparus européens – le mur des disparus à Perpignan – Le manichéisme de certains historiens.

Jérôme Cortier : Sur la quatrième de couverture de votre livre « Silence d’État : les disparus civils européens de la guerre d’Algérie », vous précisez qu’écrire scientifiquement sur cette question c’est lever le dernier tabou de ce conflit. Pourquoi ce sujet a-t-il était tabou jusqu’à aujourd’hui ?

Jean-Jacques Jordi : Dans les relations entre la France et l’Algérie parler des disparus civils mettait mal à l’aise le gouvernement français et le gouvernement algérien. Le premier parce qu’il n’avait rien fait alors qu’il était au courant de toutes les exactions.
Et le second parce qu’il préférait prétendre avoir respecté les accords d’Évian en affirmant que si les français d’Algérie étaient partis c’est parce qu’ils avaient le sentiment de la peur. Alors que les archives nous révèlent que cette peur était due à une terreur bien réelle.

J.C. : Combien d’Européens disparus ?

J-J Jordi : 1583 européens disparus. C’est un chiffre à minima mais dont je peux assurer la véracité. Il faut bien préciser qu’un disparu est une personne qui a été enlevée et dont on ignore ce qu’elle est devenue.

J.C. : Vous déterminez trois phases d’enlèvements. Quelles sont-elles ?

J-J Jordi : De 1955 jusqu’aux accords d’Évian (18 mars 1962) , il y a à peu près 330 disparus civils. On pouvait s’attendre qu’après les accords d’Évian ce chiffre baisserait. Or, j’ai découvert qu’entre les accords d’Évian et la date d’indépendance (5 juillet 1962), c’est à dire en quelques semaines, il y en a près de 600. Donc deux fois plus en 4 mois qu’en 6 ans . Et je m’attendais à un recul de ce chiffre lors de l’indépendance et là encore les archives nous montrent que le phénomène prend de l’ampleur avec un nombre de disparus qui ne fait qu’augmenter.

J.C. : Peut-on donc considérer que les accords d’Évian n’ont pas été respectés par le FLN ? Et dans ce cas est-ce-que cela ne pouvait pas justifier une réaction du gouvernement français ?

J-J Jordi : Oui, le FLN comme l’ALN n’ont pas respecté les accords d’Évian. En ce qui concerne l’ALN par exemple, je me suis attaché à étudier les exactions que ces membres ont commis contre les casernes des militaires français. Du 19 mars au 26 mars, j’en ai compté 86.De la même manière, le FLN qui dit avoir respecté les accords d’Évian, se livre à des exactions contre les européens et contre les musulmans.

J.C. : Le pouvoir français a-t-il conscience qu’après les accords d’Évian, les populations européennes continueront à être en danger ?

J-J Jordi : Oui, car on est dans un climat de terreur qui a commencé quelques mois auparavant. Et la population européenne comme la population musulmane deviennent des enjeux pour le gouvernement français, comme pour l’ALN, le FLN et l’OAS.

J.C. : À propos de l’OAS, vous affirmez que la lutte contre cette organisation hostile à l’indépendance de l’Algérie fut un prétexte pour le FLN et l’État français.

J-J Jordi : En effet, les archives montrent très clairement que la tactique du FLN pour procéder à ces enlèvements a été de prétendre que désormais l’ennemi c’était l’OAS. Et sous prétexte de s’en prendre aux membres de l’OAS, ils s’en prennent à tous les européens sans distinction.

J.C. : L’OAS va donc devenir l’ennemi commun entre le FLN et le pouvoir français. Vous montrez d’ailleurs qu’une complicité se créer entre les deux, notamment au travers de la mission Choc.

J-J Jordi : Parfaitement. Il y a d’abord les barbouzes qui forment l’appât pour que l’OAS morde à l’hameçon. Et derrière on met en place la mission C constituée de policiers et de gendarmes et qui agissent en toute illégalité mais avec l’appui du pouvoir français.
Pour la mission C la cible c’est l’OAS et très tôt, dès janvier 1962, des liens vont se faire avec le FLN.

J.C. : Face à l’ampleur du nombre d’enlèvement, le FLN ouvre des camps d’internements. Ces endroits sont-ils connus par le pouvoir français ?

J-J Jordi : Du 19 mars jusqu’en octobre 1962, il y a près de 4000 enlèvements. Certains seront libérés, beaucoup seront retrouvés morts, et puis un peu plus de 1200 sont des disparus. Alors c’est vrai que face au nombre important de personnes enlevées, le FLN est obligé d’ouvrir des camps et de réquisitionner des maisons dans les quartiers musulmans afin de les séquestrer. Il faut préciser qu’il n’y a pas de directive de l’état-major du FLN donnant l’ordre de procéder à des enlèvements. En revanche, entre Alger et Oran , dans les wilayas 4 et 5, là on retrouve dans les archives certaines directives ordonnant à des exactions contre les européens.

J.C. : Vous consacrez plusieurs pages au massacre d’européens qui a eu lieu à Oran le 5 Juillet 62. Pour vous cette tragédie est l’étape finale d’un processus.

J-J Jordi : Le 5 juillet 62 à Oran c’est une manifestation, des coups de feu qui éclatent, et une véritable chasse à l’européen qui s’ensuit. Mais ce qui se déroule ce jour-là n’est pas un orage qui éclate dans un ciel serein. D’après les archives, il y avait, à partir de fin juin, une volonté des dirigeants de la wilaya, surtout du groupe d’Oujda, Boumédienne et Ben Bella, de contrôler tout les accès qui mènent à Oran. Et dès le 23 juin on note de nombreux enlèvements. En analysant les archives on se rend bien compte que tout est en place pour que quelque chose se passe le 5 juillet.
La volonté était de discréditer le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) en démontrant son impuissance à mettre de l’ordre. Car après Oran, l’objectif était d’intervenir sur Alger.

J.C. : Qui a tiré le premier ce 5 juillet ? Que pensez-vous de la thèse qui accuse les membres de l’OAS ?

J-J Jordi : Moi, la thèse de l’OAS je n’y crois pas. Dernièrement j’ai interrogé deux personnes très proches du dirigeant de l’OAS à cette époque, Claude Micheletti. Ils affirment que le 27 juin 62 le commando Colline est parti le dernier. Donc le 5 juillet, il n’y a plus de commando OAS. Alors ça peut être le geste d’un excité européen qui tire des coups de feu, mais les archives ne le montrent pas. Les journaux de marches et d’opérations que j’ai pu consulter, et tous les rapports d’enquêtes – il y a eu 4 rapports sur Oran – montrent que les premiers coups de feu qui éclatent à 11h20 ne viennent pas d’une terrasse, ni même des quartiers européens. Qui a tiré ?…. on ne sait pas.

J.C. : Combien de victimes sur cette journée ?

J-J Jordi : A peu près 650 victimes, dont la moitié sont des disparus enterrés au petit lac, et il faut ajouter une centaine de musulmans tués.

J.C. : Là encore l’armée est restée l’arme au pied.

J-J Jordi : l’armée ne bouge pas parce qu’elle a reçu l’ordre de ne pas bouger. D’ailleurs dans mon enquête je reviens sur le livre du général Katz parce qu’entre ce qu’il a signé en 1962 et son livre il y a une grande distorsion de la vérité….c’est là toute la différence qui existe entre la mémoire et l’Histoire….Katz n’a pas l’autorisation d’intervenir. Mais le code des armées lui donne le droit de défendre les français qui sont attaqués. Or il ne lèvera pas le petit doigt. Quelques soldats ont quand même désobéi et ont intercepté quelques commandos du FLN.

J.C. : De la difficulté que nous avons à parler de la guerre d’Algérie dans le débat public mais aussi au sein de l’université . On a le sentiment d’être constamment confronté à une vision manichéenne de la part d’historiens militants.

J-J Jordi : C’est un problème qui dure depuis une trentaine d’années en France. Moi je suis persuadé que nous avons des ouvrages scientifiques sérieux qui donnent une image – puisque l’histoire c’est aussi une reconstruction – la plus proche de la vérité et de la réalité historique. Sauf que ces ouvrages là ont beaucoup de mal à passer dans la société, mais aussi dans l’enseignement. Ils sont mis de coté par certains historiens qui les jugent trop militants sous prétexte qu’ils ne vont pas dans le sens de leurs convictions.
C’est la manifestation d’un manichéisme déplorable…. car, je le répète, nous avons tout pour faire une histoire de la guerre d’Algérie complète où tout puisse se dire.

Propos recueillis par Jérôme Cortier – riposte laïque -

 

Publié dans DISPARUS, HISTOIRE, LIVRES, MEMOIRE, TERRORISME | 1 Commentaire »

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