DISPARUS français en ALGERIE

Posté par lesamisdegg le 30 janvier 2017

Une attente , un calvaire , une souffrance sans fin pour les familles privées de la sépulture pour réaliser leur travail de deuil.

 

DISPARUS européens en Algérie-silence d’état-

extraits d’interview

Jean-Jacques Jordi est docteur en histoire, et spécialiste de l’histoire des migrations en Méditerranée aux XIXe et XXe siècles, de l’Algérie, des colonisations et des décolonisations et de Marseille.» 

SILENCE d’ETAT» Un ouvrage dans lequel il révèle qu’il y a eu beaucoup plus d’Européens enlevés et disparus, après les Accords d’Evian et après l’indépendance de l’Algérie qu’en  » pleine guerre  » !

disparus français en algérie

disparus français en algérie

Ce constat stupéfiant est la conséquence tragique d’une politique de terreur menée par le FLN, avec parfois la complicité du pouvoir français. Jean-Jacques Jordi n’hésite pas à parler d’épuration ethnique quand il évoque les victimes européennes et s’étonne de l’acharnement post-mortem dont leur corps ont fait l’objet. Le travail de Jean-Jacques Jordi est sans manichéisme ni de parti pris. Son livre fait appel à des archives qui jusqu’ici n’avaient pu être consultées. Il nous permet d’appréhender scientifiquement une période trouble et oubliée de l’Histoire…

Première partie  Un tabou – Le nombre de disparus – Le FLN ne respecte pas les accords d’Évian – l’OAS un prétexte pour le FLN et le pouvoir Français – les camps d’internements et la torture – Des charniers – l’acharnement sur le corps des cadavres.

Seconde partie: Le massacre d’Oran 1962 – Qui a tiré ? – le général Katz – Associations de familles de disparus européens – le mur des disparus à Perpignan – Le manichéisme de certains historiens.

Jérôme Cortier : Sur la quatrième de couverture de votre livre « Silence d’État : les disparus civils européens de la guerre d’Algérie », vous précisez qu’écrire scientifiquement sur cette question c’est lever le dernier tabou de ce conflit. Pourquoi ce sujet a-t-il était tabou jusqu’à aujourd’hui ?

Jean-Jacques Jordi : Dans les relations entre la France et l’Algérie parler des disparus civils mettait mal à l’aise le gouvernement français et le gouvernement algérien. Le premier parce qu’il n’avait rien fait alors qu’il était au courant de toutes les exactions.
Et le second parce qu’il préférait prétendre avoir respecté les accords d’Évian en affirmant que si les français d’Algérie étaient partis c’est parce qu’ils avaient le sentiment de la peur. Alors que les archives nous révèlent que cette peur était due à une terreur bien réelle.

J.C. : Combien d’Européens disparus ?

J-J Jordi : 1583 européens disparus. C’est un chiffre à minima mais dont je peux assurer la véracité. Il faut bien préciser qu’un disparu est une personne qui a été enlevée et dont on ignore ce qu’elle est devenue.

J.C. : Vous déterminez trois phases d’enlèvements. Quelles sont-elles ?

J-J Jordi : De 1955 jusqu’aux accords d’Évian (18 mars 1962) , il y a à peu près 330 disparus civils. On pouvait s’attendre qu’après les accords d’Évian ce chiffre baisserait. Or, j’ai découvert qu’entre les accords d’Évian et la date d’indépendance (5 juillet 1962), c’est à dire en quelques semaines, il y en a près de 600. Donc deux fois plus en 4 mois qu’en 6 ans . Et je m’attendais à un recul de ce chiffre lors de l’indépendance et là encore les archives nous montrent que le phénomène prend de l’ampleur avec un nombre de disparus qui ne fait qu’augmenter.

J.C. : Peut-on donc considérer que les accords d’Évian n’ont pas été respectés par le FLN ? Et dans ce cas est-ce-que cela ne pouvait pas justifier une réaction du gouvernement français ?

J-J Jordi : Oui, le FLN comme l’ALN n’ont pas respecté les accords d’Évian. En ce qui concerne l’ALN par exemple, je me suis attaché à étudier les exactions que ces membres ont commis contre les casernes des militaires français. Du 19 mars au 26 mars, j’en ai compté 86.De la même manière, le FLN qui dit avoir respecté les accords d’Évian, se livre à des exactions contre les européens et contre les musulmans.

J.C. : Le pouvoir français a-t-il conscience qu’après les accords d’Évian, les populations européennes continueront à être en danger ?

J-J Jordi : Oui, car on est dans un climat de terreur qui a commencé quelques mois auparavant. Et la population européenne comme la population musulmane deviennent des enjeux pour le gouvernement français, comme pour l’ALN, le FLN et l’OAS.

J.C. : À propos de l’OAS, vous affirmez que la lutte contre cette organisation hostile à l’indépendance de l’Algérie fut un prétexte pour le FLN et l’État français.

J-J Jordi : En effet, les archives montrent très clairement que la tactique du FLN pour procéder à ces enlèvements a été de prétendre que désormais l’ennemi c’était l’OAS. Et sous prétexte de s’en prendre aux membres de l’OAS, ils s’en prennent à tous les européens sans distinction.

J.C. : L’OAS va donc devenir l’ennemi commun entre le FLN et le pouvoir français. Vous montrez d’ailleurs qu’une complicité se créer entre les deux, notamment au travers de la mission Choc.

J-J Jordi : Parfaitement. Il y a d’abord les barbouzes qui forment l’appât pour que l’OAS morde à l’hameçon. Et derrière on met en place la mission C constituée de policiers et de gendarmes et qui agissent en toute illégalité mais avec l’appui du pouvoir français.
Pour la mission C la cible c’est l’OAS et très tôt, dès janvier 1962, des liens vont se faire avec le FLN.

J.C. : Face à l’ampleur du nombre d’enlèvement, le FLN ouvre des camps d’internements. Ces endroits sont-ils connus par le pouvoir français ?

J-J Jordi : Du 19 mars jusqu’en octobre 1962, il y a près de 4000 enlèvements. Certains seront libérés, beaucoup seront retrouvés morts, et puis un peu plus de 1200 sont des disparus. Alors c’est vrai que face au nombre important de personnes enlevées, le FLN est obligé d’ouvrir des camps et de réquisitionner des maisons dans les quartiers musulmans afin de les séquestrer. Il faut préciser qu’il n’y a pas de directive de l’état-major du FLN donnant l’ordre de procéder à des enlèvements. En revanche, entre Alger et Oran , dans les wilayas 4 et 5, là on retrouve dans les archives certaines directives ordonnant à des exactions contre les européens.

J.C. : Vous consacrez plusieurs pages au massacre d’européens qui a eu lieu à Oran le 5 Juillet 62. Pour vous cette tragédie est l’étape finale d’un processus.

J-J Jordi : Le 5 juillet 62 à Oran c’est une manifestation, des coups de feu qui éclatent, et une véritable chasse à l’européen qui s’ensuit. Mais ce qui se déroule ce jour-là n’est pas un orage qui éclate dans un ciel serein. D’après les archives, il y avait, à partir de fin juin, une volonté des dirigeants de la wilaya, surtout du groupe d’Oujda, Boumédienne et Ben Bella, de contrôler tout les accès qui mènent à Oran. Et dès le 23 juin on note de nombreux enlèvements. En analysant les archives on se rend bien compte que tout est en place pour que quelque chose se passe le 5 juillet.
La volonté était de discréditer le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) en démontrant son impuissance à mettre de l’ordre. Car après Oran, l’objectif était d’intervenir sur Alger.

J.C. : Qui a tiré le premier ce 5 juillet ? Que pensez-vous de la thèse qui accuse les membres de l’OAS ?

J-J Jordi : Moi, la thèse de l’OAS je n’y crois pas. Dernièrement j’ai interrogé deux personnes très proches du dirigeant de l’OAS à cette époque, Claude Micheletti. Ils affirment que le 27 juin 62 le commando Colline est parti le dernier. Donc le 5 juillet, il n’y a plus de commando OAS. Alors ça peut être le geste d’un excité européen qui tire des coups de feu, mais les archives ne le montrent pas. Les journaux de marches et d’opérations que j’ai pu consulter, et tous les rapports d’enquêtes – il y a eu 4 rapports sur Oran – montrent que les premiers coups de feu qui éclatent à 11h20 ne viennent pas d’une terrasse, ni même des quartiers européens. Qui a tiré ?…. on ne sait pas.

J.C. : Combien de victimes sur cette journée ?

J-J Jordi : A peu près 650 victimes, dont la moitié sont des disparus enterrés au petit lac, et il faut ajouter une centaine de musulmans tués.

J.C. : Là encore l’armée est restée l’arme au pied.

J-J Jordi : l’armée ne bouge pas parce qu’elle a reçu l’ordre de ne pas bouger. D’ailleurs dans mon enquête je reviens sur le livre du général Katz parce qu’entre ce qu’il a signé en 1962 et son livre il y a une grande distorsion de la vérité….c’est là toute la différence qui existe entre la mémoire et l’Histoire….Katz n’a pas l’autorisation d’intervenir. Mais le code des armées lui donne le droit de défendre les français qui sont attaqués. Or il ne lèvera pas le petit doigt. Quelques soldats ont quand même désobéi et ont intercepté quelques commandos du FLN.

J.C. : De la difficulté que nous avons à parler de la guerre d’Algérie dans le débat public mais aussi au sein de l’université . On a le sentiment d’être constamment confronté à une vision manichéenne de la part d’historiens militants.

J-J Jordi : C’est un problème qui dure depuis une trentaine d’années en France. Moi je suis persuadé que nous avons des ouvrages scientifiques sérieux qui donnent une image – puisque l’histoire c’est aussi une reconstruction – la plus proche de la vérité et de la réalité historique. Sauf que ces ouvrages là ont beaucoup de mal à passer dans la société, mais aussi dans l’enseignement. Ils sont mis de coté par certains historiens qui les jugent trop militants sous prétexte qu’ils ne vont pas dans le sens de leurs convictions.
C’est la manifestation d’un manichéisme déplorable…. car, je le répète, nous avons tout pour faire une histoire de la guerre d’Algérie complète où tout puisse se dire.

Propos recueillis par Jérôme Cortier – riposte laïque -

 

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« changer l’eau des olives »

Posté par lesamisdegg le 7 septembre 2018

*Olives vertes et violettes, sel, poivre en grains, fenouil sauvage, laurier, coriandre, thym, clous de girofle et citrons.

*Jarre en grès vernie à l’intérieure.

*Choisir les olives mures vertes et violettes d’un bon calibre. Eliminer les  éventuelles véreuses. *Préparer une jarre remplie d’eau claire.

*Casser les olives en les écrasant avec une pierre plate ou un maillet sur une planche épaisse et sans éclater les noyaux.

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*Mettre les olives cassées au fur et à mesure dans la jarre pour éviter l’oxydation et laissez déborder l’eau dont les olives auront pris la place.

*Changer l’eau des olives une à deux fois par jour pour éliminer l’amertume pendant 15 jours.

 

Préparation de la saumure :

-Aujourd’hui on préconise 100g de sel par litre d’eau, à mon époque nous préparions la saumure à l’aide d’une pomme de terre que nous mettions dans l’eau. Nous ajoutions le sel jusqu’au moment où la pomme de terre se mettait à flotter. La saumure était alors bonne.

-Ajouter à la saumure les branches de fenouil, quelques feuilles de laurier, quelques branches de thym, des grains de coriandre, des grains de poivre, 4 à 5 clous de girofle et des citrons coupés en quartiers.

-Recouvrir la jarre, sans la fermer hermétiquement et laisser macérer pendant 1 mois voir plus avant de consommer.

-Ne pas retirer les olives de la jarre avec un ustensile en fer mais préférer la louche en bois percée: louche à olives.

*Il est possible de préparer avec la même recette les olives violettes incisées.

NB : la partie de l’eau saumâtre retirée chaque jour, coulait du robinet de la jarre avec une couleur, une odeur, une mousse qui pouvait faire penser à l’urine, d’où l’expression populaire

« changer l’eau des olives «

 

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FRITA de mi ouéla pour les « escargots à l’oranaise »!

Posté par lesamisdegg le 1 juillet 2018

Pour nous quatre elle est revenue du marché kargentah avec 1 kg de tomates , bien mures bien vilaines mais très gouteuses , et aussi 1kg des « piments » bien bien verts .

Sur le kanoun de la fatma elle s’est fait griller un peu les piments pour mieux les «éplucher avant de les couper en morceaux .dans l’huile des olives, l’aouéla s’est fait revenir un peu  des ognons puis les piments.

Pendant ce temps-là les tomates entaillées au couteau se sont offert un bain d’eau bouillante, de moins d’une minute, pour mieux se faire éplucher. Coupées en petit morceaux, elles rejoignent les « revenus « dans la cocotte pour mijoter à petit feu, une bonne heure ac du sel et du poivre.

 

frita

frita

 

 

 

 

escargots

escargots

 

 

 

 

 

Les escargots qui ont jeuné sur un lit de farine jusqu’aux « cagates » blanches ont alors droit aux grands bains d’eau salée et vinaigrée qui vont leur faire perdre toute la « bave ». Après la grande douche d’eau fraiche ils vont mijoter une petite heure dans un court-bouillon.

Au bout du compte, dans la cocotte, ou l’on a fait revenir 4 poignées de lardons de petit-salé, vont se retrouver la frita et les escargots égouttés, des piments de cayenne, 2 clous de girofle et 4 gousses d’ail hachées menu   .

C’est reparti à mijoter une heure, à couvert, avant qu’on se régale.

 

frita aux escargots

frita aux escargots

 

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Le vieux fort de Mers-el-Kébir

Posté par lesamisdegg le 30 juin 2018

Comme si la nature avait voulu donner aux hommes un exemple qui sera sans doute suivi un jour, un éperon rocheux se détache de la côte au Nord de Mers-el-Kébir et forme partiellement cette rade splendide.

L’abri est d’une telle qualité que les historiens ont pu prétendre sans grande chance d’erreurs que les Phéniciens, les Grecs et les Romains s’y étaient établis. Mais ces trois peuples n’ont laissé là aucune trace de leur passage. Imposante bâtisse, tassée sur son rocher, d’une teinte uniformément ocre rosée, la forteresse garde admirablement la rade et, en un temps où l’artillerie était encore rudimentaire, devait être à peu près inexpugnable.

Les exploits des pirates barbaresques ayant attiré sur l’Afrique l’attention des nations européennes, les Portugais d’abord, les Espagnols ensuite tentèrent de s’emparer d’Oran et de Mers-el-Kébir. En 1505, le marquis de Comares réussit dans cette tentative après un siège de cinquante jours. Les troupes espagnoles s’établissent alors solidement dans le fort et résistent avec succès, en 1563, à une attaque des arabes qui sacrifient à cette vaine entreprise une partie de leur armée. Beaucoup plus tard, en 1708, Baba Hassan, ayant fait placer quatre mines énormes, fait sauter les bastions, pénètre dans la place et passe au fil de l’épée les trois mille hommes de la garnison. Cette défaite livrait en même temps Oran aux arabes.

Mais l’Espagne, qui tenait absolument à conserver ce point d’appui sur la terre d’Afrique, devait revenir à la charge. Et c’est ainsi qu’en 1732, sous le règne de Philippe V, le duc de Montemar, ayant sous ses ordres le général Alexandre de la Motte et 28.000 hommes de troupe, débarque à l’Est du cap Falcon sur la plage des aiguades , et culbutant 40.000 arabes rend à son pays le fort de Mers-el-Kébir. C’est du moins ce que rapporte une inscription gravée sur le marbre rose au-dessus de la porte de la demi-lune. Le général de la Motte qui, à la tête des grenadiers de l’aile gauche de l’armée avait pris au combat une part très active, resta au fort, y tint garnison et le fortifia si bien qu’il put, pendant plusieurs années, assurer la sécurité d’Oran. Ce n’est qu’en 1748 que le fort de Mers-el-Kébir, après les travaux des généraux Antonio Gavez et Argaïn prit, à peu de choses près, l’aspect que nous lui voyons maintenant. La porte d’entrée cependant était placée juste à gauche de celle actuelle. Cette porte, maintenant murée, porte, sous les armes d’Espagne sculptées dans la pierre, une inscription rappelant les travaux du général Argaïn, accompli sous le règne de Ferdinand VI. Mais l’Espagne, malgré tous ses efforts, se maintenait difficilement sur ce coin de terre. A la suite du terrible tremblement de terre d’Oran et de tractations avec le dey d’Alger, la garnison quitta définitivement le fort en mars 1792.

En 1830, le bey turc assiégé par les arabes, appelle à son aide les Français qui viennent de prendre Alger. Le fils du général de Bourmont se rend à Oran, où il engage des pourparlers. Tandis qu’il parlemente, le capitaine Leblanc et une centaine de marins débarquent et s’emparent de la forteresse sans que la garnison turque oppose la moindre résistance.

Dans le pittoresque petit cimetière planté de cactus qui se trouve à l’un des sommets du fort, une tombe est creusée et sur la pierre tombale sont gravés ces simples mots : « Capitaine de frégate Ropert, commandant dés bricks « Le Voltigeur » et « L’Endymion », mort le 13 août 1 830, après avoir pris possession du fort de Mers-el-Kébir ». Le capitaine Ropert, nous expliquait un jour le capitaine Rose, qui, pendant dix ans, commanda ce fort avec amour, n’est pas mort en combattant, mais dei simple maladie. Sans doute, est-ce moins glorieux, mais conforme à la vérité historique ». Depuis cette époque, le fort ne connaît plus le bruit de la mitraille, le fracas des canons et le détachement de deux cents tirailleurs qui y tiennent garnison y connaissent les joies d’une paix sereine dans un cadre grandiose.

H.Q. 01 1936

1930 rade de Mrs-el-kébir  fort

1930 rade de Mers-el-kébir
fort

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TCHOUTCHOUKA de choukchouka

Posté par lesamisdegg le 27 juin 2018

Faire griller les tranches de 2 belles tomates, les 2 « piments » verts, puis faire revenir à la poêle 2 courgettes avec 2 aubergines en petits morceaux avec de l’ail et du persil.

Ce beau mélange bien assaisonné va mijoter, à se confire, avant de recevoir des œufs battus en omelette ou bien des œufs entiers à cuire au-dessus.

thoutchouka

thoutchouka

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Escargots « à se tchouper les doigts »

Posté par lesamisdegg le 22 juin 2018

Ac’ les escargots bien nourris de la campagne, on se les met à jeuner sur un lit de farine 3 ou 4 jours jusqu’à que les « cagates » soyent toutes blanches.

Se les laver bien-bien dans de l’eau très salée au gros ac’ un peu le vinaigre pour se leur quitter toute la bave. On recommence tant qui faut.

A la casserole on se les met à cuire ac’ les tomates, les piments et de l’huile pendant 3 bons quart-d’ heure, en retirant l’écume quad ça bout.

 

cuisson

cuisson

 

Dans un mortier se retrouvent les tomates et les piments du bouillon, 2 pincées de cumin, du persil, les amandes et du sel à convenance. Et « « vazi » que je te matchouque le tout en une belle purée.

Dans une belle cocotte les escargots cuits retrouvent la purée « de nouzotr’ » ac’ quèqu’ cayennes –si vous voulez-, à petit feu, un dernier quart-d’ heure.

On va les servir chauds en compagnie d’une jarre de bière bien fraiche et des « palillos » pour s’emparer des bêtes.

 

à table !

à table !

 

Et n’oubliez pas de vous tchouper les doigts !

Néné de la Véga

NB : 1kg d’escargots , 2 tomates bien mures , 2 piments verts , du persil , du sel , du cumin , une poignée d’amandes , de l’huile des olives , et des piments de cayenne en extra .

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GITANOS en ALGER

Posté par lesamisdegg le 18 juin 2018

Un ou deux gosses cramponnés à sa jupe, un autre dans les bras et un, que l’on devine sans pour cela être grand clerc, la femme déambule lentement, lourdement. Elle est curieusement vêtue. Pauvre corsage, sous un châle élimé, jupe courte et de couleur déteinte que complète un tablier vétusté, comme’ le reste. Pieds nus dans des savates usées à tous les trottoirs. La tête brune expose au soleil une chevelure noire, épaisse et reluisante d’une brillantine commune, que coupe en deux une raie imprécise et termine un chignon lourd, près de se dénouer, malgré le gros peigne de celluloïd. Ou bien, ce sont deux nattes nouées, au bout, de cordons rouges, bleus, jaunes…

En plus de sa nichée, la gitane est nantie d’un lourd panier, où s’entassent au hasard des coupons de dentelles, de rubans, des lacets, de ces menus riens de mercerie, mercerie, l’ensemble fait un misérable étalage, capable, croirait-on, de tenter seulement les pauvres. Mais, parmi ces dentelles se trouvent, par hasard, des pièces plus fines, plus curieuses, que l’ensemble. Il arrive, que de belles dames oisives s’amusent à trier, d’une jolie main blanche, ce fouillis, où tant de mauresques, déjà, ont plongés des doigts moins racés.

Bien souvent, elles sont deux ou trois, les gitanes, suivant la rue, avec leur escorte de marmaille sale, mal peignée, rarement mouchée. Elles bavardent en un langage rappelant l’espagnol, mais plus guttural, bien, en rapport avec leur exotisme.

Des hommes, parfois, grands, minces, osseux, sordidement habillés, la mine farouche, la tignasse également noire et la peau pareillement sombre, se groupent avec les femmes à peau brune et à cheveux graisseux.

L’ensemble fait halte à quelque carrefour populeux. Les Gitanos, dont la paresse ne cherche pas à sa dissimuler, s’assoient sur la marche d’un corridor, avec les enfants. Et les femmes, faites pour le travail, dans ce milieu à conceptions spéciales, s’en vont offrir aux passants leur modeste assortiment, dont Arabes et Juifs discutent âprement les prix.

 

gitana Bronner

gitana
Bronner

gitanos Bronner

gitanos
Bronner

Mais, à travers la ville, çà et là, où s’affairent les gens, où se promènent les oisifs, aussi, une gitane, dans le même décor de moutards et de panier-bazar, s’approche d’un couple, que sa longue pratique des « clients » lui fait deviner susceptible d’écouter. Couple jeune, à dessein choisi, un peu timide, apitoyé par cette pauvresse et sa lamentable suite, séduit, enfin, par la formule rituelle d’entrée en matière.

— Jolie madame, tu veux la bonne aventure ?… Fais voir ta main…

Elle la prend, cette main frêle de jeune épousée et la retient doucement, quand elle veut s’échapper.

— Jolie madame, écoute… Je vois du bonheur… de l’argent… des beaux petits… Je vois un homme méchant… Il est brun… il voulait te faire du mal… mais un jeune homme blond…

Evidemment, le compagnon de la dame est blond. Il sourit de la naïveté de l’horoscope et regarde gentiment, sa petite épouse. Celle-ci, tout heureuse, au fond, de ces promesses — sait-on jamais ? — reprend sa main et, dans celle que la pythonisse de trottoir ouvre largement, elle dépose une pièce, dont l’importance est, le plus souvent, discutée.

Les hommes sont abordés, quelquefois, aussi, mais eux ne s’arrêtent pas. Ils donnent, s’ils ont bon cœur, leur obole et passent leur chemin. L’homme n’attend pas qu’on lui prédise son avenir. Son souci de chaque jour est de le préparer lui-même. Il n’interrompt sa course, que si la faiseuse d’oracles présente — chose rare — un de ces types de beauté sauvage, étrange, qui évoque à ses yeux les pays à curieuses légendes, pays lointains et mystérieux, pays toujours un peu troublants — comme ces hommes et ces femmes, qui vivent parmi les autres, mais à part, selon leurs traditions et leurs mœurs, sans jamais fusionner.

Jean de NODES 1937

 

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BALLADE DES KÉMIAS en ALGER

Posté par lesamisdegg le 14 juin 2018

Rangées en double-file, au long des vieux comptoirs, dans leurs soucoupes rondes, comme des passages cloutés, les kémias qui se marient à l’anisette, et qu’on grignote en les variant, à chaque fois, pour en mélanger les saveurs, et qui vous incitent à boire, à boire sans arrêt toutes les anisettes du bas quartier….

Il y a des kémias appétissantes qui sont comme un casse-croûte copieux. Et d’autres qui ne sont là que pour les yeux. Des kémias jaunes, vertes, rouges, multicolores ; à l’huile ou au sel ou au persil….

Aux Bas-fonds il y a des variantes acidulées, qui vous piquent les yeux et vous emportent le palais. Il faut en manger avec modération. Et chez Bava, où l’on vous sert de ces crevettes, qu’on décortique, et qui vous pincent les papilles et font venir l’eau à la bouche, des crevettes grillées !

Mais je préfère à toutes les kémias, les kémias de Bab-el-Oued ! Je me souviens d’une salle petite et enfumée, pleine de peintures ternies qui dataient de très longtemps : sur le gril, une jeune femme brune faisait cuire des saucisses au piment. Mais pour cette kémia de roi on demandait, un supplément. Et avec cette kémia-là on buvait plutôt du moscatel ou du bénichama (vin doux des coteaux de Mascara).

Qui chantera les kémias de la Cantère  , les fèves, les oignons, les olives farcies, les anchois luisants, et la salade de concombre ? Ah, qui chantera les kémias des bars mal famés de chez nous ? Dans les brasseries bourgeoises de la ville on sert des frites dorées dans des soucoupes, et ils appellent cela la kémia.

Mais c’est là-bas, à Bab-el-Oued, que se fabriquent les brochettes, sur les fourneaux en terre cuite.

 

kémia au port d'Alger 1930 Marius de Buzon

kémia au port d’Alger 1930
Marius de Buzon

 

Je sais qu’à Belcourt aussi il y a la kémia, la vrai kémia des vieux bistrots de notre enfance. Ce sont des amandes grillées que l’on vous sert, des amandes salées ou sucrées selon les goûts et les sexes, et des cacahuètes dans leur chemise brune qu’on fait sauter du pouce, et des tramousses qui s’ouvrent en deux quand on les mord et qui ont un goût fade..

Mais j’aime mieux, à la marine, ce vieux café où des pécheurs jouent à la Ronda, et où l’on boit de l’alicante, et où la kémia c’est une tomate à l’huile sous un hachis d’oignon, et des pommes de terre bouillies qu’il faut éplucher. Ou bien les sardines salées de ce caveau de la Basséta, où les anciens qui ont la blouse noire glissée dans le pantalon de velours et le feutre sur l’œil embroussaillé, s’affrontent en des palabres avec des gestes de menace….

Et les kémias de toutes sortes de la Casbah .kémias vertes ou rouges, défilé des kémias au long des comptoirs délavés, kémias qu’on prend avec les doigts et que l’on gobe en levant la tête et en prenant garde de se salir. Dans les bars à la page, il y a des torchons pour s’essuyer les mains et des kémias dont on ne parle pas dans les livres et qui sont d’Alger pourtant.

Kémias de Bab-el-Oued, kémias du Marabout, kémias de la Marine, à l’heure où l’on prend l’anisette, debout, dans les vieux bars du vieux faubourg.

Cafés d’Alger où blanchit l’anisette, comme un hiver, et où fleurit, comme un printemps, la Kémia…

A. GEA     1932 05

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Escargots en sauce pour la kémia !

Posté par lesamisdegg le 5 juin 2018

Dans le panier à salade de ma grand-mère, garni d’un lit de farine blanche dans une soucoupe sont emprisonnés quelques douzaines d’escargots. L’aouélo était rentré avec eux d’une malheureuse journée de chasse trop pluvieuse. C’était le seul gibier qui courait dans le bled.

Quand toutes les crottes furent blanches, ce fut le signal du sacrifice !

Les laver à grande eau dans la casserole d’eau salée et vinaigrée pour leur faire abandonner tout mucus fut l’étape préparatoire avant la cuisson à l’eau bouillonnante.

 

l'aouéla en cuisine

l’aouéla en cuisine

 

Puis vint la sarabande du « sofrito » des tomates avec l’oignon , l’ail, une cuillerée de farine, un demi-piment de Cayenne, et des feuilles de menthe fraiche.

L’aouéla procéda alors au mélange des bêtes à cornes avec le « sofrito », un verre à cognac de cognac, un autre de vinaigre de vin et un verre d’eau.

Cela mijota 20 minutes avant d’arriver sur la table pour accompagner l’anisette

 

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AFRICA Algeria

Posté par lesamisdegg le 4 juin 2018

Le chef fièrement coiffé d’une dépouille d’éléphant, telle nous apparaît Africa dans les monuments antiques. Afrique mineure des géographes, Ifrikiya ou Moghreb des Arabes, Afrique du Nord et Algérie de l’Union française, elle trouve dans cette représentation le symbole de son être et de son destin, formulés d’une écriture indélébile.D’une part l’animal sauvage dressé par Hannibal pour des conquêtes illustres, et c’est l’éternelle Berbérie. D’autre part le visage noble et grave d’une déesse, et c’est la Méditerranée œcuménique; Juba II, roi des Berbères de Mauritanie, se promène sur ses petits éléphants, mais il fait de sa capitale, Césarée, (aujourd’hui Cherchell), une cité hellénique, et lui-même fut un écrivain grec digne d’estime.

 

AFRICA musée de Cherchell

AFRICA
musée de Cherchell

 

Les origines de l’actuelle Algérie tiennent tout entières dans cette dualité typiquement méditerranéenne. Cette peau de bête, dont se coiffe la déesse, répand une odeur de souvenirs fabuleux. Car la fable, la geste, la légende, l’épopée, la Bible, les Évangiles naissants font sur ces rivages une ronde d’images qui enchantent la mémoire et l’imagination. Depuis les temps les plus reculés il n’est pas une de ces merveilles dont les hommes primitifs bercèrent leurs songes, qui n’ait pas élu au moins un de ses sites en ces parages : le climat physique et spirituel leur en fut toujours extraordinairement propice.

D’étonnantes mosaïques, où les visages ont le type même des habitants contemporains, attestent la naissance d’Amphitrite, le triomphe de Neptune, l’odyssée du roi d’Ithaque; et c’est ici, au musée de Cherchell, qu’un Ulysse un peu barbare apparaît sur sa nef dans son entourage de véritables sirènes, haut perchées sur leurs pattes d’oiseaux artificieux.

Didon et Énée, les Phéniciens, les Carthaginois, Sophonisbe et Massinissa, la diaspora juive, Jugurtha qui se préparait pour les siècles futurs une statue de héros national par sa résistance aux césars de Rome, les Vandales dont la vague vient mourir dans les douceurs de la vigne et de l’olivier, l’exaltation triomphante de la croix de Jésus qui fait surgir de ce vieux sol païen les baptistères et qui donne au christianisme plusieurs des plus fameux Pères de l’Église autour de saint Augustin , « l’algérien » , né à Madauros (Mdaourouch), mort à Hippo-Regius (Bône), au milieu des ferveurs, des croyances, des hérésies, des apostasies ;voilà le premier cycle du cortège ancestral.

Mais voici la chevauchée des tribus de Sidi Okba qui porte le croissant de l’Islam depuis la mer Rouge jusqu’aux plages de l’Atlantique, malgré la juive Kahena retranchée dans ses montagnes; voici treize siècles musulmans qui façonnent à leur tour ce terroir sans changer son âme profonde; voici les royaumes berbères, les dynasties arabes, les occupants turcs les siècles barbaresques, à la fois capiteux par les charmes de la vie facile à l’ombre des patios mauresques et redoutables par les bagnes de la piraterie où les missionnaires s’immolent pour le rachat de captifs .

Et bientôt voici d’autres gestes, d’autres cavalcades, un Orient nouveau qui grise le Delacroix des « Femmes d’Alger », et les coups de trompettes et de fusils, la casquette du père Bugeaud, les zouaves de Lamoricière, la smala du vaillant Abd-el-Kader, suivis de gens à charrues et à truelles qui viennent, de toute la Méditerranée, replanter le blé, la vigne et l’oranger, bâtir les silos, les docks, les usines, et refaire à ce terroir éternel le jeune visage qu’il offre au monde moderne.

Pourtant son âme est là, vivante, inchangée, toujours double en vérité sous les péripéties mouvantes de la succession et de la synthèse. Il reste une âpreté barbare dans ce facies géographique, dans ce climat violent, dans cette terre qui prend parfois les teintes des pelages animaux : la dépouille de l’éléphant d’Africa traîne encore sur des montagnes ravinées sur la pierre désertique, sur les sables du Sud, et les vautours de Sidi-M’Cid viennent se régaler d’offrandes nègres, et l’on sacrifie un taureau blanc couronné de feuillages au solstice du printemps.

Quand les Kabyles de la montagne sculptent le bois, moulent la poterie, gaulent leurs olivettes, ce sont les millénaires de la Berbérie qui suent dans les paumes de ces mêmes mains qui ont fait le signe de Tanit, le signe de la croix, le signe de Fatima : indomptables, indomptés dans leur vieil esprit d’indépendance et de dignité humaine.

Mais c’est aussi le beau visage de la déesse qui reparaît dans ces innombrables, vestiges des civilisations successives : depuis les tombeaux circulaires où dorment les rois puniques jusqu’aux puissants barrages-réservoirs des ingénieurs d’aujourd’hui, en passant par les Vénus et les Apollons grecs, par les capitoles romains, par les délicieuses arabesques de Tlemcen et les turqueries voluptueuses de celle qui fut El-Djezaïr, « les îles » de quelle félicité Alger, la capitale aux buildings orgueilleux.

Même les visages de la légende survivent dans les êtres qui palpitent sous mes yeux. Que d’Ulysses n’ai-je pas retrouvés parmi les pêcheurs siciliens de Stora, de Collo! Que de Calypsos n’ai-je pas désirées parmi les filles accueillantes des escales portuaires. Que de Dulcinées dans les faubourgs espagnols d’Oran, que de Sancho, que de Quichotte dans ce Bab-el-Oued !

En vérité toute la civilisation méditerranéenne, son amalgame et son tumulte créateur, son vivant génie composé par les apports heurtés et confondus de l’Orient et de l’Occident, des religions, des philosophies, des peuples juxtaposés et emmêlés, se montrent ici sous leur aspect le plus exemplaire, dont cent années d’activité française excitent la fermentation.

Et voici qu’au pays de saint Augustin et d’Ibn-Khaldoun paraissent, rédempteurs des succès matériels, les poètes et les artistes, aux noms d’Europe ou d’Orient, porteurs peut-être de la préfiguration prophétique d’un univers enfin harmonisé.

 

GABRIEL AUDISIO

09 1949

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Escabètche de sardines de l’aouéla

Posté par lesamisdegg le 20 mai 2018

Pour nous quatre  , l’aouéla s’est ramené 5 belles sardines pour chacun , 4 ognions , 8 carottes , 4 citrons de l’huile des olives  , du marché , de bon matin .

Elle a bien nettoyé les sardines avant de couper carottes et citrons en rondelles  , puis réalisé une julienne d’oignon.

 

Dans la casserole elle a fait des couches alternées de carottes-citron , puis sardines , et ainsi de suite ; 2 tasses d’eau , 3 de vinaigre de vin , 4 d’huile pour recouvrir le tout  , du sel et du poivre.

 

sardines

sardines

cuisson

cuisson

 

L’aouéla a laissé mijoter à petit feu , 2 heures durant  , casserole couverte . de temps en tant elle rajoutait in peu de l’eau pour que tout reste couvert .

Le temps que ça refroidisse et on se régalait .

 

 

escabètche

escabètche

 

 

 

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