Louis BERTRAND
BERTRAND Louis
Né à Spincourt en Moselle, le 20 mars 1866, il fut élève de l’Ecole normale supérieure et professeur aux lycées d’Aix-en-Provence et de Bourg-en-Bresse. Le 1er octobre 1891 il est professeur de rhétorique au lycée Bugeaud d’Alger.
« Ce que j’aperçus d’abord en Algérie », dira-t -il, « ce fut le labeur silencieux de la terre, les hommes qui la défrichaient, qui asséchaient les plaines marécageuses, qui semaient le blé, qui plantaient la vigne, qui bâtissaient des fermes, des villas, des villes entières, et qui s’acharnaient à ce labeur souvent ingrat, en dépit des hiboux qui en prédisaient l’inutilité, malgré l’insouciance ou la malveillance de la métropole, malgré les années de sécheresse et de mévente, où l’on était obligé de lâcher dans le ruisseau des flots de ce vin invendu qui avait tant coûté. Tout un peuple vivant de peu, aux mœurs rudes, aux costumes et aux langages colorés, s’obstinait à ce travail de fouisseurs et de fertiliseurs, comme s’il faisait cela uniquement pour la gloire. Véritable mêlée cosmopolite de mercenaires, de colons, de trafiquants de toute sorte, ce sont eux que j’aperçus d’abord, quand je cherchai l’Algérie vivante, active, celle de l’avenir. »
Il visite l’Algérie: Médéa, Ain-Oussera avec les rouliers. Il découvre Tipasa avec son ami Stéphane Gsell et va jusqu’à Laghouat en 1895. Il est fasciné par les ruines romaines de Timgad. Pénétré des classiques latins et grecs, il lui apparaît que l’Afrique française est purement et simplement la continuation de l’Afrique latine ancienne et que nous ne faisons que retrouver notre héritage, c’est à dire « une province perdue de la Latinité »……………. Il a été le premier à introduire l’idée d’une Afrique latine toute contemporaine dans la littérature romanesque. Homme de gauche convaincu dans sa jeunesse (défenseur du capitaine Dreyfus), il retrouve la foi de son enfance à Bethléem en 1905. C’est alors qu’il imagine le rôle que la religion catholique pourrait jouer dans le renouveau d’une Afrique du Nord, retournée à ses racines latines … ..
Louis Bertrand a beaucoup écrit : quinze romans, seize ouvrages de voyages, d’histoire, et des essais, ainsi que deux ouvrages de critique. Il a été influencé avant tout par Gustave Flaubert. « C’est Salammbô qui m’a conduit en Afrique, j’étais tout obsédé de son image lorsque j’y arrivai » écrit-il. Ses premiers romans algériens et méditerranéens sont très situés au milieu du petit peuple des faubourgs (Bab-el-Oued). Il a décrit avec un grand talent les passions de ce mélange de races et de sangs, de cette plèbe méditerranéenne. Il a largement participé par son œuvre algérienne à l’émancipation littéraire de l’Algérie. Son idée d’Afrique latine fut adoptée par plusieurs de ses contemporains, dont le Docteur Trenga, par exemple, ou encore, autour des années 1920, le colonel Godechot.
Robert Randau, Jean Pomier, Louis Lecoq, Charles Hagel et d’autres, fondateurs du mouvement littéraire l’algérianisme (du nom d’un roman de Randau, les Algérianistes) ont puisé leur inspiration dans l’oeuvre de Louis Bertrand, même si ce fut inconscient et même s’ils ont ajouté un élément important avec l’entrée dans leur œuvre des populations autochtones, trop oubliées de Louis Bertrand.
Odette Goinard
Parmi ses œuvres : - le sang des races 1899, - La Cina 1901,
- Pépète le Bien-aimé, 1901, réédité sous le titre Pépète et Balthazar en 1920,
- le jardin de la mort 1905, - les villes d’or 1921, - Sur les routes du Sud ( journal et chronique) 1936,
- Saint Augustin 1913 - Maréchal de Saint-Arnaud 1921 - Le mirage oriental 1909, - Le livre de la Méditerranée. 
Rencontres d’Outre-rive:Paris 27 avril 2013







